Pour Gilles Deleuze, l'apport principal de Jean-Luc Godard au cinéma est d'avoir abandonné le discours intérieur comme guide de la mise en scène. Certes Dziga Vertov l'avait fait avant lui, mais Godard a progressivement et systématiquement fait éclater le discours unicentré pour soumettre la narration au discours indirect libre et lui donner, souvent, une dimension cosmique.

Chaque film est l'occasion de se poser de nouveaux problèmes. Ce qui ne varie pas, c'est de les traiter en créant et distinguant des catégories. Ces juxtapositions de catégories génèrent des séries d'images pour provoquer de la réflexion à partir des différences au sein de ces catégories et entre catégories.

Les catégories, ne sont pas fixées une fois pour toutes. Elles sont redistribuées, remaniées, réinventées pour chaque film. Il faut, chaque fois, que les catégories surprennent, et pourtant ne soient pas arbitraires, soient bien fondées, et qu'elles aient entre elles de fortes relations indirectes. En effet elles ne doivent pas dériver les unes des autres, si bien que leur relation est du type "ET", mais ce "et" doit accéder à la nécessité. Il arrive souvent que le mot écrit indique la catégorie, tandis que les images visuelles constituent les séries : d'où le primat très spécial du mot sur l'image, et la présentation de l'écran comme tableau noir.

Les catégories sont des fonctions problématiques ou propositionnelles. Dès lors, la question pour chaque film de Godard est : qu'est-ce qui fait fonction de catégories ou de genres réflexifs ?

Au plus simple, ce peut être des genres esthétiques, l'épopée, le théâtre, le roman, la danse, le cinéma lui-même. Les catégories ou genres peuvent être aussi des catégories psychiques (l'imagination, la mémoire, l'oubli…). Mais il arrive que la catégorie ou le genre prennent des aspects beaucoup plus insolites, par exemple dans les célèbres interventions de types réflexifs, c'est-à-dire d'individus originaux qui exposent pour elle-même et dans sa singularité la limite vers laquelle tendait ou tendra telle série d'images visuelles. Les catégories peuvent aussi être des mots, des choses, des actes, des personnes, des couleurs…

Le problème du rapport entre images n'est plus de savoir si "ça va" ou si "ça ne va pas", mais de savoir "comment ça va". Chaque série renvoie pour son compte à une manière de voir ou de dire, qui peut être celle de l'opinion courante opérant par slogans, mais aussi celle d'une classe, d'un genre, d'un personnage typique opérant par thèse, hypothèse, paradoxe ou même mauvaise astuce. Chaque série sera la manière dont l'auteur s'exprime indirectement dans une suite d'images attribuables à un autre, ou, inversement, la manière dont quelque chose ou quelqu'un s'exprime indirectement dans la vision de l'auteur considéré comme autre. Il n'y a plus l'unité de l'auteur, des personnages et monde, telle que le monologue intérieur le garantissait. Il y a formation d'un discours indirect libre, d'une vision indirecte libre.

En empruntant au roman son plurilinguisme, tantôt la langue courante anonyme, tantôt la langue d'une classe, d'un groupe, d'une profession, tantôt la langue propre d'un personnage, Godard redonne au cinéma sa puissance romanesque. Il se donne des types réflexifs comme autant d'intercesseurs à travers lesquels, Je est toujours un autre. C'est une ligne brisée, une ligne en zigzag, qui réunit l'auteur, ses personnages et le monde et qui passe entre eux.. On assiste à l'effacement du monologue intérieur comme tout du film, au profit d'un discours ou d'une vision indirects libres ; l'effacement de l'unité de l'homme et du monde, au profit d'une rupture qui ne nous laisse plus qu'une croyance en ce monde ci.

 

Ci-après une version plus longue de l'analyse de Gilles Deleuze reprise de L'image temps (Chapitre 7, La pensée et le cinéma) :

Le problème du rapport entre images n'est plus de savoir si ça va ou si ça ne va pas, mais de savoir comment ça va. Chaque série renvoie pour son compte à une manière de voir ou de dire, qui peut être celle de l'opinion courante opérant par slogans, mais aussi celle d'une classe, d'un genre, d'un personnage typique opérant par thèse, hypothèse, paradoxe ou même mauvaise astuce. Chaque série sera la manière dont l'auteur s'exprime indirectement dans une suite d'images attribuables à un autre, ou, inversement, la manière dont quelque chose ou quelqu'un s'exprime indirectement dans la vision de l'auteur considéré comme autre. Il n'y a plus l'unité de l'auteur, des personnages et monde, telle que le monologue intérieur le garantissait. Il y a formation d'un discours indirect libre, d'une vision indirecte libre. Si l'on cherche la formule la plus générale de la série chez Godard, on appellera série toute suite d'images en tant que réfléchi dans un genre. Un film tout entier peut correspondre à un genre dominant, telle Une femme est une femme à la comédie musicale ou Made in USA à la bande dessinée. Mais même dans ce cas le film passe par des sous-genres, et la règle générale est qu'il y ait plusieurs genres, donc plusieurs séries. D'un genre à l'autre, on peut passer par franche discontinuité, ou bien de manière insensible et continue avec des genres intercalaires et partout de nouvelles possibilités s'ouvrent avec le montage. Ce statut réflexif du genre a de grandes conséquences : au lieu que le genre englobe des images qui lui appartiennent par nature, il constitue la limite d'images qui ne lui appartiennent pas mais qui se réfléchissent en lui. La danse surgit comme un moment dans le comportement des héros, comme la limite vers laquelle tendent une série d'images dans Une femme est une femme, dans la scène du café de Bande à part ou celle de la pinède dans Pierrot le fou.

Les genres réflexifs de Godard sont de véritables catégories par lesquelles le film passe. Il ne s'agit pas d'un procédé de catalogue, ou même de collage, mais d'une méthode de constitution de séries, chacune marquée par une catégorie. Godard ne cesse de créer des catégories : d'où le rôle si particulier du discours dans beaucoup de ses films où, comme le remarquait Daney, un genre de discours renvoie toujours à un discours d'un autre genre. Godard va des problèmes aux catégories, quitte à ce que les catégories lui redonnent un problème. Par exemple la structure de Sauve qui peut (la vie) : les quatre grandes catégories "l'imaginaire", "la peur", "le commerce", "la musique" renvoient à un nouveau problème "qu'est-ce que la passion ?", "la passion ce n'est pas cela…", qui fera l'objet du film suivant. C'est que les catégories, ne sont pas fixées une fois pour toutes. Elles sont redistribuées, remaniées, réinventées pour chaque film. Au découpage des séries correspond un montage de catégories chaque fois nouveau. Il faut, chaque fois que les catégories nous surprennent, et pourtant ne soient pas arbitraires, soient bien fondées, et qu'elles aient entre elles de fortes relations indirectes : en effet elles ne doivent pas dériver les unes des autres, si bien que leur relation est du type " Et ", mais ce " et " doit accéder à la nécessité. Il arrive souvent que le mot écrit indique la catégorie, tandis que les images visuelles constituent les séries : d'où le primat très spécial du mot sur l'image, et la présentation de l'écran comme tableau noir. Et, dans la phrase écrite, la conjonction "et" peut prendre une valeur isolée et magnifiée (Ici et ailleurs). Cette recréation de l'interstice ne marque pas forcement une discontinuité entre séries d'images : on peut passer continûment d'une série à une autre, en même temps que la relation d'une catégorie à une autre se fait illocalisable, comme on passe de la danse à l'errance dans Pierrot le fou, ou de la vie quotidienne au théâtre dans une femme est une femme ou de la scène de ménage à l'épopée dans Le mépris. Ou bien encore c'est le mot écrit qui peut être l'objet d'un traitement électronique introduisant mutation, récurrence et rétroaction (comme déjà sur le cahier de Pierrot le fou, la …rt se transformait en la mort).

Les catégories ne sont donc jamais des réponses ultimes, mais des catégories de problèmes qui introduisent la réflexion dans l'image même. Ce sont des fonctions problématiques ou propositionnelles. Dès lors, la question pour chaque film de Godard est : qu'est-ce qui fait fonction de catégories ou de genres réflexifs ? Au plus simple, ce peut être des genres esthétiques, l'épopée, le théâtre, le roman, la danse, le cinéma lui-même. Il appartient au cinéma de se réfléchir lui-même, et de réfléchir les autres genres, pour autant que les images visuelles ne renvoient pas à une danse, à un roman, à un théâtre, à un film préétablis, mais se mettent elles-mêmes à faire cinéma, à faire danse, à faire roman, à faire théâtre le long d'une série pour un épisode.

Les catégories ou genres peuvent être aussi des catégories psychiques (l'imagination, la mémoire, l'oubli…). Mais il arrive que la catégorie ou le genre prennent des aspects beaucoup plus insolites, par exemple dans les célèbres interventions de types réflexifs, c'est-à-dire d'individus originaux qui exposent pour elle-même et dans sa singularité la limite vers laquelle tendait ou tendra telle série d'images visuelles : ce sont des penseurs, comme Jean-Pierre Melville dans A bout de souffle, Brice Parain dans Vivre sa vie, Jeanson dans La Chinoise, ce sont des burlesques comme Devos ou la reine du Liban dans Pierrot le fou, ce sont des échantillons de figurants comme les figurants de Deux ou trois choses que je sais d'elle (je m'appelle ainsi, je fais ceci, j'aime cela…). Tous des intercesseurs qui font fonction de catégorie, en lui donnant une individuation complète : l'exemple le plus émouvant est peut-être l'intervention de Bruce Parain qui expose et individue la catégorie du langage, comme la limite vers laquelle tendait l'héroïne, de toutes ses forces, à travers les séries d'images (le problème de Nana).

Bref, les catégories peuvent être des mots, des choses, des actes, des personnes. Les carabiniers n'est pas un film de plus sur la guerre, pour la magnifier ou la dénoncer. Ce qui est très différent, il filme les catégories de la guerre. Or comme le dit Godard ce peut-être des choses précises, armées de mer, de terre et d'air, ou bien "des idées précises ", occupation, campagne, résistance, ou bien des sentiments précis, violence, débandade, absence de passion, dérision, désordre, surprise, vide, ou bien des "phénomènes précis ", bruit, silence.

Les couleurs elles-mêmes peuvent faire fonction de catégories. Non seulement elles affectent les choses et les personnes, et même les mots écrits ; mais elles forment elles-mêmes des catégories : le rouge en est une dans Week-end. La lettre à Freddy Buache dégage le procédé chromatique à l'état pur : il y a le haut et le bas, la Lausanne bleue, céleste, et la Lausanne verte, terrestre et aquatique. Deux courbes ou périphéries, et, entre les deux, il y a le gris, le centre, les lignes droites. Les couleurs sont devenues des catégories dans lesquelles la ville réfléchit ses images et en fait un problème. Trois séries, trois états de la matière, le problème de Lausanne. Toute la technique du film, ses plongées, ses contre contre-plongées, ses arrêts sur l'image, sont au service de cette réflexion. On lui reprochera de ne pas avoir fait un film sur Lausanne ; c'est qu'il a renversé le rapport de Lausanne et des couleurs et fait passer Lausanne dans les couleurs comme sur une table des catégories qui ne convenait pourtant qu'à Lausanne. C'est bien du constructivisme : il a reconstruit Lausanne avec des couleurs, le discours de Lausanne, sa vision indirecte.

Le cinéma cesse d'être narratif, mais c'est avec Godard qu'il devient le plus "romanesque ". Comme dit Pierrot le fou : "Chapitre suivant. Désespoir. Chapitre suivant. Liberté, Amertume". Bakhtine définissait le roman, par opposition à l'épopée ou la tragédie, comme n'ayant plus l'unité collective par laquelle les personnages parlaient encore un même et seul langage. Au contraire, le roman emprunte nécessairement tantôt la langue courante anonyme, tantôt la langue d'une classe, d'un groupe, d'une profession, tantôt la langue propre d'un personnage. C'est la réflexion dans les genres, anonymes ou personnifiés, qui constitue le roman, son plurilinguisme, son discours et sa vision. Godard donne au cinéma les puissances propres au roman. Il se donne des types réflexifs comme autant d'intercesseurs à travers lesquels, je est toujours un autre. C'est une ligne brisée, une ligne en zigzag, qui réunit l'auteur, ses personnages et le monde et qui passe entre eux.. On assiste à l'effacement du monologue intérieur comme tout du film, au profit d'un discours ou d'une vision indirects libres ; l'effacement de l'unité de l'homme et du monde, au profit d'une rupture qui ne nous laisse plus qu'une croyance en ce monde ci.


L'oeuvre de Godard peut se découper en 4 tranches de 10 ans. La première dure de 1959 à 1969, de A bout de souffle à One plus One. La seconde couvre les années militantes de 1969 à 1979 de British sound à France/Tour/détour/Deux enfants. Une troisième période, néoclassique, commence en 1980 avec Sauve qui peut (la vie) et s'achève en 1991 sur le chef d'oeuvre qu'est Hélas pour moi. Enfin la dernière période commence en 1993-95 sous le double signe des Histoire (s) du cinéma, amorcées en 1988 mais pleinement achevées qu'en 1999 et d'un engagement politique retrouvé.

La première période est lyrique dans sa manière passionnée, poétique de sentir, de vivre. S'appuyant sur des genres institués (policier, comédie musicale ou documentaire), Godard suspend la narration par une accumulation d'annotations poétiques avant d'en reprendre le fils un peu plus loin. Au dessus de l'histoire se condensent ainsi un certain nombre d'archétypes, une succession de catégories.

Renonçant aux facilités du système et à son statut enviable de porte drapeau du cinéma d'auteur, Godard plonge pendant de longues années dans le militantisme. Au faîte de sa popularité en 1967, Godard est oublié trois ans plus tard. La difficulté à tenir les paris de 1968 est particulièrement évidente chez Godard dont le cas est exemplaire des conflits entre volonté de témoignage anonyme et tentation d'expression personnelle. En effet d'abord sincèrement désireux de privilégier le travail en commun, Godard en vient vite à un simple dualisme pour arriver trois ans après à réaffirmer son moi à travers un regard purement subjectif. Le groupe Dziga Vertov se soumet aux décisions conjuguées de Godard-Gorin et ne peut tenir longtemps sa ligne "révolutionnaire" dans un pays et un cinéma bientôt normalisés. Il est donc possible de suivre la filmographie de Godard à travers l'Italie (Vent d'Est, 1969), la Tchécoslovaquie (Pravda, 1969) ou l'Allemagne (Vladimir et Rosa, 1970) jusqu'à son retour à la production classique en 1972. Il réalise néanmoins des films didactiques sur le pouvoir et la manipulation des images : Tout va bien (1972), Ici et ailleurs (1974), Numéro deux (1975).

La période néoclassique s'ouvre avec le succès critique et public de Sauve qui peut (la vie), sorti en 1980. Truffaut a encore quatre ans à vivre et Godard et lui vont se disputer l'hégémonie pour définir ce que c'est, fondamentalement, que le cinéma. A la mort de Truffaut, Godard assume quasiment seul ce rôle (avec Daney, Garrel et Pialat).

Avec Les histoire(s) du cinéma, s'ouvre la dernière phase de l'oeuvre de Godard. Selon l'analyse de Jean-Michel Frodon (le Monde du 6 octobre 1995) :

"la thèse centrale de la recherche de Godard est que le cinéma était fait pour penser, et singulièrement pour penser le XXè siècle, et que le XXème siècle n'en a pas voulu, le cantonnant à d'autres rôles. Histoires(s) du cinéma est une démonstration de comment le cinéma aurait pu être un outil de pensée et, ainsi, de liberté. Et, du même coup, les films se situent, à regrets, hors du cinéma, puisqu'il n'a pas été cela. Chaque épisode pris isolément mais aussi dans leur ensemble, fonctionne sur le mode d'un ressassement qui est à la fois celui du savant remettant ses résultats à l'épreuve de l'expérience et de l'artiste cherchant dans l'expérience des formes une approche supérieure de la réalité. Cent fois remis sur le métier, l'ouvrage progresse comme révélateur, au sens chimique et comme révélation, au sens mystique. Ces contributions en apparence éclatées évoquent le projet qu'avait eu Eisenstein d'écrire un livre sphérique, où toutes les parties communiqueraient entre elles sans aucune linéarité contrainte."

 

Du 11 mai au 14 aout 2006 , Godard a proposé Voyage(s) en utopie au Centre Georges Pompidou. Cette exposition n'a bien souvent fait l'objet que d'un regard superficiel de la critique qui accorde plus d'attention aux films de Godard. Pourtant, comme dans ses films, il y bousculait le spectateur dans la simple réception passive d'une histoire, et proposait au visiteur les éléments d'un collage aux multiples associations possibles. Oeuvre qui ne se projette pas sur un écran mais se déploie dans l'espace, Voyage(s) en utopie répondait à la même logique de la transmission que dans ses Histoire(s) du cinéma comme l'indiquait le premier titre, Collage(s) de France, qui s'appliquait au premier projet d'exposition avortée de cet infatigable pédagogue facétieux qu'est Jean-Luc Godard.

 

Bibliographie :

 

Filmographie :

courts-métrages :

1954 : Opération Béton
1955 : Une femme coquette
1957 : Tous les garçons s'appellent Patrick
1958 : Une histoire d'eau, co-réalisé avec François Truffaut
1959 : Charlotte et son Jules

1981 : Changer d'image (sketch du Changement à plus d'un titre)
1986 : Armide (Aria)
1987 : Meetin'WA
1989 : Le rapport Darty
1990 : L'Enfance de l'Art
1991 : Contre l'oubli (réalisation collective)
1993 : Je vous salue Sarajevo (0h02)

 

1959 A bout de souffle

Avec : Jean-Paul Belmondo (Michel Poiccard), Jean Seberg (Patricia Franchini), Jean-Pierre Melville (Parvulesco). 1h27.

Michel Poiccard vole une voiture à Marseille et abat un policier au bord de la route. A Paris, il retrouve Patricia, une jeune américaine qui vend le New York Herald Tribune sur les Champs Elysées. Elle l'héberge, ils errent d'une rive à l'autre, il cherche de l'argent auprès de ses anciens amis...

   
1960 Le Petit soldat

Avec : Michel Subor (Bruno Forestier), Anna Karina (Veronica Dreyer), Henri-Jacques Huet (Jacques). 1h28.

"Pour moi, le temps de l'action a passé. J'ai vieilli. Le temps de la réflexion commence". Première phrase off du film prononcé par Bruno Forestier, déserteur français, réfugié en Suisse au temps de la guerre d'Algérie....

   
1961 Une femme est une femme

Avec : Jean-Claude Brialy (Emile Recamier), Anna Karina (Angela), Jean-Paul Belmondo (Alfred Lubitsch). 1h24.

Angela est belle et beaucoup le savent puisqu'elle est strip-teaseuse au Zodiac. Mais son mari, Emile, semble l'ignorer. A moins que ça ne soit sa passion pour la bicyclette qui l'aveugle au point de ne pas s'occuper assez de sa femme pour lui faire un enfant... Alors Angela est malheureuse car cet enfant, elle le veut et le plus tôt possible !

   
1962 La paresse
  Episode de Les sept péchés capitaux, film à sketches de Philippe de Broca (la gourmandise) Claude Chabrol (l'avarice) Jacques Demy (la luxure) Sylvain Dhomme (la colère) Jean-Luc Godard (la paresse) Edouard Molinaro (l'envie) Roger Vadim (l'Orgueil).
   
1962 Vivre sa vie

Avec : Anna Karina (Nana Kleinfrankenheim), Sady Rebbot (Raoul), André S. Labarthe (Paul), Guylaine Schlumberger (Yvette). 1h25.

Présenté en douze tableaux, le film raconte l'histoire de Nana, vendeuse dans un magasin de disques qui, parce qu'il lui manque deux mille francs, sera expulsée de son appartement, se prostituera et sera tuée dans un affrontement final au moment d'être vendue par son souteneur

   
1963 Le nouveau monde
  Episode de Rogopag, film à sketches de Roberto Rossellini (Illibatezza) Jean-Luc Godard (le nouveau monde) Pier Paolo Pasolini (la Ricotta), Ugo Gregoretti (il Pollo ruspante)
   
1963 Les carabiniers

Avec : Albert Juross (Michel-Ange), Marino Masé (Ulysses), Catherine Ribeiro (Cleopatre), Geneviève Galéa (Venus). 1h20.

Ce n'est pas un film "sur" la guerre, pour la magnifier ou la dénoncer. Ce qui est filmé ce sont les catégories de la guerre. Or comme le dit Godard, ce peut être des choses précises : armées de terre, de mer et d'air, ou bien des " idées précises" : occupation, campagne, résistance ou bien des "sentiments précis" : violence, débandade, absence de passion, dérision, désordre, surprise, vide ou bien des "phénomènes précis" : bruits, silence.

   
1963

Le mépris

Avec : Brigitte Bardot (Camille Javal) Michel Piccoli (Paul Javal), Jack Palance (Jérémie Prokosch) Fritz Lang (lui-même). 1h50.

Camille Javal est mariée à Paul. Ecrivain, celui-ci est appellé à Cinecitta pour "replâtrer" L'Odyssée tournée par Fritz Lang et qui ne satisfait pas le producteur Jérémie Prokosch. Un matin, Camille monte dans la voiture de Jérémie Prokosch et le drame se noue dans un regard entre elle et son mari. Ils comprennent tous les deux la pensée qui a traversé l'esprit de Camille : son mari l'a utilisée pour séduire le producteur...

   
1964 Bande à part

D’après le roman "Fool's Gold" de Dolores Hichens. Avec : Anna Karina (Odile), Claude Brasseur (Arthur), Sami Frey (Frantz), Jean-Luc Godard (Le narrateur). 1h37.

En fréquentant un cours d'anglais, Frantz et Arthur, deux jeunes oisifs, font la connaissance d'Odile. Celle-ci, naïvement, leur apprend qu'une vieille femme, Mme Victoria, cache son magot dans un placard ! Le trio va repérer les lieux, dans une villa sur les bords de la Marne. Mais, trop bavard, Frantz révèle leur projet à l'oncle d'Arthur, un truand à la retraite qui songe à devancer les jeunes gens avec la complicité d'un ami, ancien légionnaire. Odile, Arthur et Frantz doivent passer à l'action au plus vite. A la villa, Mme Victoria est baillonnée et meurt étouffée. Affolés, les trois voleurs repartent bredouilles. Mais Arthur retourne seul sur les lieux où sont arrivés l'oncle et le légionnaire : une bagarre éclate et Arthur tombe, frappé à mort. Odile et Frantz, qui ont suivi leur compère, s'emparent du magot et s'échappent : un bateau les emporte vers une vie nouvelle...

   
1964 Le grand escroc
  Episode de Les plus belles escroqueries du monde, film à sketches de Claude Chabrol (L'Homme qui vendit la Tour Eiffel), Jean-Luc Godard (Le grand escroc) Ugo Gregoretti (La feuille de Route), Hiromichi Horikawa (Les Cinq Bienfaiteurs de Fumiko), Roman Polanski (La Rivière de Diamants)
   
1964 Une femme mariée

Avec : Bernard Noël (Robert), Macha Méril (Charlotte), Philippe Leroy (Pierre), Christophe Bourseiller (Nicolas), Roger Leenhardt (Lui-même). 1h35.

Le film commence par une suite de plans qui représentent le corps de Charlotte en fragments juxtaposés. Mariée avec Pierre, pilote de ligne, Charlotte a un amant, Robert, acteur qui lui demande de quitter son mari.

En compagnie de son petit garçon Nicolas, elle se rend à l'aéroport pour accueillir Pierre. Les époux s'embrassent furtivement. Pierre présente son compagnon de voyage, Roger Leenhardt, qui revient d'une séance du procès d'Auschwitz. Leenhardt s'est rendu à l'invitation du couple. Confortablement installés dans le living-room, les trois personnages entament une discussion au cours de laquelle Pierre parle de la mémoire, Charlotte improvise sur le présent, tandis que Leenhardt définit l'intelligence et fait l'éloge du compromis.

Après une séance de piscine, Charlotte se rend chez son médecin, elle apprend qu'elle est enceinte de trois mois, sans bien savoir quel est le père. Elle rejoint Robert dans le cinéma du hall d'Orly, où se joue Nuit et brouillard. Robert doit partir pour quelques jours; le couple se réfugie dans une chambre d'hôtel. Une longue conversation s'engage sur le thème du théâtre et de l'amour.

La fin du film trouve Charlotte aussi indécise qu'au début.

   
1965 Alphaville

Avec : Eddie Constantine (Lemmy Caution), Anna Karina (Natacha Von Braun), Akim Tamiroff (Henry Dickson), Howard Vernon (Professor von Braun). 1h40.

Dans les ténèbres d'une galaxie lointaine, l'agent secret Lemmy Caution se fait passer pour un journaliste afin de dénicher l'inquiétant savant Von Braun. Alphaville, est une monstrueuse termitière dont les habitants sont dominés par les ordinateurs. Une tyrannique technologie qui règne sur toute conscience, toute mémoire et tout sentiment.

   
1965 Montparnasse-Levallois

5ème court-métrage du film Paris vu par... de Jean Douchet, Jean Rouch, Jean-Daniel Pollet, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard et Claude Chabrol. Avec : Joanna Shimkus, Philippe Hiquily, Serge Davri. 0h14.

Une jeune femme envoie une lettre à chacun de ses deux amants, l'un sculpteur à Montparnasse, l'autre carrossier à Levallois-Perret. Mais à qui est destinée la lettre d'amour et qui doit recevoir la lettre de rupture ?

   
1965 Pierrot le fou

Scénario : Jean-Luc Godard, d'après le roman de Daniel White Obsession. Avec : Jean-Paul Belmondo (Ferdinand), Anna Karina (Marianne), Dirk Sanders (le frère), Raymond Devos (l'homme du port), Roger Dutoit et Hans Meyer (les gangsters). 1h52.

Le monde est déboussolé. Pierrot ne s'appelle pas Pierrot, mais Ferdinand. Il est bien fou, mais fou d'amour pour Marianne, qui s'ennuie. Pierrot suit Marianne dans une course (folle, évidemment) vers le Sud, vers la mer. Vers la mort, au soleil et en couleurs.

   
1966 Masculin féminin

Avec : Jean-Pierre Léaud (Paul), Chantal Goya (Madeleine), Marlène Jobert (Elisabeth), Michel Debord (Robert), Catherine-Isabelle Duport (Catherine-Isabelle). 1h44

Le film prétend montrer "15 faits précis" annoncés par des cartons. Ces derniers sont aussi utilisés à des fins de commentaire et l'un d'entre eux livre la célébrissime formule qui servira de définition à toute une génération hésitante entre une conscience politisée et l'insouciance : "Les enfants de Marx et du coca cola. Comprenne qui voudra." Un autre dit "Le philosophe et le cinéaste ont en commun une certaine manière d'être, une certaine vue du monde qui est celle d'une génération". Perce là l'idée de Godard selon laquelle le monde n'est beau que si on arrive à le penser. Le philosophe pense en donnant du sens, le cinéaste pense en donnant une forme. Le but est de présenter la trace de l'effort vers la saisie de ce réel. Il faut "faire rendre gorge à la réalité" comme le dit Godard à cette époque.

   
1966 Made in USA

d’après le roman “The Jugger” de Donald E. Westlake. Avec : Anna Karina (Paula Nelson), Jean-Pierre Léaud (Donald Siegel), Laszló Szábó (Richard Widmark), Marianne Faithfull (Elle-même), Ernest Menzer (Edgar Typhus), Jean-Luc Godard (voix de Richard Politzer). 1h30.

Richard Politzer, un journaliste, est mort dans des circontances étranges. Sa fiancée décide de mener son enquête et pour le venger, va tuer plusieurs personnes

   
1966 Deux ou trois choses que je sais d'elle

Avec : Marina Vlady (Juliette Jeanson), Joseph Gehrard (Monsieur Gérard), Anny Duperey (Marianne). 1h30.

Les deux ou trois choses que nous savons d'elle sont les suivantes. Elle, tout d'abord, c'est la banlieue parisienne avec ses immeubles de béton, ses quartiers en éternelles constructions, ses terrains vagues, ses ruines, sa désolation. Mais elle, c'est également Juliette Janson. Elle vit dans l'un de ces grands ensembles campés dans la périphérie de la cité tentaculaire qu'est Paris.

   
1967 Anticipation, ou l'amour en l'an 2000
Episode de Le plus vieux métier du monde , film à sketches de Claude Autant-Lara (Aujourd'hui) Mauro Bolognini (Nuits romaines) Philippe de Broca (Mademoiselle Mimi) Jean-Luc Godard (Anticipation, ou l'amour en l'an 2000) Franco Indovina (L'ère préhistorique), Michael Pfleghar (La belle époque).
   
1967 La Chinoise

Avec : Anne Wiazemsky (Veronique), Jean-Pierre Léaud (Guillaume), Michel Semeniako (Henri), Lex De Bruijn (Kirilov), Juliet Berto (Yvonne), Omar Diop (Omar), Francis Jeanson. 1h36.

Véronique étudie la pensée marxisteléniniste avec d'autres jeunes gens, et propose d'assassiner une haute personnalité. Elle éxécute son projet et se rend compte qu'elle n'a fait que les premiers pas d'une longue marche.

 
1967 Caméra-oeil
Episode de Loin du Vietnam, film en onze segments de Joris Ivens, William Klein, Claude Lelouch, Chris Marker, Alain Resnais, Agnès Varda, Jean-Luc Godard montrant leur sympathie pour l'armée nord-vietnamienne lors de la guerre du Viet-Nâm.
   
1967 Week end

Avec : Mireille Darc (Corinne), Jean Yanne (Roland), Jean-Pierre Kalfon (Leader du FLSO), Jean-Pierre Léaud (Saint-Just). 1h45.

Un couple, Corinne et Roland, partent en week-end. Sur la route, il ne vont rencontrer qu'embouteillages et accidents et seront capturés par le Front de Liberation de Seine et Oise. Roland est tué et Corinne partage les restes de son mari avec les maquisards.

   
1968 Un film comme les autres
 

(réalisation du groupe Dziga Vertov). 1h40.

Des ouvriers d'une usine automobile discutent avec des étudients

   
1968 Cinétracts
 

courts métrages réalisés par Jean-Luc Godard, Chris Marker et Alain Resnais.

   
1968 One plus one

Avec : Mick Jagger, Keith Richards, Brian Jones, Bill Wyman, Charlie Watts, Anne Wiazemsky. 1h40.

Les Rolling Stones, phénomène social et ulturel, enregistrent Sympathy for the Devil, pour leur futur album Beggar's Banquet. Point de départ et toile de fond à une suite de chocs politico-poétiques : Les Black Panthers fusillent des femmes blanches en lisant les pensées des principaux leaders Noirs...

   
1969 L'amour

(Amore). 4ème segment du film à épisodes La constation (Amore e rabbia ou L'Evangile 70) de Bellochio, Bertolluci, Godard, Lizzani et Pasolini. Avec : Christine Guého, Nino Castelnuovo. 0h28.

Un jardin sur le toit d’un immeuble. Un homme et une femme observent à distance un couple comme un film et commentent leur histoire interdite qui se défait...

   
1969 Le gai savoir

Avec : Juliet Berto (Patricia Lumumba), Jean-Pierre Léaud (Emile Rousseau), Jean-Luc Godard (Le narrateur). 1h35.

Filmés sur fond noir, deux personnages s'interrogent sur les sons, les mots, les signes et les images. Elle, c'est Patricia, la fille de Lumumba et de la révolution culturelle. Déléguée du Tiers Monde aux nouvelles usines Citroën, elle a été congédiée parce qu'elle donnait des magnétophones aux ouvriers. Lui, c'est Emile Rousseau, personnage-idée par excellence.

Sur le ton de l'aphorisme ou de la désinvolture subversive, ils parlent du cinéma, de la télévision, des journaux, de la politique. Des inserts, sous forme de dessins, de collages, d'inscriptions calligraphiques ou d'images du quotidien, viennent casser la durée du récit.

Pour affirmer le rapport indissoluble entre l'esprit révolutionnaire et la nouvelle pédagogie, Patricia Lumumba et Emile Rousseau décident de retourner au zéro originel et d'en faire une préoccupation essentielle pour la recherche d'une méthode. Cette démarche leur permet d'apprécier la richesse expressive d'un silence et la valeur d'une attitude d'écoute. Ils dénoncent la nocivité du langage lorsque celui-ci devient une arme du pouvoir qu'il convient de retourner contre les oppresseurs. Au terme de cet échange verbal, agrémenté de nombreux jeux de mots et de glissements de sens, l'art et la science sont présentés comme solutions aux problèmes. L'art est une solution nécessaire, la science une solution suffisante.

   
1970 Vladimir et Rosa
 

(réalisation du groupe Dziga Vertov). Avec : Jean-Luc Godard (Vladimir Lenin), Jean-Pierre Gorin (Karl Rosa), Anne Wiazemsky .... Anne, militante féministe), Juliet Berto (Hippie), Yves Afonso (Etudiant révolutionnaire), Ernest Menzer (Le juge Julius Himmler), Claude Nedjar (Dave Dellinger). 1h46.

Theories originales et grosses farces s'accumulent au cours du proces de huit personnages accusés de tous les mefaits.

   
1970 Pravda
  (réalisation du groupe Dziga Vertov) Avec : Vera Chytilová (Elle-même), Jean-Luc Godard (voix). 0h58.
   
1970 British sounds
 

(réalisation Jean-Luc Godard et Jean-Henri Roger). 0h52.

Godard et JH Roger s’interrogent sur la “situation britannique”. Commandé et refusé par la BBC.

   
1970 Vent d'est
  (réalisation du groupe Dziga Vertov). Avec : Gian Maria Volontè (Le ranger nordiste), Anne Wiazemsky (La révolutionnaire), Paolo Pozzesi (Délégué révisionniste), Cristiana Tullio-Altan (La jeune bourgeoise), Allen Midgette (L'Indien), Daniel Cohn-Bendit, Götz George , Federico Boido, Marco Ferreri, Glauber Rocha. 1h40.

Dans un decor de western, un couple de prisonniers git a terre, un soldat monte la garde, puis tire un indien attache a une corde, alors que les comediens se maquillent... Une grève.

   
1971 Luttes en Italie
 

(réalisation du groupe Dziga Vertov)

   
1972 Tout va bien

(co-réalisé avec Jean-Pierre Gorin). Avec : Jane Fonda (Elle), Yves Montand (Lui), Vittorio Caprioli (Manager de l’usine), Jean Pignol (Delegate), Pierre Oudrey (Frederic). 1h35.

Une journaliste américaine enquêtant sur le patronat français est séquestrée avec le cinéaste qui l'a introduite dans l'usine par des ouvriers en grève. Amoureux, ils subissent de violentes polémiques avant d'être enfin libérés. Leurs rapports avec la société et la perception de leur bonheur ont désormais changés

   
1972 Letter to Jane
  (co-réalisé avec Jean-Pierre Gorin) Avec les voix de Jane Fonda, Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Gorin. 0h52.
   
1975 Numéro deux
(co-réalisé avec Anne-Marie Miéville). Avec : Sandrine Battistella (La femme), Pierre Oudrey (Le mari), Alexandre Rignault (le garnd-père), Rachel Stefanopoli (la grand-mère), Jean-Luc Godard. 1h28.

La vie d'un jeune couple au travers d'un reportage vidéo. Les images se succèdent, présentées sous formes de tableaux présentant les membres de la famille et leurs activités.

   
1976 Six fois deux
 

(Sur et sous la communication - co-réalisé avec Anne-Marie Miéville).10h00.

Chaque dimanche pendant six semaines, tard dans la soirée, FR3 diffuse un épisode de la série produite par l'INA. L'épisode, d'environ une heure est divisé en deux volets de durée sensiblement égale dont le premier présente un événement, un document ou une personne (un ouvrier, un paysan, une femme de ménage, une illuminée qui voulait épouser le pape, un horloger cinéaste amateur perfectionniste à ses heures, une photographie de grand reporter sur une mise à mort au Bangladesh) et le second prend la forme d'une réflexion, d'un essai pour composer un diptyque de leçon de choses et de langage imbriqués.

   
1976 Ici et ailleurs

(co-réalisé avec Anne-Marie Miéville).1h00.

Ici : une famille francaise qui regarde la television. Ailleurs : des images de la revolution palestinienne. Apprendre à voir ici pour entendre ailleurs. Apprendre à s'entendre parler pour voir ce que font les autres.

   
1978 France tour détour deux enfants
  (co-réalisé avec Anne-Marie Miéville). Avec : Betty Berr , Albert Dray, Arnaud Martin, Camille Virolleaud. 5h12.
   
1978 Comment ça va ?

(co-réalisé avec Anne-Marie Miéville). Avec : Michel Marot (le rédacteur en chef), Anne-Marie Miéville (Odette). 1h15.

Dans l'imprimerie d'un journal communiste, une militante gauchiste remet en cause le procèdé de fabrication de l'information.

   
1980 Sauve qui peut (la vie)

Avec : Isabelle Huppert (Isabelle Rivière), Jacques Dutronc (Paul Godard), Nathalie Baye (Denise Rimbaud). 1h27.

Denise Rimbaud laisse son travail à la télévision pour aller travailler dans une ferme au bord d'un lac dans la montagne. Elle a besoin de changer de cadre de vie mais elle ne s'imagine pas combien le jeu peut être violent. Son trajet s'intitule : "l'imaginaire". Celui de Paul Godard s'intitule : "la peur". ..

   
1981 Passion

Avec : Isabelle Huppert (Isabelle), Michel Piccoli (Michel), Jerzy Radziwilowicz (Jerzy), Hanna Schygulla (Hanna). 1h27.

Une petite ville de province. Une région à l'écart et cependant moderne. Une usine avec une vingtaine d'ouvrières, jeunes pour la plupart et qui acceptent n'importe quel salaire pourvu qu'il y ait du travail. Depuis six mois, une guerre d'usure entre le proprio de l'entreprise et une jeune femme de vingt huit ans, une ancienne des jeunesses catholiques, qui s'acharne à vouloir créer une section syndicale...

   
1982 Lettre à Freddy Buache
 

Une commande des édiles de Lausanne pour commémorer la naissance de leur ville. Godard y répond à sa façon, par cette lettre cinématographique adressée à son ami Freddy Buache- directeur de la cinémathèque suisse. Godard explique que Lausanne s'est perdue en oubliant ses périphéries, Le Lausanne du haut, du ciel, du bleu, et le Lausanne du bas, de l'eau, du vert. C'est une ville qui est devenue un refuge du gris, des lignes droites.

   
1982 Prénom Carmen

Avec: Maruschka Detmers (Carmen X), Jacques Bonnaffé (Joseph Bonnaffe), Myriem Roussel (Claire). 1h25.

Une jeune femme pénètre dans la chambre d'un malade. Carmen vient demander à son oncle Jean, cinéaste à l'esprit fatigué, s'il ne pourrait pas lui prêter son appartement pour un certain temps, afin de tourner un film avec des amis. Elle souhaite également qu'il revienne au cinéma en travaillant avec eux...

   
1983 Je vous salue Marie

Avec : Myriem Roussel (Mary), Thierry Rode (Joseph), Philippe Lacoste (Gabriel). 1h46

En ce temps-là... l'Eau, la Terre... la Vie et ses origines... le hasard scientifique ou le fruit de la volonté divine ? A l'aéroport de Genève, l'archange Gabriel, accompagné d'une fillette, monte dans un taxi dont le chauffeur se nomme Joseph.

Marie et Joseph se connaissent déjà. Ils s'aiment, mais Joseph ne peut supporter que Marie attende un enfant qui n'est pas de lui...

   
1984 Détective

Avec : Nathalie Baye (Françoise Chenal), Claude Brasseur (Emile Chenal), Johnny Hallyday (Jim Fox Warner). 1h35.

Un grand hôtel, à Paris. Dans l'une des chambres, donnant directement sur la gare qui se trouve en face, deux détectives enquêtent sur le meurtre d'un mystérieux prince, prétendument assassiné dans cette chambre même. Dans une autre chambre, toute une équipe prépare le match de boxe du jeune poulain Tiger Jones : il y a l'organisateur des combats, Jim Fox Warner, complètement fauché à la suite d'une opération frauduleuse ; le vieux manager Eugène, qui semble être là en souvenir et pour le décor ; et la jeune et jolie Grâce, qui tourne autour de Tiger Jones, lui fait avaler des sucreries et empêche le boxeur de se maintenir en forme...

   
1986 Soft and hard
 

(Co-réalisé avec Anne-Marie Miéville). Avec : Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville. 0h52.

Discussion, souvent entrecoupée de séquences animalières ou depaysages lyriques, entre Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville sur comment exercer une activité professionnelle qui ne se distinguerait pas de la vie du couple, abolissant par là l'organisation d'une société qui a séparé travail et loisir.

   
1986 Grandeur et décadence d'un petit commerce de cinéma
  Avec : Jean-Pierre Mocky, Jean-Pierre Léaud, Marie Valéra, Jean-Luc Godard, et des chômeurs de l'ANPE. 1h31.

Dans une petite société de production, un réalisateur auditionne des comédiens et des chômeurs pour un film.

   
1987 King Lear

Avec : Jean-Luc Godard (Pluggy), Burgess Meredith (Lear), Molly Ringwald (Cordelia), Leos Carax (Edgar). 1 h 30.

Après la catastrophe de Tchernobyl, le monde est revenu à la normale, sauf l'art, qui a complétement disparu. William Shakespeare Junior, 5ème du nom, part à la recherche d'oeuvres disparues. Il rencontre un ponte de la mafia, Don Léaro, et sa fille, Cordélia, qui entretiennent des rapports conflictuels.

   
1987 Soigne ta droite
 

Avec : Jacques Villeret, Dominique Lavanant, Les Rita Mitsouko, Michel Galabru. 1h30.

Les différents personnages de ce film sont l'idiot, l'homme, l'individu, un pilote d'avion et sa femme et un groupe de rock en pleine répétition.

   
1988 Puissance de la parole
 

Avec : Lydia Andrei, Jean Bouise, Laurence Côte, Jean-Michel Irribaren. 0h27.

Trois lignes directrices : la conversation téléphonique d'un couple, une discussion cosmique entre Agathos et Mlle Wanos et de splendides images de la nature. La bande sonore assure le fil conducteur entre les trois séries. Le court-métrage, commandé par France-télécom, est librement inspiré de la nouvelle d'Edgar Poe "La puissance de la parole" où deux personnages refont le monde. La discussion téléphonique reprend des dialogues du Facteur sonne toujours deux fois de Tay Garnett.

   
1988 On s'est tous défilés
 

Clip de 13 minutes réalisé pour les deux stylistes de mode Marithé et François Girbaud. Projette et fusionne plusieurs espaces de représentation. Des glissements successifs entre la peinture, la danse, la musique, un texte de Beaudelaire, le théâtre et la rue.

   
1988 Le dernier mot
 

Clip de 27 mn pour le dixième anniversaire du Figaro Littéraire. Cinq metteurs en scène doivent montrer la vie des français. Godard détourne la commande. Un visiteur se souvient d'une voix et d'images. Un violoniste lui répond par La partita en ré de Bach. Le visiteur se souvient, ici en Haute-Savoie, à la fin de 1945, un prisonnier est fusillé par trois officiers allemands dont une femme. L'officier allemand cite des auteurs français : Nerval, Hugo, Musset, Turenne (à lui-même : tu tremblerais davantage si tu savais où je t'emmène), les ponctuant de "ma poule". On n'entend pas les questions mais le violoniste répond et le visiteur comprend que l'officier est son père et que le violoniste est le fils du prisonnier français. Le dernier mot de celui-ci avait été : "Imbéciles c'est pour vous que je meurs" ; paroles dites par Valentin Feldman, fusillé à 33 ans.

   
1988 Histoire(s) du cinéma
  Les deux premiers épisodes sont diffusés sur C+ : Une vague nouvelle, Seul le cinéma. Ils seront légèrement remaniés dans la version finale de 1999.
   
1990 Nouvelle vague

Avec : Alain Delon (lui : Roger Lennox, Richard Lennow) Domiziana Giordano (elle : Elena Torlato-Favrini) . 1h29.

Elena Torlato-Favrini, Comtesse italienne, héritière d'industries, renverse un homme en voiture. Elle le secoure puis l'héberge dans sa luxueuse demeure. L'homme devient l'amant de cette femme altière avec qui, dit-on dans son entourage, aucun homme n'a jamais été à la hauteur. L'homme, Roger Lennox faible, mou, lointain, conduit Elena, par son attitude, à se détacher de ses affaires....

   
1991 Allemagne 90 neuf zéro

Avec : Eddie Constantine (Lemmy Caution), Hanns Zischler (Le comte Zelten), Claudia Michelsen (Charlotte Kestner/Dora). 1h02

Entre documentaire et fiction, Lemmy Caution, le dernier espion de la Guerre Froide, revient à Berlin Ouest après la chute du Mur. Six épisodes mettent en scènes des variations sur les situations possibles après un tel événement, tandis que notre homme s'avance et que sont diffusés des reportages d'archives.

   
1993 Hélas pour moi

Avec : Gérard Depardieu (Simon Donnadieu), Laurence Masliah (Rachel Donnadieu), Bernard Verley (Abraham Klimt). 1h35.

Simon est garagiste. Il vit avec sa femme Rachel dans un petit village au bord du lac, où tout le monde se connaît : le libraire , le pasteur, le médecin, Benjamin- le jeune homme qui tient la boutique de vidéo-, deux jeunes filles : Aude, la brune et Nelly, la blonde. Le 23 juillet, Simon, pressé par son ami et homme d'affaires, Paul, a annoncé à Rachel qu'il partait en Italie pour quelques heures...

   
1993 Les enfants jouent à la Russsie
  Avec : László Szabó (Jack Valenti, le producteur), Jean-Luc Godard (L'idiot : le Prince Mishkin), Bernard Eisenschitz (Harry Blount), André S. Labarthe (Alcide Jolivet). 1h00
   
1995 JLG/JLG - autoportrait de décembre

Avec : Jean-Luc Godard (Lui-même), Denis Jadót, Elisabeth Kaza 1h02.

Un chant funèbre, quelque part entre un deuil revendiqué et une mort à venir, un autoportrait, un genre de retour sur soi, animé par un mouvement interne difficile à saisir, un surplace qui avance en même temps. Reconstruction d'un cosmos intime, avec ses démons familiers et ses gestes domestiques.

   
1995 Deux fois cinquante ans de cinéma français
 

Avec : Jean-Luc Godard, Michel Piccoli, Cécile Reigher (La serveuse), Dominique Jacquet. 0h51.

Le cinéma américain a tout de suite été une machine à sous. Le cinéma français est un art qui peut s'enorgueillir d'avoir eu des théoriciens et des critiques : Delluc, Epstein, Sadoul, Auriol, Cocteau, Bresson, Bazin, Sherer, Truffaut, Rivette, Duras, Daney. Godard poursuit sa leçon : "Pourquoi dit-on un vieux film et pas un vieux livre ?" Litanie truffée d'inserts "no copyright", chaque fois qu'il a été impossible de monter les films voulus. Cette convocation de fantômes du passé produit nostalgie et regrets. Le sentiment que quelque chose s'est perdue. L'impression que le centenaire du cinéma aurait du être "un joyeux non-anniversaire" (comme disait Lewis Caroll).Sa commémoration est un signe de maladie. L'association "Premier Siècle" n'en est hélas pas la seule responsable.

   
1996 For ever Mozart

Avec : Madeleine Assas (Camille), Ghalia Lacroix (Rosette), Bérangère Allaux (Actrice), Vicky Messica (Metteur en scène), Frédéric Pierrot (Jérôme), Harry Cleven (Grand écrivain). 1h20.

Dans la maison familiale, Jérôme, Camille et Djamila veulent partir pour Sarajevo. La route est longue. Ils sont pris en otage dans une maison à l'abandon qui est devenue le quartier général du général Madlic. Et commence l'épisode du tournage d'un film....

   
1999 Histoire(s) du cinéma
 

1A : Toutes les histoires - 1B : Une histoire seule - 2A : Seul le cinéma - 2B : Fatale beauté - 3A : La monnaie de l'absolu - 3B : Une vague nouvelle- 4A : Le contrôle de l'univers - 4B : Les signes parmi nous. 4h24.

   
2000 Eloge de l'Amour

Avec : Bruno Putzulu (Edgar), Cecile Camp (La Femme), Jean Davy (le grand-père), Françoise Verny (la grande-mère). 1h38.

"Penser à quelque chose implique de penser à une autre chose", dit le film. Et même parfois à deux autres choses, par exemple aux jeunes et aux vieux pour cerner, par comparaison, l'âge adulte. Et pourquoi pas même à trois autres choses : pour découvrir les quatre temps de l'amour. Tels sont les premiers projets, affirmés par le metteur en scène de la première partie du film, celle en noir et blanc dans un Paris fantomatique...

   
2003 Notre musique

Avec : Sarah Adler (Judith Lerner), Nade Dieu (Olga Brodsky), Rony Kramer (Ramos Garcia), Jean-Luc Godard, Mahmoud Darwich. 1h20.

"L'enfer" avec diverses images de guerre, sans ordre chronologique ni historique. Les images restent muettes, accompagnées de quelques phrases et de musique. "Le purgatoire" se déroule de nos jours dans la ville de Sarajevo à l'occasion des Rencontres Européennes du Livrea lors que "Le paradis" montre une jeune femme qui, s'étant sacrifiée, trouve la paix sur une petite plage au bord de l'eau - laquelle est gardée par quelques Marines des USA.

   
2004 Prieres pour refuzniks

0h10

(1) Reprise de la séquence des Carabiniers où Michel-Ange, embrigadé dans la légion Condor, participe à l'exécution d'un militante léniniste. (2) La croix juive en surimpression de photos symboliques de conflits en Palestine à Berlin ou en Chine.

   
2006 Vrai faux passeport
 

Film réalisé pour l'exposition Voyage(s) en utopie .0h55.

"Je prélève, je mets en rapport, et je juge" pourrait dire Godard à propos de ce film constitué d'images de grands films de l'histoire du cinéma. Ces images sont porteuses d'un "bonus" ou d'un "malus" incrusté. Mais l'image est jugée vis à vis de grands thèmes historiques : la pauvreté, l'aliénation et non pas pour la valeur du film en lui-même qui est juste ou non, bon ou non, en fonction de la succession de ses seules images.

   
2010 Film socialisme

Avec : Catherine Tanvier (La Mère), Christian Sinniger (Le Père), Jean-marc Stehlé (Otto Goldberg) et els personanges d'Alissa et de Florine. 1h42.

   
   
   
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né en 1930
58 films
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histoire du cinéma : Pensée et cinéma
Voir : Quiz Jean- Luc Godard