L'humanisme de Jean Renoir s'accommode mal de la simplicité et réclame le mouvement pour s'accomplir. "Le drame dans ce monde c'est que chacun à ses raisons", phrase prononcée comme un cri de désespoir par l'Octave (Jean Renoir) de La règle du jeu qui rêve de situations plus simples, n'est qu'une variation sur l'idée plus profonde encore que l'homme est mu par des passions mécaniques et qu'il ne peut donc se révéler qu'en endossant plusieurs rôle, en changeant de personnalité, en trouvant pour lui-même la personnalité qui lui convient le mieux. Chez Renoir, seuls les êtres tragiques (Emma Bovary, Etienne Lantier, von Rauffenstein...) restent enfermés en eux-mêmes.
La règle du jeu fait coexister l'image actuelle des hommes et l'image virtuelle des bêtes, l'image actuelle des vivants et l'image virtuelle des automates, l'image actuelle des personnages et l'image virtuelle de leur rôle pendant la fête, l'image actuelle des maîtres et leur image virtuelle chez les domestiques, l'image actuelle des domestiques et leur image virtuelle chez les maîtres. Tout est image en miroir, échelonnées en profondeur. La profondeur de champ assure d'abord un emboîtement de cadres, une cascade de miroirs, un système de rimes. Elle a pour fonction de constituer l'image en cristal, d'absorber le réel qui passe ainsi dans le virtuel autant que dans l'actuel. Mais, chez Renoir, la profondeur de champ ménage toujours un fond par lequel quelque chose peut fuir : la fêlure.
"Où donc commence le théâtre, où commence la vie ?" reste toujours la question posée par Renoir. Selon Renoir, le théâtre est inséparable, à la fois pour les personnages et pour les acteurs, de cette entreprise qui consiste à expérimenter et sélectionner des rôles jusqu'à ce qu'on trouve celui qui déborde du théâtre et entre dans la vie.
Pour Renoir, le théâtre est premier parce que la vie doit en sortir. Le théâtre ne vaut que comme recherche d'un art de vivre, c'est ce que comprend le couple disparate du Petit théâtre. On naît dans un cristal, mais le cristal ne retient que la mort, et la vie doit en sortir après s'être essayée. Même adulte, le professeur du Déjeuner sur l'herbe connaîtra cette aventure. La danse déchaînée à la fin de French Cancan n'est pas une ronde, un reflux de la vie dans le circuit, dans la scène de théâtre, comme chez Ophuls, mais au contraire un galop, une façon dont le théâtre s'ouvre à la vie, se déverse dans la vie entraînant Nini dans une eau courante agitée. A la fin du Carrosse d'or, trois personnages auront trouvé leur rôle vivant, tandis que Camilla restera dans le cristal, mais pour y essayer encore des rôles dont l'un lui fera peut-être découvrir la vraie Camilla.
Dans ses moments pessimistes, Renoir doute qu'il puisse y avoir un gagnant : alors il n'y a plus que les coups de feu du garde qui font exploser le cristal comme dans La règle du jeu, ou les remous de la rivière sous l'orage piquée par la pluie dans Une partie de campagne. Mais, suivant son tempérament, Renoir parie pour un gain : quelque chose se forme à l'intérieur du cristal, qui réussira à sortir par la fêlure et à s'épanouir librement. C'est déjà le cas de Boudu, qui retrouve le fils de l'eau en sortant du théâtre intime et renfermé du libraire où il a essayé beaucoup de rôles. Ce sera le cas de Harriet dans Le fleuve, où les enfants abrités dans une sorte de cristal ou de kiosque hindou essaient des rôles, dont certains tournent au tragique, comme meurt tragiquement le petit frère, mais dont la jeune fille fait faire son apprentissage, jusqu'à ce qu'elle y trouve la puissante volonté de vie qui se confond avec le fleuve et le rejoint au dehors.
Jean Renoir est né à Paris le 15 septembre 1894. Il est le deuxième fils du peintre Auguste Renoir (1841-1919), auquel il consacrera en 1962 un livre de souvenirs. Son frère aîné Pierre (1885-1952) sera acteur de théâtre et de cinéma (il incarnera notamment, sous sa direction, Maigret dans La nuit du carrefour et Louis XVI dans La Marseillaise ; un troisième frère, Claude (1901-1969), s'orientera vers la production; il ne faut pas confondre ce dernier avec Claude Jr (né en 1913), fils de Pierre, qui fera carrière comme opérateur de prises de vues, souvent aux côtés de son oncle mais aussi d'autres réalisateurs tels que Clouzot, Astruc, Vadim, etc. Précisons enfin que la chef-monteuse Marguerite Renoir (alias Mathieu), bien que collaboratrice fidèle de Jean pour un grand nombre de films, n'a aucun lien de parenté avec lui.
Jean Renoir eut, dès l'âge le plus tendre, la révélation
du monde du spectacle en assistant aux représentations du Guignol des
Tuileries sous la conduite de sa nourrice Gabrielle, un des modèles
de son père. Cette vision cocasse grinçante, de l'existence,
jointe à la fréquentation des milieux artistiques et à
l'héritage des traditions impressionnistes (amour de la nature) conditionnera
son style de cinéaste.
À partir dé 1907, la famille Renoir s'installe dans le Midi, à Cagnes-sur-Mer. Jean fait des études un peu dispersées, qui seront interrompues par la guerre. Il envisage un moment une carrière militaire (à l'école de cavalerie de Saumur) mais une grave blessure au cours d'un engagement en Alsace l'en détourne. Permissionnaire, il a la révélation des premiers films de Charlot et des Mystères de New York, qui précisent sa vocation. Celle-ci sera définitivement affirmée (alors même que son père eût préféré le voir s'orienter vers la céramique) par la découverte, vers 1923, des films de Mosjoukine et de Stroheim.
Avec quelques amis, dont le futur producteur Pierre Braunberger, il se lance dans le cinéma, en commençant par écrire un scénario pour sa jeune épouse Catherine Hessling que réalisa Albert Dieudonné (Catherine, 1924), puis en prenant lui-même les commandes de la mise en scène, pour La fille de l'eau. Il sera son propre producteur pour son film suivant, Nana, qui essuiera un grave échec commercial. Par la suite, alterneront les ouvrages de commande et les essais d'avant-garde. Mais toute cette période de 1924 à 1931 est dionysiaque, agressive, ludique et anarchisante.
Avec La chienne, (1931), son premier film parlant et son premier grand film, il fait preuve d'une extrême virtuosité de caméra alors que le ton reste encore fortement teinté d'anarchisme et de naturalisme. Sa période réaliste commence juste après, avec La nuit du carrefour (1931) et surtout Boudu sauvé des eaux (1932) pour s'achever avec Le Fleuve, (1951).
C'est surtout avec le parlant que Jean Renoir va s'affirmer comme un maître
incontesté de "L'école française". La rencontre
avec Michel Simon, puis les engagements successifs dans la voie d'un cinéma
"de nature", cher à Pagnol, des adaptations littéraires
(Flaubert, Maupassant, Zola) et des productions militantes, sous l'égide
du Front Populaire, vaudront autant de chefs-d'uvre, de La
Chienne à La Bête humaine,
de Boudu au Crime
de Monsieur Lange. En 1937, Renoir tourne La
grande illusion, grand film pacifiste dont le retentissement sera mondial.
Non moins important, mais incompris à sa sortie, La
règle du jeu (1939) sera comme le chant du cygne d'un monde
bourgeois à la dérive.
En 1940, après un essai de tournage manqué en Italie fasciste, Renoir s'embarque pour les États-Unis où il a signé un contrat d'un an avec Twentieth Century Fox. Il réalise aux États-Unis certains de ses plus beaux films : L'étang tragique, L'homme du sud ou La femme sur la plage. Il y épouse, en secondes noces, la nièce du réalisateur Alberto Cavalcanti, Dido Freire, et s'y fera plus tard naturaliser. Après quelques années d'activité dans les studios américains et un voyage aux Indes (où il réalise Le Fleuve), Renoir rentre en Europe pour tourner des films, en couleurs, de plus en plus stylisés, témoignant d'une sorte de légèreté panthéiste. Certains y voient les signes regrettables d'un déracinement, d'autres au contraire d'un affinement décisif de son talent. Le carrosse d'or, (1953), French Cancan, (1955), et Elena et les hommes (1956), composent une trilogie où Renoir rend ses lettres de noblesses à trois formes de spectacle : la commedia dell'arte, le café concert et le guignol. Le déjeuner sur l'herbe, (1959), Le testament du docteur Cordelier, (1961) comme son dernier film Le petit théâtre, (1969) mettent en garde contre l'accentuation mécanique des comportements humains et prônent la compréhension, la gentillesse et la paresse.
Après Le Caporal épinglé, Jean Renoir a un certain nombre d'idées pour d'autres films, mais aucun producteur n'est disposé à lui offrir l'aide financière nécessaire. Ironiquement, au moment où Renoir est confirmé comme une des plus grandes figures de l'histoire du cinéma, la réalité commerciale l'empêche de faire des films.
Durant ses dernières années, Renoir écrit alors des pièces de théâtre (0rvet, Carola), des romans (Les cahiers du Capitaine Georges, Le cur à l'aise, Le crime de l'anglais, Geneviève), une autobiographie (Ma vie et mes films). Au Festival d'Arles en 1954 il met en scène Jules César de Shakespeare. La jeune critique et les cinéastes de la Nouvelle Vague l'admirent intensément. Son dernier film, en 1970, co-produit par les Télévisions française et italienne, Le petit théâtre de Jean Renoir, est un hommage ultime au Guignol de son enfance et aux contes d'Andersen. C'est l'uvre d'un "éternel débutant" à qui, en 1975, à Hollywood se voit décerné un Oscar pour l'ensemble de sa carrière.
Le 12 février 1979, Jean Renoir meurt à Beverly Hills où il était installé depuis plusieurs années. Sensible à toutes sortes d'influences, uvrant dans mille direction, amoureux de la vie et du spectacle sous toutes leurs formes, Renoir, comme l'a dit François Truffaut, " a tout absorbé, tout compris, s'est intéressé à tout et à tous".
Sources :
Bibliographie : André Bazin : Jean Renoir, éd. Champ Libre, 1971.
FILMOGRAPHIE :
| 1924 | La fille de l'eau
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Avec : Catherine Hessling (Virginie Rosaert), Pierre Champagne (Justin Crepoix), Pierre Lestringuez (Jef). 1h29. Une péniche au fil de l'eau… Trois occupants : Gudule, une jeune fille chargée des besognes domestiques, son père et son oncle, Jef. Ayant fait une mauvaise chute dans la rivière, le père se noie : sa fille se retrouve aux prises avec l'oncle, une brute qui la martyrise et tente même de la violer. Elle s'enfuit avec son chien dans les bois avoisinants... |
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| 1926 | Nana |
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Avec : Catherine Hessling (Nana), Jean Angelo (le comte de Vandeuvres), Werner Krauss (le comte Muffat). 2h30. Paris au Second Empire. Le comte Muffat, séduit par une petite théâtreuse légère et vulgaire, Nana, devient son amant. Après quelques succès dans des rôles truculents, elle essuie un échec total en interprétant une femme distinguée. Elle décide alors de s'en tenir à son statut de femme entretenue et conduit ses amants plus ou moins près du suicide. Elle mourra de la petite vérole. |
| 1927 | Sur
un air de Charleston |
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Avec : Catherine Hessling (La danseuse) Jean Renoir (Un ange) Pierre Braunberger (Un ange) Pierre Lestringuez (Un ange) . 0h21. Survivante d'une grande guerre, une jolie jeune femme séduit un explorateur noir pour qu'il l'émmène avec lui dans sa montgolfière, vers un avenir meilleur. |
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| 1928 | Marquitta |
| Avec: Marie-Louise Iribe (Marquitta), Jean Angelo (Prince Vlasco), Henri Debain (Comte Dimitrieff), Pierre Lestringuez (Le directeur du casino), Lucien Mancini (Le père adoptif). 2400 mètres | |
| 1928 | La
petite marchande d'allumettes |
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Avec : Catherine Hessling (Karen), Jean Storm (Axel Ott), Manuel Raabi (L'agent de police/Le hussard). 0h30. Une ville du nord lointain, par une nuit glaciale de la Saint-Sylvestre. Une pauvre fillette propose en vain des allumettes aux passants qui se hâtent vers le chaud plaisir et la bonne chère. |
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| 1928 | Tire-au-flanc
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Avec : Georges Pomiès (Jean Dubois
d'Ombelles), Michel Simon (Joseph Turlot), Fridette Faton (Georgette).
1h25.
Branle-bas de combat chez les Blandin : le colonel Brochard et le lieutenant Daumel viennent déjeuner et demain, Jean Dubois d'Ombelles, neveu de Mme Blandin et Joseph, le valet de la maison, rejoindront la caserne. Il importe, en effet de recommander Jean, si délicat et poète de surcroît à l'attention de ses supérieurs afin que son service se passe dans les meilleures conditions... |
| 1929 | Le tournoi dans la cité |
| Avec : Aldo Nadi (François de Baynes), Jackie Monnier (Isabelle Ginori), Gérald Mock (Charles IX), Enrique Rivero (Henri de Rogier), Blanche Bernis (Catherine de Médicis), Max Dalban (Le capitaine du guet), Suzanne Desprès (Comtesse de Baynes). | |
| 1929 | Le bled |
| Avec : Enrique Rivero (Pierre Hoffer), Manuel Raabi (Manuel Duvernet), Jackie Monnier (Claudie Duvernet), Alexandre Arquillière (Christian Hoffer), Jacques Becker (L'ouvrier agricole). 1h25. | |
| 1931 | On purge bébé
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Avec : Michel Simon (Chouilloux),
Jacques Louvigny (Mr. Follavoine), Marguerite Pierry (Mme. Follavoine).
1h02.
M. Follavoine, un fabricant de porcelaine, a invité à déjeuner, dans son coquet appartement, un client de marque : Chouilloux, président de la Commission qui doit statuer sur l'acquisition par l'Armée française de pots de chambre destinés aux hommes de troupe. Il espère emporter le marché, ayant mis au point un système de pots présumés incassables. |
| 1931 | La chienne
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Avec : Michel Simon (Maurice
Legrand), Janie Marèze (Lulu Pelletier), Georges Flament (André Jauguin,
dit Dédé). 1h40.
M. Legrand, caissier à la bonneterie Henriot, est un homme respectable, marié à une veuve de guerre acariâtre. Il a un violon d'Ingres : la peinture. Il fait la connaissance d'une fille, Lulu, qu'exploite un odieux souteneur, Dédé. Il l'installe en meublé et, pour l'entretenir, vole dans la caisse. Il est renvoyé... |
| 1932 | La nuit du carrefour
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Avec : Pierre Renoir (Inspecteur Maigret), Georges Terof (Lucas), Georges Koudria (Carl Andersen), Winna Winfried (Else), Dignimont (Oscar). 1h15.
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| 1932 | Boudu sauvé des
eaux |
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Avec : Michel Simon (Boudu), Charles Granval (Lestingois), Marcelle Hainia (Mme Lestingois), Severine Lerczinska (Anne-Marie). 1h23 Boudu, un sympathique clochard parisien, qui a perdu son chien et que la société dégoûte, tente de se suicider en se jetant à la Seine. Il est repêché par un libraire aux idées libérales, Lestingois, homme doux et naturellement bon, qui héberge le rescapé au grand déplaisir de sa femme, Emma, et de sa bonne (sa maîtresse), Anne-Marie... |
| 1933 | Chotard et Cie |
| Avec : Fernand Charpin (François Chotard),
Jeanne Lory (Marie Chotard), Jeanne Boitel (Reine Chotard), Georges Pomiès
(Julien Collinet), Max Dalban (Emile, le commis), Louis Seigner (Le capitaine).
1h15.
François Chotard est le riche négociant en fruits et
légumes d'une petite ville du Midi. Les affaires, florissantes,
sont menées tambour battant par le patron. Reine, sa fille, est
en âge de se marier, mais aucun des deux prétendants -
un lieutenant de gendarmerie un peu balourd et Julien Collinet, poète
rêveur - ne conviennent pas au père. Chotard ne manque
pas une occasion de paraître aux soirées qui réunissent
les notables de la région. Lors d'un bal costumé organisé
à la sous-préfecture, il ne peut éviter de rencontrer
les deux soupirants, venus lui demander la main de sa fille. L'épicier,
déguisé en "Bourgeois Gentilhomme ", éconduit
de façon ironique le malheureux lieutenant et se résigne
à avoir un poète pour gendre, à condition que celui-ci
obtienne une situation digne de ce nom il travaillera pour l'épicerie
familiale. |
|
| 1934 | Toni |
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Avec : Andrex (Gaby), Charles
Blavette (Antonio 'Toni' Canova), Paul Bozzi (Jacques Bozzi), Max Dalban
(Albert) .1h40.
Antonio Canova, dit Toni, est un ouvrier immigré italien, venu travailler dans les carrières de pierre d'un village de Provence. Il devient l'amant de sa logeuse, Marie, et l'épouse. Mais son véritable amour est Josepha, une jeune Espagnole mariée par nécessité à Albert, un contremaître emporté et jouisseur.... |
| 1934 | Madame
Bovary |
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Avec : Pierre Renoir (Charles Bovary), Valentine Tessier (Emma Bovary), Max Dearly. 1h41 (version commerciale), 3h30 (version originale). Nous sommes aux Bertaux, dans la campagne normande, en juillet 1839. Emma, qui s'ennuie chez son père, un brave paysan, croit échapper à sa mélancolie et satisfaire ses rêves d'évasion et de romantisme à bon marché en épousant Charles Bovary, médecin de campagne bon et borné, veuf d'un premier mariage, qui va se ruiner pour elle.... |
| 1935 | Le crime
de monsieur Lange |
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Avec : René Lefèvre (Amédée Lange), Florelle (Valentine), Jules Berry (Batala), Marcel Lévesque (Le Concièrge). 1h20. Le directeur d'une petite entreprise de publications populaires, Batala, exploite honteusement son personnel. Il édite aux moindres frais "Arizona Jim", un western écrit par l'un de ses employés, le sympathique M. Lange, tout en lardant sa prose de slogans publicitaires. Entre deux affaires véreuses, il viole l'innocente Estelle, employée de la blanchisserie du rez-de-chaussée dont la patronne, Valentine, est elle-même amoureuse de Lange. D'autres intrigues se nouent dans la cour de l'immeuble.... |
| 1936 | Partie de campagne
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Avec : Sylvia Bataille (Henriette), Georges D'Arnoux (Henri), Jane Marken (Madame Dufour), Jacques Brunius (Rodolphe). 0h40. En ce beau dimanche de l'été 1860, M. Dufour, quincaillier à Paris, part pour la campagne en compagnie de sa belle-mère, de sa femme, de sa fille Henriette et de son commis Anatole (son futur gendre et successeur) dans la voiture de son voisin le laitier. Ils choisissent l'auberge du père Poulain pour déjeuner sur l'herbe. Deux " canotiers ", Henri et Rodolphe, entreprennent de faire la cour aux deux femmes. .. |
| 1936 | Les bas-fonds |
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Avec : Louis Jouvet (le baron), Jean Gabin (Pepel), Suzy Prim (Vasilissa), Vladimir Sokoloff (Kostileff), Junie Astor (Natacha). 1h30. Un baron ruiné par le jeu surprend chez lui un cambrioleur, Pepel, avec lequel il sympathise immédiatement et finit la nuit à boire ses derniers deniers. Pepel loge dans le bouge sordide d'un vieux receleur, Kostileff, dont l'épouse arriviste est devenue sa maîtresse. Afin de s'attirer les bonnes grâces du commissaire de police du quartier, Kostileff lui a promis la main de sa jeune et jolie belle-soeur, Natacha. Mais celle-ci aime Pepel et refuse de se mêler aux manigances du grigou.... |
| 1936 | La vie est à nous |
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Avec : Jean Dasté (L'instituteur), Jacques-Bernard Brunius (Président du conseil), Max Dalban (Brochard), Charles Blavette (Tonin), Gaston Modot (Philippe), Marcel Cachin, Jacques Duclos, Marcel Gitton (eux-même). 1h06. Un instituteur évoque devant ses élèves les richesses de la France : "Appartiennent-elles aux français ? Non à deux cents familles ! N'y a-t-il rien à faire ? Si, dit la voix de Renoir, il y a le parti communiste!" Trois histoires sont alors racontées : celles d'un ouvrier qui fait diminuer les cadences, d'un fermier endetté, d'un ingénieur au chômage. Ils se retrouvent tous au meeting du PC pour écouter Thorez et Duclos., ... Un instituteur évoque devant ses élèves les richesses de la France. Dehors, les gosses se plaignent de leur misère. Celle-ci trouve ses racines dans l'oppression que font subir au pays les " 200 familles " bourgeoises soutenues en France par l'extrême-droite et à l'extérieur par Hitler et le fascisme. Le Parti Communiste entend s'opposer à leurs entreprises. Dans son bureau, Marcel Cachin, rédacteur en chef de " l'Humanité ", lit des lettres de militants illustrant le rôle déterminant du Parti.
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| 1937 | La Marseillaise
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Avec : Pierre Renoir (Louis XVI), Lise Delamare (Marie-Antoinette), William Aguet (La Rochefoucauld). 2h10. Émotion au lever du roi Louis XVI, un matin de 1789. Les Parisiens ont pris la Bastille. "Est-ce une révolte ? "" Non, Sire, c'est une Révolution !". Dans un maquis de Haute-Provence, trois hommes qui ont fui la justice des aristocrates, jurent de lutter ensemble pour l'abolition des privilèges. ... |
| 1937 | La
grande illusion |
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Avec : Jean Gabin (Lieutenant Maréchal), Pierre Fresnay (Capitaine de Boeldieu), Erich von Stroheim (Capitaine von Rauffenstein). 1h53. Pendant la guerre de 1914-1918, le capitaine de Boeldieu, officier de carrière, et Maréchal, un ancien mécano promu lieutenant, sont abattus avec leur avion derrière les lignes allemandes par le Commandant von Rauffenstein. Conduits dans un camp de prisonniers, ils sont vite adoptés par leurs compagnons de chambrée mais tous ces hommes ne pensent qu'à s'évader par le tunnel qu'ils creusent chaque nuit... |
| 1938 | La
bête humaine |
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Avec : Jean Gabin (Lantier), Simone Simon (Séverine), Fernand Ledoux (Roubaud), Julien Carette (Pecqueux). 1h45 Le mécanicien Jacques Lantier, aide du chauffeur Pecqueux, conduit sa locomotive " la Lison " entre le Havre et Paris. Il s'éprend de Séverine la jeune et jolie épouse de Roubaud, le sous-chef de gare du Havre ... |
| 1939 | La
règle du jeu |
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Avec : Marcel Dalio (La Chesnaye) ; Nora Gregor (Christine, sa femme) Roland Toutain (André Jurieu) ; Jean Renoir (Octave) Paulette Dubost (Lisette) .1h50. L'aviateur André Jurieu vient de traverser l'Atlantique en vingt-trois heures. Ce faisant, il espère reconquérir l'amour d'une femme de la haute bourgeoisie, Christine de La Chesnaye. Mais celle-ci n'est même pas au Bourget pour l'attendre. Il proclame puérilement à la T.S.F. son désespoir. Jurieu ayant essayé de se tuer en voiture, Octave, un ami commun, dans l'espoir de vider l'abcès, obtient des La Chesnaye, une invitation pour Jurieu à la partie de chasse qu'ils donnent dans leur propriété de La Colinière, en Sologne.... |
| 1940 | L'étang tragique
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(Swamp water). Avec : Walter Brennan (Tom Keefer), Dana Andrews (Ben Ragan), Anne Baxter (Julie), Walter Huston (Thursday Ragan). 1h28. |
| 1943 | Vivre libre |
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(This land is mine). Avec : Charles
Laughton (Albert Lory), Kent Smith (Paul Martin), Maureen O'Hara (Louise
Martin). 1h43.
Quelque part en France occupée. Albert Lory, instituteur, mène avec sa mère la vie paisible d'un petit bourgeois de province. Timoré, respectueux de l'ordre établi, soumis aux autorités, qu'elles soient académiques ou militaires, Lory n'a qu'une passion, secrète d'ailleurs, sa collègue Louise Martin.... |
| 1944 | Salut à la France |
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(Salute to France). Avec : Claude Dauphin (Multiples personnages / Le narrateur), Burgess Meredith (Tommy), Garson Kanin. 0h35. court métrage de propagande |
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| 1945 | L'homme du sud
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| (The southerner). Avec : Zachary
Scott (Sam Tucker), Betty Field (Nana Tucker), John Carroll Naish (Devers),
Beulah Bondi (La grand-mère), Charles Kemper (Tim), Percy Kilbride (Harmie
Jenkins), Norman Lloyd (Finlay Hewitt). 1h32.
Sam et Nona Tucker ne veulent plus être journaliers agricoles et. après la récolte d'automne, décident de cultiver leur propre champ de coton. Avec Daisy et Jottie, leurs enfants, et la grand-mère, une sacrée râleuse, ils s'installent sur une terre concédée par le patron où toutes les désillusions les attendent. |
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| 1946 | Le
journal d'une femme de chambre |
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(The diary of a chambermaid).
Avec : Paulette Goddard (Célestine), Burgess Meredith (Capitaine Mauger),
Hurd Hatfield (George). 1h30.
La Normandie au début du siècle. Célestine, une femme de chambre, arrive de Paris chez ses nouveaux maîtres, les Lanlaire. Le valet, Joseph, un grand gaillard peu amène, vient la chercher à la gare en carriole et la conduit au château... |
| 1947 | La
femme sur la plage |
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(The woman on the beach). Avec : Joan Bennett (Peggy), Robert Ryan (Scott), Charles Bickford (Tod Butler), Nan Leslie (Eve). 1h11. Butler, peintre aveugle, s'est retiré avec sa femme Peggy dans une maison isolée au bord de la mer. Peggy ne s'est pas mariée par amour, mais par devoir. Elle se reproche la cécité de son mari, survenue au cours d'une scène d'ivresse alors qu'elle lui avait jeté un verre au visage.... |
| 1951 | Le Fleuve |
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Avec : Nora Swinburne (La mère), Esmond Knight (Le père), Arthur Shields (Mr. John), Thomas E. Breen (Capitaine John). 1h35. Aux Indes, sur les bords d'un grand fleuve, vit une famille britannique : le père, la mère et leurs deux filles Harriet et Valerie. Leur voisin M. John a lui aussi une fille Melanie, née d'une mère hindoue. Quand il reçoit la visite de son neveu le capitaine John qui a perdu une jambe à la guerre, les trois jeunes filles s'éprennent de ce dernier... |
| 1952 | Le carrosse d'or
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Avec : Anna Magnani (Camilla), Duncan Lamont (Ferdinand, Le Viceroy), Paul Campbell (Felipe), Riccardo Rioli (Ramon, le Toreador), Odoardo Spadaro (Don Antonio).1h45. Une troupe de la Commedia dell'arte, arrivant d'Italie, vient bouleverser la vie bien réglée d'une cour royale, dans une colonie espagnole à Lima dans le Pérou du XVIIIe siècle. La vedette de la troupe est Camilla, qui joue sur scène le rôle de Colombine. Elle a pour soupirant Felipe, un bel Italien. Deux rivaux vont se présenter : Ramon, le célèbre torero, et le vice-roi de la colonie en personne. Entre ces trois hommes, qui lui promettent chacun le bonheur à leur manière, Camilla hésite... |
| 1954 | French Cancan
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Avec : Jean Gabin (Danglard), María Félix (Lola de Castro), Françoise Arnoul (Nini), Jean-Roger Caussimon (Baron Walter). 1h33. Montmartre 1900 : les petites ouvrières de la Butte, les lumières du "Moulin Rouge", mes viveurs aux terrasses, les refrains populaires et les joyeux tourlourous... Un génial organisateur de spectacles, Danglard, règne sur ce petit monde. En voyant gambader sur la Butte une petite blanchisseuse, Nini, il a une idée : il va relancer le cancan, vieille danse passée de mode qu'il rebaptise, à l'anglaise. "Franch Cancan".... |
| 1956 | Elena et les
hommes |
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Avec : Ingrid Bergman (Éléna),
Jean Marais (General Rollan), Mel Ferrer (Henri de Chevincourt).1h38.
Elena Sorokovska, veuve en exil d'un prince polonais, est une jolie femme un peu extravagante, qui vit à Paris vers la fin des années 1880. Elle est persuadée qu'elle est faite pour aider les hommes célèbres à accomplir leur destinée : son talisman est une marguerite. Pour l'heure, elle s'intéresse à François Rollan, un général très populaire, dont le gouvernement cherche à étouffer l'influence.... |
| 1959 | Le déjeuner
sur l'herbe |
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Avec : Paul Meurisse (Le professeur Etienne Alexis), Catherine Rouvel (Nénette), Fernand Sardou (Nino). 1h32. Au cours d'un pique-nique en Provence, un célèbre biologiste , sur le point d'épouser une femme du monde, de devenir président des États-Unis d'Europe et de supprimer la nécessité des relations amoureuses pour avoir des enfants, succombe aux charmes d'une jeune paysanne. |
| 1959 | Le
testament du docteur Cordelier |
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Avec : Jean-Louis Barrault (Dr Cordelier /Opale), Teddy Bilis (Maître Joly), Michel Vitold (Dr Lucien Séverin).1h35. Une banlieue résidentielle aux portes de Paris. Le docteur Cordelier, un éminent psychiatre, a laissé à son ami le notaire Maître Joly un étrange testament en faveur d'un certain M. Opale. Or, cet Opale est un personnage répugnant qui commet des agressions sadiques allant jusqu'au crime... |
| 1961 | Le caporal épinglé
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Avec : Jean-Pierre Cassel (Le caporal), Claude Brasseur (Pater), Claude Rich (Ballochet), Jean Carmet (Emile). 1h45. Un camp de prisonniers en juin 1940. Parmi eux, trois bons amis, le caporal, Pater et Ballochet. Ils ne songent qu'à s'évader. Un moment d'inattention des sentinelles et voilà le mur d'enceinte franchi. Mais la patrouille a tôt fait de les rattraper... |
| 1969 | Le
petit théâtre de Jean Renoir |
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Jean Renoir nous invite à pénétrer avec lui dans
son petit théâtre où quatre histoires vont prendre
corps... |
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(1894 - 1979)
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| 40 films | ||
| 2 | ||
| 7 | ||
| 11 | ||
| histoire du cinéma : Impressionnisme puis Image cristal | ||