Autoportrait de 1506
(1483-1520)
 
   
   
   
Renaissance
Saint Sébatien 1502 Bergame, Accademia Carrara
Le mariage de la Vierge 1504 Milan, Pinacothèque de Brera
Dame à la licorne 1505 Rome, galerie Borghese.
Autoportrait 1506 Florence, Galerie des Offices
La muette 1507 Urbino, Galerie nat. des Marches
Plafond de la chambre de la signature 1508 Rome, Vatican, signature
La dispute du saint sacrement 1509 Rome, Vatican, signature
L'école d'Athènes 1510 Rome, Vatican, signature
Le Parnasse 1511 Rome, Vatican, signature
Les vertus cardinales 1511 Rome, Vatican, signature
Le triomphe de Galatée 1511 Rome, Villa Farnèse
Plafond de la chambre d'Héliodore 1511 Rome, Vatican, Héliodore
Héliodore chassé du temple 1512 Rome, Vatican, Héliodore
Le pape Jules II 1512 Londres, Florence
La messe de Bolsena 1512 Rome, Vatican, Héliodore
La madone Sixtine 1514 Dresde
La délivrance de saint Pierre 1514 Rome, Vatican, Héliodore
La rencontre de saint Léon et d'Attila 1514 Rome, Vatican, Héliodore
L'incendie du Bourg 1514 Rome, Vatican, Incendie
La madone à la chaise 1514 Florence, Palais Pitti
Portrait de Baldassare Castiglione 1515 Paris, Musée du Louvre
L'extase de sainte Cécile 1515 Bologne, Pinacothèque
Le pape Léon X 1519 Florence, Galerie des Offices
La transfiguration 1519 Rome, Vatican,
Portrait de la Fornarina 1519 Rome, Galerie nat. d'art antique

1483 : Raphaël nait le 6 avril à Urbino, en Ombrie. Son père, Giovanni Santi, est peintre ("honnête mais sans génie" selon Vasari) et poète officiel de la cour de Frederico Montefeltre, un des princes les plus célèbres et protecteur des arts de la Renaissance en Italie. Urbino est un foyer artistique réputé à l’aube du XVIe siècle que dominent encore les exemples de Piero della Francesca et Francesco di Giorgio Martini qui furent sans doute d'une importance fondamentale pour la formation de l'artiste.

1494 : A onze ans, il perd son père après avoir perdu sa mère trois ans plus tôt. L'enseignement reçu par le jeune garçon demeure fort imprécis. Nombreux sont les historiens à estimer qu'il a été l'élève du Pérugin, à Pérouse, sans doute vers 1499-1500. Sa vie demeure enveloppée de mystère. L’artiste, est réputé pour son caractère affable et courtois, sa capacité de séduction et l’excellence de ses créations artistiques. Tout ce que nous savons de la jeunesse et de la formation de Raphaël, nous le tenons de Giorgio Vasari.

1500 : A dix-sept ans,il est déjà "magister". Cela lui confère le droit d'avoir un atelier, des aides et des élèves. Il peint le retable Le Couronnement bienheureux Nicolas de Tolentino pour l'église Sant'Agostino de Città di Castello (un tableau d'autel). Il exécute cette oeuvre avec l'aide d'Evangelista di Pian di Meleto, ancien assistant de Giovanni Santi.

1501-1503 : Il reçoit commande de l'abbesse des clarisses de Monteluce, Le Couronnement de la Vierge.

1504 : Il s'installe dans la cité toscane, Florence. Il est muni d'une lettre de recommandation auprès du gonfalonier de la République, de la part de Giovanna Feltria della Rovere, fille de Federico da Montefeltro. La république florentine vient de rappeler Michel-Ange et Léonard de Vinci. Raphaël va bénéficier de l’influence de ceux-ci. De Vinci le reçoit dans son atelier. Il y découvre les chefs d'œuvre de la Renaissance florentine. Il réalise une série de Vierges et de Madones : La Vierge dans la prairie (1506), La Vierge au chardonneret (1507) La Belle Jardinière (1507) et aussi La Dame à la Licorne.

Le banquier siennois Agostino Chigi passe commande à Raphaël, du Triomphe de Galatée (1511) pour la villa Chigi, dite la Farnésine, résidence romaine du banquier et la réalisation de deux chapelles. La première est à Santa Maria della Pace et l'autre, la chapelle funéraire des Chigi, à Santa Maria del Popolo. Raphaël décore la loggia de Psyché, à la Farnésine, toujours pour le banquier. Il travaille aussi pour Urbino et Pérouse.

1508 : le Pape Jules II (1503-1513) le fait appeler à Rome sur recommandation de la cour d'Urbino et de Bramante. Il le nomme "secrétaire des brefs apostoliques", sorte d'investiture en tant que peintre officiel de la cour pontificale. La Rome de Jules II aspirant à une Renovatio universelle sous le signe de l'Eglise, à une réalisation rapide de la Plenitudo temporum, offrit à Raphaël cette richesse de contenus historiques humains que la cité toscane n'était plus en mesure de lui donner. La Ville Eternelle avait désormais recueilli l'héritage de Florence comme centre de la culture et de l'art de la Renaissance.

Avec une sensibilité historique extraordinaire, Raphaël sut immédiatement se placer au centre du milieu culturel romain et donner vie aux idéals encore confus, aux aspirations encore imprécises des lettrés de la cour papale et du pape lui-même. Au "miroir doctrinal", au ton de sereine méditation intellectuelle des fresques de La chambre de la Signature (1508-1511), succède dans La chambre d'Héliodore (1511-1514), un thème plus précisement politique et le langage de Raphaël devint plus véhément et dramatique, plus historique, riche de mouvements contrastés, d'effets lumineux rapides et puissants.

Mais les impulsions et les aspirations politico-religieuses du temps de Jules II s'évanouirent rapidement sous le pontificat de Leon X (1513-1521), plus enclin à s'entourer d'une cour fastueuse et docte qu'à agir et soucieux de favoriser une culture de ton nettement érudit et clacissisant, apte à fonder le prestige de la nouvelle Rome papale sur la splendeur remémorée de l'Urbs impériale. Une fois encore, Raphaël sut se mettre à la tête des tendances nouvelles et, abandonnant en grande partie à son atelier l'exécution de La chambre de l'Incendie (1514-1517) de style ouvertement solennel, il se consacra au renouvellement du tableau d'autel avec La Madone Sixtine, L'extase de sainte Cécile et La Transfiguration (1517).

A partir de 1514, il devient architecte en chef de la basilique Saint-Pierre en prenant la succession de son ami Bramante. Il contribue, par ses innovations, aux plans de la villa Madama. En 1515, on le charge de la conservation des monuments antiques de Rome. Ce travail fera l'objet d'un mémoire rédigé par son ami le diplomate Baldassare Castiglione. Cette activité renforcée ne suffit pas à expliquer la prépondérance des travaux d'atelier à partir de cette date : fresques, tableaux, commandes officielles et commandes particulières se succèdent : ainsi des portraits d'amis : Baldassare Castiglione, les Doubles Portraits, la Velata. Raphaël a surtout la conviction de la supériorité absolue de l'invention, de l'idée : conviction d'origine néo-platonicienne qui contribue fortement à changer la nature des rapports de l'artiste avec ses collaborateurs.

1519 : Il exécute le fameux portrait de Margherita Luti, ou La Fornarina sa maîtresse. Il envisage de transporter un obélisque sur la place Saint-Pierre.

1520 : Il meurt le jour de son anniversaire le 6 avril , un vendredi saint, à l'âge de 37 ans d'"un excès d'amour" diront certains, des suites de la malaria pensent les autres. Sa dépouille est exposée au Vatican, sous La Transfiguration, avant d'être transportée au Panthéon. La décoration de La chambre de Constantin (1520-1524), est achevée après la mort du maître par les élèves de l'atelier, dont Jules Romain.

 

Source : Pierluigi de Vecchi, Tout l'oeuvre peint de Raphaël, Edition Rizzoli 1966, puis Flammarion, 1969, 1982.