Le road-movie devient un genre lors la période de contestation sociale qui marque la fin des années 60 aux Etats-Unis. Il s'identifie étroitement à la jeune génération qui s'oppose au Viêt-Nam, prend conscience du problème noir, se rend à Woodstock et lit Jack Kérouac.
Fruit d'une idéologie contestataire, celle de la contre-culture, le road-movie demeure pourtant ancré dans l'identité américaine ; probablement parce que la critique de la jeunesse esquisse en creux le portrait de la société. Et, parce que cette société n'aime pas sa jeunesse, le road-movie témoigne d'un mal de vivre, concluant amèrement à une impossibilité de la liberté.
Dans Easy rider (Dennis Hopper, 1968) Peter Fonda improvise face à Dennis Hopper dans la scène du feu de camp avant le dernier voyage mortel. Il conclut sur un mystérieux "We blew it" (On a foiré) qui rend compte d'une insatisfaction fondamentale et tragique.
Le road movie n'est en effet pas un voyage d'un point A à un point B, d'un point de départ à un point d'arrivé. Il s'agit, d'une part, de fuir alors que, d'autre part, on ne connaît pas le but voyage. Cette recherche est plus temporelle que géographique. Il s'agit de rechercher au fond de soi-même. Or, se chercher soi-même exclut l'idée du happy end qui suppose que l'on a tout compris, que l'on a tué les méchants ou construit un couple ou une société.
Au sortir des années 70, Wim Wenders (de Alice dans les villes à Paris-Texas) ou Ridley Scot (Thelma et Louise) perpétueront cette tradition.
Certains cinéastes vont néanmoins s'emparer du road movie pour
lui trouver une vocation positive : survient, sur la route, une relation entre
les personnages qui n'aurait pu avoir lieu sans le temps pris à voyager.
La découverte de soi même se fait au contact des grands espaces
ce qui permet au plan personnel de réintégrer la société
forme de redemption pour tout un groupe. L'objet de la quête est incertain
et inconnu du public.
Road movie Badlends Malick 1973
Gregg Araki doom generation the living end (1992) Priscillia folle du désert
(1994)
Cette conception heureuse, ou tout du moins positive, du road-movie peut même se trouver des précurseurs dans le cinéma de John Ford (Les raisins de la colère, 1940) ou de Frank Capra (New York - Miami , 1934), voir même chez Ingmar Bergman avec Les fraises sauvages (1957) ou Stanley Donen avec Voyage à deux (1967). Elle triomphe en 2006 avec le succès de Little miss Sunshine.
Bibliographie :
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Principaux road-movies :
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| Into the wild | Sean Penn | U.S.A. | 2007 |
| My blueberry nights | Wong Kar-wai | U.S.A. | 2007 |
| Little miss Sunshine | J. Dayton, V. Faris | U.S.A. | 2006 |
| Twentynine palms | Bruno Dumont | France | 2003 |
| Mischka | Jean-François Stevenin | France | 2001 |
| Une histoire vraie | David Lynch | U.S.A. | 1999 |
| Priscilla, folle du désert | Stephan Elliott | U.S.A. | 1994 |
| The doom generation | Gregg Araki | U.S.A. | 1994 |
| The living end | Gregg Araki | U.S.A. | 1992 |
| Thelma et Louise | Ridley Scott | U.S.A. | 1990 |
| My own private Idaho | Gus van Sant | U.S.A. | 1989 |
| Down by law | Jim Jarmusch | U.S.A. | 1986 |
| Paris-Texas | Wim Wenders | Allemagne | 1984 |
| Stranger than paradise | Jim Jarmusch | U.S.A. | 1984 |
| Au fil du temps | Wim Wenders | Allemagne | 1975 |
| La balade sauvage | Terrence Malick | U.S.A. | 1974 |
| Faux mouvement | Wim Wenders | Allemagne | 1974 |
| Cocorico ! Monsieur Poulet | Jean Rouch | France | 1974 |
| Alice dans les villes | Wim Wenders | Allemagne | 1973 |
| Point limite zero | Richard C. Sarafian | U.S.A. | 1971 |
| Macadam a deux voies | Monte Hellman | U.S.A. | 1971 |
| Macadam cow-boy | John Schlesinger | U.S.A. | 1969 |
| Les gens de la pluie | Francis Ford Coppola | U.S.A. | 1969 |
| Easy rider | Dennis Hopper | U.S.A. | 1969 |
| Voyage à deux | Stanley Donen | U.S.A. | 1967 |
| Les fraises sauvages | Ingmar Bergman | Suède | 1957 |
| L'équipée sauvage | Laszlo Benedek | U.S.A. | 1954 |
| Les raisins de la colère | John Ford | U.S.A. | 1940 |
| New York - Miami | Frank Capra | U.S.A. | 1934 |