Agnès Varda

Née en 1928
23 films
   
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Née le 30 mai 1928 en Belgique, d'un père grec et d'une mère française, Agnès Varda fut élevée à Sète, puis à Paris, devient ensuite photographe officielle du TNP.

Sans avoir bénéficié d'aucune formation, Agnès Varda réalise un premier film de long-métrage, La pointe courte (1956), qui bouleverse les règles traditionnelles d'écriture cinématographique et les règles économiques, puisque réalisé pour sept millions d'anciens francs. Agnès Varda accepte ensuite de tourner un film de commande pour le Ministre du tourisme : O Saisons, O chateaux.

Après Du côté de la côte, sur la Côte d'Azur, Agnès Varda réalise en 16 mm, Opéra Mouffe le carnet de notes d'une jeune femme enceinte (elle-même), dans le contexte social du quartier Mouffetard.

Georges de Beauregard, qui venait de produire A Bout de souffle et Lola, lui propose de mettre en chantier un film dont le budget ne dépasserait pas 50 millions. Renonçant à son projet La mélangite, elle tourne Cléo de 5 à 7 (1961), portrait d'une femme, qui obtiendra le Prix Méliès. Invitée à Cuba pour un Festival de Cinéma, Agnès Varda rapporte de son voyage 4 000 photos. Elle en retient 1500 qu'elle monte pendant six mois, dès son retour à Paris. Ce sera Salut les Cubains. Suivront deux longs métrages : Le bonheur (1965) et Les créatures (1966), ce dernier film tourné sur l'île de Noirmoutier.

En 1967, Agnès Varda part aux États-Unis, à San Francisco, à l'occasion d'un hommage rendu au couple Varda/Demy. Elle rencontre un parent, peintre naïf et reste là-bas pour réaliser un film sur lui : Oncle Yanco. Aidée par des étudiants qui soutenaient le mouvement noir d'extrême gauche, elle réalise ensuite Black Panthers (1968). Un projet de long métrage, Peace and love, s'effondre. En remplacement, Agnès Varda réalise Lions love (1969). De retour à Paris, Agnès Varda tourne, pour la TV, un film sur le putsch des colonels en Grèce, d'après un sujet déposé deux ans plus tôt. Le film ne sera jamais diffusé. De nombreux projets n'aboutissent pas : Christmas Carol, Hélène au miroir, Viveca la sage, Mon corps est à moi. Après la naissance de son fils Matthieu, ne pouvant s'éloigner de chez elle, la réalisatrice filme les habitants et commerçants de sa rue (Daguerréotypes), puis obtient l'avance sur recettes pour L'une chante, l'autre pas (1977). Après plusieurs courts métrages passionnants, Agnès Varda tourne Sans toit ni loi (1985), qui lui vaut le Lion d'Or au Festival de Venise et pour lequel Sandrine Bonnaire remportera le César de la Meilleure Actrice en 1986.

Plus tard, avec Les Glaneurs et la glaneuse, tourné en DV, la cinéaste pointera, à sa manière, les excès de la société de consommation. Avec son talent de conteuse, son insatiable curiosité et son éternelle coupe au bol, Varda a su se faire, au fil des ans, une place à part dans le cinéma français, au point de se voir confier le redoutable honneur de tourner le film-hommage au 7e art centenaire (Les cent et une nuits). Sur un mode plus intime, elle consacre 3 films précis et précieux (dont Jacquot de Nantes en 1991) au défunt Jacques Demy. En 2001, la septuagénaire Agnès Varda, reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Elle s'essaie aussi à l'art contemporain à travers expositions et installations et réalise en 2008 un autoportrait, Les plages d'Agnès. Elle est présidente du Jury "Caméra d'Or" du Festival de Cannes 2013.

Filmographie :

1956 La pointe-courte

Avec : Silvia Monfort (Elle) et Philippe Noiret (Lui). 1h15.

À Sète, le quartier situé au bord de l'étang de Thau s'appelle la Pointe Courte. L'homme est, certes, né au village mais, maintenant, il est pour tous "un Parisien". Il adore son pays natal, ses marais, sa sauvagerie et il espère que son épouse, qui n'y est jamais venue, succombera aux charmes de l'endroit. Leur mariage n'a que quatre ans et, déjà, la femme pense à une séparation...

   
1958 L'opéra mouffe
 

0h17

En neuf tableaux portant chacun un titre, ponctués de neuf quatrains chantés, le film propose un portrait insolite de la rue Mouffetard (Paris, Vème arrondissement) et de son marché, vu par les yeux d’une femme enceinte. Chaque séquence rend compte d’un moment, d’un sentiment ou d’une impression ressentis.

Dans «Des amoureux», un couple joue le rituel de la séduction. Dans «Du sentiment de la nature», la caméra glisse le long d’une planche, avec des légumes en plans rapprochés. D’autres tableaux sont plus métaphoriques comme «La grossesse», avec une colombe prisonnière d’un bocal et une jeune fille courant au ralenti dans un jardin; ou «Les angoisses», avec des volets qui se ferment et une ampoule qui se brise pour laisser jaillir un poussin prématuré.

La caméra cherche en pleine rue, visages et images fortes : «Quelques-uns», «Les chers disparus» ou «De l’ivresse», nous montrent les passants, les clochards et des scènes de café. «Joyeuses fêtes» suit d’un œil amusé des enfants masqués qui courent. «Des envies» s’attarde sur des étalages de boucher tandis qu’une passante croque une fleur.

   
1958 O saisons, O châteaux
 

Avec : Danièle Delorme, Clotilde Joano, Jean Schubnel, Nina Peinado

Langeais, Loches, Chinon, Chambord… Le film, qui se présente comme une balade au pays des Châteaux de la Loire, suit chronologiquement leur ordre de construction. Il nous raconte l’évolution architecturale des châteaux à travers les âges, en fonction des besoins de la guerre et des désirs des châtelains, nous relate les grandes dates de notre Histoire dont ces édifices furent les témoins.

Chaque château est associé à une personnalité qui l’a marqué : Talcy et Ronsard, Amboise et Charles VIII, Blois et Villon, Chambord et François 1er…

Un commentaire en voix off apporte les éléments historiques, entrecoupé par des commentaires des jardiniers et par la lecture d’extraits de poèmes célèbres de Pierre de Ronsard, Charles d’Orléans, François Villon et Clément Marot.

   
1958 Du côté de la côte
 

0h24

Un voyage sur la Côte d’Azur, son ciel bleu, ses plages de sable fin, ses baigneurs bronzant au soleil… «Notre propos n’est pas de cinématographier les indigènes. Notre sujet c’est la Côte, les touristes, les curieux, les émigrants, les amateurs, les passagers, qui un jour découvrent cette côte et s’y assemblent pour épuiser leur temps de liberté». Par association d’idées, le film se met en quête de ceux qui, têtes couronnées (la Reine Victoria), écrivains (Colette) ou artistes (Picasso), ont donné à la Côte ses lettres de noblesse. Il évoque l’attrait du soleil, l’exotisme de l’architecture, les stars du Festival de Cannes, les arbres séculaires, les résidences (hôtels, camps de vacanciers, villas… ou cimetières).

«Et l’Eden où est-il ? Toute la côte en a la nostalgie. Toute la côte écrit son nom».

Pas ici, où l’on brûle Carnaval dans une agitation mêlée de musique bruyante. Là, en revanche, c’est le calme. Sur l’île des nudistes, deux chevaux solitaires jouent dans l’eau et deux corps nus sont endormis au soleil. Est-ce là l’Eden ? En fait, non. «Ce sont de fausses Ève, de faux Adam, de faux amours, de trompeuses Vénus, de fausses grottes et de fausses nymphes. Si ces rêveries sont collectives, ses jardins ne sont pas publics, le faux Eden n’est pas pour nous, non plus que l’Eden». Une vieille porte en ferraille rouillée se referme, tandis que, sur la plage, on ferme les parasols. «Le soleil de la fête il est démaquillé» dit la chanson. «C’est triste et bête, la fin de la fête, la fin de l’été».

   
1958 La cocotte d'azur
   
   
1961 Les fiancés du pont Mac Donald

 

ou (Méfiez-vous des lunettes noires)
   
1962 Cléo de 5 à 7

Avec : Corinne Marchand (Cléo), Antoine Bourseiller (Antoine), Dominique Davray (Angèle), Dorothée Blank (Dorothée). 1h30.

Cléo, chanteuse de petit renom, attend le résultat d'une analyse médicale. Elle craint le cancer. Après avoir consulté une cartomancienne, elle entre dans un café, achète un chapeau et prend un taxi pour rentrer chez elle...

   
1963 Salut les cubains

 

 
   
1965 Elsa la rose
   
   
1965 Le bonheur

Avec : Jean-Claude Drouot (François), Claire Drouot (Therese), Sandrine Drouot (Gisou), Marie-France Boyer (Emilie). 1h17.

François est menuisier à Fontenay-aux-Roses, il travaille dans une petite entreprise sous la direction de son frère aîné. Il a une femme, Thérèse, et deux enfants, Gisou et Pierrot. Ce couple heureux offre l'image du bonheur parfait. François fait la connaissance d'une jeune employée des Postes, Émilie. Il s'éprend d'elle et devient son amant...

   
1966 Les créatures

Avec : Catherine Deneuve (Mylène), Michel Piccoli (Edgar Piccoli), Eva Dahlbeck (Michele Quellec), Marie-France Mignal (Viviane Quellec), Britta Pettersson (Lucie de Montyon), Ursula Kubler (Vamp), Jeanne Allard (Henriette), Joëlle Gozzi (Suzon). 1h45.

Afin d'écrire tranquillement un roman, Edgar vit pour quelques mois comme un reclus dans un fort désaffecté de l'île de Noirmoutier, en compagnie de sa femme Mylène. Cette solitude est d'autant plus profonde qu'elle lui est imposée par un accident d'automobile qui rend sa compagne totalement muette. Mais ils s'aiment, et leur amour va donner la vie à un enfant. Autour d'eux, le bonheur ne règne guère plus. La patronne d'hôtel, déçue par le mariage, se console mal avec un médecin trop mûr, et se met très vite à convoiter son domestique. Sa soeur, parisienne en vacances, cherche l'aventure à bon marché avec un électricien. Mais le royaume de la solitude revient au vieux marin, plongé au milieu de ses livres et de son capharnaüm. Pourtant la réalité de ses rapports qu'il entretient avec l'hôtelière esseulée, l'épicière et ses deux fillettes, les démêlés qu'il nourrit avec les deux marchands itinérants rompus à l'exercice du cambriolage, donne naissance à des rêves dont l'intériorité est inviolable. Ainsi Edgar se met à broder jusqu'à la démesure sur son petit univers. Il invente des aventures rocambolesques ou sentimentales jusqu'à l'heure d'un double accouchement : celui de son livre, celui de l'enfant que sa femme attendait.

   
1967 Oncle Yanco

(Uncle Yanco). Avec : Jean Varda, Tom Luddy, Agnès Varda, Rosalie Varda. 0h18.

Un portrait-reportage en forme de collage du peintre Jean Varda, oncle de la cinéaste, qui vit à San Francisco.

   
1967 Loin du Vietnam

 

   
1968 Black Panthers

 

Avec : H. Rap Brown , Stokely Carmichael . Eldridge Cleaver, Ron Dellums, James Forman , Huey P. Newton , Bobby Seale. 0h28.

Documentaire tourné à Oakland (Californie) au cours des manifestations autour du procès de Huey Newton, leader des activistes noirs... Au temps où les Black Panthers avaient un programme et des projets, avec entraînement des troupes, meetings, danses et déclarations, au temps où les Black Panthers inquiétaient les USA.

   
1969 Lions love

Avec : Viva (Viva), James Rado (Jim), Gerome Ragni (Jerry), Shirley Clarke, Carlos Clarens, Eddie Constantine, Max Laemmle. 1h50.

Une scène de théâtre d’avant-garde sur laquelle un couple s’insulte et se déchire. Rentrés chez eux après avoir vu la pièce, Viva, Jim et Jerry commencent une discussion à bâtons rompus sur les stars, l’amour, le sexe. Les trois, dans leur piscine, font l’inventaire des valeurs en hausse, puis se livrent à un inventaire amoureux. Ils vont chercher à l’aéroport leur amie réalisatrice Shirley et lui offrent un tour de ville...

   
1970 Nausicaa
   
   
1975 Réponse de femmes : notre corps, notre sexe
   
   
1976 Plaisir d'amour en Iran
   
   
1976 Daguerréotypes

1h20.

«Tout a commencé à cause du Chardon bleu, une drôle de boutique à deux pas de chez moi, rue Daguerre» commente Agnès Varda. «Le temps, comme il s’écoule au Chardon bleu, m’a rendue sensible au temps du petit commerce. J’ai eu envie de traverser non pas les miroirs, mais les vitrines des boutiques de ma rue. À deux minutes de la Tour Montparnasse, c’est une rue bien normale en somme, avec des gens qui passent et qui parlent, des gens qui habitent derrière chaque porte, derrière chaque fenêtre. Chaque matin, le rideau se lève au théâtre du quotidien. Son répertoire nous est archi-connu. Les vedettes sont : le pain, le lait, la quincaille, la viande et le linge blanc». Et de montrer la ronde des clients chez le boulanger, l’épicier, le quincaillier, l’horloger, le boucher, dans le même échange ritualisé, échange de marchandises et d’argent, de sourires et de regards.

Mais d’où viennent-ils ? Tous de la campagne, principalement de l’Ouest, là où les lignes de chemins de fer mènent à la gare Montparnasse.

Soudain, un événement semble rompre la monotonie des jours. Un magicien, venu d’on ne sait où, lui, choisit le café du coin pour présenter son spectacle. La fête réunit, pour une fois, tous les commerçants de la rue. «Il va catalyser pour un soir les demi-frayeurs et les rires à blanc, il va balayer les idées logiques et les certitudes rassurantes, il va réveiller les médiums qui sommeillent, il va endormir un monde déjà immobile».

La vie continue cependant. Chaque commerçant évoque les conditions dans laquelle il a rencontré sa moitié, qui dans un café, qui dans un bal. Puis reprend le sempiternel manège des clients et des échanges, entrecoupé par les séances d’hypnose de Mystag.

Et un commerçant, ça rêve parfois ? Très peu en fait, ou alors il rêve de son boulot.

En attendant, Mystag a accompli son forfait : chacun se fige, semblable à un de ces daguerréotypes que signa Daguerre, le photographe qui donna son nom à leur rue.

   
1977 L'une chante, l'autre pas

Avec : Thérèse Liotard (Suzanne), Valérie Mairesse (Pomme), Robert Dadiès (Jérôme), Ali Raffi (Darius). 2h00.

Paris - 1962. Pomme est âgée de dix-sept ans. Elle est étudiante, chante dans une chorale et rêve de quitter sa famille. Elle rencontre un jeune photographe qui est marié à Suzanne. A vingt-deux ans, celle-ci est déjà enceinte de son troisième enfant. Pomme devient l'amie de Suzanne et l'aide à trouver l'argent nécessaire pour avorter...

   
1981 Murs, murs

1h20.

Les "murals" de Los Angeles. Les peintures qui ornent les murs des habitations de la ville californienne. Qui les peint... qui les regarde... qui les paie... Œuvres d'artistes et/ou de marginaux; expressions originales et populaires de cultures différentes.

   
1981 Documenteur

Avec : Sabine Mamou (Emilie Cooper), Mathieu Demy (Martin Cooper), Lisa Blok-Linson (Lisa), Tina Odom (Tina). 1h00.

Devant l'un des "murals" de Los Angeles une femme et un enfant jouent au ballon puis vont se promener sur la jetée. Émilie souffre en exil de tous les exils et de celui d'être séparée de Tom. Martin, son fils, a du mal à s'endormir. Tous deux cherchent à se poser, à se reposer...

   
1982 Ulysse
 

0h22

Au bord de la mer, sur une plage de galets, une chèvre morte, un enfant et un homme, nus. À partir d’une photo qu’elle a prise en 1954, Agnès Varda s’interroge sur le processus d’enfantement de ce cliché en explorant le réel et l’imaginaire. «C’était un dimanche sur la côte au bord de la Manche (…) Si la chèvre était née et morte à St-Aubin, l’enfant était né à Denia et l’homme à Alexandrie».

La cinéaste part à la recherche de ses modèles. L’homme travaille pour un grand magazine, l’enfant est devenu libraire. «Je ne me souviens de rien» dit le premier. «Non… réellement aucun souvenir» réplique en écho le second, comme pour mieux éloigner le spectre d’une enfance rongée par la maladie.

Face à l’impuissance de la mémoire, Agnès Varda recourt aux documents factuels, actualités filmées et journaux de ce 9 mai 1954. Mais l’histoire officielle – pas plus celle de l’anniversaire de la Victoire que celle de la chute de Diên Biên Phu – ne lui est pas d’un grand secours.

Et que dit l’imaginaire alors ? «L’autre jour, j’y voyais les clichés d’une enfance tiraillée entre l’image du père debout et l’image de la mère au gros ventre chaud, couchée». Plus tard, elle y verra l’énigme du Sphinx ou encore l’image d’Ulysse rêvant sur le rivage.

Mémoires, faits réels et approches imaginaires sont tous trois impuissants à révéler le mystère de cette photo. «Et voilà. J’ai situé cette image dans ma vie et dans son époque comme on nous disait de le faire à l’école», conclut Agnès Varda. «Mais les anecdotes, les interprétations, les histoires, rien n’apparaît dans cette image. L’image est là, c’est tout. Une image, on y voit ce qu’on veut. Une image c’est ça et le reste».

   
1983 Une minute pour une image
  13 des 170 films de la série dans laquelle des personnalités commentent des photographies.
   
1984 Les dites-cariatides
0h12. Femmes-statues, colonnes humaines, les Cariatides de Paris
   
1984 7p., cuis., s. de b., ... à saisir
  0h27. Maisons de familles, maisons vides ou pleines, le temps passe et laisse des traces bizarres. La vie de famille est pleine de contradictions et de mysteres.
   
1985 Sans toit ni loi

Avec : Sandrine Bonnaire (Mona Bergeron), Setti Ramdane (le marocaine qui la trouve), Francis Balchère (un gendarme). 1h40.

Quelle est donc l'histoire de cette jeune fille retrouvée morte de froid, dans un fossé, un matin d'hiver, dans le Midi ? Venue de la mer, "Mona vit sa liberté", témoignent ceux qui l'ont rencontrée. Motards, routards, routiers ou garagistes sur la piste d'une fille seule...

   
1986 T'as de beaux escaliers tu sais

 

0h03. Comment, en 150 secondes, rendre hommageà la Cinémathèque Française en l'année de ses 50 ans, sinon en filmant les 50 marches qui montent vers le Musée du cinéma et descendent vers la salle obscure où sont projetés des chefs d'oeuvres aux escaliers célèbres !
   
1987 Kung-Fu master

Avec : Jane Birkin (Mary-Jane), Mathieu Demy (Julien), Charlotte Gainsbourg (Lucy), Lou Doillon (Lou). 1h20

Marie-Jane est une femme de 40 ans. Le jour où sa fille Lucy donne une boum, elle se prend de pitié pour l'un de ses copains, Julien, qui est en train de vomir après avoir forcé sur l'alcool. Julien a à peine quatorze ans, il aime les motos, les impers amples et un peu " crados ", et surtout se passionne pour le jeu vidéo " Kung-Fu Master ", qui accapare une grande partie de son temps libre. Marie-Jane veut revoir Julien; elle vient le chercher à la sortie du lycée ou lui rend visite lorsqu'il est malade. Elle est tombée amoureuse de lui, même si la différence d'âge la trouble. Julien se prête au jeu, devient complice de Marie-Jane. Il vient lui offrir des jonquilles. Lucy n'étant pas là, Marie-Jane sait que ces. fleurs lui sont destinées. Il l'invite dans une chambre d'hôtel. Elle hésite, puis renonce; ils se brouillent Mais Marie-Jane ne peut plus se passer de lui. A la faveur des vacances scolaires de Pâques, elle l'emmène à Londres en compagnie de ses deux filles. Au matin de Pâques, dans le jardin de ses parents, Marie-Jane cache les traditionnels oeufs multicolores. Errant dans le jardin, Julien rencontre Marie-Jane; ils s'étreignent. Mais Lucy assiste à la scène; c'est la rupture. Sur les conseils de sa mère, Marie-Jane part avec Julien sur une île déserte.

Les vacances terminées, Marie-Jane et Julien cessent de se voir. Elle attend de ses nouvelles. Lui vient enfin de gagner au "Kung-Fu Master", mais elle ne le saura jamais. Lucy apporte à sa mère un bouquet d'asters jaunes: elle veut oublier et pardonner, Marie-Jane et Lucy se réconcilient.

   
1988 Jane B. par Agnès V.

1h35

Agnès Varda filme Jane Birkin. Modèle de tableaux vivants, peintures flamandes ou espagnoles, Vénus du Titien, Jane est prête à vider son sac sous le regard de la caméra d'Agnès Varda Et d'éparpiller aussitôt sur le sol le contenu de son sac à main. Tout déballer et ne rien dévoiler, ou si peu. Jane B. étale ses rêves secrets, ses souvenirs d'enfance, son présent, sa vie privée, sa mère, ses enfants, Kate, Charlotte et Lou, sa vie de comédienne, avec la complicité des fictions imaginées par Agnès V.

Jane Birkin en amoureuse-transie d'un malfrat joué par Philippe Léotard. Jane Birkin/Stan Laurel et Laura Betti/Oliver Hardy dans une parodie de film muet Curieux pique-nique au bois avec Jean-Pierre Léaud hors de lui. Travail d'enregistrement en studio avec Serge Gainsbourg. Jane "se donne en public" au Bataclan. Conversation secrète avec le romantique Souchon. Aventure africaine dans un Sahel de carton-pâte avec un explorateur de pacotille interprété par Farid Chopel. Jane devant un miroir aux multiples faces murmurant "My heart belongs to Daddy" en hommage à Marilyn. Danseuse espagnole, compagne de Iliomme-singe : "lui Tarzan, moi Jane", héroïne de western, Calamity Jane. Jane Birkin en un "portrait-collage en cinéma".

   
1991 Jacquot de Nantes

Avec : Philippe Maron (Jacquot 1), Edouard Joubeaud (Jacquot 2), Laurent Monnier (Jacquot 3), Brigitte De Villepoix (Marilou, la mere), Daniel Dublet (Raymond, le pere), Clément Delaroche (Yvon 1), Rody Averty (Yvon 2), Hélène Pors (Reine 1), Marie-Sidonie Benoist (Reine 2), Jérémie Bernard (Yannick 1). 1h58

Fils d'une coiffeuse et d'un garagiste nantais, le petit Jacques Demy vit, en même temps que son frère Yvon, une enfance heureuse partagée entre les spectacles de Guignol, le carnaval, la compagnie de la petite voisine, Reine, et...le cinéma ! En 1939 - il a huit ans - surviennent la guerre et la mobilisation générale. Contrairement à d'autres familles qui préfèrent s'enfuir, les Demy restent. L'école n'assurant plus les cours, Jacquot est envoyé à la campagne avec son frère chez un sabotier, à qui il confie son intention d'être plus tard décorateur de théâtre et de cinéma. Représailles allemandes et bombardement américain (en 1943) suscitent chez l'adolescent une horreur viscérale de la violence. De retour à Nantes à la Libération, il s'exerce à la pratique du cinéma en projetant dans la cuisine des petits films de Charlot qu'il efface ensuite à l'eau chaude pour graver sur le support un dessin animé "d'actualités ", une attaque aérienne du Pont de Mauve. Au passage Pommeraye, il achète, en échange d'un jouet, une caméra 9,5 mm avec laquelle il réalise " L'aventure de Solange ", d'après un scénario trouvé dans un manuel pour amateurs. Mais il oublie de régler le diaphragme, et le film revient du laboratoire complètement transparent. Déçu, il comprend qu'il lui faut apprendre la technique et il veut s'inscrire dans une école de cinéma. Son père s'y oppose : il passera un CAP de mécanicien. Tout en se soumettant sans enthousiasme, Jacquot tourne dans la réserve à pneus des dessins animés en papier découpé, puis s'attèle, toujours en solitaire, à un projet plus ambitieux d'animation en volume, " Attaque nocturne". C'est ce film qu'il parvient à montrer à Christian-Jaque, venu présenter D'HOMME À HOMMES, dont les appréciations et les encouragements ont raison des oppositions paternelles. M. Demy autorise enfin son fils à aller faire du cinéma à Paris.

   
1993 Les demoiselles ont eu 25 ans

1h03.

Images du tournage des "Demoiselles de Rochefort" melant celles d'une fete organisee par la ville de Rochefort pour celebrer les 25 ans des Demoiselles.

   
1995 Les cent et une nuits de Simon Cinéma

Avec : Michel Piccoli (Simon Cinéma), Marcello Mastroianni (L'ami italien), Henri Garcin (Firmin, le majordome), Julie Gayet (Camille Miralis), Mathieu Demy (Camille, dit Mica), Emmanuel Salinger (Vincent, revenant des Indes), Anouk Aimée (Anouk, en flash-back), Fanny Ardant (La star qui tourne la nuit). 1h41.

Monsieur Cinéma est presque centenaire. Ex-acteur, producteur et réalisateur, il croit être le cinéma à lui tout seul et vit avec son majordome Firmin dans un château-musée où il reçoit la visite de ses ami(e)s stars. Comme il perd la tête et embrouille tous ses souvenirs, il engage Camille, étudiante en cinéma. Durant cent et une nuits, celle-ci devra faire faire de l’aérobic à sa mémoire qui flanche. Mais Camille est amoureuse de Mica, un cinéaste en devenir, cherchant de l’argent pour tourner un bout d’essai qui lui ouvrira les portes des producteurs. Aidés d’une bande de copains, ils forment tous deux un complot destiné à empocher l’héritage du vieux. Vincent, un des leurs, se fait passer pour le petit-fils disparu du centenaire, de retour des Indes. Simon Cinéma se lie d’amitié avec cet héritier retrouvé, mais le complot échoue. Succombant aux charmes d’une fausse Liz Taylor, le centenaire – libidineux et pathétique – lègue toute la fortune au profit de la lutte contre le sida et s’envole pour Hollywood, en compagnie de Camille et Vincent. Légende vivante, il préfère l’oubli à la commémoration et laisse à d’autres le soin de fêter les centenaires qu’ils veulent. À leur retour, Camille se sépare de Mica.

   
1995 L'univers de Jacques Demy,

A la rencontre de Jacques Demy, pour donner envie de voir ou revoir ses films. Après avoir fait un film de fiction sur l'enfance de Jacques (Jacquot de Nantes), Agnès Varda tente de faire un documentaire relativement objectif sur Jacques Demy, adulte et cinéaste. "J'ai recueilli des témoignages et suscité des réactions. J'ai moi-même apporté des souvenirs et des documents sur lui mais j'ai souvent passé le relais à ses amis, à ses proches, aux acteurs et actrices qui ont travaillé avec lui, à des fans et à trois demoiselles qui ne l'ont pas connu mais qui circulent naturellement dans son univers".
   
2000 Les glaneurs et la glaneuse

1h22

Dans un vieux dictionnaire Larousse, Agnès Varda va chercher la définition des mots glaner (« c’est ramasser après la moisson ») et glaneur (« celui ou celle qui glane »). Aussitôt elle l’associe à la toile « Les Glaneuses », par François Millet, exposée au Musée d’Orsay. Puis elle part sur la route, en quête des différentes façons de décliner ce mot.
Pour Josiane, une paysanne méridionale, « glaner, c’est l’esprit d’antan », pour d’autres il s’agit de « se baisser, mais pas s’abaisser ». À Arras, la cinéaste découvre « La Glaneuse », de Jules Breton, et se portraiture en glaneuse d’images. Dans un champ de la Beauce, tandis que la cueillette des pommes de terre bat son plein, M. Legendre, un producteur, explique que les légumes hors norme sont rejetés sans pitié. Mais ils sont récoltés en masse par les citadins. Édouard Loubet, chef-cuisinier dans le Lubéron, raconte son goût du glanage, hérité d’une tradition familiale. Quant à la Bourgogne, la tradition séculaire du grappillage (glanage de ce qui pend, la vigne) y est désormais bannie, les propriétaires invoquant « la protection de leur capital ». Mais quelle est la position du droit français sur le sujet ? Dans un champ de cardons, Maître Dessaud explique que, selon un édit du xvie siècle, chacun a le droit de glaner pourvu que ce soit entre le lever et le coucher du soleil, une fois la récolte passée.
De retour d’un voyage à Tokyo, Agnès Varda regarde les images qu’elle a rapportées et s’amuse à se filmer, puis elle part à la rencontre de trois plasticiens d’art brut créant à partir de matériaux de récupération : Hervé, peintre et biffin ; Bodan Litnansky, auteur d’un Palais idéal, et Louis Pons. Sur l’île de Noirmoutier, l’ostréiculteur Alain Gendron et quelques glaneurs donnent tour à tour leur version du droit de glanage des huîtres. Jérôme Noël Bouton présente le musée qu’il a consacré à Étienne-Jules Marey, son arrière-grand-père, l’inventeur du fusil photographique. François L. explique qu’il se nourrit « 100 % poubelle depuis 10 ans », non par nécessité mais par éthique, tandis qu’Alain F. partage son temps entre le glanage sur les marchés parisiens et des cours d’alphabétisation qu’il dispense bénévolement.

   
2002 Les glaneurs et la glaneuse... deux ans après,

1h04.

Deux ans après, c'est ce qui est arrivé après la sortie du film Les Glaneurs et la glaneuse : ce que sont devenus ceux rencontrés et filmés en 2000 ; les effets du film ; les courriers reçus par Agnès Varda et comment elle a réagi ; les nouvelles rencontres dont les glaneurs originaux

   
2003 Le lion volatil
 

Avec : Julie Depardieu, Valérie Donzelli. 0h12.

Autour de la Place Denfert-Rochereau, et de sa statue représentant un lion, les aventures de plusieurs personnages.

   
2004 Cinévardaphoto
 

Avec : Ydessa Hendeles (elle-même) 1ère parie : Ydessa, les ours et etc. 2ème partie : Ulysse 3ème partie : Salut les Cubains. 1h36

Promenade dans des expositions de photographies représentant des ours, réunies par la collectionneuse Ydessa Hendeles

   
2004 Quelques veuves de Noirmoutier

Réalisé en continuité de l'exposition L'île et elle qui a eu lieu du 18 juin au 8 octobre 2006 à la Fondation Cartier à Paris, et qui regroupait des installations ayant pour motif l'île de Noirmoutier.
Des vieilles femmes au visage creusé par le sel (nous sommes dans un pays de marais salants) racontent des bribes de leur vie d'autrefois, passée le plus souvent en l'absence de leur mari parti à la pêche. D'autres femmes, plus jeunes, qui parfois exercent une profession indépendante, parlent du choc de la mort soudaine et de leur rêve familial brisé. Si toutes ne portent pas le deuil de la même manière, chacune n'en partage pas moins des sentiments communs qui sont suggérés ici avec beaucoup de pudeur : la solitude qui vous assaille le soir, le manque d'une présence charnelle, la place où dormir dans le grand lit... Les questions d'Agnès Varda, directes et subtiles, appellent des réponses franches, et son approche respectueuse de l'existence permet à la parole des unes et des autres de se déployer comme dans une douce conversation entre voisines. Visages et mains filmés en gros plans, amples paysages et objets familiers (les meubles de la maison, les photos du bonheur) composent autant de tableaux auxquels donnent sens des récits toujours émouvants, profonds et justes. Avec l'art de l'écoute et de la retenue qui la caractérise, Agnès Varda arrive une fois de plus à saisir la part sensible de la vie intime.

   
2008 Les plages d'Agnès

Avec : Agnès Varda, Mathieu Demy, Rosalie Varda. 1h50.

En revenant sur les plages qui ont marqué sa vie, Agnès Varda s'autorise un documentaire autobiographique. Agnès se met en scène au milieu d’extraits de ses films, d’images et de reportages. Elle nous fait partager avec humour et émotion ses débuts de photographe de théâtre puis de cinéaste novatrice dans les années cinquante, sa vie avec Jacques Demy, son engagement féministe, ses voyages à Cuba, en Chine et aux USA, son parcours de productrice indépendante, sa vie de famille et son amour des plages.

   
2017 Visages villages

Avec : Agnès Varda, JR. 1h29.

Agnès Varda et JR ont des points communs : passion et questionnement sur les images en général et plus précisément sur les lieux et les dispositifs pour les montrer, les partager, les exposer. Agnès a choisi le cinéma. JR a choisi de créer des galeries de photographies en plein air. Quand Agnès et JR se sont rencontrés en 2015, ils ont aussitôt eu envie de travailler ensemble, tourner un film en France, loin des villes, en voyage avec le camion photographique (et magique) de JR. Hasard des rencontres ou projets préparés, ils sont allés vers les autres, les ont écoutés, photographiés et parfois affichés. Le film raconte aussi l’histoire de leur amitié qui a grandi au cours du tournage, entre surprises et taquineries, en se riant des différences.