L'Annonciation 1475 Florence, Musée des Offices
Portrait de Ginevra de Benci 1476 Washington, National gallery
La madone Benois 1480 Saint-Pétersbourg, pal. d'hiver
La madone à l'oeillet 1480 Munich, Alte Pinacothèque
L’adoration des mages 1481 Florence, Musée des Offices
Saint Jérôme 1482 Rome, Musée du Vatican
La Vierge aux rochers (Louvre) 1486 Paris, Musée du Louvre
Portrait d'un musicien 1490 Milan, Pinacoteca Ambrosiana
La belle Ferronnière 1490 Paris, Musée du Louvre
La dame à l'hermine 1490 Cracovie
L'homme de Vitruve (gravure) 1490 Venise
La dernière Cène 1497 Milan, Santa Maria delle Grazie
Portrait d'Isabelle d'Este 1499 Paris, Musée du Louvre
Vierge à l'enfant avec ste Anne et st Jean 1500 Londres, National gallery
Le christ sauveur du monde 1505 Collection privée
La Vierge aux rochers (National gallery) 1506 Londres, National gallery
La bataille d'Anghiari (perdue) 1506  
La Joconde 1506 Paris, Musée du Louvre
Léda et le cygne (copie) 1510 Rome, galerie Borghese
La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne 1513 Paris, Musée du Louvre
Saint Jean-Baptiste - Bacchus 1515 Paris, Musée du Louvre
Saint Jean Baptiste 1516 Paris, Musée du Louvre
Autoportrait (gravure) 1516 Milan, Pinacoteca Ambrosiana

Léonard de Vinci est-il un peintre, un ingénieur, un inventeur ou un philosophe ?

Né en 1452 dans un petit village de Toscane appelé Vinci, d'où son nom, Léonardo da Vinci était le fils illégitime du notaire du lieu et d'une de ses servantes, Catarina Vacca.

Les témoignages sur son physique et sa personnalité diffèrent d'autant plus que la légende s'est installée très tôt dans les récits de sa biographie. On le décrit parfois comme un colosse à la force prodigieuse, capable de tordre un fer à cheval dans ses mains, et souvent comme un jeune adolescent, efféminé et rêveur. On nous le montre tantôt comme un homme aimant les exercices physiques et les sports violents, tantôt comme un adolescent jouant de la lyre et chantant à la perfection.

Ses qualités artistiques durent cependant apparaître dès son enfance, puisqu'en 1469, à l'âge de 17 ans, il se trouve déjà depuis trois ans dans l'atelier du peintre et sculpteur florentin, Andrea Verrochio (1435-1488). Dans l'atelier de cet artiste célèbre, aux côtés d'autres peintres importants comme Sandro Botticelli ou Pérugin, il apprend durant treize ans la technique de la peinture et les secrets de l'exécution d'un tableau. Il s'initie également aux disciplines, considérées alors comme indispensables à un créateur : les mathématiques, la perspective, la géométrie et, d'une manière générale, toutes les sciences d'observation et d'étude du milieu naturel. Il s'initie également à l'architecture et à la sculpture.

Les anges de Vinci dans les tableaux d'Andrea del Verrocchio et de Lorenzo di Credi

Les premiers travaux de Léonard de Vinci commencent avec Le baptême du Christ peint avec Andrea del Verrocchio, à qui il est attribué, et ses autres élèves. Vinci a peint l'ange assis et le paysage derrière lui. Deux Annonciations semblent dater de cette période à l'atelier. L'une, la plus petite, est une prédelle se plaçant à la base d'un grand tableau de Lorenzo di Credi duquel il fut séparé. Vinci a probablement peint l'ange mais la predelle est actuellement plutot attribuée à Lorenzo di Credi. L'autre est le premier tableau attribué à Vinci, L'annonciation conservée au Musée des offices.

tableaux florentins

En 1478, à 26 ans, il quitte son maître après l'avoir brillamment dépassé dans toutes les disciplines et devient maître-peintre indépendant. Il débute sa carrière par des portraits et des tableaux religieux, grâce à des commandes passées par des notables ou des monastères de Florence. Mais, dès cette époque, il est très difficile -et cela se poursuivra durant toute sa carrière- de savoir avec certitude s'il se considère lui-même comme un peintre, un artiste pluridisciplinaire ou un ingénieur. Les limites entre les métiers ne sont pas alors figées comme aujourd'hui et un homme de talent peut aisément passer d'une fonction à une autre.

En 1481, le monastère de San Donato lui commande L’Adoration des mages (1481), mais Léonard ne terminera jamais ce tableau, probablement déçu ou vexé de ne pas être choisi par le pape Sixte IV pour la décoration de la chapelle Sixtine du Vatican à Rome, où il est en concurrence avec plusieurs peintres.

Alors protégé par le personnnage le plus influent de Florence, Laurent de Médicis, surnommé le Magnifique, homme politique et mécène richissime, qui lui attire de nombreux clients, il est envoyé par ce dernier en 1482 à Milan, afin de servir le duc Sforza. A cette occasion, il écrit au duc de Milan une lettre étonnante, un véritable curriculum vitae, dans lequel il révèle ses ambitions d'ingénieur, d'inventeur et également d'homme de guerre :

"Je peux construire des ponts très légers, solides, robustes, facilement transportables, pour poursuivre et, quelquefois fuir l'ennemi [...] J'ai également des moyens pour faire des bombardes, très commodes et faciles à transporter, qui lancent de la pierraille presque comme la tempête, terrorisant l'ennemi par leur fumée [...] En temps de paix, je crois pouvoir donner aussi entière satisfaction que quiconque, soit en architecture, pour la construction d'édifices publics et privés, soit pour conduire l'eau d'un endroit à un autre".

Vinci peint La Vierge aux rochers (1483-1486) pour la confraternité de l’Immaculée Conception à la chapelle San Francesco Grande de Milan, mais ce tableau sera au centre d’un conflit entre l’auteur et ses commanditaires pendant plusieurs années

Tableaux milanais

La fresque La Cène (1494-1498) est peinte pour le couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie. Le 18 octobre 1503, il retourne à Florence où il remplit les fonctions d'architecte et d'ingénieur hydraulicien. Il se réinscrit à la guilde de saint Luc et passe deux années à préparer et faire La bataille d'Anghiari (1503-1505), une fresque murale imposante de sept mètres sur dix-sept, avec Michel-Ange faisant La bataille de Cascina sur la paroi opposée. Les deux œuvres seront perdues. Léonard commence à travailler La Joconde (1503-1506 puis 1510-1515),

En septembre 1513, Léonard de Vinci part pour Rome travailler pour Julien de Médicis, frère du pape Léon X, membre de la riche et puissante famille du même nom. Au Vatican, Raphaël et Michel-Ange sont tous deux très actifs à ce moment. Léonard ne se voit confier que de modestes missions et semble n'avoir participé ni à la construction des nombreuses forteresses romaines ni à l'embellissement de la capitale. Pire, sa peinture elle-même ne semble plus de mise, et il se réfugie dans un projet d’assèchement des marais pontins, appartenant au duc Julien de Médicis.

En septembre 1515, le nouveau roi de France François Ier reconquiert le Milanais par la bataille de Marignan. Leonard part travailler en France en 1516 avec son assistant Francesco Melzi et Sala où son nouveau mécène et protecteur, le roi de France François Ier l’installe au manoir du Cloux — actuel château du Clos Lucé — où il a passé son enfance. Âgé de 64 ans, Léonard de Vinci traverse les Alpes à dos de mulet, apportant avec lui trois de ses toiles majeures : Saint Jean Baptiste, La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne et la La Joconde. Au château du Clos Lucé, Léonard se trouve ainsi à proximité du château d'Amboise, la demeure du roi. Le roi le nomme « premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi » avec une pension annuelle de mille écus.

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