Pierrot le fou
1965

Avec : Jean-Paul Belmondo (Ferdinand/Pierrot), Anna Karina (Marianne), Graziella Galvani (Maria, la femme de Ferdinand), Dirk Sanders (Fred), Jimmy Karoubi (le chef des gangsters), Samuel Fuller, Raymond Devos.

Ferdinand Griffon, ex professeur d'Espagnol, ex stagiaire à la télévision, marié à une richissime italienne, lit à sa petite fille des pages d'Elie Faure consacrées à Velazquez. Une jeune fille, Marianne, vient garder les enfants. Les Griffon se rendent à une réception bourgeoise chez des amis, où chacun débite des slogans publicitaires, exception faite de Samuel Fuller qui parle de cinéma. Ferdinand jette un gâteau au visage des invités et, retrouvant Marianne qu'il a jadis aimée chez lui, part à l'aventure.

Mais Marianne déclare qu'il faut d'abord se débarrasser d'un cadavre et lui confie que son frère Fred l'a placée dans une bande rivale de la sienne pour l'espionner. Le couple est poursuivi par la police. Ils vivent quelques jours comme des naufragés sur une île déserte. Un nain, membre de la bande, emmène Marianne. Ferdinand le découvre assassiné et se fait matraquer par deux complices.

Ferdinand retrouve enfin Marianne. Elle le présente à Fred qui lui propose de participer à un hold-up. Le coup réussit mais Ferdinand comprend qu'on l'a joué lorsqu'il voit Marianne embrasser l'homme qu'elle prétendait être son frère. Il abat son rival puis la jeune femme et téléphone ensuite à la police. Puis, le visage peint en bleu, il se barde d'explosifs auxquels il met le feu.

La trame policière initiale du récit de Lionel White est totalement recouverte par une recherche désespérée et très rimbaldienne de l'amour fou et de l'aventure pos-tromantique.

On retrouve la réflexion sur le couple menée par Godard : tout oppose l'impulsive Marianne, qui préfère les disques et la danse à l'intellectuel Ferdinand qui préfère la lecture et l'écriture. Cette opposition était déjà celle de Camille et de Paul dans Le Mépris alors que, dans A bout de souffle, Patricia était l'intellectuelle et Michel l'impulsif.

Les références à l'art sont nombreuses : la poésie moderne, la peinture de Velazquez à Picasso, le cinéma avec Samuel Fuller.

 

extrait sonore
Voir : Photogrammes
Genre : Drame sentimental