Le cinéma américain des années 70

Ce livre aborde le cinéma américain des années 70 sous un angle bien moins anecdotique que Le nouvel Hollywood (2002) de Peter Biskind.

Pour Jean-Baptiste Thoret, on peut parler d'un nouvel hollywwod comme on a parlé d'une nouvelle vague pour regrouper un certain nombre de films américains entre 1967 : Bonnie and Clyde et 1980 : La porte du paradis.

Toutefois, alors que La nouvelle vague voulait rompre avec le cinéma précédant, le nouvel hollywwod souhaite seulement bifurquer tout en reprenant la ligne du cinéma des studios.


Boorman dans Délivrance ou Scorsese dans The shave ne parle plus d'une violence incarnée par un autre, un méchant mais d'un mal intérieur qui conduit à l'automutilation. Contemporain par ses allausiosn à al guerre du Vietnam the Shave travailel aussi la référence à Psychose

Dans Easy rider (Dennis hopper, 1968) Peter Fonda improvise face à Dennis Hopper dans la scène du feu de camp avant le dernier voyage mortel. Il conclut sur un mystérieux "We blew it" (On a foiré) qui rend compte de l'insatisfaction fondamentale et tragique produite par la recherche du nouvel hollywwod.

Le road movie en est profondemment transformé. Il n'est plus un voyage d'un point A à un point B, d'un point de départ à un point d'arrivé. Il s'agit, d'une part, de fuir alors que, d'autre part, on ne connaît pas le but voyage. cette recherche est plus temporelle que géographique. Il s'agit de rechercher au fond de soi même. se chercher soi-même exclut l'idée du happy end qui suppose que l'on a tout compris, que l'on à tué les méchants ou construit un couple ou une société.

Quelques traits communs se dégagent des films des années 70 : irrespect des règles classiques de la narration, doute sur les frontières du bien et du mal et des personnages qui les incarnent, sympathie pour les marginaux, rapport frontal au sexe et à la violence, méfiance vis-à-vis de toutes les formes d’autorité. Les spectateurs reconnaissent une part d’eux- mêmes chez une nouvelle pléiade d’acteurs : Robert de Niro, Al Pacino, Dustin Hoffman, Jack Nicholson, Faye Dunaway, Gena Rowlands, Jane Fonda, Mia Farrow, Diane Keaton...Une génération montante de cinéastes cinéphiles, influencés par les nouvelles vagues des années 60, prend en main les rênes des studios, bénéficiant d’une libertté créatrice jamais atteinte jusqu’alors ; ils s’appellent francis Ford Coppola, Brian de Palma, Martin Scorsese, William Friedkin, Hal Hashby, Michael Cimino.

Ils réaliseront Little Big Man, La Horde sauvage, Une femme sous influence, Un après-midi de chien, M.A.S.H., Voyage au bout de l’enfer, Macadam Cowboy, Taxi Driver, Apocalypse Now, Phantom of the Paradise, French Connection, Délivrance, Rosemary’s Baby...

Georges Lucas met fin à ctte morosité en 1973 avec American Griffiti dont l'action se passe durant les années 50 et s'arrête en 1962 juste avant l'assassinat de Kennedy. Il s'agit d'en finir avec la machine à déprimer, revenir aux années d'avant la felure fitzgzraldienne.

 

2006
Jean-Baptiste Thoret
392 pages. 35 euros. Cahiers du cinéma