(1445-1510)
Première Renaissance
La force 1470 Galerie des Offices, Florence
L'adoration des mages 1475 Galerie des Offices, Florence
Portrait de Julien de Medicis 1477 National Gallery of Art, Washington
Portrait de Julien de Medicis 1478 Accademia Carrara, Bergame
Portrait de Julien de Medicis 1478 Staatliche Museen, Berlin
Scènes de la vie de Moïse 1482 Sixtine, Rome
Le châtiment de Korah 1482 Sixtine, Rome
Les tentations du Christ 1482 Sixtine, Rome
Le printemps 1482 Galerie des Offices, Florence
Pallas et le centaure 1482 Galerie des Offices, Florence
Histoire de nastagio degli Onesti 1483 Prado, Madrid
La naissance de Vénus 1485 Galerie des Offices, Florence
Retable de saint Barnabé 1488 Galerie des Offices, Florence
L'annonciation 1489 Galerie des Offices, Florence
Vénus et Mars 1490 National Gallery, Londres
La calomnie 1495 Galerie des Offices, Florence
La nativité mystique 1501 National Gallery, Londres
Histoire de Lucrèce 1504 Isa. Stewart Gardner Mu., Boston
Histoire de Virginie 1504 Accademia Carrara, Bergame
Baptême, miracles et mort de Zenobe 1505 National Gallery, Londres

Sandro Botticelli naît en 1445, cadet de quatre frères dans une famille modeste de Florence où le père est tanneur. Son frère Antonio, orfèvre, lui prodigue son premier enseignement artistique. Botticelli entre, vers 1464-1467, dans l'atelier de Fra Filippo Lippi, moine et peintre de Florence, auteur de peintures religieuses. Il y travaille avec les peintres Antonio del Pollaiuolo et Andrea del Verrocchio quand son maître part pour Spolète. Cet apprentissage de l’orfèvrerie, de la gravure et de la ciselure influence la ligne de son dessin. Botticelli travaille beaucoup avec les artisans et notamment avec son frère, Antonio, avec qui il partage son atelier.

Il reçoit sa première commande publique en 1470 quand il ouvre son propre atelier. Il s'agit d'une allégorie pour le Tribunal de Commerce de Florence qui doit représenter la droiture, panneau qui doit s'insérer dans une commande passée à Piero Pollaiuolo qui devait livrer les six autres Vertus catholiques mais qui fut révoqué pour n'avoir pu les livrer à temps.

Il compose en 1472 le diptyque des Épisodes de la vie de Judith (1472), avec La découverte du cadavre d'Oloferne dans le style du Pollaiolo, et Le retour de Judith à Béthulie, avec la sensibilité de Fra Filippo.

Devenu l'ami des philosophes neoplatoniciens, en accueillant pleinement leurs idées, il réussit à rendre visible cette beauté qu'ils théorisent, en y rajoutant son interprétation personnelle du caractère mélancolique et contemplatif, qui le distingue des autres artistes de son temps comme Le martyre de Saint Sébastien de 1473, en une version totalement différente de celle du Pollaiolo.

Botticelli fréquente le cercle de la famille Médicis, ce qui lui offre protection et garantie de nombreuses commandes, comme L'adoration des mages (1475), peinte pour la chapelle funéraire de Gaspare Zanobi del Lama de Santa Maria Novella, une œuvre importante dans laquelle il dépeint un cortège dans lequel il représente les membres de la famille Médicis.

De cette même période datent le Portrait d'un jeune homme portant le sceau de Cosme l'Ancien , œuvre composée avec les mêmes principes qui révèle également l'influence flamande puis plus tard en 1478, les célèbre portraits de Julien de Médicis, l'un celui actuellemnt conservé à Washington peint probablement avant l'assassinat de Julien, les deux autres, à Berlin et Bergame étant des portraits commémoratifs.

À partir de 1481, Botticelli est appelé à Rome par le pape Sixte IV pour décorer la chapelle Sixtine aidé de trois autres grands peintres. Il réalise trois grandes fresques La vie de Moïse, La tentation du Christ et La punition des rebelles.

La rivalité qui existe entre le pape et les Médicis, ses mécènes, est en partie responsable du fait que son talent ne soit alors pas reconnu. Mais son œuvre s'oppose aussi à la peinture des grands systèmes figuratifs du type de celui que Piero della Francesca avait proposé et déroute par son immatérialité telles ses "Ophélies" aux pieds fins, enguirlandées de verdure ou ces corps prétextes à supporter des voiles susceptibles de former des arabesques. De la découverte du monde, de la profondeur de l'espace, qui sont la grande affaire de la Renaissance, Botticelli semble se détourner. Réduisant les paysages au lointain et au proche, au ciel et à la terre, négligeant les intermédiaires qui donnent épaisseur à l'environnement, il peint des silhouettes dénuées de poids. Ses décors symétriques, ses arbres stylisés appartiennent plus au théâtre qu'à la réalité et relèvent d'une naïveté archaïque et du maniérisme.

Botticelli revient à Florence, furieux de l'injustice qui a été faite à ses chefs-d'œuvre, et décide de ne plus jamais quitter sa ville natale. Aussitôt rentré, il peint pour la villa Medicea di Castello de Laurent de Pierfrancesco de Médicis, cousin de Laurent le Magnifique, Le printemps en 1482 et La naissance de Vénus en 1484-85, ses deux œuvres les plus connues.

Les Médicis sont renversés par la conquête française en 1494. Savonarole rencontre le roi de France, négocie les conditions de la paix, qu’il adoucit, et évite le sac de la ville. Il devient dirigeant de la cité et institue une "République chrétienne et religieuse". Les pamphlets violents contre les Médicis, auxquels il reproche d'être corrompus, contribuent à l’expulsion de Pierre de Médicis par les Florentins en 1495. En 1497, Savonarole et ses disciples élèvent le bûcher des Vanités et Sandro Botticelli est contraint d'apporter lui-même quelques tableaux au bûcher. Accusé d'hérésie par le pape Alexandre VI en 1498 Savanarole est torturé et meurt en mai 1498. Botticelli, qui n'a probablement pas adhéré aux idées de Savonarole, ne peindra néanmoins plus de nus féminins. Il consacrera ses dernières années à une Nativité mystique peinte probablement pour lui-même et à des oeuvres édifiantes : Les Histoire de Lucrèce et Histoire de Virginie et le Baptême, miracles et mort de Zenobe , premier évêque de Florence qui fait alors l'objet d'un culte.

Botticelli a pour élève Filippino Lippi, le fils de son maître, Fra Filippo Lippi. Il meurt en 1510 à l'âge de 65 ans.