A woman in the sun

Huile sur toile 101,6 X 152,4

New York, Whitney Museum

En 1924, Edward Hopper épouse Josephine Nivison. Cette artiste âgée de 41 ans n’est pas une inconnue dans les milieux de l’art new-yorkais. Elle peint depuis une quinzaine d’années et jouit d’une certaine notoriété. L’année de son mariage, alors qu’elle participe à une exposition de groupe au Brooklyn Museum, en compagnie notamment de Georgia O’Keeffe, elle parvient à convaincre l’un des conservateurs du musée d’acheter une toile de son mari. C’était le deuxième tableau que Hopper réussissait à vendre après dix ans de carrière. Le couple vivait dans un petit atelier dominant Washington Square. Selon l’un des biographes du peintre, le confort y était plus que rudimentaire, «sans réfrigérateur ni toilettes», et Hopper devait lui-même monter le charbon destiné au chauffage. Josephine semble avoir exercé une certaine influence sur son mari, au point qu’elle parlait de ses tableaux comme de «leurs enfants». Ayant renoncé à sa carrière de peintre, elle se consacra tout entière à celle d’un mari qu’elle suivait comme son ombre. Ayant pris des cours d’art dramatique, elle devint son principal modèle. Pour «Girlie Show» (Strip-Tease), elle se souvint ainsi avoir gardé la pose si longtemps qu’elle s’était brûlé la jambe sur le poêle de l’atelier. Dans «Une femme au soleil», Hopper représente son épouse nue, une cigarette à la main, dans une chambre éclairée par le soleil. Une fenêtre laisse voir les flancs d’une colline verdoyante, baignée par la lumière dorée d’un matin paisible.
Lorsque Edward Hopper disparaît le 15 mai 1967, Josephine déclarera qu’il «était très beau dans la mort, on aurait dit un Greco». Elle mourut dix mois plus tard, léguant par testament au Whitney Museum de New York 3 000 œuvres de son mari.

Une femme au soleil
1961