La dimension et les proportions de l'image sont imposées par deux données techniques : la largeur de la pellicule support, et les dimensions de la fenêtre de la caméra.

Dans un premier sens, format sert à différencier les divers types de négatifs introduits dans la caméra : forme et espacement des perforations et surtout largeur du film (exprimé en millimètres). Dans un deuxième sens, on appelle format le rapport des dimensions de l'image sur l'écran. dans ce cas le format est caractérisé par ce rapport. Par exemple : 1,66 X 1, généralement abrégé en 1,65 signifie que l'image sur l'écran est 1,66 plus large que haute.

Compte tenu de la standardisation indispensable à toute industrie, les deux sens de format sont liés. Ainsi les formats 8 mm ( Kodak, 1932) super 8 (Kodak 1964), 9,5 mm (Pathé 1922) et 16 mm (Kodak 1923) sont projetés au format 1,33. Il n'en est toutefois pas de même pour le format standard du cinéma professionnel : le 35 mm. Celui-ci, mis au point par Eastman et Edison dès 1889, se prête à toutes sorte de formats d'images. Les plus courants sont le :

1,33 : standard des films muets
1,37 : standard des films sonores de 1930 à 1950-55,
1,66 : standard européen actuel
1,85 : standard américain
2,35 : Scope standard
2,55 : CinémaScope

 
principaux standards de projection
 
hauteur sur largeur
dimension des photogrammes
  (hauteur) (format)
proposés sur le site - en pixels
standard muet
1
1,33
150
200
premiers films sonores
1
1,25
160
200
standard sonore
1
1,37
146
200
standard européen
1
1,66
161
266
standard italien
1
1,77
150
266
standard américain
1
1,85
144
266
Scope standard
1
2,35
113
266
Cinémascope
1
2,55
104
266

Formats "carrés"

Standard muet : 1.33

Le premier format utilisé au cinéma fut le 1.33, le format du cinéma muet. On le doit surtout à Thomas Edison qui, dans les années 1910, fit réduire la pellicule 70 mm de George Eastman à 35 mm. Jusqu'en 1927, il s'agissait du format standard. Par exemple, tous les grands classiques de Charlie Chaplin de l'époque Mutual ont été tournés dans ce format .

Premiers films sonores : 1,25:

En 1927, le cinéma devient parlant. La pellicule doit laisser de l'espace pour inscrire la bande son optique.

Standard sonore : 1,37
Au début des années 30, L'Academy of Motion Pictures and Arts and Sciences (AMPA) reconnait officiellement ce format comme étant le standard de l'industrie. De 1930 à 1950-55, tous les films seront tournés dans ce format.

Parce que la plupart des photogrammes du site ont été capturé lors de passage tv, le format 1,37 ne différe pas ici du format 1,33.

 

Formats larges

Les Standards américains

Au début des années 1950, la télévision est devenue populaire aux États-Unis. Le format d'image adopté par celle-ci fut le 1.33. En fait, la télévison s'inspire des normes du format d'image du cinéma et les simplifie (la distorsion entre le 1,37 et el 4/3 est insensible) pour définir ses propres standards. Il s'agit du même type de distorsion que pour la vitesse de défilement de l'image. Elle défile à la vitesse de 24 images par seconde au cinéma, et de 25 images par seconde à la télévision. Par conséquent le film dure moins longtemps à la télévision qu'au cinéma.

L'industrie du cinéma, inquiétée par l'arrivée de la télévison, a commencé à proposer aux spectateurs des films dans des formats d'images plus larges, plus panoramiques. Les studios Fox ont été les premiers des Majors à amorcer cette évolution en 1953 avec le CinemaScope. En 1953, aux États-Unis, cinq films ont été offerts en format panoramique. En 1954, environ une quarantaine et en 1955, plus de 100.

 

Le cinémaScope : 2.55

Le CinemaScope est considéré comme étant le format dit "widescreen" qui a réellement lancé la tendance cinématographique vers des formats d'images larges.

Une objectif anamorphique est utilisée lors du tournage, celle-ci comprime l'image dans sa largeur avec un rapport de 2. Lors de la projection du film en salle, un objectif anamorphique est utilisée sur le projecteur, rétablissant ainsi les justes proportions de l'image.

La mouette dans le cadre derrière l'objectif primaire et anamorphoseur
la mouette anamorphosée sur sur la pellicule 35 mm
la mouette projettée après désanamorphose

C'est le professeur Henri Chrétien qui développa ce procédé d'anamorphose au cours des années 1920, seuls quelques documentaires furent réalisés. En 1952, les droits d'utilisation du procédé ainsi que les objectifs existants furent rachetés par la Fox et nomma cette invention CinemaScope .

Ce format fut utilisé pour la première fois par Fox en 1953 avec le film The Robe, de Henry Koster. fut filmé avec des caches caméra correspondant au standard muet (soit un rapport de 2,66) dans l'optique de projection en double-bande (son sur un support séparé). Pour la sortie commerciale la Fox s'orienta vers un pistage des copies 35mm avec 4 pistes situées de part de d'autre des rangés de perforations, dont la largeur avait ainsi était réduite pour gagner de la place, donnant une image projetée au rapport 2,55.

La Fox connu ensuite de nombreux problèmes techniques. Seuls trois objectifs étaient d'une qualité suffisante pour être utilisés. Ces objectifs étaient conçus comme des accessoires à fixer un objectif primaire or ils n'étaient pas adaptés au matériel utilisé par la Fox et entraînaient vignettage et perte de lumière. La séparation primaire/anamorphoseur imposait une mise au point séparée sur chaque objectif et enfin le rapport d'anamorphose variait d'un objectif à l'autre voire pour un même objectif en fonction de la distance du sujet ou de sa position dans le champs.

La Fox conclu un contrat avec Bausch et Lomb pour la fourniture de nouveaux objectifs. Le premier lot d'objectifs utilisait les formules de Chrétien et ce n'est qu'en 1954 que fut livré un second lot intégrant en un seul objectif primaire et anamorphoseur

Le succès commercial de ce procédé entraîna l'apparition de procédés rivaux développés par les autres studios tel le WarnerScope, le Superscope. 20.000 Lieus sous les mers, Capitaine mystère, Une étoile est née et Brigadoon ont été filmés dans ce format.

 

20 000 lieues sous les mers
Capitaine mystère


Populaire pendant une dizaine d'années, le CinemaScope n'est pratiquement plus utilisé depuis 1965.

Les objectifs Bausch et Lomb furent utilisés par la Fox jusqu'en 1967. Après le tournage de In Like Flint (Gordon Douglas, 1967), ils furent remplacés par des objectifs de la société Panavision marquant ainsi la fin du CinémaScope en tant que procédé à part entière.

Pour obtenir un format 2.55, Le CinemaScope utilisait la perforation CS1870 (Fox Hole). Le réseau mondial des exploitants n'a pas suivi le son magnétique, il a fallu très vite revenir au son optique, quelquefois codé en Perspecta (fausse stéréo à aiguillage du son vers des groupes d'enceintes par un signal de commande dans la piste). Ce qui a ramené le cadre au rapport 2.35.

Quand Panavision s'est lancé dans la prise de vue (ils faisaient d'abord des optiques de projection,) il s'est rallié à la perforation standard : la cause était déjà entendue et le CinemaScope proprement dit était mort.

 

Scope standard, Panavision : 2.35

Un des deux formats les plus populaires au cinéma. Incorrectement appelé scope, il faut en fait parler de Panavision. Tout comme le CinemaScope, ce système utilise l'anamorphose. L'image finale a un format de 2.35

 

Standard Américain : 1.85

Le 1.85 est le format d'image le plus courant dans l'industrie cinématograhique américaine. Ce format provient des "bricolages" des exploitants pour projetter les films tournés en Vistavision, procédé abandonné aujourdhui.

De la Vistavision au panoramique

Le procédé Vistavision lancé par Paramount en 1954 utilisait le déroulement horizontal du film 35 mm (comme un apparteil photo) mais avec une image presque doublée (huit perforations pour une image au lieu de quatre). Très peu de salles s'équipèrent pour la projection horizontale et les négatifs Vistavision furent projetés sur copie 35 mm usuelle mais en réduisant la taille de chaque image en haut et en bas ce qui aboutit au format 1,85.

Le gain sur la qualité d'image dû à la grandeur du négatif permettait de maintenir la qualité de la projection même avec une image réduite sur la pellicule de projection. Mais une fois que les progrès des couches sensibles et des objectifs permirent d'obtenir sur négatif 35 mm à défilement vertical traditionnel une qualité d'image comparable à celle obtenue par réduction au tirage de la grande image négative de la Vistavision, les caméras Visitavision furent abandonnées.. mais le format est resté.

Le panoramique est en effet la solution «économique» pour élargir l'imge. Ce format est identique en tout point au standard mais on n'utilise pas toute la hauteur disponible en 1,37.

Une image en 1.85 avec, en grisé, l'image 1.37 utilisé pour la télévision

Le rapport choisi est de 1,85 aux USA qui remplace ainsi le format Vistavision de projection, de 1,66 en France et de 1,77 en Italie

Dans la pratique, Europe et États-Unis se distinguent par la méthode utilisée pour réduire la hauteur. En Europe on équipe généralement la caméra avec un cache correspondant au format souhaité. Aux USA, on préfère impressionner la pellicule sur toute la hauteur du standard.

Dans ce cas l'opérateur dispose de marques dans le viseur indiquant les limites de l'image finale. Lors de projection en salle, le projecteur est équipé avec un cache masquant les parties excédentaires. L'image est présentée au format 1.85

En revanche lors de diffusions TV ou vidéo ne respectant pas le format, ces parties sont conservées à des fins de remplissage de l'image 4/3. On n'ampute plus l'image "cinéma" mais le cadrage est complètement modifié (et peut laisser apparaître des éléments parasites tels que des micros ou des rails de travelling qui auraient du être hors-champs).

Psychose au format 1.37 pour la télévision et au format 1.85 pour le cinéma (voir : 1 et 2 )

Alfred Hitchcock savait que ses films seraient beaucoup diffusés à la télévision et tenait compte, dans le viseur de sa caméra, du format d'image final. Le problème avec cette technique est que si le réalisateur a composé son image pour un format 1.85, celle-ci pourra ne pas avoir le même impact en plein écran. Un gros plan sur visage deviendra alors un plan sur le visage et le bas du corps.

Le nouveau format d'écran 16:9 (4/3 X 4/3= 16/9), garantit une certaine compatibilité avec le format conventionel. le rapport de 1.77 est proche du format 1.85.

 

Le standard européen

Le standard européen est le 1,66. Il est utilisé par exemple pour la majorité des films de la Nouvelle Vague.

 

 

Formats rares et disparus

 

Standard italien : 1.77

Format utilisé dans les années 60 par les italiens et notamment par Antonioni dans l'Avventura.

 

Cinérama : 2.65

Ce format fut utilisé au cours des années 50 et au début des années 60. Développé par Fred Waller du studio Paramount, le premier film présenté dans ce format fut This is Cinerama en 1952. Ce procédé necessitait l'emploi de trois caméras lors du tournage et trois caméras lors de la projection. L'écran était courbé. L'effet panoramique était impressionnant mais à quel prix? Les problèmes de désynchronisation et la complexité du procédé ont eu raison de celui-ci.>

MGM Camera 65, Ultra-Panavision 70
Ces procédés de tournage permettaient d'obtenir un format d'image de 2.76. Ces procédés utilisaient l'anamorphose. Nous comptons environ une dizaine de film tournés dans ce format ( Battle of the Bulge, The Fall of the Roman Empire, The Greatest Story Ever Told, It's a Mad Mad Mad Mad World, Mutiny on the Bounty

Super Panavision 70
Aussi connu sous les noms de Panavision 70, Super Panavision, Panavision, Process Lenses by Panavision et Panavision Super 70, ce dernier donnait sur pellicule 70 mm un format d'image de 2.20:1. Mais attention, il s'agit en fait en fait de gonflage de pellicule 35mm, le 2.35:1 y est alors recadré au format 2.20:1. Le Super Panavision 70 a été développé pour concurrencer le TODD-AO, un autre procédé cinématographique donnant un format d'image large (ratio variable). My Fair Lady, Exodus, et Grand Prix sont des exemples de l'utilisation du procédé Panavision 70.