Michele Apicella, professeur de mathématiques, passe son temps à épier ses voisins de sa terrasse, jusqu'au jour où sa jeune voisine disparaît. Amoureux de Bianca, Michele lui pose sans arrêt des questions sur son passé. Lorsque deux de ses amis sont assassinés, le commissaire chargé de l'enquête le soupconne d'être l'auteur des meurtres...

Avec Bianca, Moretti, influencé par La femme d'à côté de Truffaut qui sort en Italie en 1981-82, change de style. Il fait dorénavant davantage attention à la position de la caméra et évite de la déplacer au hasard. La caméra fixe devient un élément essentiel de son style. Elle rappelle au spectateur que ce n'est pas la réalité qui est montrée mais un point de vue, une reconstruction de la réalité, un artifice. Moretti a certes déjà utilisé la caméra fixe depuis Je suis un autarcique mais il en a sans cesse amélioré son usage. Ce procédé vise à privilégier le montage interne. Les acteurs vont et viennent ce qui évite les découpes premier plan et arrière plan, champ-contrechamp etc.

La mise en scène se fait plus fluide parallèlement au scénario, plus élaboré. Moretti développe ainsi d'autres personnages autour de lui : le commissaire, Bianca. Pour la première fois, il fait appel à un scénariste. Sandro Petraglia, intervient une fois le sujet trouvé mais développe la trame et les rimes. Le film est à la fois, une comédie sur l'école, une histoire d'amour et un film policier. Le personnage de Bianca est en quête de perfection, d'absolu. Il se réjouit du bonheur et se nourrit du bonheur des autres. Il ne supporte pas voir ce bonheur se briser et il est alors conduit à tuer les protagonistes de cette rupture. Il devient un assassin et un fou.

Moretti aime à tourner longtemps dans un décor pour le transformer en studio. Dans Bianca, c'est son école primaire, qui s'appelait Leopardi, qui devient Marilyn Monroe pour le film.

Avec ce film, Moretti commence à regretter l'équivoque entre son personnage et lui. "Les spectateurs font l'amalgame entre ce que dit le personnage et ce que pense le réalisateur", dit-il. "Le réalisateur de Sogni d'oro, le professeur de Bianca, sont des personnages d'un film de fiction. En trente ans, le spectateur n'a pas beaucoup évolué. Il croit toujours que ce que dit le personnage est ce que pense le réalisateur. C'est encore plus flagrant quand le personnage est le réalisateur". Dans Bianca, il est tellement sympathique au spectateur que, malgré les aveux complets, on lui disait : "Ce n'est pas toi le coupable. Tu dis ça pour protéger Siro Sirei".

 

Source : Entretien filmé avec Nanni Moretti au festival de Cannes 2008 sur le DVD Why not productions ci-dessous.

Test du DVD

Editeurs : Why not productions - Cahiers du Cinéma. Septembre 2008. Disque 1 : Bianca (1h36). Disque 2 : La messe est finie (1h34).

Alalyse du DVD

Supplément :

  • Entretien filmé avec Nanni Moretti au festival de Cannes 2008. Disque 1 : première partie. Disque 2 : Deuxième Partie
   
Test du DVD Editeur : Bac-Films. Juin 2009. Juin 2009. Coffret 5DVD. Caos Calmo, Le Caïman ; Palombella rossa , La messe est finie et Bianca. 50 €.

Supplément sur DVD5 : présentation du film par Noël Simsolo

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Bianca
1983

Avec : Nanni Moretti (Michele Apicella), Laura Morante (Bianca), Roberto Vezzosi (le commissaire), Remo Remotti (Siro Siri), Claudio Bigagli (Ignazio), Enrica Maria Modugno (Aurora), Vincenzo Salemme (Massimiliano). 1h36.

Genre : Comédie sociale
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