Vincent mit l’âne dans un pré (et s’en vint dans l’autre)
1975

Pierre Vergne a soixante ans. Ancien sculpteur, il s'est tristement rabattu sur la vente d'objets de bazar pour la décoration des pelouses depuis qu'un glaucome l'a rendu presque aveugle. Veuf, déçu, réfugié dans une vieille maison bourgeoise autour de laquelle gravitent des pavillons neufs, il n'a plus, pour se rattacher à la vie, que son fils Vincent.

Celui-ci enseigne l'art plastique dans une école et fait les courses pour son père. Le midi, Vincent retrouve son amie Bénédicte qui travaille pour une revue et l'incite régulièrement à prendre un appartement à Paris.

D'abord réticent à quitter son père dépendant, Vincent accepte lorsque son père reçoit la visite d'un vieil ami allemand qui aurait pu compromettre son père pendant l'occupation. C'est grâce à un libraire plus âgé qu'elle que Bénédicte trouve une chambre pour Vincent. Celui-ci s'intéresse à ses travaux d'illustratrice ce qui suscite la jalousie de Vincent qui les insultes au restaurant puis les suit jusqu'à un hôtel qui se révélera être l'habitions d'un éditeur.

Vincent a remarqué depuis quelques temps la fréquente présence nocturne d'une femme distinguée autour de la maison familiale. Malgré les dénégations de Pierre, il semble qu'il s'agisse de sa maîtresse, une commissaire-priseur nommée Jeanne Dodgson. Il parvient à s'introduire chez elle car elle a commandé une réplique du David de Donatello pour sa chambre. Vincent essaie en vain d'en faire sa maîtresse : elle le fait fuir de son rire après l'avoir effrayé avec un revolver.


Vincent a du mal à sortir de l'adolescence. Il préfère jouer (lire Les métamorphoses d'Ovide) s'occuper de ses pierres et travailler comme éducateur en arts plastiques dans une école, que de s'installer en ville pour vivre en couple avec Bénédicte.

Cette peur de l'âge adulte qui vire à la paranoïa, son père, bon vivant affreusement menteur et farceur, l'exploite pour le garder près de lui sans renoncer pour autant à son amante, une superbe Bernadette Lafont, commissaire priseur avec de somptueux costumes.

Vincent balance donc entre le vrai et le faux des situations et des sentiments jusqu'à ce que le rire homérique de Jeanne le chasse d'une maison où il se serait encore comporté de manière irresponsable.

Son père, faux aveugle profite de la situation pour composer le menteur parfait, corporation à laquelle est dédié le film. Il se fait servir miel et jambon, ne perd pas une occasion pour inventer une main articulée à son ami allemand, fait voisiner dans son atelier de sculpture le David de Donatello avec des nains de jardins, se déguise en animal fabuleux pour amuser les enfants de Jeanne. C'est lui qui semble chanter la comptine qui sert de titre au film.

Jean Eustache apparaît brièvement en videur de la salle des ventes. Zucca se reconnaît dans de l'univers de celui qui vient de terminer La maman et la putain (1973) et auquel il emprunte Bernadette Lafont. Il fera aussi jouer Martin Loeb, l'acteur de Mes petites amoureuses dans Roberte son film suivant. Il est même possible qu'en jouant le matteur sur la terrasse de l'appartement de Vincent, Zucca n'ignore rien du goût pour le voyeurisme dont fera preuve Eustache dans Une sale histoire.

 

critique du DVD
Editeur : Carlotta-Films, octobre 2007.
critique du DVD

DVD 1 : Vincent mit l’âne dans un pré (et s’en vint dans l’autre). DVD2 : Roberte. DVD3 : Rouge-Gorge. DVD 4 : Alouette, je te plumerai.

 

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Avec : Michel Bouquet (Pierre Vergne), Fabrice Luchini (Vincent Vergne), Bernadette Lafont (Jeanne Dogson), Virginie Thévenet (Bénedicte), Sandy Whitelaw (Jérôme), Pierre Zucca (le matteur), Jean Eustache (videur de la salle des ventes). 1h42.

 
Voir : édition DVD