Léda et le Cygne (copie)

1510

Léda et le Cygne (copie)
Léonard de Vinci, vers 1510-1515
Huile sur bois 112 x 86 cm
Rome, Galerie Borghese

Léda et le Cygne est un tableau perdu de Léonard de Vinci que nous connaissons par des études préparatoires de sa main et par plusieurs copies.

1- Les différentes copies

- 1 - La Léda debout
Huile sur bois 112 x 86 cm
Rome, Galerie Borghese
-2- Cesare da Sesto
Huile sur bois 96,5 × 73,7 cm
Salisbury, Wilton House
-3 -Léda Spiridon
Huile sur bois, 130 x 78 cm,
Galerie des Offices, Florence
-4- Léda et ses enfants de Giampietrino
Huile sur bois, 128 x 105,5 cm,
Kassel, Staatliche Kunstsammlungen


1- La Léda debout, autrefois attribuée à Leonard.

La Léda debout connut une grande fortune. Sa pose peut être vue comme un contraposto aigu (le poids du corps repose sur un une seule jambe et la ligne des hanches fait opposition à celle des épaules), mais aussi comme préfigurant la linea serpentina des maniéristes (le corps s‘enroule le long d‘un axe vertical). Peut-être cette innovation tient-elle au thème même choisi par Léonard : la pose balancée de Léda traduit sa double attirance, physique pour le cygne (Zeus), maternelle pour ses enfants.

2- Cesare da Sesto, Léda et le cygne

Cette version provient sans doute de la collection de Lord Arundel. On considère en général que c’est la plus fidèle à celle de Léonard. La coiffe de Léda en particulier est très proche d'un dessin de Léonard conservé à Windsor.

3-École de Léonard de Vinci, Léda Spiridon

La Léda Spiridon est mentionnée pour la première fois dans la collection du marquis de la Rozière. Elle passe ensuite dans celle du Baron de Roublé, puis est transportée de Paris à Rome par Ludovico Spiridon. Acquise par Goering pendant la deuxième guerre mondiale, elle est récupérée par Rodolfo Siviero en 1945.

4-Giampietrino, Léda et ses enfants

Le tableau est acquis par le landgrave Wilhem III de Hesse Kassel en 1756, et interprété à l‘époque comme une Caritas, les repeints ayant occulté les coquilles des œufs et un enfant. L’élimination des repeints a lieu entre 1806 et 1835.
C’est la meilleure copie que nous possédions pour la version de la Léda agenouillée de Léonard (même si le cygne est absent du tableau). Une réflectographie a montré que sous le sujet représentant Léda figurait un dessin de la sainte Anne, très fidèle au tableau de Léonard, probablement dérivé de ses cartons. Cela confirme la proximité de Giampietrino avec Léonard (Giampietrino est cité dans ses carnets comme un de ses élèves) et laisse supposer que le tableau ait été réalisé du vivant même de Léonard. Zöllner propose entre 1508 et 151310.

Léonard et Léda

Léda dans la mythologie grecque est l’épouse du roi déchu de Sparte, Tyndare. Zeus prend la forme d’un cygne pour la séduire. Une fois leur étreinte terminée, le cygne disparaît en laissant deux œufs d’où naîtront Hélène et Clytemnestre (non représentés dans la version borghese), et Castor et Pollux.

Les copies que nous connaissons associent (sauf celle de Giampietrino) deux moments différents, celui de la rencontre de Léda et du cygne, et celui de la naissance des quatre enfants, une fois les œufs éclos. Léonard aurait travaillé sur deux versions : l'une agenouillée et l'autre debout (postérieure).

On ignore le commanditaire de ce tableau. On ne possède aucun document d’archives, ni contrat, ni trace de paiement à Léonard. Peut-être faut-il y voir un travail personnel, sans commanditaires, de Léonard. Daniel Arasse note bien l’originalité du sujet : « mis à part le relief marginal de Filarete sur la porte de bronze de Saint-Pierre de Rome, Léonard est le premier à faire de Léda et du cygne les figures centrales d’une composition importante.» (Léonard de Vinci, le rythme du monde, Hazan p. 420-428).

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