L'impressionnisme est le dernier grand mouvement de la peinture classique. Il termine le grand programme de mise en ordre du visible amorcé au XVe siècle avec l'invention de la perspective. Avant de s'eteindre, il va se démultiplier en de multiples, inventifs mais éphémères mouvements post-impressionnistes. Ceux-ci caractérisent une période de l'histoire de l'art située entre la fin des années 1880 et  1910. Ce n'est pas un courant mais la constatation par la critique que l'impressionnisme  est arrivé à ses limites et se disperse en quantités de nouveaux styles :

Ces groupes qui sont aussi le fruit d'amitiés ou de batailles intenses entre les peintres, d'échanges entre eux et les critiques, les galeristes et les mécènes, créent  des énergies nouvelles mais instables. Elles seront emportées par  l'arrivée des avant-gardes artistiques du début du XXe siècle et, en premier lieu, par l'expressionnisme.

I - Historique

En 1886, Berthe Morisot tente une huitième et dernière exposition impressionniste. Monet, Renoir et Sisley n'y figurent plus. Leur place est prise par des artistes affiliés au salon des indépendants : Odilon Redon, Seurat et Signac. Pissarro est secondé par Degas, Cassatt, Gauguin et Guillaumin.

Le critique d'art Félix Fénéon publie alors Les impressionnistes en 1886, véritable manifeste du néo-impressionnisme.  Dans cette mince plaquette, éditée à 227 exemplaires par la revue La Vogue, il écrit "avec cette exposition, l’impressionnisme est définitivement mort", et est remplacé par un nouveau mouvement, une nouvelle forme d’art, qu’il appelle "néo-impressionnisme ou post impressionnisme".

Félix Fénéon, cofondateur de La Libre Revue et de La Revue indépendante (1884), l'un des principaux rédacteurs de la revue La Vogue, secrétaire de rédaction de La Revue blanche (janvier 1894-1903) n'a toutefois pas une influence décisive en dehors des milieux parisiens. Au cours des vingt années suivantes, le terme commence toutefois à être utilisé pour désigner le passage entre la première phase de l’impressionnisme (1870-1884) et les avant-gardes artistiques du XXe siècle.

Affiche de la huitième et dernière
exposition immpressionniste
( 1886)
Affiche de
Manet et les postimpressionnistes
(1910)

Ce terme est particulièrement revalorisé à partir de 1906 par le critique d'art et peintre britannique, Roger Fry. Il  le fait reconnaitre  internationalement lors de l'exposition qu'il organise de novembre 1910 à janvier 1911, aux Grafton Galleries de Londres, Manet et les postimpressionnistes

Cette exposition permet aux acheteurs américains, qui devenaient prépondérant à cette époque, d'identifier cette période de recherches intenses, et d'accepter la fin de l'impressionnisme — quand des centaines de peintres américains justement, durant ces années 1900-1910, venaient en Europe "faire de l'impressionnisme", aller à Giverny, etc.

II Les diférentes branches post-impressionnistes


1 : Paul Cézanne, Paul Gauguin, Vincent van Gogh.

Paul Cézanne est le fondateur de l'art moderne en privilégiant l'organisation du percevoir. Il recherche des équivalents de la réalité, du monde extérieur sans en être sa représentation. Il s'attache à structurer et composer des images en s'appuyant sur la perspective chromatique : les tons chauds rapprochent alors que les tons froids renvoient dans la profondeur du plan. Les rechercehs de Cézanne seront reprises par les cubistes.

Paul Gauguin rompt avec le style impressionniste. Avec Émile Bernard et Louis Anquetin, il crée le terme synthétisme pour s'en distinguer. Il affirme en effet la prééminence des associations de l'esprit sur les données passives des sens, par quoi le symbolisme naissant allait remettre à l'honneur les primitifs. A commencer par la Bretagne dont l'art frustre et naïf déclenchera chez Gauguin, avec le japonisme, les premières simplifications de la forme, les grands aplats, l'élimination de l'ombre, du modelé et de la perspective du style cloisonnisme. A Tahiti puis aux Marquises, Gauguin veut retrouver la naïveté des premiers âges et ressourcer son être loin des entraves de la civilisation.

Sous l'influence de Gauguin et de Lautrec, Vincent van Gogh utilise le pouvoir symbolique de la couleur et la déformation expressionniste de la ligne. Van Gogh accentue ce mouvement après son arrivée à Arles en 1888, où le choc de la lumière méridionale le pousse à la conquête de la couleur. Il s'autorise toute liberté de modifier les couleurs naturelles pour favoriser l'expression de ces sujets. Par la dramatisation des scènes, la simplification, voire la caricature, les traces empâtées et granuleuses des coups de pinceaux qui caractérisent  son œuvre il annonce l'expressionnisme.

Vision après le sermon
Vision après le sermon
Paul Gauguin, 1888
La table de cuisine
Paul Cezanne, 1890



2 - Le pointillisme-divisionnisme

Georges-Pierre Seurat, Paul Signac

Une baignade à Asnières
Georges-Pierre Seurat,1884


3 - Les nabis

Les Nabis sont un mouvement très actif entre 1888 et 1905, exposé au niveau médian du musée d'Orsay avec le Naturalisme, le symbolisme, et l'Art Nouveau. Décidés à retrouver la pureté de l'art, exaltés par le testament de Gauguin, transmis par Sérusier (le talisman), les Nabis, "prophètes" d'un art nouveau, choisissent d'abandonner les règles traditionnelles de la peinture, et se tournent vers "les vitraux médiévaux, les estampes japonaises, la peinture égyptienne", comme l'écrit Maurice Denis, le théoricien du groupe.éoricien du groupe.

Le bois sacré (Maurice Denis, 1897)
Nu dans le bain (Pierre Bonnard 1936)


4 - L'art nouveau

L'Art nouveau, malgré la diversité des oeuvres et des caractères nationaux persistants, possède un certain nombre de traits communs : le culte de la ligne, la forme organique de la plante et l'ornement comme symbole de la structure. On met l'accent sur la courbure de la tige des joncs ou des roseaux, sur les ondulations des algues. Le bouton de fleur, le bourgeon sont des symboles de l'avenir. L'arbre fait aussi partie du répertoire comme symbole de fécondité. La blancheur du lys, comme celle du cygne est symbole de pureté. Flore et faune aquatiques, insectes légers, comme la libellule, serpents sont choisis aussi pour leurs effets décoratifs.

Moulin Rouge- La goulue,
(Toulouse Lautrec, 1891)
Gismonda 
(Alfons Mucha, 1895)
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