Cabiria (Giovanni Pastrone, 1914)
Cléopâtre (Joseph L. Mankiewicz, 1963)

Le genre naît en Italie dans les années 10. Le nom "péplum" ne date toutefois que de 1963. C'est la bande de cinéphiles français du Mac-Mahon, emmenée par Bertrand Tavernier, qui apprécie ce genre de film d'aventures en costume et qui baptise le genre du nom de péplum. Il s'agit sans doute d'une version latinisée du terme grec Peplos, désignant un vêtement féminin, mais peut-être aussi une tunique. Ce serait alors une référence au film de Henry Koster, La Tunique (1953), première démonstration du procédé Cinémascope. Une fois lancé en France en 1963, le terme sera repris internationalement. Il désignera des films d'aventures dont le contexte est l'antiquité : aussi bien la Rome antique que la Grèce plus ou moins légendaire ou l'Égypte. C'est aux alentours de 470, date présumée de la naissance d'Arthur, que l'on situera la rupture entre Le péplum et les films de chevaliers. Le péplum intègre ainsi la division en 395 de l'empire romain avec la naissance des Empires d'Orient et d'Occident ainsi que les conquêtes des Huns conduits par Attila (406-453).

On notera aussi par ailleurs que le premier péplum, de 50 secondes, est dû à un Georges Hatot, qui, en 1896, met en scène Néron essayant des poisons sur un esclave avec Alexandre Promio pour le compte des Frères Lumière.

Lorsque l'on sort du film d'aventures pour aborder des rivages plus sérieux, tels que le texte de la bible ou le texte shakespearien, on ne peut plus vraiment parler de péplum. Le Cléopâtre de Mankiewicz est sans doute un péplum mais probablement pas son Jules César. On est bien davantage là dans le film politique, marqué par des enjeux de pouvoir.

On classera pareillement dans les films politiques, Golgotha de Duvivier, L'évangile selon saint Mathieu de Pasolini qui montrent comment Jésus tente d'instituer le règne de Dieu sur terre. La dernière tentation du Christ de Scorsese relève du drame épique et Je vous salue Marie du drame sentimental. Tous ces films, appartenant à des genres différents, étant nénmoins regroupés par le thème du film biblique.

Années 10 : naissance d'un genre

Dans les années 1910, les pépla (un péplum, des pépla) muets italiens recréent une antiquité mythique et mythologique. Deux réalisateurs se distinguent : Enrico Guazzoni, auteur du Quo Vadis de 1913 et Giovanni Pastrone, auteur de Cabiria. Dans ce film on découvre le personnage de Maciste, interprété par Bartolomeo Pagano. Ce personnage fera l'objet de nombreux films... dont la plupart sont situés à une époque contemporaine : Maciste, chasseur alpin (1916) ou encore Maciste contre le Scheik (1926).

Ce premier âge d'or du péplum italien prend fin au milieu des années 1920 avec l'arrivée de Mussolini au pouvoir. La construction de Cinecittà, la propagande fasciste construite en partie sur la grandeur de la Rome antique et la volonté de légitimer les guerres coloniales italiennes auraient pu être favorables aux péplums. La seule réussite du genre est le spectaculaire Scipion l'Africain (Carmine Gallone, 1937) à la gloire de la reconquête africaine.

Les Etats-Unis, jamais en reste quant à l'utilisation des reconstitutions fastueuses, ont rapidement pris le relais dès 1916 avec l'épisode byzantin de Intolérance.

Années 50-60 : l'âge d'or

À cette époque les américains viennent profiter des studios de Cinecittà et de la qualité des techniciens italiens comme Mario Bava pour venir tourner en Italie de grandes fresques antiques telles que Quo Vadis (Mervyn LeRoy, 1951)qui sauve la MGM de la faillite, Ben Hur (William Wyler, 1959) ou Cléopâtre (Joseph Mankiewicz, 1963). La mode est désormais aux péplums et le cinéma italien va en profiter.

Ricardo Freda fait renaître le péplum italien en 1952 avec Spartacus. L'année suivante, Kirk Douglas est l'Ulysse dans L'Odyssée de Mario Camerini. En 1955, Carlo Ludovico Bragagilia réalise Sémiramis esclave et reine. La fin des années 1950 est marquée par le succès des Douze travaux d'Hercule (1957) de Pietro Francisci et La bataille de Marathon (1959) de Jacques Tourneur et Mario Bava.

Quatre romans sont à la base des principales adaptations. Les derniers jours de Pompéi (Edward Bulwer-Lytton, 1834) est adapté en 1913, 1935, 1950 et 1959. Fabiola (cardinal Wiseman, 1854) Ben-Hur (Lewis Wallace, 1880) et Quo vadis (Henryk Sienkiewicz, 1895). Maciste est ressuscité et avec lui tous les gros bras de la mythologie antique : de nombreux culturistes américains incarnent, torses nus, des héros légendaires comme Hercule . Le genre connaît une production très importante de 1960 à 1964. Les films parfois avec un budget très limité sont construits autour d'intrigues très simples dominées par la figure du héros, incarnation du bien et doté d'une force physique surhumaine. Ricardo Freda et Vittorio Cottafavi y excellent. Hercule à la conquête de l'Atlantide en 1961 de Vittorio Cottafavi, Romulus et Rémus en 1962 de Sergio Corbucci, Maciste en enfer en 1962 de Ricardo Freda, sont bien représentatifs du genre.

Le péplum contemporain

Les échecs commerciaux de Cléopâtre (1963) et de La chute de l'empire romain (1964) signent la fin d'un genre qui n'a pas su saisir l'investissement politique et ironique contemporain comme le western l'avait fait avec Pour une poignée de dollars en 1964. Le western italien remplace le péplum et le genre, pourtant prolifique, disparaît brusquement des écrans italiens.

Le succès des films érotiques dans les années 1970 permet une résurrection du genre : les orgies romaines sont le cœur de ces films érotiques et Caligula y est souvent mis en scène. Messaline, Impératrice et putain de Sergio Corbucci sort en 1977 et en 1979, le festival de Cannes découvre Caligula de Tinto Brass. De nombreux péplums érotiques sont produits jusque dans les années 1980.

En 2000, Ridley Scott renouvelle le genre avec Gladiator alors que les effets numériques permettent dorénavant de refaire ce type de films d'aventures sans déployer autant de moyens financiers qu'auparavant.

Sitographie : www.peplum.info

Principaux Pépla (un péplum, des pépla)
       
Troie Wolfgang Petersen U. S. A.
2003
Gladiator Ridley Scott U. S. A.
2000
La chute de l'empire romain Anthony Mann U. S. A.
1964
Le colosse de Rhodes Sergio Leone Italie
1964
Cléopâtre Joseph L. Mankiewicz U. S. A.
1963
Spartacus Stanley Kubrick U. S. A.
1960
Ben Hur William Wyler U. S. A.
1959
Barabbas Richard Fleischer U. S. A.
1962
Sodome et Gomorrhe Robert Aldrich U. S. A.
1962
La bataille de Marathon Jacques Tourneur U. S. A.
1959
Les derniers jours de Pompéi Sergio Leone Italie
1959
Douze travaux d'Hercule Pietro Francisci Italie
1957
Les dix commandements Cecil B. De Mille U. S. A.
1956
La terre des pharaons Howard Hawks U. S. A.
1955
Le signe du païen Douglas Sirk U. S. A.
1955
Sémiramis esclave et reine Carlo Ludovico Bragagilia Italie
1953
La tunique Henry Koster U. S. A.
1953
Theodora, impératrice de Byzance Ricardo Freda Italie
1953
L'Odyssée Mario Camerini Italie
1953
Spartacus Ricardo Freda Italie
1952
Quo Vadis Mervyn LeRoy U.S.A.
1951
Les derniers jours de Pompéi Marcel L'herbier France
1950
Scipion l'Africain Carmine Gallone Italie
1937
Ben Hur Fred Niblo U. S. A.
1925
Le signe de la croix Cecil B. De Mille U. S. A.
1923
Intolérance D. W Griffith U. S. A.
1916
Cabiria Giovanni Pastrone Italie
1914
Quo Vadis Enrico Guazzoni Italie
1913
Carthage en flammes Emilio Salgari Italie
1908
La vie et la passion de Jésus-Christ Georges Hatot France
1898
Néron essayant des poisons... Georges Hatot France
1896