On reprendra la distinction de Marcel Martin dans Le langage cinématographique (1985), entre les éléments spécifiques au cinéma et les éléments non spécifiques que le cinéma partage avec d'autres arts (la peinture, la littérature, la musique ou le théâtre).

Les éléments spécifiques se partagent en quatre catégories : le cadre, le plan, le montage et le son... et de nombreuses sous catégories ! Les éléments non spécifiques sont analysés selon six catégories : la conduite du récit, les acteurs, les dialogues, la musique, l'éclairage et le décor.

 

Les éléments spécifiques

1 - Le cadre : saturé ou raréfié, géométrique ou physique, décadré ou recadré, le cadre comprend l'analyse du format des split-screen, transparence, surimpression, du hors-champ de la plongée et de la contre-plongée et du cadre débullé.

plongées totales : L'étau (Hitchcock, 1963) et Il était une fois en Amérique (Leone, 1983)

 

2 - Le plan : Le plan peut être défini du point de l'opérateur ou du spectateur après intervention du monteur. Pour l'opérateur, il s'agit du fragment de pellicule impressionné entre le moment où le moteur de la caméra est mis en route et celui où il a stoppé. Mais le plan tourné peut être fractionné au montage, coupé aux ciseaux et la première partie collée avec un autre plan, lui-même collé avec la partie suivante du premier plan tourné.

On pourra aussi dire que le plan est le morceau de pellicule, sélectionné au montage, ayant défilé de façon ininterrompue dans la caméra, entre le déclenchement du moteur et son arrêt ou Le plan est le morceau de film tourné sans interruption et sélectionné au montage entre deux raccords.

Seront étudiés dans des pages spécifiques Le nombre et l'échelle des plans , la profondeur de champ, le travelling, le panoramique et les plans-séquences .

 

3 - Le montage : Le montage a trois fonctions : syntaxique, sémantique et rythmique. La fonction syntaxique a pour objet d'articuler les plans les uns par rapport aux autres pour donner de la continuité, de l'unité à la narration. En ce sens, il doit être le plus transparent possible et ne produire aucun signe en direction du spectateur. Mais il porte en germe une source de montage expressif : l'effet de liaison peut être perturbé par un faux raccord ou un effet de ponctuation tel le fondu-enchainé

La fonction sémantique du montage produit du sens connoté. Il met en rapport deux éléments différents pour produire des effets de causalité, de parallélisme, de comparaison, etc. La production de sens connoté est omniprésente dans le montage parallèle dont le but est de rapprocher symboliquement deux situations ce qui n'est pas le cas du classique montage alterné qui vise à l'efficacité narrative.

 

4 - Le son : Les perfectionnements technologiques permettent d'obtenir un son de plus en plus maitrisé alors que les cinéastes multiplient les inventions quant aux effets sonores.

 

Les éléments non specifiques

1 - La conduite du récit récit pose la question de l'unité pertinente pour en faire le résumé, du type de focalisation utilisé par le narrateur et des anachronies mises en œuvre pour rendre le récit plus dynamique. L'importance des anachronies au cinéma conduit à leur réserver deux pages spéciales sur le flash-back et le flash-forward.

2 - Les acteurs : L'acteur de cinéma est un élément essentiel du dispositif cinématographique. Souvent bien mieux payé que le réalisateur, c'est autour de lui que s'organise le montage financier du film. L'acteur de cinéma classique était comédien, il possédait une grande technique (savoir rire, pleurer, danser…) pour interpréter un rôle. Avec le cinéma moderne, l'acteur est prêt à tout donner de lui-même pour incarner à l'écran une personne, un mixte entre acteur et personnage auquel parvenait anciennement, mais souvent de façon caricaturale, ceux que l'on appelait stars ou monstres sacrés du cinéma (Michel Simon, Jean Gabin...).

3 - Les dialogues : Les monologues les plus célèbres sont sans doute ceux de Marlon Brando dans Jules César, et de Charles Laughton dans L'extravagant M. Ruggles. Les dialogues peuvent être théâtraux, littéraires, psychologiques ou réalistes.

4 - La musique : La musique de film ne devient moyen de mise en scène qu'avec le film sonore, trouve un plein épanouissement dans le film musical et reste souvent inoubliable grâce à quelques chansons ou morceaux musicaux célèbres de films.

5 - La Couleur : des premières pellicules coloriées à la main aux effets les plus variés, la couleur accentue l'émotion.

6 - Le décor : Pour Jean-Pierre Berthomé, le décor métaphorise la situation dramatique ou l'état psychologique du personnage. Il permet de définir les territoires psychologiques ou d'action des différents personnages.

 

 

 

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