Une heure près de toi
1932
Genre : Comédie sentimentale

(One hour with you). Avec : Maurice Chevalier (André Bertier), Jeanette MacDonald (Colette Bertier), Genevieve Tobin (Mitzi Olivier), Charles Ruggles (Adolphe), Roland Young (Le professeur Olivier), Josephine Dunn (Mlle Martel), Barbara Leonard (la bonne). George Barbier (Le commissaire). 1h20.

VF : Lili Damita (Mitzi Olivier), Pierre Etchepare (Adolphe), Ernest Ferny (Le professeur Olivier), André Cheron (Le commissaire). 1h18.

Dans un commissariat de police de Paris, le commissaire se lamente. C'est le printemps, les touristes du monde entier affluent vers paris pour on sait bien quoi mais scandale, les cafés se désemplissent, car tous les couples d'amoureux fréquentent les jardins publics. Or, si l'on veut bien des touristes. Il faut qu'ils paient. Le commissaire envoient ainsi ses agents traquer les amoureux des jardins publics avec ce mort d'ordre : "parcs désertés, prospérité des cafés retrouvée"

Dans l'un de ces jardins, un policer dresse le procès verbal d'un couple s'embrassant sur un banc pour outrage aux bonnes meurs. Mais quand il demande au couple de décliner son identité ceux-ci répondent monsieur Bertier et madame Bertier. Le policier septique les laisse filer leur faisant remarquer qu'ils doivent bien être le seul couple légitime du parc. Monsieur et madame Bertier n'ont plus qu'une solution pour continuer la nuit... rentrer chez eux. Ainsi madame ouvre-t-elle la porte de la chambre à monsieur et la referme derrière elle.

Monsieur rouvre la porte et s'adresse au spectateur. Il est bien le docteur Bertier et la femme dans la chambre, du-t-il nous décevoir, est bien sa femme. Pour nous le "prouver", il nous présente trois photographie, lui, le jour de son mariage, entouré de fringantes demoiselles d'honneur, se femme, bébé, soit bien avant qu'il se marie, et son imposante belle-mère, fin cordon bleu. Oui, il est heureux en mariage et, à tous les hommes qui s'ennuient chez eux, il conseille ce petit tour polisson au parc. Comme sa femme l'appelle mon chéri et qu'il répond de même, il commente ces apartés et indique au spectateur qu'il va maintenant rentrer dans la chambre. Le couple entonne alors en chœur "avec une simple alliance tout est permis : tout est légal, quel régal !"

La lampe de chevet au dessus du lit s'éteint. Mais se rallume bien vite. Collette annonce à son mari la venue prochaine de son amie Mitzi. André trouve qu'il a bien d'autre chose à faire maintenant qu'à parler de Mitzi.

Cette Mitzi, son mari en parle au détective en regardant son affriolant portait accroché au mur. C'est dit-il une femme qui n'a cessé de lui mentir. Tu es occupé à quelque chose, non, alors je ne te dérange pas. Elle s'en va et son mari et le détective la voient prendre un taxi avec un homme. Le détective est confiant pour el divorce.

Dans le taxi, Mitzi est avec André. "Je suis son mari "je veux bien vous croire personne ne croira dit-elle qu'un homme et une femme dans leur situation peuvent se contenter de lire le journal et de regarder le paysage. Il faut regarder la réalité en face. Le journal tombe et André s'enfuit... prenant la peine de lui dire que oui, il est un lâche;

Colette accueille Mitzi et lui dit et chante combien elle est amoureuse de son mari. Celui-ci survient alors et tous les deux ont la surprise de se reconnaitre. Colette demande à son amie si elle ne trouve pas adorable son mari et Mitzi dit a quel point elle le trouve chou. André est un peu gêné surtout que Colette chuchote maintenant à son amie de quoi son mari est capable. Devant l'incrédulité de celle-ci, Colette demande à son mari... d'imiter al couette. Avant de passer à table, André Bertier s'adresse pour la seconde fois au spectateur : certes Mitzi le trouve chou mais il est bien décidé à rester fidele à Colette, c'est elle qu'il aime.

Mitzi à peine rentrée chez elle, simule la maladie et ordonne à sa domestique d'appeler le docteur Bertier. Colette répond au téléphone et ne comprend pas pourquoi son mari refuse de se rendre chez son amie. Devant son insistance, André doit s'y rendre non sans avoir embrassé sa femme et lui déclarer que, quoi qu'il arrive, c'est elle qu'il aime

Mitzi réclame qu'André lui trouve un remède à sa maladie mais devant, sa fièvre simulée, c'est André qui avale trois cachets. Il lui conseille ainsi de prendre "un remontant, trois fois par jour". Trois fois par jour, trois fois par jour n'en finissent pas de répéter la patiente de plus en plus impatiente et son médecin de plus en plus troublé. André refuse de mettre la tête sur le sein de Mitzi qui lui prend alors le poignet. Sur ces entrefaites, le mari surgit. André se défait de la prise de Mitzi et lui prend lui le poignet comme s'il lui prenait le pouls. Le mari n'est pas dupe et se déclare sans humour. Avec ironie constatant combien tout le monde s'aime, il s'imagine une gentille fête de Noël.

Ce n'est pas Noel mais une grande réception que prépare le soir, collette. Elle est sans cesse dérangée par ceux qui lui demandent conseille et par Adolphe, le meilleur ami d'André dont elle repousse gentiment les avances. Celui-ci s'en plaint : ne s'était-il pas déguisé en Roméo pour elle. Il est interloque de savoir qu'il ne s'agira pas d'un bal costumé. Il interroge son valet au sujet de cette fausse information qu'il lui a transmis. Le valet répond : " Ah, j'avais tellement envie de voir Monsieur en collant ! "

De son coté André regarde les cartons d'invitations. Quand il constate que Mitzi sera à sa droite, il l'échange subrepticement contre le carton d'une autre invitée, mlle Martel. Il est alors surpris par l'arrivé de Colette qui l'interroge sur cette Mlle Martel qu'il veut avoir à sa droite et folle de rage remet le carton de Mitzi à la droite d'André. André rit de ses soupçons mais Colette s'empresse de révéler ses doutes sur la fidélité de son mari à Mitzi lorsqu'elle arrive à sa soirée. Mitzi voyant là comment détruire le mariage de son amie insinue que tout Paris connait cette liaison. Elle se rend ensuite au salon pour remettre le carton d'invitation de Mlle Martel à la droite d'André. Ainsi, lorsque le diner est servi, André est-il tout surpris de retrouver Mlle Martel à sa droite. De l'autre côté de la table, Colette est furieuse. Ainsi, alors qu'elle avait sardoniquement indiqué sa place à droite d'elle à Adolphe par un carton marqué "Romeo" elle lui fait maintenant des avances. Lors du bal qui succède au diner, chacun s'évertue sans grand succès à être avec celui ou celle qu'il aime alors que l'orchestre joue "une heure près de toi"

Lorsque André sort sur la terrasse, Mitzi sort avec lui, cherche à le décoiffer et lui défait son nœud papillon ce qui affole André qui ne sait pas le refaire. Mitzi lui en fait compliment tout en lui renouant puis le défaisant en s'enfuyant au fond du jardin. Pour la troisième fois, André s'adresse au spectateur : il est prisonnier de sa propre terrasse. Que doit-il faire pour s'attirer le moins d'ennuis possible. Un invité remarquant son nœud défait et lui faisant un clin d''oeil évocateur, André choisit finalement de se le faire refaire par Mitzi au fond du jardin. Le nœud est refait mais, il se trouve bientôt à la cheville de Mitzi et la station dans le fourré se prolonge.

C'est alors que surgit Colette, poursuivie par Adolphe dont elle n'a que faire tant elle est inquiète au sujet de la disparition de son mari. Lorsqu'elle voit Mlle Martel le faire le nœud d'André, revenu sur la terrasse, elle n'a plus de doute : son mari la trompe.

Alors que les invités s'en vont, Mitzi donne rendez vous à André dans cinq à dix minutes. Celui ci lui dit que c'est impossible. Le délai fixé à quinze minutes, la chose devient possible. André s'adresse alors pour la quatrième fois au spectateur comment satisfaire à la fois Colette et Mitzi, l'une qu'il aime l'autre qui le trouble ?

Il monte voir sa femme à l'étage qui est en pleurs. Persuadé qu'il la trompe avec Mlle Martel, elle lui adjoint de s'en aller. André sort alors rejoindre Mitzi dans le taxi. Colette regrette aussitôt sa colère, sort dans le parc pour tenter de rattraper André mais tombe sur Adolphe. Celui-ci lui déclare sa flamme et l'embrasse pendant qu'elle pleure. Elle se ressaisit et le chasse brutalement puis gentiment, lui renouant son nœud papillon.

Le lendemain matin, après l'ouverture d'un pli du détective décrivant les "nuits de Mitzi", celle-ci quitte le domicile conjugal embarquant tous ses paquets sous l'œil satisfait de son mari et de la bonne. Chers les Bertier, le couple se réconcilie. Collette aurait juste fait le rêve qu'Adolphe l'embrassait et se reproche sa méchante envers son mari. Le professeur Olivier, le mari de Mitzi demande cependant à voir André. Il lui fait le descriptif de la nuit précédente : son départ à 2h15, son arrivée devant chez eux à 2h35, sa sortie du taxi seulement huit minutes plus tard. Son entrée chez eux jusqu'à 5h00 du matin. André à beau s'en défendre, il ne convainc guère le professeur Oliver qui lui demande d'être le témoin de son divorce. André ne veut pas mais une convocation judiciaire lui est alors adressée. Il avoue tout à sa femme. Celle-ci d'abord très en colère lui avoue alors avoir succombé au charme d 'Adolphe, le rêve n'en était pas un, le baiser a bien eut lieu. Justement survient Adolphe qui n'a pas du tout envie d'avouer ce baiser devant son ami. Mais André qui veut renouer avec sa femme fait signe à Adolphe d'approuver tout ce qu'il croit être un mensonge d'amour propre de celle-ci. Et finalement chacun estimant sa dignité sauvée, le couple s'embrasse et s'avoue sa flamme plus forte que jamais.

 

Faux remake de Comédiennes, tourné par Lubitsch en 1924, c'est l'une un de ses comédies les plus drôles, enlevées et immorales. En 1924, le code Hays venait d'être mis en place et Comédiennes est un festival de quiproquos, de comédies des erreurs. Ici l'amoralisme est bien plus revendiqué. Un feu d'artifice avant le renforcement du code Hays en 1934.

George Cukor : Lubitsch (...) était pris par un sujet sérieux, The man I killed. Schulberg me donna la réalisation de On hour with you, une production Lubitsch sous la supervision de Lubitsch. J'étais très débutant et j'ai fait de mon mieux, mais vraiment ce n'était pas très bon (...) Et puis Lubitsch a terminé l'autre film et a repris, en retournant presque tout. Il se peut que j'aie réalisé quelque chose de ce qu'on voit dans le film; en plus on faisait une version française en même temps. Tout ce dont je me souviens, c'est que je me suis extrêmement bien tenu dans cette situation délicate. Schulberg était un type dur : il a décidé d'enlever mon nom du film et j'ai attaqué Paramount en justice. Je ne crois pas avoir gagné mais mon nom est resté au générique (...) On hour with you est vraiment un film de Lubitsch, si vous croyez pouvoir détecter ce que j'ai fait dedans, vous vous faites des idées (Carlos Clarens, Cukor, Londres 1976, p.129). Au générique, c'est Lubitsch qui est crédité de la réalisation. Sous son nom, George Cukor est mentionné l'avoir assisté. Le film sera nominé aux Oscars dans la catégorie "Meilleur film" en 1932.

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