1924

Le professeur Josef Stock et son épouse Mizzi se sont installés à Vienne. Mizzi n'a aucun égard pour son mari, ne s'occupant que de son linge et le laissant sans chaussette, chemise ou même glace pour se raser. Mizzi reçoit une lettre de sa meilleure amie, Charlotte Braun, qui lui reproche de ne pas lui avoir rendu visite depuis son arrivée.

Mizzi prend un taxi pour aller la voir, mais doit s'entendre avec un autre passager qui l'avait réservé avant elle. Courtois, le passager lui laisse la place mais Mizzi ne résiste pas au plaisir de le séduire et lui propose de partager le taxi. Tout en se rasant, Joseph observe le taxi qui s'en va et, se méprenant sur la courtoisie du passager, entrevoit un bon prétexte pour divorcer de Mizzi.

Profitant d'une embardée du taxi, Mizzi se rapproche fort près du passager courtois et lui fait de très claires avances. Effrayé, le passager, demande à descendre avant d'arriver. Il laisse dans la voiture le bouquet de fleurs qu'il avait acheté.

Mizzi offre ces fleurs à son amie Charlotte et les deux jeunes femmes parlent longuement. Charlotte ne cesse de dire à quel point elle aime son mari malgré les sarcasmes de Mizzi. Lorsque Franz, son mari, survient, celui-ci à la surprise de reconnaitre en Mizzi, la femme du taxi. Celle-ci ne l'est pas moins, s'amuse de sa stupeur en découvrant le bouquet qu'il destinait à sa femme et qu'elle a offert à sa place. Ils feignent ainsi de ne pas se connaître et Mizzi continue de lui faire d'explicites avances qui le gênent beaucoup.

Pendant ce temps, Josef stock engage un détective pour établir l'infidélité de sa femme qui lui permettra de divorcer. Le détective affirme n'avoir jamais échoué et lui dit de considérer son divorce comme acquis.

Dès son retour chez elle, Mizzi, qui a appris que Franz était médecin, fait semblant d'être malade et l'appelle. C'est Charlotte qui répond. Malgré les réticences de Franz qui a compris le jeu de Mizzi, elle l'oblige à rendre visite à son amie. Mizzi fait bien comprendre à Franz ce qu'elle attend de lui. Comme Franz refuse de se pencher vers elle pour écouter les battements de son cœur, Mizzi, lui saisit le poignet. Survient alors Josef Stock et Franz à juste le temps de prendre le poignet de Mizzi de manière plus conventionnelle pour un médecin. Josef, qui a reconnu l'homme du taxi, est fort heureux de le retrouver là. Il note l'adresse de sa carte de visite et la transmet au détective.

Le petit déjeuner chez les Braun est un enchantement. Café et œuf sont repoussés pour un long baiser. Gustav, l'associé de Franz, vient chercher celui-ci en voiture pour aller au travail. Il aime Charlotte et est ravi lorsqu'il croit qu'une rose qu'elle destinait à son mari et tombée par terre est pour lui. Charlotte s'amuse de ses velléités amoureuses et rapporte à son mari un beau bouquet de roses pour son bureau. En l'embrassant, Franz, en retard, fait tomber par inadvertance les roses qu'il avait rassemblées dans son journal. Alors que la voiture des deux médecins s'en va, Gustav, se cachant de Franz montre à Charlotte la rose qu'il croit avoir reçu d'elle. Charlotte se moque de lui mais son rire se fige quand, rentrant dans le salon, elle voit les roses offertes à son mari, tombée à terre et comme affreusement dédaignées.

Chez les Stock, le petit déjeuner est glacial. Mizzi reçoit un mot de Franz lui déclarant ne plus l'accepter comme patiente. Dans son cabinet, Franz reçoit une patiente voilée. C'est Mizzi qui lui retourne son courrier du matin et lui déclare sa flamme.

Gustav, excédé par une patiente, s'en vient ouvrir la porte communicante avec le bureau de Franz. Il aperçoit les bras d'une femme autour du cou de son collègue et ne peut s'empêcher d'admirer un tel bonheur conjugal. Franz comprend que Gustav ne voit pas que c'est Mizzi qui est pendu à son cou et le renvoie discrètement. Mais, en ouvrant la porte du salon d'attente, Gustav voit Charlotte. Il comprend alors que c'est une autre femme qui est pendue au cou de Franz.

Charlotte est venue rapporter les roses à son mari. Gustav la fait entrer dans son bureau. Elle regarde avec un sourire narquois la rose qu'il a ramassé le matin soigneusement mise dans un verre d'eau sur son bureau. Gustav voit dans ce sourire un encouragement et s'assoit près d'elle. Pendant ce temps, Franz a toutes les peines du monde à se débarrasser de Mizzi. Se refugiant dans un coin du bureau, il fait même tomber un vase de fleurs. Charlotte entend le bruit, et après que Gustav se soit assuré du départ de la visiteuse dont il fait bien comprendre à Franz qu'il sait ne pas être sa femme, il laisse entrer Charlotte. Celle-ci, qui était venue gronder son mari d'avoir laissé choir les fleurs, a le déplaisir de voir son mari les cheveux en bataille et le col défait, de voir le vase de fleurs brisé. Lorsque son mari affirme que son patient était un homme agité, elle lui met sous le nez les gants très féminins oublié par "l'homme".

Heureusement, la brouille ne dure pas et le couple s'est réconcilié pour une grande réception donnée à la maison. Cependant, en examinant la place des invités, Franz s'aperçoit que Mizzi sera à ses côtés. Il préfère l'éloigner et ramène près de lui le carton de Pauline Hofer. Charlotte a surpris son manège et se montre très jalouse de cette Pauline que son mari veut voir près de lui. Elle remet le carton de Mizzi près de celui de son mari

Chez lui, Josef Stock s'entretient avec le détective et se réjouit de voir sa femme sortir pour la nuit.

Lorsque Mizzi vient à la réception, Charlotte lui fait part de ses soupçons au sujet de Pauline Hoffer. Pour les renforcer, Mizzi remet discrètement le carton de Pauline auprès de Franz. Charlotte est atterrée de voir Pauline près de son mari qu'elle croit responsable de cette manœuvre. Lors du bal, elle insiste pour que Mizzi empêche son mari de danser avec Pauline et la prie de prendre sa place. Elle-même danse avec Gustav qui n'en demandait pas tant. Mizzi entraine Franz dans le jardin et jette son étui à cigarettes au loin dans une allée pour l'obliger à s'y rendre avec elle. Elle enlève l'écharpe qui lui couvrait les épaules et, se perssant contre lui, obtient un baiser.

Charlotte, inquiète de voir son mari absent, sort dans le jardin, suivi du fidèle Gustav. Elle voit une écharpe voler au vent qu'elle remet à Mizzi, venue à se rencontre. En se retournant, elle voit Franz discuter avec Pauline et voit ainsi ses soupçons confirmés.

A la fin de la réception, Mizzi glisse un mot dans la main de Franz, lui enjoignant de la rejoindre dans un taxi où elle l'attendra dès que possible. Franz déchire le mot et s'en va voir sa femme qui lui fait une scène de jalousie lui reprochant son attitude avec Pauline. Elle prend son canotier dans l'armoire, lui met sur la tête, et le chasse de la maison. Excédé de ces reproches et entendant le klaxon du taxi, Franz se laisse faire. Il grimpe dans le taxi de Mizzi sous les yeux interloqués de Gustav.

Charlotte regrette immédiatement sa colère et part dans le jardin à la recherche de Franz. Voyant un homme avec un canotier dans le parc, elle lui fait signe d'entrer. C'est Gustav qui voyant Charlotte abandonnée et lui disant des mots tendres, parvient à l'embrasser. Charlotte est interloquée quand elle reconnait Gustav et le chasse gentiment.

Arrivé devant chez Mizzi, Franz veut renter chez lui mais Mizzi paie le chauffeur pour qu'il s'en aille. Elle parvient donc à faire entrer Franz chez elle pour qu'il puisse appeler un taxi. Elle tente de le séduire. Elle rit au nez de Charlotte qui l'appelle au téléphone, se plaignant de la disparition de son mari. Mizzi feint une tentative de suicide pour retenir Franz. Celui-ci s'en va juste avant que n'arrive Josef, rentré d'un tournoi d'échecs dans son club. Voyant le revolver par terre et sa femme se plaignant du manque d'amour, il se laisse convaincre qu'elle l'aime. Le détective lui présente toutefois un rapport comme quoi, entre 1h10 et 1h50, Franz Braun se trouvait avec Mizzi chez lui. D'abord sceptique, Josef comprend que Mizzi s'est de nouveau moquée de lui. Il découvre notamment le canotier oublié par Franz avec ses initiales. Josef demande à Mizzi de faire ses valises dès le lendemain en lui montrant le rapport du détective.

Le matin, les époux Braun sont de nouveau réconciliés mais Josef demande à voir Franz. Le rapport du détective et le canotier accablent Franz. Josef lui déclare que grâce à lui son divorce pourra être prononcé. Franz accablé se rend à son bureau où un mot de Mizzi l'attend. Elle lui demande venir la voir à son hôtel avant dix heures car c'est de sa faute si elle est dans cette situation.

Mais c'est Charlotte qui s'en vient réconforter son amie. Mizzi ne veut pas que Franz la découvre et qu'une explication qui la cofonderait ait lieu. Elle descend à la réception pour arrêter Franz mais celui-ci monte par un autre ascenseur. Lorsqu'il pénètre chez Mizzi, Charlotte est accablée, comprenant que l'homme responsable du divorce de son amie est son mari. Franz tente de s'expliquer mais Charlotte déchire le mot où Mizzi le convoquait. Il s'en va. Avant que Mizzi remonte, Charlotte réunit les deux parties du mot déchiré et comprend que son mari est innocent. Elle signifie la fin de leur amitié à Mizzi

Accablé, Franz rentre chez lui avec Gustav. Charlotte l'attend et est bien décidée à lui faire la leçon. Elle lui avoue que Gustav l'a bien embrassée et qu'ils sont ainsi à égalité. Comme son mari ne la croit pas, elle fait témoigner Gustav. Celui-ci nie mais voyant les mimiques de Franz, trop heureux de se réconcilier à bon compte avec sa femme, il accepte de dire oui aux déclarations de celle-ci. Franz remercie Gustav, interloqué qui s'en va.

Sur le chemin, Gustav croise Mizzi s'en allant en voiture. Elle s'arrête, il monte avec elle.

Lubitsch considérait ce film comme son vrai premier film américain, un de ses films préférés dont il fera un remake caché avec Une heure auprès de toi. Il était aussi le film préféré de Lubitsch de Hitchcock et Chaplin et le film préféré de Kurosawa qui décida de son goût pour le cinéma.

Le film initie aussi le genre de la comédie matrimoniale. Comédiennes, le titre français qui s'est imposé après Qu'en pensez-vous ?, pourtant meilleur, ne se justifie que par la comédie que joue Mizzi en se prétendant malade pour séduire Franz Braun.

Lubitsch sous l'influence du Fruit défendu (De Mille, 1921) et de L'opinion publique (Chaplin, 1923) est passé avec ce film, d'un coup, des farces allemandes à la célèbre Lubitsch touch. Il s'est débarrassé des devoirs que lui avait imposés Mary Pickford qui l'avait fait venir à Hollywood pour intensifier la psychologie de ses films à grands spectacles. Il ne choisit ainsi pas de vedettes mais deux comédiens de la Warner sous contrat et deux autres venus d'ailleurs. Son opérateur affirme que Lubitsch jouait tous les rôles la veille de la scène et exigeait qu'elle soit projetée le lendemain aux acteurs afin qu'ils se calent sur son jeu.

Le premier plan du film, la chaussette trouée, dit déjà que le mariage ne va pas car la femme ne s'occupe pas de son mari. Ce que redoublera le plan du tiroir avec juste des cols mais pas de chemises.

La Lubitsch touch c'est ainsi d'abord faire parler les objets : les deux verres, la rose, le vase, les gants, le cocotier et la tasse de café. C'est aussi jouer avec les regards car chacun interprète de manière différente l'objet et la situation.

Lorsque le spectateur pense avoir deviné ce qui se joue entre Mizzi et Franz devant le taxi, Lubitsch intercale le regard du mari qui observe ce que les autres ne savent pas. Le spectateur se trompe encore sur la signification de ce regard : Josef sourit en évoquant ce qu'il va pouvoir tirer de ce qu'il croit avoir compris.

Même jeu de regards trompeurs avec le poignet pris et repris, les deux verres, le cocotier et la tasse de café.

Charlotte ne croyait pas envoyer une rose à Gustave. Elle se rie d'abord de l'infatuation du Gustav puis croit ensuite en voyant le bouquet abandonné que son mari ne l'aime plus. La rose que l'on verra ensuite dans le verre sera interprétée différemment par Charlotte et Gustav.

Plus tard le vase brisé accable Franz alors que pourtant il n'a rien fait. Le lapsus sur le changement de sexe se retourne contre lui avec la paire de gants que découvre sa femme et chaque geste va ensuite l'enfoncer, tel le carton d'invitation

Le rôle des portes s'élabore aussi dès ce film. En ouvrant la première porte du cabinet, Gustav est trompé. Il croit voir mari et femme. Mais, en ouvrant la seconde, il en sait plus alors que les deux autres. Il a découvert que la femme du bureau ne peut être celle de son collègue. Il lance alors sa machination...


 

Test du DVD

Editeur : Arte Edition. Octobre 2009. Edition 4 DVD, masters restaurés.

DVD1 : Au Bonheur des Dames (Julien Duvivier, 1930) . DV2 : Comédiennes (Ernst Lubitsch, 1924). DVD3: Nana (Jean Renoir, 1926). DVD4 : Le voleur de Bagdad (Raoul Walsh, 1924).

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Genres : Comédie sentimentale , sophistiquée
Comédiennes
(The Marriage Circle). Avec : Florence Vidor (Charlotte Braun), Monte Blue (Franz Braun), Marie Prevost (Mizzi Stock), Creighton Hale (Gustav Mueller), Adolphe Menjou (Josef Stock), Harry Myers (Le détective). 1h32.
dvd chez Carlotta Films
Thème : Le couple
Voir : photogrammes du film