On reprendra la distinction de Marcel Martin entre les éléments non spécifiques que le cinéma partage avec d'autres arts (la peinture, la littérature, la musique ou le théâtre), des éléments spécifiques au cinéma.

Les éléments non spécifiques sont analysés selon six catégories : la conduite du récit, les acteurs, les dialogues, la musique, l'éclairage et le décor et les éléments spécifiques en quatre catégories : l'image, le plan, le montage et le son... et de nombreuses sous catégories !

Les éléments non specifiques

La conduite du récit : Le découpage permet de segmenter le film en scène ou séquences avant de passer à l'analyse de l'élément spécifique du plan. Voir aussi : focalisation, flash-back , autres anachronies.

Les acteurs : L'acteur de cinéma est un élément essentiel du dispositif cinématographique. Souvent bien mieux payé que le réalisateur, c'est autour de lui que s'organise le montage financier du film. L'acteur de cinéma classique était comédien, il possédait une grande technique (savoir rire, pleurer, danser…) pour interpréter un rôle. Avec le cinéma moderne, l'acteur est prêt à tout donner de lui-même pour incarner à l'écran une personne, un mixte entre acteur et personnage auquel parvenait anciennement, mais souvent de façon caricaturale, ceux que l'on appelait stars ou monstres sacrés du cinéma (Michel Simon, Jean Gabin...).

Les dialogues : Les monologues les plus célèbres sont sans doute ceux de Marlon Brando dans Jules César, et de Charles Laughton dans L'extravagant M. Ruggles. Les dialogues peuvent être théâtraux, littéraires, psychologiques ou réalistes.

La musique : La musique de film ne devient moyen de mise en scène qu'avec le film sonore, trouve un plein épanouissement dans le film musical et reste souvent inoubliable grâce à quelques chansons ou morceaux musicaux célèbres de films.

Couleurs : des premieres pellicules coloriées à la main aux effets les plus variés, la couleur accentue l'émotion.

Le décor : Pour Jean-Pierre Berthomé, le décor métaphorise la situation dramatique ou l'état psychologique du personnage. Il permet de définir les territoires psychologiques ou d'action des différents personnages.

 

Les éléments spécifiques

Format Différents formats d'images
Cadre hors-champ, surimpression, plongée et contre-plongée, cadre débullé.
Plan Nombre et échelle des plans , Plans-séquences avec travelling et panoramique, Profondeur de champ .
Montage montage alterné, montage parallèle, raccords et faux raccords, fondu-enchaîné
Le son Progrès technique et effets sonores

 

L'image : comprend l'analyse du format et du cadre avec des développements pour : hors-champ, surimpression, plongée et contre-plongée, cadre débullé.

Le plan : le plan inclut l'analyse du nombre des plans, Échelle des plans, Plan-séquence (profondeur de champ, plan fixe, travelling, panoramique).

plongées totales : L'étau (Hitchcock, 1963) et Il était une fois en Amérique (Leone, 1983)

Le montage : Le montage a trois fonctions : syntaxique, sémantique et rythmique. La fonction syntaxique a pour objet d'articuler les plans les uns par rapport aux autres pour donner de la continuité, de l'unité à la narration. En ce sens, il doit être le plus transparent possible et ne produire aucun signe en direction du spectateur. Mais il porte en germe une source de montage expressif : l'effet de liaison peut être perturbé par un faux raccord, un effet de ponctuation tel le fondu-enchainé ou une rupture par flash-back.

La fonction sémantique du montage produit du sens connoté. Il met en rapport deux éléments différents pour produire des effets de causalité, de parallélisme, de comparaison, etc. La production de sens connoté est omniprésente dans le montage parallèle dont le but est de rapprocher symbolique deux situations. Ainsi Eisenstein dans la séquence de La grève, juxtaposant le massacre des ouvriers par l'armée et une scène d'égorgement d'un animal à l'abattoir.

Le rythme du film peut être qualifié selon cinq grandes tendances : montage organique de l'école américaine, dialectique de l'école russe, quantitatif de l'école française d'avant-guerre, intensif de l'école expressionniste allemande ou plus recemment montage-collage.

Le son : Les perfectionnements technologiques permettent d'obtebnir un son de plus en plus maitrisé alors que les cinéastes multiplient les inventions quant aux effets sonores.

 

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