(1892-1947)
70 films
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histoire du cinéma : L'image situation

I - Mise en scène

Plus que l'immense auteur qu'il est, Ernst Lubitsch est l'inventeur de la fameuse "Lubitsch's touch". Son nom est associé à la comédie sophistiquée, au champagne et au... gruyère, grâce à l'un de ses fervents admirateurs, François Truffaut, qui déclarait que "dans le gruyère Lubitsch, chaque trou est génial ", rendant ainsi hommage à son sens de l'ellipse, la marque de son style, disait-il, qui fait du spectateur un personnage à part entière.

L'ellipse que François Truffaut relevait dans œuvre de Lubitsch n'est toutefois que le moyen subtil et privilégié pour provoquer l'émotion qui est déclenchée par un signe particulier que Gilles Deleuze dénomme indice, attaché à l'image-situation.

Gilles Deleuze fait en effet de Lubitsch le grand maître, avec Charles Chaplin, de l'image-situation. Celle-ci s'oppose à la loi globale ou intégrale de l'image-action. Cette dernière compose, dans les films épiques notamment, un grand écart entre une situation délicate et une situation idéale qui n'existe que pour être comblé par le héros. Dans l'image-situation, Lubitsch va au contraire créer des petites différences qui n'existent que pour être creusées, pour susciter des situations très différentes ou opposables.

a/ indices de manque et d'équivocité

L'image-situation va ainsi d'une action, d'un comportement à une situation partiellement dévoilée. Le signe par laquelle on la reconnaît est l'indice : une action, ou un équivalent d'action, un geste simple, qui dévoilent une situation qui n'était pas donnée.

La situation est conclue de l'action par inférence ou par un raisonnement relativement complexe. L'indice est souvent d'autant plus fort qu'il enveloppe un raisonnement rapide.

Par exemple, dans Sérénade à trois, l'un des deux amants, George (Gary Cooper) voit l'autre vêtu d'un smoking, au petit matin chez l'aimée commune : il conclut de cet indice (et le spectateur en même temps) que son ami a passé la nuit avec la jeune femme. L'indice consiste donc en ceci que Tom (Frederic March) est "trop" habillé pour être venu rendre visite le matin seulement à Gilda. Tom a repris le smoking qu'il a abandonné à la fin de la soirée et a donc été durant la nuit dans une situation très intime qui n'a pas été montrée.

Le costume au petit matin est un indice de manque. C'est une image-raisonnement. Dans ce cas l'indice résulte d'une ellipse, d'un trou dans le récit, mais il se peut aussi que l'indice de manque soit celui d'un vide dans l'espace, d'un hors-champ.

Lorsque dans Illusions perdues, Jill se rend chez Alexander, le panoramique qui saisit la bouteille puis le sac sur le canapé alors que s'élève, off, une musique qui se révèle être Alexander jouant au piano, signifie que les discussions d'usage ont déjà eut lieu. Jill écoute et regarde Alexander qui veut prendre un baiser. Elle se refuse. Elle sort du champ. Il sort du champ. Le cadre reste vide durant une dizaine de secondes. Il revient et se met à jouer du piano dans tous les sens. Ce cadre resté vide une dizaine de secondes puis qui se remplit avec Alexander jouant joyeusement est le signe, que, hors-champ, le baiser à eut lieu.

Il y a un second type d'indice, l'indice d'équivocité que Lubitsch met en scène par décalage vis à vis d'une situation stéréotypée. C'est comme si une action, un comportement recelait une petite différence qui suffit pourtant à la renvoyer simultanément à deux situations tout à fait distantes et éloignées.

Dans Les films de ma vie, François Truffaut relevait le jeu avec le cendrier en forme de gondole qui titille le subconscient du comptable de madame Collet dans Haute pègre. Il finira par lui rappeler qu'il s'est fait berner par Gaston à Venise. Il s'agit là d'un des plus beaux indices d'équivocité mis en scène par Lubitsch : simple cendrier pour partager les discussions mondaines ou objet révélateur de la personnalité réelle de Gaston.

La scène dans la chambre à coucher de Jill et Larry dans Illusions perdues débute par le chien en gros plan qui lève la tête de son panier. Jill entre, regarde son mari dormir, vient se coucher à côté de lui après avoir caressé le chien et fait "ouah" pour le réveiller. Larry, dans un demi-sommeil, se lève et porte le chien dehors. Dépitée, Jill lui dit que c'est elle qui a aboyé. Mais on entend alors le chien aboyer dehors et Larry se retourne vers sa femme en lui intimant l'ordre de se taire par un "chutt". L'indice du chien est que Larry est devenu tellement indiffèrent à sa femme qu'il la confond avec son chien. Ce n'est pas une image rassurante du bonheur conjugal mais au contraire l'indice que plus rien ne va dans le couple.

Dans To be or not to be, on se demande, quand l'aviateur quitte son siège dès que l'acteur commence son monologue, si c'est parce qu'il en a assez ou parce qu'il a rendez-vous avec la femme de l'acteur ? Une très petite différence dans le geste mais aussi l'énormité de la distance entre deux situations telles qu'une question de vie ou de mort.

b/ la comédie des erreurs

La résolution des indices en situation à comprendre n'est pas toujours immédiate pour les personnages. Les films travaillent autour d'un secret que certains connaissent et d'autres non. Le spectateur connaît tout, alors que les personnages ne savent pas interpréter ce qui se passe. Indices de manque et d'équivocité se combinent alors et les personnages prennent des images partielles ou incomplètes pour la vérité. Ainsi la scène du jardin où Lady Windermere voit Miss Erlynne en train de se faire courtiser par un homme qu'elle ne voit pas car caché derrière un massif, et qu'elle prend pour son mari. En revanche dès son départ, Lubitsch prend soin de nous montrer le point de vue opposé où Miss Erlynne n'est courtisée que par lord Auton.

Ainsi, ce n'est pas seulement par l'ellipse repérée par Truffaut que Lubitsch fait du spectateur un personnage à part entière. C'est, pour ainsi dire, l'essence de sa mise en scène. Nous faisant travailler les résolutions des indices avec les personnages où comprendre leurs erreurs, il fait du spectateur un complice. Il accomplit par là un progrès considérable dans le récit filmique...et un challenge aujourd'hui difficilement imitable.

Cette comédie des erreurs est nécessaire à l'humanisme de Lubitsch qui ne cesse de faire l'éloge du plaisir de vivre basé sur le langage, l'esquive, le retournement et le mouvement perpétuel. Ses héros sont des séducteurs mondains (Herbert Marshall, Melvyn Douglas), des femmes espiègles (Miriam Hopkins, Claudette Colber) et ses têtes de turcs, au mieux des seconds rôles inoubliables comme Charles Ruggles, Felix Bressart et Edward Everett Horton, au pire des hommes et des femmes entêtés dans leurs morales ou leurs certitudes.

Les portes qui ponctuent son œuvre sont l'occasion de marquer des franchissements possibles des retournements probables, des mystères à préserver (la fin de Ange). Car Lubitsch aime les différences entre riches et pauvres, hommes et femmes, entre le désir du mariage et de stabilité et la pulsion vitale de l'aventure, de la conquête et du triangle amoureux. Car Lubitsch aime la vie lorsqu'elle ne cesse de pétiller comme le champagne et de valser toujours.

II - Biographie

Né à Berlin en 1892, Lubitsch est originaire d'une famille juive de Galicie qui possède encore la nationalité russe durant la première guerre mondiale. Lubitsch commence à travailler à l'âge de seize ans dans la boutique de son père, tailleur, dans le quartier de la "Konfection". Atmosphère dont il se souviendra quand il réalisera Le palais de la chaussure (1916) ou The Shop around the corner (1940), un de ses plus beaux films. Le jeune Ernst se retrouve en 1906 au Gardelegen Theater, avec un débutant de dix-huit ans, Emil Jannings. Un acteur de la troupe de Max Reinhardt, Victor Arnold, lui donne des cours d'art dramatique à partir de 1911, et le présente à Max Reinhart qui lui confie des rôles de second plan dans ses productions berlinoises. En 1912, il retrouve Emil Jannings, qui entre au Deutsche-Theater. Il joue dans une pantomime de Karl Vollmoeller, Das Mirakel, qui sera filmée intégralement la même année, au cours d'une tournée de la troupe à Londres. Cette première expérience attire peut-être Lubitsch vers le cinéma. Il va délaisser le théâtre. Mais de nombreux membres de la troupe de Reinhardt (dont Pola Negri, Wegener, Jakob Tiedtke) se retrouveront plus tard chez Lubitsch, qui ne cachera jamais avoir subi toute sa carrière l'influence de Reinhardt.

C'est en 1913 qu'il fait ses vrais débuts à l'écran dans le rôle de Meyer, comique israélite à l'éternel cigare. Ce personnage devient assez populaire pour faire l'objet d'une série (toujours des films de courte durée). Parallèlement, il interprète une série de "comédies de magasins de couture", dont il deviendra assez rapidement l'un des réalisateurs avant d'obtenir son premier grand succès avec Der stolz der firma, une comédie en trois bobines où il tient son rôle habituel de commis de magasin. Il écrira et réalisera de très nombreuses comédies en une bobine essentiellement destinées à le mettre en valeur en tant qu'acteur. Jusqu'en 1918, il continue à jouer au théâtre, surtout dans des revues. Il est alors un acteur extrêmement populaire, mais dans un registre bien précis qui est celui de la comédie.

En 1918, Paul Davidsohn, le producteur de toutes les comédies de Lubitsch, prend le risque de lui faire mettre en scène un film sérieux, Les yeux de la momie, avec Pola Negri et Emil Jannings, qui remporte un gros succès. C'est le premier grand rôle de Jannings pour le cinéma. Ce succès aidant, Lubitsch va réaliser une série de cinq " super-productions historiques " (Carmen, Madame Dubarry - 1919, avec Pola Negri et Emil Jannings, qui est le premier film allemand de l'après-guerre à sortir à New York et qui lui vaut la réputation de "Griffith de l'Europe, Sumurun- sa dernière apparition en tant qu'acteur - Anna Boleyn et Das weib des pharaoh) dont le succès va attirer sur lui l'attention des Américains. Mais il ne cesse pas pour autant de réaliser des comédies dont il est le plus souvent le scénariste. Il date lui-même de La Princesse aux huîtres, de 1919, avec Ossi Oswalda, l'apparition de la fameuse "Lubitsch Touch".

C'est en octobre 1921 qu'il fait son premier voyage aux USA. A son retour en Allemagne, il réalise Die flamme (Montmartre) avec Pola Negri. La même année, en 1922, Mary Pickford et United Artists le font venir à Hollywood, avec toute son équipe, pour diriger une nouvelle version de Faust avec Mary Pickford dans le rôle de Marguerite. Ce projet n'aboutit pas, et Lubitsch finit par tourner, toujours avec Mary Pickford, une adaptation de Don Cesar de Bazan qui, pour le cinéma, s'appellera Rosita. Le tournage se passe mal ("Des portes, c'est un metteur en scène de portes ", dira-t-elle).

Lubitsch enfant
signature du contrat avec la United Artists

Il signe un contrat avec la Warner l'année suivante et se spécialise dans les comédies de mœurs, comme Forbidden Paradise (1924, avec Adolphe Menjou) ou L'éventail de Lady Windermere (1925), et devient l'un des réalisateurs les plus cotés de Hollywood.

Son dernier film muet, L'abîme (avec John Barrymore) est un film dramatique, mais, dès les débuts du parlant, Lubitsch se lance dans un genre dont il va devenir le maître incontesté : l'adaptation d'opérettes (Love Parade en 1929, La veuve joyeuse en 1934, toutes deux avec Maurice Chevalier et Jeannette Mac Donald), tandis que la censure (le code Hays, en vigueur en 1931) contraint le cinéaste à redoubler d'ingéniosité quant aux allusions sexuelles, notamment dans Haute-Pègre (1932), qu'il considérait comme son film le plus achevé sur le plan du style. En 1934, après le succès de La veuve joyeuse, qu'il a dirigée pour la MGM, il passe à la tête de la Paramount, prenant ainsi un peu de recul vis-à-vis de la mise en scène.

De 1937 à 1942, Lubitsch dirige quelques-uns de ses films les plus célèbres : Ange (1937), où Lubitsch offre à Marlene Dietrich son plus beau rôle, en dehors de ses films avec Sternberg ; La huitème femme de Barbe-bleue (1938), avec Gary Cooper et Claudette Colbert. Dans Ninotchka (1939), il transforme le handicap de Garbo (sa froideur) en atout majeur. L'art de la comédie n'exclut pas un regard sur son époque. Ce que souligne Ninotchka ("Il y a moins de Russes mais ils sont meilleurs", dit Garbo à propos des purges staliniennes), deux films, parmi les plus réussis, le confirmeront : The Shop Around the Corner et surtout To be or not to be (1942 ), son "effort de guerre", où une troupe de théâtre entre en résistance tout en continuant de jouer.

À partir de 1943, la maladie l'éloigne un peu des studios. En 1947, il ne peut terminer sa dernière comédie musicale The Lady in Ermine, achevé par Preminger. Il meurt le 30 novembre 1947, l'année où les Oscars, qui l'ont toujours oublié, lui décernent un prix pour l'ensemble de son œuvre. La comédie américaine a ses maîtres (Hawks, Cukor, Preston Sturges, Billy Wilder, qui a commencé avec Lubitsch ), mais l'art de Lubitsch, par sa grâce et son élégance, reste inégalé.

 

Sources :

 

III - Filmographie :

1914 : Fräulein Seifenschaum (Miss Soapsuds) ; 1915 : Zucker und Zimt, Der Letzte Anzug, Der Kraftmeier, Blindekuh, Aufs Eis geführt, 1916 : Quand j’étais mort, Seine neue Nase, Das Schönste Geschenk, Le palais de la chaussure, Leutnant auf Befehl, Der Gemischte Frauenchor, Der G.m.b.H. Tenor, Der Erste Patient, Als ich tot war (When I Was Dead) ; 1917 : Quand quatre font la même chose, Ossis Tagebuch, der Blusenkönig ; 1918 : Carmen, Der Rodelkavalier, Prinz Sami, Das Mädel vom Ballet (The Ballet Girl), Fuhrmann Henschel, Ein Fideles Gefängnis, Der Fall Rosentopf ;

Puis :

1918 Je ne voudrais pas être un homme
 

(Ich möchte kein mann sein). Avec : Ossi Oswalda (Ossi), Curt Goetz (Dr. Kersten), Ferry Sikla (Brockmüller), Margarete Kupfer (La femme du gouverneur). 0h50.

La jeune et rebelle Ossi accepte mal le point de vue autoritaire de son oncle sur ce que devrait être une femme. Elle décide alors de s’habiller en homme pour mieux saisir l’autre aspect de la guerre des sexes. Cela va lui procurer de nombreuses mésaventures…

   
1919 Les yeux de la momie
  (Die augen der mumie Ma)
   
1919 Ivresse

(Rausch)
   
1919 La poupée

(Die puppe). Avec : Ossi Oswalda (Ossi, la poupée), Hermann Thimig (Lancelot), Max Kronert (Le baron de Chanterelle). 1h15.

Le baron de Chanterelle veut assurer sa lignée et ainsi marier son neveu, Lancelot, son unique descendant. Sont convoquées une vingtaine de jeune filles, mais le Lancelot, falot, timide et niais est effrayé par toutes ces femmes. Il se réfugie dans un monastère.

   
1919 Meyer de Berlin
 

(Meyer from Berlin). Avec : Ernst Lubitsch (Sally Meyer), Ethel Orff (Paula, sa femme), Heinz Landsmann (Harry), Trude Troll (Kitty, sa fiancée). 0h58.

Sally Meyer, qui habite Berlin, se fait prescrire un voyage par son médecin pour quitter sa femme Paula. Il quitte la grande ville pour le Tyrol. Il fait la connaissance dans un hôtel de montagne de la jeune Kitty qui a aussi laissé son fiancé à Berlin....

   
1919 Meine frau, die filmschauspielerin
  (My Wife the Movie Star)
   
1919 Das schwabenmädle

 

(The Schwab Maiden)
   
1919 La princessse aux huîtres
 

(Die Austernprinzessin). Avec : Victor Janson (Mister Quaker, le roi des huîtres), Ossi Oswalda (Ossi). 1h15.

Ossi, la fille d’un milliardaire ayant fait fortune en vendant des huîtres cherche désespérément à se marier avec un homme riche..

   
1919 Madame du Barry

(Madame DuBarry). Avec : Pola Negri (Madame Du Barry), Emil Jannings (Louis XV), Harry Liedtke (Armand De Foix), Eduard von Winterstein (Graf Jean Dubarry), Reinhold Schünzel (Choiseul, le prêtre).

Jeanne Vaubemier, une lingère, est séduite par un noble qu'elle épouse pour son titre et devient Madame Du Barry. Elle tombera plus tard amoureuse d'Armand de Foix qui, indigné du luxe de la cour, prendra en défense la cause du peuple révolutionnaire.

   
1919 Der lustige Ehemann
   
   
1919 Ich möchte kein mann sein
   
   
1920 Kohlhiesels töchter
  (Kohlhiesel's Daughters)
   
1920 Roméo et Juliette dans la neige
 

(Romeo und Julia im schnee). Avec : Lotte Neumann (Julia), Gustav von Wangenheim (Romeo), Jakob Tiedtke, Marga Köhler. 0h45.

Julia Capuletofer aime Romeo Montakugerl revenu au pays. Hélas, la belle est promise à un autre garçon, passablement débile, Julius Falkenstein.

   
1920 Sumurun

(One Arabian Night). Avec : Ernst Lubitsch (Yeggar, l'illusionniste bossu), Pola Negri (Yannaia, la danseuse), Paul Wegener (le vieux cheikh), Jenny Hasselqvist (Zuleika), Aud Egede Nissen (Haidee). 1h43.

Bagdad au Moyen Âge. Sumurun, la plus belle femme du harem, est la favorite du cheikh. Mais elle est secrètement amoureuse du marchand de tissus Nour-el-Din. Elle veut fuir le harem et repousse les avances du fils du cheikh, lui aussi sous l'emprise de son charme. Tout change à l'arrivée d'une bande de forains dont font partie la séduisante danseuse Yannaia et un illusionniste bossu...

   
1920 Anne Boleyn

(Anna Boleyn). Avec : Henny Porten (Anne Boleyn), Emil Jannings (Henry VIII), Paul Hartmann (Sir Henry Norris). 1h40.

Élevée à la cour de France, Anne Boleyn revient en Angleterre pour se mettre au service de Catherine d'Aragon, mariée au très ripailleur et imprévisible Henri VIII. Celui-ci tombe sous le charme de la jeune fille.

   
1921 La chatte des montagnes

(Die Bergkatze). Avec : Pola Negri (Rischka), Victor Janson (le commandant), Paul Heidemann (Lelieutenant Alexis)

Un jeune lieutenant tombe fou amoureux de la belle Rischka, la chatte des montagnes. Peu après, son commandant lui confie la direction d’une expédition punitive contre le chef des brigands, qui n’est autre que le père de Rischka...

   
1922 La femme du pharaon

(Das weib des Pharao). Avec : Emil Jannings (Aménès), Harry Liedtke (Ramphis), Dagny Servaes (Theonis), Paul Wegener (Samlak). 1h50.

Amoureux d’une esclave, le Pharaon Aménès refuse de se marier avec la fille du roi d’Ethiopie...

   
1923 Montmartre

(Die Flamme). Avec : Pola Negri (Yvette), Hermann Thimig (Adolphe), Alfred Abel (Gaston), Hilde Woerner (Louise). 0h43.

A Paris en 1860, Yvette, une cocotte, tombe amoureuse d'un jeune compositeur Adolphe. Mais, elle est victime de son passé et de Gaston qui la poursuit de ses assiduités...

   
1923 Rosita, chanteuse des rues

(Rosita). Avec : Mary Pickford (Rosita), Holbrook Blinn (le Roi), Irene Rich (la Reine), George Walsh (Don Diego). 1h22.

Rosita chante dans les rues de Séville en se moquant du roi. Elle est arrêtée pour propos séditieux. Un jeune officier, Don Diego qui avait tentée de la défendre est lui aussi arrêté...

   
1924 Comédiennes

(The Marriage Circle). Avec : Florence Vidor (Charlotte Braun), Monte Blue (Dr. Franz Braun), Marie Prevost (Mizzi Stock). 1h32.

Le professeur Josef Stock et son épouse Mizzi s'installe à Vienne. Mizzi reçoit une lettre de sa meilleure amie, Charlotte Braun, qui lui reproche de ne pas lui avoir rendu visite depuis son arrivée. Mizzi prend un taxi pour aller la voir, et elle y découvre un autre passager le Dr Franz Braum, dont elle ignore qu'il est le mari de Charlotte...

   
1924 Trois femmes
 

(Three women). Avec : May McAvoy (Jeanne Wilton), Pauline Frederick (Mme Mabel Wilton), Marie Prevost (Harriet).

A New York, Mabel Wilton est une veuve richissime qui attire les regards d'un aventurier mondain, Edmund Lamont, criblé de dettes, qui voudrait bien l'épouser.

   
1925 Paradis défendu

(Forbidden Paradise). Avec Pola Negri (Catherine), Rod La Rocque (Capt. Alexei Czerny), Adolphe Menjou (Le chancelier). 1h16.

Un Officier de l'armée Russe profite du penchant qu'a pour lui la Grande Catherine II de Russie. Eprise, elle l'entretient et lui obtient de l'avancement. Mais le Capitaine Alexei Czerny complote contre l'impératrice.

   
1925 Embrassez-moi

 

(Kiss Me Again). Avec : Marie Prevost (LouLou Fleury), Monte Blue (Gaston Fleury), John Roche (Maurice Ferrière), Clara Bow (Grizette).

Loulou et Gaston sont heureux en ménage. Maurice Ferrière, professeur de piano et ami de la maison, tente de séduire Loulou. Gaston finit par remarquer quelque chose...

   
1925 L'éventail de lady Windermere

(Lady Windermere's Fan). Avec : May McAvoy (Lady Windermere), Ronald Colman (Lord Darlington), Irene Rich (Mme Erlynne). 1h26.

La jeune Lady Windermere vit dans l'insouciance jusqu'au jour où elle apprend que son mari a remis de l'argent à Mme Erlynne, une aventurière au passé scandaleux. Pensant avoir perdu son mari, elle cède alors aux avances de Lord Darlington. Mais Mme Erlynne tente de la décourager dans une erreur qu'elle-même a déjà commise...

   
1926 Les surprises de la TSF

(So This Is Paris). Avec : Monte Blue (Paul Giraud), Patsy Ruth Miller (Suzanne Giraud), Lilyan Tashman (Georgette Lalle), George Beranger (Maurice Lalle). 1h20.

En allant s’expliquer avec un homme qui aurait aguiché son épouse, un homme retrouve une de ses anciennes maîtresses.

   
1927 Le prince étudiant
(The student prince in old Heidelberg). Avec : Ramon Novarro, Norma Shearer, Jean Hersholt.

Après une enfance solitaire auprès de son oncle Karl VII, Karl Heinrich part pour Heidelberg. Il prend pension dans la modeste auberge du vieux Ruder, dont la nièce Kathi est la coqueluche des étudiants de la ville. Pour la première fois de sa vie, le prince est en contact avec des jeunes gens de son âge. Adopté par la confrérie des Saxons, il mène joyeuse existence et goûte aux plaisirs de la danse et de la bière. Il tombe aussi amoureux de la jolie Kathi qui, tout en partageant ses sentiments, ne se fait guère d'illusions sur leur avenir commun....

   
1928 Le patriote

(The Patriot). Avec : Emil Jannings (Tsar Paul I), Florence Vidor (Comtesse Ostermann), Lewis Stone (Comte Pahlen). 1h53.

Pour éliminer Paul Ier, qui domine la Russie, son homme de confiance monte une conspiration afin que son fils accède au trône.

   
1929 L'abîme

(Eternal Love). Avec : John Barrymore (Marcus Paltran), Camilla Horn (Ciglia), Victor Varconi (Lorenz Gruber), Hobart Bosworth (Revérand Tass), Bodil Rosing (L'aubergiste), Mona Rico (Pia). 1h11

Film historique dans les alpes suisses pendant l'invasion de l'Autriche à l'époque napoléonnienne. C'est le dernier film muet de Lubitsch, tourné en décors naturels dans les rocheuses.

   
1929 Parade d'amour
(The Love Parade). Avec : Maurice Chevalier (Comte Alfred Renard), Jeanette MacDonald (la Reine Louise), Lupino Lane (Jacques). 1h47.

Au grand désespoir des membres de son cabinet la reine Louise dirige le royaume de Sylvanie sans chercher à se marier. Le retour en Sylvanie du comte Alfred qui avait été envoyé en mission à Paris va brutalement transformer la situation. La reine lit en effet le récit des incartades amoureuses du comte....

   
1930 Origin of the Apache, A park in Paris, The rainbow revels
Episodes 5, 11 et 9 du film à épisodes Paramount on parade, coréalisé avec Dorothy Arzner, Otto Brower, Edmund Goulding, Victor Heerman, Edwin H. Knopf, Rowland V. Lee, Lothar Mendes, Victor Schertzinger, A. Edward Sutherland, Frank Tuttle. Avec : Maurice Chevalier.
   
1930 Monte Carlo

Avec : Jack Buchanan (Comte Rudolph Falliere dit 'Rudy le coiffeur'), Jeanette MacDonald (Comtesse Helene Mara), Claud Allister (Prince Otto Von Seibenheim), Zasu Pitts (Bertha), Tyler Brooke (Armand). 1h30.

Mara, une comtesse se réfugie à Monte-Carlo pour échapper à son mariage avec Duc von Liebenheim. Un prétendant, le Comte Farrière la suit et se fait passer pour un coiffeur pour l'approcher.

   
1931 Le lieutenant souriant

(The smiling lieutenant). Avec : Maurice Chevalier (Niki von Preyn), Claudette Colbert (Franzi), Miriam Hopkins (Princesse Anna. 1h29.

Dans une Vienne d’opérette, Le lieutenant Niki mène une vie oisive et multiplie les conquêtes féminines. Il s’éprend de Franzi, une ravissante brunette, violoniste de son état. Mais un jour, la princesse Anna du Flausenthurm surprend l’œillade que le souriant lieutenant adresse à sa chérie...

   
1931 L'homme que j'ai tué

(Broken lullaby). Avec : Lionel Barrymore (Dr. Holderlin), Nancy Carroll (Elsa), Phillips Holmes (Paul). 1h20.

Paris, 11 novembre 1919, le jour du premier anniversaire de l'Armistice. Paul Renard, un jeune Français, confie à un prêtre qu'il a tué un soldat allemand pendant la guerre, alors qu'il écrivait aux siens. Mais l'absolution de l'Église ne suffit pas à cet homme accablé de remords. Il part pour l'Allemagne afin d'obtenir le pardon de la famille de sa victime...

   
1932 Une heure près de toi

(One hour with you). Avec : Maurice Chevalier (André Bertier), Jeanette MacDonald (Colette), Lili Damita (Mitzi Olivier). 1h20.

Le docteur André Berthier et son épouse Colette forment un couple modèle. L’apparition de Mitzi, une vieille amie de Colette, vient perturber l’entente du ménage quand celle-ci se met en tête de séduire André. Saura-t-il résister à la tentation ?

   
1932 Haute pègre
(Trouble in paradise). Avec : Miriam Hopkins (Lily), Kay Francis (Marianne Collet), Herbert Marshall (Gaston Monescu). 1h19.

Venise. Un homme a convié à dîner une riche et belle jeune femme, dans la suite qu, 'il occupe dans un palace. Or, la belle n'est pas celle qu'elle prétend être : elle se nomme Lily Vautier et fait profession de dévaliser les hommes qu'elle séduit. Mais, tandis qu'elle lui fait les poches, son hôte lui vole ses bijoux! Lily reconnaît alors en Gaston le prince des escrocs, le fameux-roi des pickpockets....

   
1932 The clerk

Segment du films à épisodes Si j'avais un million coréalisé avec James Cruze, H. Bruce Humberstone, Norman Z. McLeod, Stephen Roberts, William A. Seiter, Norman Taurog. Avec : Charles Laughton.

l'histoire d'un employé de bureau brimé qui devient par hasard et soudainement l'héritier d'un million de dollars.

   
1933 Sérénade à trois

(Design for Living). Avec : Fredric March (Tom Chambers), Gary Cooper (George Curtis), Miriam Hopkins (Gilda Farrell). 1h30.

George Curtis qui est peintre et Tom Chambers qui est auteur dramatique, deux amis, font la connaissance dans le train qui les conduit à Paris de Gilda Farrell. Ils s'éprennent l'un et l'autre de la jeune femme qui décide de devenir leur muse et déclare qu'il ne doit y avoir entre eux aucune relation amoureuse....

   
1934 La veuve joyeuse

(The Merry Widow). Avec : Maurice Chevalier (Le pronce Danilo), Jeannette Macdonald (Sonia), Edward Everett Horton. 1h40.

Lorsque la ravissante veuve Sonia quitte le royaume de Marshovie pour Paris, le roi est angoissé car Sonia détient 52 % du capital du pays. Sans les revenues de Sonia, le pays risque la banqueroute. Découvrant dans le boudoir de la reine, le (trop) séduisant Danilo, le roi le condamne au banissement... à Paris et le charge d'y conquérir le cœur de Sonia, faute de quoi il sera déféré devant une cour martiale...

   
1937 Ange

(Angel). Avec : Marlene Dietrich (Maria Barker), Herbert Marshall (Sir Frederick Barker), Melvyn Douglas (Anthony Halton). 1h38.

Lady Maria Barker et son mari, Sir Frederick Barker, forment un couple encore très amoureux. Mais leur vie est sans doute un peu trop calme. Un matin, profitant d'une mission diplomatique de son mari, Lady Barker part faire un petit voyage, Rome puis Paris où elle n'avait pas été depuis 6 ans. Elle rencontre par hasard, dans l'hôtel de son amie la grande duchesse Anna Dimitrievna, un séduisant célibataire, Anthony Halton, lui aussi diplomate, qui tombe amoureux d'elle. Elle passe la soirée avec lui en se faisant passer pour une mystérieuse Mrs. Brown, qu'il baptise " Ange" et disparaît...

   
1938 La huitième femme de Barbe bleue
(Bluebeard's Eighth Wife). Avec : Claudette Colbert (Nicole de Loiselle), Gary Cooper (Michael Brandon). 1h27.

Michael Brandon est un homme d'affaire pressé et mal embouché, qui croit que tout doit céder devant ses caprices et sa fortune. Nicole de Loiselle pour le punir de sa suffisance et venger les sept épouses dont il s'est précédemment lassé, l'accule au divorce sans même que le mariage ait été consommé. Après quoi, ayant non seulement obtenu satisfaction, mais réduit l'impétueux Brandon à l'impuissance tant physique que mentale, elle l'épouse une seconde fois, en femme libre et financièrement indépendante.

   
1939 Ninotchka

Avec : Greta Garbo (Ninotchka), Melvyn Douglas (Léon d'Algout), Ina Claire (Grande Duchesse Swana), . 1h46.

Iranoff, Buljanoff et Kopalski sont chargés par le gouvernement soviétique d'écouler à Paris des bijoux saisis pendant la révolution et d'acheter avec l'argent ainsi obtenu des machines agricoles. L'ancienne propriétaire des bijoux, la Grande Duchesse Swana, demande à un de ses amis, Léon, d'empêcher la vente et de récupérer les joyaux. Ayant eu vent de l'affaire, les Soviétiques envoient à Paris, Ninotchka, qui trouve les trois compères en train de mener la grande vie...

   
1940 The shop around the corner

(Rendez-Vous). Avec : James Stewart (Alfred Kralik), Margaret Sullavan (Klara Novak), Frank Morgan (M. Matuschek). 1h37.

Chez Matuschek et Cie, la grande boutique de maroquinerie de cette rue commerçante de Budapest, c'est le jeune Alfred Kralik, le premier vendeur, qui est pratiquement l'adjoint du patron. Tout le personnel vit en bonne intelligence : seul Vadas, un peu trop fat et arriviste, suscite un brin d'antipathie. Un jour arrive dans le magasin Klara Novak : elle est jeune, vive, elle a du bagout et se retrouve, grâce à son talent, vendeuse....

   
1941 Illusions perdues

(That Uncertain Feeling). Avec : Merle Oberon (Mrs. Jill Baker), Melvyn Douglas (Larry Baker), Burgess Meredith (Alexander Sebastian), Alan Mowbray (Dr. Vengard), Olive Blakeney (Margie Stallings). 1h24.

Jill et Larry Baker forment le couple parfait, malgré les crises de hoquet à répétition de Jill, maladie qu'un psychanalyste dit être causée par son mari. Dans la salle d'attente du médecin, elle rencontre le séduisant pianiste Alexander Sebastian et le coeur des deux jeunes gens s'emballe. Mais Larry n'a pas dit son dernier mot...

   
1942 To be or not to be
(Jeux Dangereux). Avec : Carole Lombard (Maria Tura), Jack Benny (Joseph Tura), Robert Stack (le lieutenant Sobinski). 1h39.

Un agent nazi, le professeur Siletzky, a réussi à s'approprier la liste des familles des pilotes polonais cantonnés en Grande-Bretagne. Le lieutenant Sobinsky est parachuté aux environs de Varsovie pour tenter d'intercepter cette liste avant qu'elle ne devienne une redoutable arme de chantage entre les mains de la Gestapo. Il se cache au domicile d'une actrice dont il est amoureux, Maria Tura...

   
1943 Le ciel peut attendre

(Heaven Can Wait). Avec : Gene Tierney (Martha), Don Ameche (Henry Van Cleve), Charles Coburn (Hugo van Cleve). 1h52

Henry Van Cleve, Américain richissime, est âgé d'une soixantaine d'années lorsque la mort le surprend. C'est avec une dignité étonnante qu'il se présente aux portes de l'Enfer. Le gardien, appelé pompeusement "Son Excellence", se perd en conjectures quant à la raison pour laquelle notre héros désire de lui-même devenir l'un des sujets du royaume de Satan...

   
1946 La folle ingénue
(Cluny Brown). Avec : Jennifer Jones (Cluny Brown), Charles Boyer (Adam Belinski), Peter Lawford (Andrew Carmel). 1h40.

Londres, juin 1938. La jeune et pétulante Cluny Brown se présente au domicile de Hilary Ames à la place de son oncle Arn, afin de réparer un évier bouché. Elle fait à cette occasion la connaissance du séduisant Adam Belinski, pique-assiette et philosophe anti-nazi, fraîchement émigré de sa Tchécoslovaquie natale...

   
1948 La dame au manteau d'hermine

(That Lady in Ermine). Terminé par Otto Preminger. Avec : Betty Grable (Francesca/Angelina), Douglas Fairbanks Jr. (le colonel Ladislas Karolyi Teglas/le duc), Cesar Romero (Mario), Walter Abel (Maj. Horvath), Reginald Gardiner (Alberto), Harry Davenport (Luigi), Virginia Campbell (Theresa). 1h29.

La comtesse Angelina règne sur la principauté de Bergamo en Italie jusqu'à ce que son royaume soit soudainement envahi par des hussards qui ont à leur tête un impétueux Colonel.