Le pont des arts 1907 New York, Whitney Museum
Le pavillon de Flore 1909 New York, Whitney Museum
Sailing 1911 Pittsburgh, Museum of Art,
Soir bleu 1914 New York, Whitney Museum
Ombres nocturnes 1921 New York, Whitney Museum
Vent du soir 1921 New York, Whitney Museum
Jeune fille à la machine à coudre 1921 Madrid, Musée Thyssen
Maison près de la voie ferrée 1925 New York, MOMA
Automat 1927 Iowa, Des Moines art center
Lighthouse Hill 1927 Dallas, Museum of Art
Pharmacie 1927 Boston, Museum of Art
Théâtre 1927  
Fenêtres la nuit 1928 New York, MOMA
Chop Suey 1929 Collection privée
Coucher de soleil sur la voie ferrée 1929 New York, Whitney Museum
Autoportrait 1930 New York, Whitney Museum
Tôt un dimanche matin 1930 New York, Whitney Museum
Chambre d'hôtel 1931 Madrid, Musée Thyssen
Appartement à Brooklyn 1932  
Appartement à New York 1932  
Cap Code l'après-midi 1936 Pittsburgh,Carnegie Institute
Compartiment C, voiture 293 1938 IBM collection, Armonk
Soir au cap Cod 1939 Washington, Ntional Gallery of art
Cinéma à New York 1939 New York, MOMA
Essence 1940 New York, MOMA
La nuit au bureau 1940 Minneapolis, Collection Walker
Maison près de la route 1942 Arizona Art Museum
Nighthawks 1942 Chicago, The Art Insitute
Eté 1943 Wilmington, Delaware Art Museum
Hall d'hôtel 1943 Indianapolis Museum of Art
Matin dans une grande ville 1944 Boston, Museum of Art
Approche de la ville 1946  
Ville minière en Pennsylvanie 1947  
Conférence nocturne 1949 Kansas, Wichita Art Museum
Midi 1949 Ohio, The Dayton art institute
Matin au cap Cod 1950 Washington, Nat. mus. of Am. Art
Chambres au bord de la mer 1951 New Haven, Connecticut
Hotel près de la voie ferrée 1952 Hirshhorn Museum
Soleil du matin 1952 Ohio, Columbus Museum of art
City in the sunlight 1954  
Matin en Caroline du Sud 1955 New York, Whitney Museum
Route à quatre voies 1956 Collection privée
Motel à l'Ouest 1957 New Haven, Connecticut
Soleil dans une cafétaria 1958 New Haven, Connecticut
2eme étage dans la lumière du soleil 1960 New York, Whitney Museum
Gens au soleil 1960  
Une femme au soleil 1961 Washington, Nat. mus. of Am. Art
Bureau à New York 1962 Montgomery, Alabama
Deux comédiens 1965  
     

Les peintres réalistes américains, au premier rang desquels Edward Hopper et Andrew Wyeth, puis ceux du Pop'Art et de l'hyperréalisme vont redonner vie au courant réaliste. Le réalisme avait été un mouvement historiquement circonscrit à tous ceux qui, groupés autour de Gustave Courbet, ont, à partir de 1820, réagi par rapport au classicisme et au romantisme par un retour à l'étude de la nature et aux sujets quotidiens.

Edward Hopper fait trois voyages en Europe entre 1906 et 1910 mais ne subit pas l'influence du cubisme. Il est surtout marqué par les grands peintres européens, Diego Velazquez, Francisco de Goya, Honore Daumier, Edouard Manet dont les œuvres lui avaient été d'abord présenté par ses professeurs de New York. Ses premières peintures, telles que Le pavillon de flore (1909) sont marquées par le réalisme et comportent ses caractéristiques de base sur les formes simples et les aplats de couleurs qu'il devait maintenir dans toute sa carrière.

Si l'on devait lui chercher des inflences, peut-être pourrait-on rapprocher La jeune fille à la machine à coudre (1921) de La dentelière et Chambre d'Hotel (1931) de Piero della Francesca. De ce dernier, Hopper aurait pu retenir la poésie étrange et envoutante qui se dégage du contraste entre un dessin et une composition savante et géométrique et une douce et subtile lumière qui nimbe les corps. Sa conception subjective du point de vue et le cadre photographique rappellent Edgard Degas.

Son modèle de composition repose sur des formes géométriques grandes et simples à base d'éléments architecturaux mettant en valeur les verticales, horizontales et diagonales et des grands à-plats de couleurs. En simplifiant les formes des personnages mais surtout des ensembles architecturaux, il permet aux objets inanimés d'évoquer des sentiments humains. Pour Hopper, l'élément américain se trouve dans son sujet principal : la grande ville, ses rues et ses bars, ses théâtres et ses hôtels. Cependant, pour lui, la ville n'est pas synonyme de compagnie, en dépit de la foule. Ses peintures incarnent une sensibilité particulière de l'Américain du vingtième siècle aux prises avec l'isolement, la mélancolie, l'attente, le silence, la solitude et un érotisme latent.

Bien qu'une de ses peintures, Sailing, ait été présentée à la célèbre exposition de l'Armory show de 1913 à New York, son travail suscite peu d'intérêt. Il est obligé de travailler comme illustrateur commercial toute la décennie suivante.

En 1925, il peint La maison près de la voie ferrée, une date pour l'art américain car elle marque son arrivée dans son style de la maturité. L'emphase des formes, les angles émoussés et le jeu stricte de la lumière et de l'ombre étaient déjà présents dans ses premiers travaux, mais le ton, une atmosphère de solitude apaisée presque féerique, est nouveau et devient le vrai sujet de sa peinture.

Hopper continuera sur ce modèle pour le reste de sa vie, le raffinant et l'épurant sans en jamais abandonner les principes de base. La plupart de ses peintures dépeignent des scènes à New York ou de la Nouvelle Angleterre, des scènes de campagne et de ville, rues abandonnées, théâtres à moitié vides, stations services, voies de chemin de fer, pièces de maisons. Un de ses travaux les plus connus, Nighthawks (1942, institut d'art de Chicago), montre un café ouvert toute la nuit, ses quelques clients solitaires dans la lueur sans pitié des lumières électriques.

 

 

Quatre grandes séries

1- seul

C'est une fenêtre ou une porte qui, dans la plupart de ces tableaux figurent la séparation d'entre le monde réel, où le personnage est seul, et un monde extérieur, souvent hors champ et fantasmé, qui serait plus chaleureux et porteur d'espoir. Le rideau ou le store font souvent un lien discret et fragile entre ces deux mondes.

2- couples

3- vie américaine

 

4- Bâtiments solitaires

 

 

Hopper et le cinéma

Cinéphile, l’artiste s’est nourri des films de l’âge d’or hollywoodien des années 1930 et 1940. «Quand je n’arrivais pas à peindre, disait-il, j’allais au cinéma pendant une semaine ou plus». Hopper n’a cependant jamais revendiqué la moindre influence particulière du cinéma. Tout au plus dira-t-on que Ombres nocturnes (Night shadows, 1921) évoque un décor urbain à la Chandler, à la Hammet, proche, par exemple du Scarface de Howard Hawks (1932).

Ombres nocturnes (Night shadows, 1921)
Scarface de Howard Hawks (1932)

Room for tourists pourrait évoquer un cambriolage, Stairway une fuite, Tôt un dimanche matin (Early sunday morning, 1930), l'imminence d'un braquage.

Peut-être Hopper a-t-il utilisé les techniques de la mise en scène et du cadrage des films noirs expressionnistes des années 30 pour concevoir ses toiles. Le jeu des ombres et des contrastes, la construction d’une image fortement géométrisée en seraient les paramètres les plus évidents. Mais, au jeu des correspondances, c'est toujours le peintre qui est en avance sur le cinéma.

Pour Nighthawks (1942), Hopper affirmait s’être inspiré d’une nouvelle de Hemingway, Les Tueurs, dans laquelle deux tueurs à gages assassinent un ancien boxeur – un récit que Robert Siodmak portera à l’écran en 1946, s’inspirant à son tour de plusieurs tableaux du peintre dans plusieurs décors de ce film. Wim Wenders, dans La fin de la violence, recrée la scène de Nighthawks.

Edward Hopper : Nighthawks (1942)

Alfred Hitchcock reconstituera, selon ses désirs, La maison près de la voie ferrée (1925) en studio pour Psychose (1960).

Edward Hopper : maison près de la voie ferrée (1925)

Il est aussi possible que pour Marnie (1964), Hitchcock ai pensé à Nuit au bureau (1940).

George Stevens, Terrence Malick ou Sam Mendes ont également rendu hommage à Hopper dans leurs films.

Les tableaux de Hopper ne contiennent pas vraiment une narration. Les tableaux sont vidés de leurs personnages. Ils sont plutôt l'esquisse, la possibilité, l'invite de notre imaginaire à inventer une narration. Ce cadre raréfié, ces temps morts où l'action est hors champ les rendent plus proche de Michelangelo Antonioni que du film noir.

Edward Hopper décrit avec jubilation la pastorale américaine, une Amérique provinciale, conservatrice en proie à une angoisse existentielle mais où prédomine les couleurs pimpantes. On serait là assez proche de David Lynch dans son esthétique de l'immobilisme, de la tension immobile, avant le déchaînement des éclats de violence. Lynch disait d'ailleurs que, avec Pollock et Francis Bacon, Edward Hopper était son peintre préféré, qu'il pouvait passer des heures devant une toile afin d'en capter les mystères et les secrets. Ils partagent surtout le même fond d'images, celle de la "Small town america" que l'on voit au début de Blue Velvet, dans Twin Peaks ou Une histoire vraie.

Hopper et Lynch ont tous deux une dimension théâtrale. Ils ne peignent pas tant l'Amérique que ses lieux communs, ses dimensions carnavalesque et symbolique. Ils ont conscience du pouvoir des stéréotypes sur l'imaginaire du spectateur. Il s'agit d'un processus visant à sortir de l'aliénation pour rénover notre regard par ses clichés et non d'un réalisme mimétique. C'est une théâtralisation carnavalesque de l'ordinaire.

Diagonales et perspectives, opposition intérieur / désert, dedans / dehors et surtout la figure du voyeur (Blue velvet, Lost highway) avec ce que cela suppose de violation de l'intimité par le dehors sont des figures communes à Lynch et Hopper.

Source : Edward Hopper, David Lynch : mises en perspectives par Jean Foubert (univ. Paris VII et du Havre) in Colloque " Vous avez dit Hopper ? " organisé par : Jean-Loup Bourget (ENS) et Elizabeth Glassman (TFA, MAAG)

Biographie détaillée :

En 1899-1900, après la High-School, il fréquente la Correspondence School of Illustrating à New-York, une illustre académie de publicité.

De 1900 à 1906, il fait des études à la New York School of Art, d'abord d'illustration, puis de peinture; il est l'élève de Robert Henri et de Kenneth Hayes Miller.

En 1906, il se rend pour environ 9 mois en Europe, Hopper visite l'Angleterre, les Pays-Bas, l'Allemagne et la Belgique, mais séjourne la plupart du temps à Paris. (1907 : Le pont des arts)

En 1908, il s'installe définitivement à New York, il travaille d'abord comme dessinateur publicitaire et comme illustrateur; il ne peint qu'occasionnellement et seulement en été. Il réalise sa première exposition en collaboration avec d'autres élèves de Henri à l' Harmonie Club de New York. (1909:Le pavillon de Flore )

En 1912, il peint à Gloucester dans le Massachusetts et plus tard à Ogunpint dans le Maine, et en 1913, il peint une huile sur toile le Sailing qui est exposé à "l'Armory Show". De 1915 à 1926, premières gravures à l'eau-forte, il en réalisera une cinquantaine.

1914 : Soir bleu

En 1920, le Whitney Studio Club lui permet de réaliser là-bas sa première exposition particulière d'huile sur toile de Paris, qui ne tarde pas à être suivie par une deuxième dès 1922, exposition de caricatures. En 1923, il commence à peindre à l'aquarelle, il reçoit le "Logen Prize" de la Chicago Society of Etchers. L'année suivante, il expose toutes ses nouvelles aquarelles à la Franck K. Rehn Galery. Cette même année il se marie avec Joséphine Verstille Nivison.

1921 : Vent du soir
1925 : La maison près de la voie ferrée

De 1926 à 1933, exposition d'imprimés et d'aquarelles au saint Botolph Club de Boston, puis au Morgan Memorial à Harthord dans le Connecticut, et enfin lors de la "Painting by Nineteen Living America" au Museum of Modern Art de New York.

1927 : Le phare
1927 : Automat
1927 : Pharmacie
1927 : Théâtre
1928 : Fenêtres la nuit
1929 : coucher de soleil près de la voie ferrée
1925-1930 : autoportrait

Depuis 1930, il passe ses étés à Cape Cod, dans le South Truro, Massachusetts. En 1933, il s'y fait construire une maison d'été où il retournera régulièrement jusqu'à un âge très avancé. De cette année jusqu'au milieu des années cinquante, il réalise de longs voyages en voiture lui font traverser le Maine, le Canada, le Nevada, la Californie, l'Oregon, le Wyoming, la côte ouest des Etats-Unis.Il voyagera également plusieurs fois, 1943, 1946, 1951, 1952, au Mexique jusqu'à Saltillo, et Santa Fe. Presque toutes ses aquarelles réalisées après 1940 voient le jour pendant ses voyages.

1931 : Chambre d'hotel
1932 : Appartement à New York

En 1935, il reçoit la "Temple Gold Medal" de l'Academy de Fine Arts de Pennsylvanie, et le "Fisrt Purchase Prize in water Colour" du Woucester Art Museum, Massachusetts. En 1937, il reçoit le premier "W.A.Clark Prize"" et la "Corcoran Gold Madal" de la Corcoran Gallery or Art, Washington D.C. En 1942, il reçoit l'"Ada S. Gaerette Prize" de l'Art Instutitue de Chicago. En 1945, il est élu membre du National Intutite of Arts and Letters. Les succès et les honneurs ne modifient ni la façon de travailler de Hopper, ni son mode de vie. En compagnie de sa femme Josephine, également peintre, il vit modestement dans un appartement situé au Washington Square à New York.

1938 : Compartiment c, voiture 293
1940 : Essence
1940 : Nuit au bureau
1942 : Nighthawks (noctambules)

En 1950, le Whitney Museum of American Art de New York organise une autre rétrospective Matin au cap Cod (1950).. D'importantes expositions aux Etats-Unis succèdent à cet évènement la même années, comme l'exposition au Museum fine Arts de Boston et celle à l'Institute of Art de Détroit. En 1952, Hopper représente son pays à la biennale à Venise, Soleil du matin (1952). En 1953, il reçoit le titre de "Doctor of Fine Arts" de l'Institute of Chicago et celui de "Doctor of Letters" de la Rutgers University. En 1955, il est membre de l'Academy of Arts and Letters, cet organisme lui décerne la "Gold Medal of Painting", plus haute distinction du monde de la peinture aux Etats-Unis.

 

En 1956, il reçoit une bourse de la "Huntington Hardford Foundation" et peint Route à quatre voies. L'année suivante, il reçoit le "New York Board of Trade Salute to the Arts Awards" et le "Fourth Internationnnal Hallmark art Award". En 1958 c'est Soleil dans une cafetaria. En 1960, il reçoit l'"Art in america Annual Awards". En 1964, il reçoit le "M.V. Kohnstamm Prize for Painting" de l'Art Institute de Chicago.

De 1959 à 1965, il se déroule différentes expositions personnelles et rétrospectives de différents musés, telles que celle de l'œuvre graphique de Philadelphia Museum of Arts, et celle du Worcester Art Museum du massachusetts.Il peint Une femme au soleil (1961), Bureau à New York (1962). En 1965, il reçoit son "Doctorat Honoris causa" du Philadelphia College of Art. Il peint alors sa dernière toile Deux comédiens.

En 1967, il représente les Etats-Unis à la Biennale de Säo Paulo à côté des représentants de l' "American Scene" et du Pop Art. Après un séjour de plusieurs semaine à l'hôpital, il meurt le 15 mai dans son studio à new York. A peine un an plus tard, il est suivi par Joséphine Hopper.

 

Bibliographie :

Références : art inventories catalog

 

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(1882-1967)
 
   
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