(Make way for tomorrow). Avec : Victor Moore (Barkley Cooper), Beulah Bondi (Lucy Cooper),Thomas Mitchell. 1h30.
Mariés depuis un demi-siècle, Barkley et Lucy Cooper sont expulsés
de leur maison. Pour rien au monde ils n'accepteraient de partir, chacun de
son côté, dans une maison de retraite. Sans ressources, le vieux
couple découvre qu'il ne lui sera pas facile de trouver un toit pour
les abriter ensemble. Et pourtant, ils ont cinq enfants ! Mais Robert n'a
pas de place, Addie habite en Californie et le mari de Nellie refuse catégoriquement
de les accueillir. Restent George, qui accepte volontiers d'héberger
sa mère, et Cora qui consent, non sans réticences, à
prendre en charge son père. Les voilà logés, mais séparés
et pour combien de temps ?
Sans penser à mal, Lucy bouleverse les habitudes de la famille de George. Elle croit bien faire en assistant, importune et bavarde, aux soirées de bridge qu'organise Anita, sa belle-fille, pour arrondir les fins de mois du ménage. Elle se mêle des affaires de cur de sa petite-fille, Rhoda, dont, par sa seule présence, elle fait fuir les soupirants. Et même Mamie, la domestique noire, se plaint de n'avoir plus de congés, obligée qu'elle est de garder la vieille dame lorsque tout le monde est de sortie. La vie en commun devient insupportable au point que George envisage de placer sa mère - qui n'est pas dupe - en maison de retraite.
Quant à Barkley, il se sent un intrus chez Cora, qui ne se prive pas de lui rappeler qu'il dérange. Le vieil homme, chaque fois qu'il le peut, se réfugie chez un épicier, Max Rubens, qui a son âge et lui prodigue de bons et amicaux conseils. Un jour que son père est grippé, Cora profite de l'occasion pour décider, en accord avec George, de l'expédier sous des cieux plus cléments, chez leur sur Addie.
Convaincue désormais qu'elle ne pourra jamais rejoindre son mari, Lucy accepte de partir en maison de retraite, sous réserve que Barkley continue à la croire chez George. Le jour du départ de Barkley, les vieux époux vont passer ensemble quelques heures dans les rues de New York, évoquant avec mélancolie les souvenirs de leur bonheur. Ils retrouvent l'hôtel de leur nuit de noces, y dînent, y dansent, en amoureux, comme autrefois. Puis ils s'embrassent sur le quai de la gare, la dernière fois peut-être, heureux de se redire encore qu'ils s'aiment.
Analyse de Jacques Lourcelles
: " C'est malgré son insuccès notoire, le film préféré
de McCarey (et comme on le comprend). Sans s'en rendre compte, emporté
par sa sincérité, McCarey franchit ici la limite à partir
de laquelle le grand public américain ne pouvait plus le suivre et
rejettera ce mélange unique et détonnant d'émotion, d'amertume
et de crauté et de colère rentrée."