(1841-1919)
Impressionnisme
William Sisley 1864 Paris, musée d'Orsay
Paysage avec deux personnages 1866 collection privée
Frédéric Bazille peignant à son chevalet 1867 Montpellier, Musée Fabre
La grenouillère 1869 Moscou, Musée Pouchkine
La grenouillère 1869 Stockholm, Nationalmuseum
La grenouillère 1869 Stockholm, Nationalmuseum
Nymphe à la source 1869 Londres, National Gallery.
La promenade 1870 J. Paul Getty Museum's, Malibu
Chemin montant dans les hautes herbes 1873 Paris, musée d'Orsay
La loge 1874 Londres, Courtauld Institute
La yole 1875 Londres, National Gallery
Les amoureux 1875 Prague, Galerie Narodnie
Autoportrait à trente-cinq ans 1876 Cambridge (Massachusetts),
La balançoire 1876 Paris, musée d'Orsay
Bal au moulin de la Galette 1876 Paris, musée d'Orsay
Madame Charpentier et ses enfants 1878 New York, Metropolitan
Canotier à Chatou 1879 Washington, Nat. Gal. of art
Femme nue 1880 Paris, Musée Rodin
Mademoiselle Irene Cahen d’Anvers 1880 Zurich, collection E.G. Bührle
Paysage d'Algérie 1881 Paris, musée d'Orsay
Le déjeuner des canotiers 1881 Phillips Collection, Washington
Les parapluies 1886 Londres, National Gallery
Les grandes baigneuses 1887 Philadelphia Museum of Art
Petite fille à la gerbe 1888 Sao Paulo, Museum of Art
Baigneuse couchée au bord de la mer 1892  
Dans le pré 1892 New York, Metropolitan
Jeunes filles au piano 1892 Paris, musée d'Orsay
Jeune fille au chapeau 1894 Indianapolis, Museum of Art
Baigneuse aux cheveux longs 1896 Paris, Musée de l'Orangerie
Trois baigneuses au crabe 1897 Cleveland, Museum of Art
Jean Renoir cousant 1899 Chicago, Art Institute
Claude Renoir en clown 1909 Paris, Musée de l'Orangerie
Gabrielle à la rose 1911 Paris,Musée d'Orsay
Blonde à la rose 1917 Paris, Musée de l'Orangerie
Les baigneuses 1919 Paris, musée d'Orsay

Auguste Renoir (Limoges 25 février 1841 - Cagnes-sur-Mer 3 décembre 1919), est l'un des plus célèbres peintres français. Difficilement classable, il a appartenu à l'école impressionniste, mais s'en est assez vite écarté dès les années 1880. Il N'expose pas lors des quatrième et cinquième expositions impressionnsites, celles de 1879 et 1880. Il expose à nouveau avec les impressionnistes en 1882.

Plus intéressé par la peinture de portraits et le nu féminin que par celle des paysages, il élabore une façon de peindre caractéristique, qui transcende ses premières influences : Fragonard, Courbet, Alfred Dehodencq, Monet, puis la fresque italienne. Son apport personnel à l'impressionnisme consiste à adapter à la figure humaine la nouvelle façon de peindre.

Au surplus c'est lui qui exaltera au plus haut degré certaines des possibilités de la coloration. Sa gamme se fait de plus en plus chaude, pour ne plus contenir dans ses dernières oeuvres que des roses et des ocres rouges.

Alors que Monet s'adonne surtout à l'étude de la lumière tamisée, c'est l'éclat du soleil et ses incidences sur la figure humaine placée en plein air qui attire Renoir. Si l'on peut dire que l'intérêt de Monet se concentre sur le rapport eau-lumière et brume-lumière, Renoir se passionne surtout pour le rapport verdure-soleil et les transformations que subit, sous cet effet, un groupe humain ou un beau corps de femme.

Le conflit avec Degas qui l'accuse d'embellir le monde et les femmes sera permanent. Renoir assume disant préférer peindre de l'été plus que l'hiver.

Pendant environ soixante ans, il a peint à peu près six mille tableaux, ce qui est un record avant Picasso.

Six périodes :

Biographie (source wikipedia)

Son père, Léonard Renoir (1799-1874) est tailleur, sa mère (1807-1896) est couturière. En 1844, la famille Renoir quitte Limoges pour Paris, où son père espère améliorer sa situation. Pierre-Auguste y suit sa scolarité. À l’âge de 13 ans, il entre comme apprenti à l’atelier de porcelaine Lévy Frères & Compagnie pour y faire la décoration des pièces. Dans le même temps, il fréquente les cours du soir de l’École de dessin et d’arts décoratifs jusqu’en 1862. A 17 ans, pour gagner sa vie, il peint des éventails et colorie des armoiries pour son frère Henri, graveur en héraldique.

En 1862, Renoir réussit le concours d'entrée à l’École des Beaux-Arts de Paris et entre dans l’atelier de Charles Gleyre, où il rencontre Claude Monet, Frédéric Bazille et Alfred Sisley. Une solide amitié se noue entre les quatre jeunes gens qui vont souvent peindre en plein air dans la forêt de Fontainebleau.

Ses relations avec Gleyre sont un peu tendues et lorsque ce dernier prend sa retraite en 1864, Renoir quitte les Beaux-Arts. Cependant, alors que la première œuvre qu’il expose au salon (L’Esméralda, 1864) connait un véritable succès, après l’exposition, il la détruit. Les œuvres de cette période sont marquées par l'influence d'Ingres et de Dehodencq dans les portraits, de Gustave Courbet (particulièrement dans les natures mortes), mais aussi d'Eugène Delacroix, à qui il emprunte certains thèmes (les femmes orientales, par exemple). En 1865, Portait de William Sisley et Soir d’été sont acceptés par le Salon, ce qui est plutôt de bon augure. Un modèle important à cette époque pour lui est sa maîtresse Lise Tréhot : c'est elle qui figure dans le tableau Lise à l'ombrelle (1867) qui figura au salon 1868, et qui suscita un commentaire très élogieux de la part d'un jeune critique nommé Émile Zola. Mais en général, la critique fut plutôt mauvaise, et de nombreuses caricatures parurent dans la presse.

Le séjour que Renoir fit avec Monet à la Grenouillère (établissement de bains sur l'île de Croissy-sur-Seine, lieu très populaire et un peu « canaille » selon les guides de l'époque) est décisif dans sa carrière. Il peint véritablement en plein-air, ce qui change sa palette, et fragmente sa touche (Monet va beaucoup plus loin dans ce domaine). Il apprend à rendre les effets de la lumière, et à ne plus forcément utiliser le noir pour les ombres. Dès lors, on fait véritablement commencer la période impressionniste de Renoir. Il expose avec le dit groupe de 1874 à 1878 et réalise son chef-d'œuvre : le bal du moulin de la Galette, à Montmartre, en 1877.

Autour de 1880, en pleine misère (Renoir n'arrive pas à vendre ses tableaux, la critique est souvent mauvaise), il décide de ne plus exposer avec ses amis impressionnistes mais de revenir au Salon officiel, seule voie possible au succès. Grâce à des commandes de portraits prestigieux - comme celui de Madame Charpentier et ses enfants - il se fait connaître et obtient de plus en plus de commandes. Son art devient plus affirmé et il recherche davantage les effets de lignes, les contrastes marqués, les contours soulignés comme dans le fameux Déjeuner des Canotiers . Les trois danses (Danse à Bougival, Boston ; Danse à la ville et Danse à la campagne, Musée d'Orsay, vers 1883) témoignent aussi de cette évolution.

Entre 1881 et 1883, Renoir effectue de nombreux voyages qui le mènent dans le sud de la France (à l'Estaque, où il rend visite à Cézanne), en Afrique du Nord,où il réalise de nombreux paysages, et en Italie. C'est là-bas que se cristallise l'évolution amorcée dès 1880. Au contact des œuvres de Raphaël surtout (les chambres du Vatican) Renoir sent qu'il est arrivé au bout de l'impressionnisme, qu'il est dans une impasse, désormais il veut faire un art plus intemporel, et plus sérieux (il a l'impression de ne pas savoir dessiner). Il entre alors dans la période dite ingresque ou Aigre, qui culmine en 1887 lorsqu'il présente ses fameuses Grandes Baigneuses à Paris. Les contours de ses personnages deviennent plus précis. Il dessine les formes avec plus de rigueur, les couleurs se font plus froides, plus acides. Il est plus influencé aussi par l'art ancien (notamment par un bas-relief de Girardon à Versailles pour les Baigneuses). Lorsqu'il devient papa pour la première fois d’un petit Pierre (1885), Renoir abandonne ses œuvres en cours pour se consacrer à des toiles sur la maternité.

La réception des Grandes Baigneuses est très mauvaise, l'avant-garde trouve qu'il s'est égaré (Pissarro notamment), et les milieux académiques ne s'y retrouvent pas non plus. Son marchand, Paul Durand-Ruel, lui demande plusieurs fois de renoncer à cette nouvelle manière.

De 1890 à 1900, Renoir change de nouveau son style. Ce n’est plus du pur impressionnisme ni du style de la période ingresque, mais un mélange des deux. Il conserve les sujets Ingres mais reprend la fluidité des traits. La première œuvre de cette période, les Jeunes filles au piano (1892, une des cinq versions est conservé au Musée d'Orsay), est acquise par l’État français pour être exposée au musée du Luxembourg. En 1894, Renoir est de nouveau papa d’un petit Jean, qui deviendra le cinéaste majeure de La Grande Illusion et La Règle du jeu, et reprend ses œuvres de maternité. La bonne de ses enfants, Gabrielle Renard, deviendra un de ses grands modèles.

Cette décennie, celle de la maturité, est aussi celle de la consécration. Ses tableaux se vendent bien, la critique commence à accepter et à apprécier son style, et les milieux officiels le reconnaissent également (achat des Jeunes filles au piano , proposition de la légion d'honneur, qu'il refuse). Lors d'une mauvaise chute de bicyclette près d'Essoyes, village d'origine de son épouse Aline Charigot, il se fractura le bras droit. Cette chute est considérée comme responsable, du moins partiellement, du développement ultérieur de sa santé. Des rhumatismes déformants l'obligeront progressivement à renoncer à marcher (vers 1905).

En 1903, il s'installe avec sa famille à Cagnes-sur-mer, le climat de la région étant censé être plus favorable à son état de santé que celui des contrées nordiques. Après avoir connu plusieurs résidences dans le vieux village, Renoir fait l'acquisition du domaine des Collettes, sur un coteau à l'est de Cagnes, afin de sauver les vénérables oliviers dont il admirait l'ombrage et qui se trouvaient menacés de destruction par un acheteur potentie. Aline Charignot y fait bâtir la dernière demeure de son époux, où il devait passer ses vieux jours sous le soleil du midi, bien protégé toutefois par son inséparable chapeau. Il y vit avec sa femme Aline et ses enfants, ainsi qu'avec tout un tas de domestiques (qui sont plus des amis que des domestiques) qui l'aident dans sa vie de tout les jours, qui lui préparent ses toiles, ses pinceaux, etc. Il revient de temps en temps à Paris également. Les œuvres de la période sont essentiellement des portraits, des nus, des natures mortes et des scènes mythologiques. Ses toiles sont de plus en plus chatoyantes, et il utilise l'huile de façon de plus en plus fluide, tout en transparence. Les corps féminins ronds et sensuels resplendissent de vie.

Renoir est désormais une personnalité majeure du monde de l'art occidental, il expose partout en Europe et aux États-Unis, participe aux Salons d'automne à Paris. L'aisance matérielle qu'il acquiert ne lui fait pas perdre le sens des réalités et le goût des choses simples, il continue à peindre dans son petit univers presque rustique. Il essaie de nouvelles techniques, et en particulier s'adonne à la sculpture, aiguillonné par le marchand d'art Ambroise Vollard, alors même que ses mains sont paralysées, déformées par les rhumatismes. De 1913 à 1918, il collabore ainsi avec Richard Guino, un jeune sculpteur d'origine catalane que lui présentent Maillol et Vollard. Ensemble, ils créent un ensemble de pièces considéré comme l’un des sommets de la sculpture moderne : Vénus Victrix, le Jugement de Pâris, la Grande Laveuse, le Forgeron (Musée d'Orsay). Après avoir interrompu sa collaboration avec Guino, il travaille avec le sculpteur Louis Morel (1887 - 1975), originaire d'Essoyes. Ensemble, ils réalisent les terres cuites, deux Danseuses et un Joueur de flûteau.

Sa femme meurt en 1915, ses fils Pierre et Jean sont blessés durant la Première Guerre mondiale.

Malgré tout, Renoir continue de peindre jusqu'à sa mort en 1919. Il aurait d'ailleurs, sur son lit de mort, demandé une toile et des pinceaux pour peindre la bouquet de fleurs qui se trouvait sur le rebord de la fenêtre. En rendant pour la dernière fois ses pinceaux à l'infirmière il aurait déclaré « Je crois que je commence à y comprendre quelque chose » (qui résume la grande humilité avec laquelle Renoir appréhendait la peinture, et la vie).

Impulsif, nerveux et bavard, Renoir eut souvent des opinions contradictoires, mais il fut toujours loyal envers sa famille et ses amis. De tous les impressionnistes, c’est lui qui a peint avec le plus de constance les évènements et les plaisirs des gens « ordinaires ».

En 1919, il s’éteint à Cagnes-sur-Mer après avoir pu visiter une dernière fois le Musée du Louvre et revoir ses œuvres des époques difficiles. Il est enfin reconnu.

Il est enterré à Essoyes, dans l'Aube.

Bibliographie :

* Francastel Pierre Histoire de la peinture française, tome 2, p 128-131 Editions Gonthier Bruxelles, Paris, 1955

* Dictionnaire des grands peintres, Edition Larousse, 1976, 1988.

* Gaunt William Renoir Ars Mundi, 1982, 1988 en France