L'impressionnisme est le dernier grand mouvement de la peinture classique. Il termine le grand programme de mise en ordre du visible amorcé au XVe siècle avec l'invention de la perspective. Les recherches des impressionnistes exaltent la couleur et rendent visible la lumière.

Concurrencé par l'invention de la photographie dont il est contemporain, l'impressionnisme donnera naissance aux vastes branches post-impressionnistes avant que celles-ci soient emportées par le premier grand movement de l'art moderne : l'expressionnisme.

Le quartet classique
Monet, 1873
Renoir, 1876
Pissarro, 1872
Sisley, 1872
De l'impressionnisme à l'art moderne
Degas, 1876
Cezanne, 1890
Van Gogh, 1890

I-Historique

La peinture académique (1850-1880) est la peinture produite sous l'influence d'une Académie des beaux-arts ou, par extension, sous l'influence d'une institution équivalente organisant le système des Beaux-Arts.

Avec l'invention du tube de peinture souple par l'industrie à partir de la moitié du XIXe siècle, de jeunes peintres parisiens sortent des ateliers. Influencés notamment par le réalisme des œuvres de Gustave Courbet, ces artistes privilégient les couleurs vives, les jeux de lumière et sont plus intéressés par les paysages ou les scènes de la vie de tous les jours que par les grandes batailles du passé ou les scènes de la Bible. Soudés par les critiques parfois très violentes subies par leurs œuvres, ainsi que par les refus successifs du Salon de Paris, institution majeure de la peinture de l'époque, ces jeunes artistes commencent à se regrouper pour peindre et discuter. Parmi ces pionniers, on compte notamment Claude Monet, Pierre Auguste Renoir, Alfred Sisley et Frédéric Bazille, bientôt rejoints par Camille Pissarro, Paul Cézanne et Armand Guillaumin.

En 1863, l'empereur Napoléon III décrète la tenue d'un Salon des Refusés regroupant les œuvres n'ayant pu être présentées au salon de Paris. C'est là qu'est présenté le Déjeuner sur l'herbe de Manet, qui fait scandale, car il représente une femme nue dans un contexte contemporain. Les critiques sont très violentes, une grande partie du public se déplace uniquement pour se moquer des œuvres exposées. Pourtant, les visiteurs des Refusés sont plus nombreux cette année-là que ceux du véritable Salon.

Devant les refus successifs, en 1867 et 1872, d'organiser un autre salon des Refusés, un groupe d'artistes parmi lesquels Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, Cézanne, Berthe Morisot et Edgar Degas décident de constituer la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs en avril 1874 pour organiser leur propre exposition. Celle-ci se tient du 15 avril au 15 mai 1874 dans les salons du photographe Nadar, 35 boulevard des Capucines. Monet présente Impression, soleil levant, Le Boulevard des capucines, les Bateaux sortant du port du Havre ; Renoir : La loge, Morisot : Le berceau ; Cézanne : Une moderne Olympia, La maison du Pendu. Regroupant quelque deux cents tableaux de trente-neuf artistes, parmi lesquels le précurseur Eugène Boudin l'exposition est la première des huit qui auront lieu entre 1874 et 1886.

Les tableaux sont accrochés sur deux rangs en hauteur, en ménageant un espace entre chaque plutôt que de les juxtaposer cadre contre cadre comme cela se pratique au Salon officiel. L'exposition dont l'inauguration se situe quinze jours avant l'ouverture de celui-ci, essuie des critiques très violentes : Théodore Duret, Duranty défendent ceux que l'on appelle encore les enragés mais pas Zola. Un article sarcastique du critique et humoriste Louis Leroy dans la revue le Charivari, dans lequel il tourne en dérision le tableau de Monet intitulé Impression, soleil levant, donne au mouvement son nom : "L'Impressionnisme".

Le terme est bientôt repris par le public et par les artistes eux-mêmes, bien que ceux-ci estiment être rapprochés par leur esprit révolutionnaire bien plus que par la réalité de leur art. Pour cette raison, de nombreuses dissensions existent au sein du groupe. Ainsi, Degas continue à affirmer la domination du dessin par rapport à la couleur, et se refuse à peindre en plein air.

L'exposition de 1874 fut un échec. Celle de 1876 l'est aussi. Cézanne s'abstient d'y participer. En 1877, l'exposition prend de l'ampleur et recueille beaucoup d'adhésions chez les artistes. En 1879, Cézanne s'abstient de nouveau ainsi que Renoir et Morisot mais, avec 15 400 visiteurs, c'est un événement parisien. En 1880, Monet s'abstient. Renoir et Sisley, acceptés au salon, s'abstiennent aussi. Pissarro secondé par Degas devient chef du groupe. Il introduit Gauguin. En 1881, il n'y a plus parmi les fondateurs que Pissarro, Degas, Guillaumin et Morisot. Mary Cassatt intègre le groupe.

En 1882 cependant tous les membres fondateurs sont présents... sauf Degas qui ne veut pas exposer avec Monet Renoir et Sisley. La société prend le nom d'"Artistes indépendants". Le Salon des Indépendants, fondé deux ans plus tard par Seurat et Gauguin fonctionne toujours aujourd'hui. Les ventes s'améliorent.

En 1886, Berthe Morisot tente une huitième et dernière exposition. Monet, Renoir et Sisley n'y figurent plus. Leur place est prise par des artistes affiliés au salon des indépendants : Odilon Redon, Seurat et Signac. Pissarro est secondé par Degas, Cassatt, Gauguin et Guillaumin

En douze ans et malgré tous ces désaccords, les artistes impressionnistes gagnent peu à peu les faveurs du public et de leurs pairs, notamment grâce à l'aide du marchand d'art Paul Durand-Ruel, qui les fait exposer à Londres et New York. En 1883, Durand-Ruel expose successivement Boudin, Monet, Renoir, Pissarro et Sisley. 1884 : Durand-Ruel organise une grande exposition posthume de Manet. 1885 : Succès commercial à New York qui préfigure la place prépondérante que vont prendre les impressionnistes sur le marché de l'art durant tout le vingtième siècle. Mais cette réussite ne profite pas à tous : si Renoir finit par accéder à une relative sécurité financière en 1879, suivi par Monet au début des années 1880 et Pissarro dans les années 1890, Sisley meurt en 1899 dans la pauvreté.

II Le style impressionniste

Les toiles peintes par Renoir et Monet devant le restaurent "La grenouillère" en 1869 marquent le début de l'impressionnisme. Jusqu'en 1874 et la première exposition expressionniste, les peintres du futur mouvement n'obtiennent aucune reconnaissance. Entre 1874 et 1884, l'impressionnisme devient un mouvement d'Avant garde. Entre 1884 à 1890, le mouvement accède à la reconnaissance publique. Il est pourtant contesté dès 1884 avec le salon des indépendants. . En 1886 parait un texte important de Félix Fénéon, Les impressionnistes, qui annonce le dépassement de l'impressionnisme et prend parti pour le néo-impressionnisme de Seurat qui constitue maintenant l'avant garde.

Le changement de vision correspondant à une évolution profonde de la société. Partis du "plein air", Pissarro et Monet entendaient faire du réalisme. C'est au nom du réalisme qu'ils ont supprimé le noir "qui n'existe pas dans la nature". Mais Monet s'aperçut qu'aucune couleur n'existe réellement dans la nature qu'elles sont toutes fonction de la lumière et de la densité de l'air. Il ne reste comme sujet d'étude que les effets de l'air et de la lumière. Il décide d'en surprendre la variation sur le même sujet. Dès 1870, il commence les séries et la théorisation du mouvement. En face de lui, Renoir apparaît comme le peintre de la facilité, de la couleur et de la femme.

La forme de la touche et son utilisation doivent être appropriées au sujet. Les objets et reflets sont traités de manière équivalente. C'est au spectateur de recréer la toile. S'il est préconisé de travailler avec des couleurs claires, il n'y a pas d'exaltation de la couleur pure. Les couleurs sont ainsi mélangées sur la palette et non pas posées directement sur la toile mais sur une préparation. Les touches ne sont pas juxtaposées les unes aux autres, mais se superposent aussi bien les unes sur les autres que sur le fond initial qui fournit une indication de ton local.

III - Influences

L'influence des impressionnistes s'ettendit aux Etats-Unis grâce à Mary Cassatt (1844-1926). James Whistler (1834-1903) partagea le sort des impressionnistes refusés au Salon officiel de Paris. Ses peintures, qui traduisent souvent ses sentiments intimes comme la solitude, se rattachent pourtant bien davantage au symbolisme. Lors d'une visite chez Claude Monet à Giverny en 1885, John Singer Sargent (1856-1925) peint l'un de ses portraits les plus impressionnistes, Claude Monet peignant à l'orée d'un bois. Sargent n'est cependant pas considéré comme un peintre impressionniste, mais il en utilise parfois les techniques, avec talent, et son Deux femmes endormies dans une barque (1887) est sans doute sa vision personnelle de ce style. Bien que les critiques britanniques classent Sargent parmi les impressionnistes, les impressionnistes français pensent tout autrement, comme Monet le dira plus tard, "Il n'est pas un impressionniste au sens ou nous l'entendons, il est beaucoup trop influencé par Carolus-Duran".

De mars 1873 à mai 1874, Il en est de même du norvégien Frits Thaulow qui se rend à Paris de 1875 à 1879 où il suit l’influence des Réalistes et des Impressionnistes dont il partage les préoccupations pour la lumière et la couleur. Cet acquis ce retrouve lorsqu'il s'installe en France à partir de 1892, mais ses tableaux reflètent davantage une volonté réaliste même s'il s'agit de magnifier l'atmosphère des paysage par la lumière et la couleur.

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