(1840-1926)
Impressionnisme
La robe verte 1866 Hambourg, Kunsthalle
Le déjeuner sur l'herbe 1866 Moscou, Musée Pouchkine
Le déjeuner sur l'herbe 1866 Paris, Musée d'Orsay
Femmes au jardin 1866 Paris, Musée d'Orsay
Terrasse à Sainte Adresse 1867 New-York , Metropolitan
La charette ou Route sous la neige à Honfleur
1867 Paris, Musée d'Orsay
Madame Louis Joachim Gaudibert 1868 Paris, Musée d'Orsay
La pie 1869 Paris, Musée d'Orsay
La grenouillère 1869 New-York, Metropolitan
La plage de Trouville 1870 Londres, National Gallery
Hôtel des Roches Noires. Trouville 1870 Paris, Musée d'Orsay
La Tamise et le Parlement 1871 Londres, National Gallery
Régates à Argenteuil 1872 Paris, Musée d'Orsay
Les coquelicots à Argenteuil
1873 Paris, Musée d'Orsay
Impression, soleil levant 1873 Paris, Musée Marmottan
Les barques. Régates à Argenteuil 1874 Paris, Musée d'Orsay
Femme à l'ombrelle 1875 Washington, N. G.
La gare Saint-Lazare 1877 Paris, Musée d'Orsay
Soleil d'hiver à Lavacourt 1880 Le Havre, MuMa
Coucher de soleil sur la Seine 1880 Paris, Petit Palais
Femme à l'ombrelle tournée vers la droite 1886 Paris, Musée d'Orsay
Femme à l'ombrelle tournée vers la gauche 1886 Paris, Musée d'Orsay
La Manneporte, reflets sur l'eau 1886 Caen, Musée des B.A.
le pont au nénuphards 1899 Londres, National Gallery
La Tamise à Charing Cross 1903 Lyon, Musée des B. A.
Les mouettes, Le parlement de Londres
1904 Moscou, Musée Pouchkine
Le Parlement, coucher de soleil
1904 Zürich, Kunsthaus
Les nymphéas 1904 Le Havre, MuMa
Le Palais Contarini 1908 Saint Gallen, Kunstmuseum
San Giorgio Maggiore au crépuscule 1908 Cardiff, National Museum
Autoportrait 1917 Paris, Musée d'Orsay
Ensemble des nymphéas avec saules 1918 Paris, Musée de l'Orangerie
Le bassin aux nympheas 1919 New York, Metropolitan
Ensemble des nymphéas sans saules 1925 Paris, Musée de l'Orangerie
     

Monet nait à Paris le 14 novembre 1840 dans le 9e arrondissement. Il est le second fils d'Adolphe et Louise-Justine Monet. Baptisé sous le nom d'Oscar-Claude à Notre-Dame de Lorette, il est appelé Oscar par ses parents. Il aimera à dire plus tard qu'il est un vrai parisien comme ses grand-parents, tous quatre nés à Paris. La famille, grands-parents paternels compris, s'installe au Havre en Normandie vers 1845, l'année de ses cinq ans. C'est probablement un déménagement décidé sous l'influence de sa tante Marie-Jeanne Lecadre, épouse d'un commerçant havrais qui accueille son beau-frère dans sa maison. On ne possède pas de source sur la nature exacte de l'emploi qu'occupe Adolphe Monet dans sa ville d'adoption.

Le jeune Oscar n'est pas un élève très appliqué selon ses propres dires, mais il apparaît dans les annales du collège havrais qu'il fréquente comme « une excellente nature très sympathique à ses condisciples ». De manière précoce, il développe un goût pour le dessin et il suit avec intérêt le cours d'Ochard, un ancien élève de David. Ses premiers dessins sont des caricatures de personnages (professeurs, hommes politiques) dont Monet « enguirlande la marge de ses livres... en déformant le plus possible la face ou le profil de ses maîtres » selon ses propres termes. Il fait déjà des croquis de bateau et des paysages en « plein air » sur le motif.

En 1857, sa mère décède et il abandonne ses études. Sa tante Lecadre l'accueille et l'encourage à continuer le dessin. Il vend ses caricatures signées O. Monet chez un commerçant spécialisé dans le matériel pour peintres, où expose également Eugène Boudin, ancien associé du propriétaire. Comme Courbet qui "découvrit" Boudin en remarquant à une devanture du Havre des petits paysages de celui-ci, Boudin lui même remarquait ces caricatures amusantes d'un jeune garçon de 15 ans qui ignorait sa vocation. Boudin l'emmena peindre en plein air dans les environs de Honfleur. "Ce fut comme un voile qui se déchire dira plus tard Claude Monet, j'avais compris ce que pouvait être la peinture.. Si je suis devenu un peintre, c'est à Eugène Boudin que je le dois. » Boudin conseille aussi à son jeune comparse à quitter Le Havre pour Paris dans le but d'y prendre des cours et d'y rencontrer d'autres artistes.

En 1861 et 1862, Monet sert dans l'armée en Algérie. Sa tante havraise Mme Lecadre accepte de l'en faire sortir s'il prend des cours d'art à l'université. Il quitte donc l'armée, mais n'aime pas les styles traditionnels de peinture enseignés à l'académie.

En 1862, il se lie d'amitié avec Johan Barthold Jongkind, lors de son séjour à Sainte-Adresse et à Honfleur. De sa période honfleuraise en compagnie de ces deux peintres, Monet conservera un attachement et ils auront une influence essentielle dans la genèse de son art.

La même année, il commence à étudier l'art avec Charles Gleyre à Paris, où il rencontre Pierre-Auguste Renoir avec qui il fonde un mouvement artistique qui s'appellera plus tard impressionniste. Ils ont peint ensemble et ont maintenu une amitié durant toute leur vie. Il se lie également avec le peintre Frédéric Bazille avec qui il entretient une importante correspondance. Le peintre Sisley fréquente aussi l'atelier de Gleyre.

Un de ses modèles, Camille Doncieux, deviendra quelques années plus tard son épouse. Elle lui servit plusieurs fois de modèle, notamment pour La robe verte et surtout Femmes au jardin, peint initalement dans le jardin de Monet vers la fin des années 1860 et acheté 2 500 francs par Frédéric Bazille, toile montrant pour la première fois la lumière naturelle et changeante.

Ils emménagent dans une maison à Argenteuil, près de la Seine, après la naissance de leur premier enfant. Ils vivent ensuite à Vétheuil

1869 :
La pie


1866 : Automne : rejoint Gustave Courbet sur la côte normande.

Le 28 juin 1870, Monet épouse Camille Doncieux, mère de son fils Jean (né en 1867). A l'automne, il fuit la guerre franco-prussienne et se réfugie à Londres; fait la rencontre du marchand de tableaux Paul Durand-Ruel. Durant l'hiver il peint des vues de la Tamise et des parcs de Londres; visite la National Gallery et étudie les Turner (1775-1851) qui y sont exposés, notamment dans les œuvres présentant le brouillard de la Tamise. Il rencontre le peintre américain Whistler (1834-1903), également influencé par Turner, avec lequel il se lie d'amitié. Il participe à une exposition de la Society of French Artists organisée par Durand-Ruel. Au printemps 1871 il expose à l’International Exhibition du South Kensington Museum.

En décembre 1871, il s’installe à Argenteuil ; sa demeure, décorée d’éventails japonais, évoque celle de Whistler à Chelsea. Il participe à plusieurs expositions de la Society of French Artists de Londres. Les œuvres de Whistler sont présentées avec les siennes lors des cinquième, sixième et septième expositions, fin 1872, été 1873 et fin 1873.

En avril-mai 1874, il prend la tête de la première exposition de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs en réaction contre le Salon officiel. Il y présente son tableau Impression, soleil levant. Il rencontre probablement Mallarmé. La manifestation n'a pas le succès attendu par les peintres et un grand nombre de comptes-rendus sont assez hostiles, particulièrement celui provenant du critique Louis Leroy du Charivari qui, inspiré par l'intitulé du tableau Impression, soleil levant, se sert du mot "impression" pour se moquer du style des exposants. Lors de la troisième exposition impressionniste, en 1877, les peintres reprirent à leur compte le terme d'impressionnisme pour identifier leur style.

1878 : Janvier : quitte Argenteuil et retourne à Paris. Fin de l’été : emménage à Vétheuil, petit village sur les des bords de la Seine, au nord-ouest de Paris, avec la famille de son mécène en faillite, Ernest Hoschedé ; ce dernier passe la plupart de son temps à Paris, laissant sa femme Alice et ses enfants à Vétheuil.


1879 : 5 septembre : mort de Camille, l’épouse de Monet. Alice Hoschedé et ses enfants restent à Vétheuil.

1880 : Coucher de soleil sur la Seine


1882 : Juillet : quatre de ses toiles figurent à l’exposition impressionniste organisée par Durand-Ruel dans King Street, dans le quartier de Saint-James à Londres.

1883 : Avril : Monet loue le pressoir et son clos normand à Giverny, près de Vernon, au nord-ouest de Pariset s'y installe alors définitivement avec Alice Hoschedé et ses enfants. Il a exactement 43 ans et n'est encore qu'au milieu de son existence. Il aménage la grande maison et un vaste jardin floral qu'il ne pourra acheter qu'en 1890 quand sa situation financière se sera améliorée. Avril-juillet : sept de ses tableaux sont présentés dans le cadre d’une exposition impressionniste à la galerie Dowdeswell à Londres, organisée par Durand-Ruel.

En 1884, commence sa longue amitié avec l'écrivain Octave Mirbeau, qui est désormais son chantre attitré et contribua à sa reconnaissance.

Fin mai 1887, Monet se rend à Londres pour la première fois depuis 1871, où il passe du temps avec Whistler; se dit « émerveillé » par Londres et par Whistler. Mai-juin : expose avec Whistler et d’autres à l’Exposition internationale de la galerie Georges Petit à Paris. Début de l’automne : écrit à Whistler qu’il accepte de participer à l’exposition de la Royal Society of British Artists de Londres, où il sera représenté par quatre de ses tableaux. Exprime dans une lettre à Duret son intention de peindre des effets de brouillard sur la Tamise. Début janvier 1888, Monet présente Whistler à Stéphane Mallarmé.En avril 1889, exposition individuelle à Londres, à la Goupil Gallery

Juin-septembre 1889 : Auguste Rodin et Claude Monet exposent conjointement « Rien que vous et moi » dans la galerie parisienne Georges Petit. Cette exposition consacre les deux artistes.


1891 : 19 mars : mort d’Ernest Hoschedé. Mai : présente pour la première fois une « série » (celle des Meules) à la galerie Durand-Ruel à Paris. On connaît environ 35 versions des meules, à toutes les heures et à des saisons différentes. Monet exploitera toute la gamme du prisme dans une variété de nuances infinies

En février 1892, Monet s'installe à Rouen. De sa fenêtre ouverte au premier étage il contemple la façade principale de la cathédrale. Sa technique évolue encore: la peinture devient une sorte de ciment grenu, comme pour imiter la matière des veilles pierres. Il travaille encore à Rouen en 1893 et 1894. l'exposition chez Durand-Ruel en 1895 obtient un grand succès

Le 16 juillet 1892, Monet épouse Alice Hoschedé qui était sa maîtresse sans doute depuis 1875, et avec qui il vivait depuis l'été 1878. Ce n'est qu'après le décès d'Ernest Hoschedé que Monet peut enfin épouser Alice. Elle a eu six enfants nés de son mariage avec Ernest : cinq filles et un garçon. Monet a eu deux garçons Jean (1867-1914) et Michel (1878-1966) de sa première union avec Camille, l'un et l'autre décèdent sans laisser de descendance, de sorte que Monet n'a eu aucune postérité directe.

En Septembre 1892, Monet fait part à Theodore Robinson de son admiration pour les aquarelles de Turner et pour son tableau Pluie, vapeur et vitesse.

En 1893, soit dix ans après son emménagement dans la maison, il crée le jardin d'eau avec son étang aux nymphéas. Il lui inspirera quelques-unes de ses toiles les plus connues, dont les toutes dernières. Entre 1892 et 1894, Monet peint une série de tableaux de la cathédrale de Rouen, à partir de trois emplacements distincts en face de l'édifice et à différentes heures du jour. Vingt vues de la cathédrale sont exposées à la galerie de Durand-Ruel en 1895. Les séries précédentes comme Les Peupliers ou les Meules de foin portaient sur des éléments de décor naturel. Avec les cathédrales, Monet effectue un retour sur le motif humanisé comme il l'avait déjà fait dans la série des gares Saint-Lazare, la toute première connue, peinte alors qu'il n'habitait pas encore Giverny.

En juin 1898, exposition individuelle à la galerie Georges Petit, à Paris, où est présentée sa « série » des Matinées sur la Seine.


Septembre-octobre 1899 : Monet s’installe au Savoy Hotel de Londres. De ses fenêtres, il peint la Tamise, le pont de Charing Cross, le Parlement et le pont de Waterloo.

1900 : Février-avril : à Londres, Monet peint depuis sa chambre du Savoy Hotel; il peint également le Parlement vu de l’hôpital Saint-Thomas. De Janvier à avril 1901 il exécute également des esquisses nocturnes de Leicester Square.

En mai-juin 1904, exposition des séries londoniennes à la galerie Durand-Ruel à Paris.En décembre, il effectue de nouevau un bref séjour à Londres où il projette une exposition de ces mêmes séries londoniennes, qui n’aura pas lieu. Ce sera son dernier séjour dans la capitale anglaise. L’hiver, il travaille encore à ses séries londoniennes dans son atelier de Giverny.


En janvier-février 1905, grande rétrospective impressionniste, organisée par Durand-Ruel à Londres, qui inclut 55 tableaux de Monet.

En octobre-décembre 1908, il peint à Venise.


1911 : 19 mai, mort d’Alice Hoschedé.

1912 : Mai-juin : exposition à la galerie Bernheim-Jeune, à Paris, des toiles de la série vénitienne, qu’il a considérablement retravaillées à Giverny.

Il est difficile de savoir à quel moment germe dans l'esprit de Monet l'idée d'un vaste ensemble décoratif consacré au thème des paysages d'eau qu'il poursuivra pendant douze ans, de 1914 à 1926. Il décide de faire construire dans le haut de son jardin un nouvel atelier aux proportions assez vastes pour permettre le développement étalé des grands panneaux projetés, de façon à suivre constamment l'évolution du travail dans son ensemble. De deux mètres de haut les châssis les plus grands avaient six mètres de long, les moyens quatre mètres et les plus cours destinés à s 'intercaler, deux mètres. Monté sur des patins munis de roulettes, il était facile de les déplacer et de les glisser les uns derrières les autres tant pour y travailler que pour passer d'une série à l'autre, comme pour des changements de décors d'un théâtre. Travaillant sur le motif dans des formats plus restreints carrés ou rectangulaires, variant entre un et deux mètres de coté, il exécutait toutes ces études très poussées directement sur nature. Il reconstituait ensuite les ensembles en recopiant les études fragmentaires, ne voulant rien faire de simple souvenir, ni donner un coup de brosse gratuit et de chic

Manifestation tardive et longtemps jugée déroutante d'un impressionnisme auquel la monumentalité et l'absence de toute figure humaine confèrent une caractère abstrait, cet immense ensemble mural est la somme de toute une vie d'artiste.

Mais l'artiste lui-même a cherché à oublier ce à qui correspondait exactement ce qu'il voyait. Ainsi a-t-il dit à la femme peinte Lilia Cabot Perry venue lui rendre visite qu'il ne s'installait pas pour peindre un motif sans souhaiter être aussi naïf que s'il ne l'avait jamais vu, comme s'il était né aveugle et que ses yeux se refusent ouverts pour la première fois sur lui. Il disait encore :

"Quand vous sortez pour peindre, essayer d'oublier quels objets vous avez devant vous, un arbre, une maison, un champ ou quoi que ce soit. Pensez seulement ceci : voici un petit carré de bleu, de rose, un ovale vert, une raie jaune, et peignez exactement comme ils vous apparaissent, couleurs et formes exactes, jusqu'à ce qu'ils vous donnent votre impression naïve de la scène qui se trouve devant vous."

Même s'il a été mis sur cette voie par la prise de position préalable d'Edouard Manet, c'est bien lui, Claude Monet, l'inventeur et le formulateur de ce réalisme visuel qui constitue le fondement même de l'impressionnisme, auquel il restera toujours fidele et qui le conduira à ses conséquences extrêmes dans certaines œuvres finales que l'on tend maintenant à regarder comme des œuvres abstraites parce qu'elles sont difficilement déchiffrables.

Il n'y avait pas pour Monet un problème, une alternative à poser entre figuration ou abstraction. Les seules œuvres dans lesquelles il serait, si l'on n'en connaissait pas la cause, légitimement permis de voir des œuvres visionnaires sont celles qu'il a exécuté lors de ses troubles visuels provoqués par les progrès de la cataracte en 1922 . Sur les conseils de son ami Georges Clemenceau qui a son doctorat en médecine, Monet est opéré de l'œil droit dans les difficiles conditions de l'époque. Affecté par les modifications de ses perceptions visuelles consécutives à l'opération, il renonça à toute intervention sur son œil gauche. En 1925, il retrouve une vue normale grâce à des verres correcteurs parfaitement adaptés à son cas particulier.

L'altération des couleurs due à la xanthopsie et l'imprécision des formes dû au défaut de mise au point normal par le cristallin, ou artificiel par les verres, sont à l'origine d'une série d'Allées aux arceaux fleuris, de saules pleureurs, de maisons de Giverny dans les roses et de petits Ponts japonais et qui sont à peut près indéchiffrables pour qui ne connait pas directement ou par l'intermédiaire d'autres tableaux, leur motif d'inspiration.

Loin d'être des œuvres visionnaires dues à l'imagination, ces tableaux sont, au contraire, le résultat de la fidélité de Monet à ce qu'il perçoit par sa sensibilité visuelle, même lorsqu'elle est déficiente. Leur volonté de départ est opposée à celle de l'école abstraite lyrique fondée, elle, sur des créations plastiques inventées car ayant transité par l'intellect de l'artiste après, ou non, une émotion visuelle ou émises spontanément par des puissances incontrôlées. Dans l'œuvre de Monet tout est authentiquement éprouvé et perçu, rien n'est le résultat du hasard ou de l'improvisation, de l'imagination.

Monet n'est pas un peintre abstrait malgré une affinité certaine mais plus apparente que profonde avec l'école lyrique américaine car l'antinomie fondamentale des sources de création domine. La production d'une imagination visionnaire ou d'une pulsion spontanée et incontrôlée ne peut être confondue avec celle née d'une sensation visuelle réellement éprouvée. Toutefois ces considérations ne signifient pas, loin de là que Monet soit un peintre figuratif dans le sens restrictif du mot. C'est sans doute le premier peintre tachiste. Son tachisme visuel exprime tout autre chose que celui conçu par l'imagination pure. Directement perçu, physiquement et intensément éprouvé, il est l'expression authentique de l'émotion ressentie par l'artiste devant le spectacle vivant et lumineux qui l'accroche et dont il ne veut retenir que la modulation colorée.

Claude Monet décéde le 5 décembre 1926 et est enterré dans le cimetière de l'église de Giverny. Accouru trop tard au chevet du peintre, Clemenceau aurait insisté pour qu'on ne recouvre pas le corps d'un linceul noir, en expliquant que cela n'était pas convenable : "Pas de noir pour Monet ! Le noir n'est pas une couleur !". Il aurait alors arraché les rideaux aux motifs colorés de la fenêtre pour en recouvrir la dépouille du peintre.

Monet sera reconnu comme un précurseur par Seurat, Kandinsky et Fautrier qui lui rendront hommage. De même que Cézanne qui dit de lui : "Monet n'est qu'un oeil, mais quel oeil !"

BIBLIOGRAPHIE