La Vierge aux rochers (Londres)

1506

The Virgin of the rocks
Léonard de Vinci, 1503-1506-1508
Huile sur bois 189,5 x 120 cm
National Gallery, Londres

La deuxième version de La Vierge aux rochers, dont la première version conservée au Louvre est achevée en 1486, est probablement commencée par Leonard vers 1503 alors qu'il reçoit des offres importantes d'achat pour sa peinture inscrite dans le retable de l'église de San Francesco Grande de Milan et pour laquelle il estime n'avoir pas été payé.

Cette deuxième version est réalisée par Leonard dans l'espoir d'un échange avec celui de la confrérie qui lui permettrait de vendre la première version. L'exemplaire de Londres n'est en effet pas une copie mais une variante expressément voulue et concertée avec les différents notables de la confrérie. La fameuse main droite de l'ange avec l'index dressé qui n'apparait pas à Londres en est l'expression la plus flagrante. Pour la confrérie franciscaine qui avait passé commande du retable de La Vierge aux rochers, Saint Jean-Baptiste faisait partie de ses personnages de référence aux côtés de Saint François d'Assise. L'importance de saint Jean-Baptiste est toutefois plus forte à Florence où il est le protecteur de la ville qu'à Milan. Du coup, les confrères ont dû demander l'escamotage de la main qui désigne le mauvais personnage, saint Jean-Baptiste et non Jésus. Contrariés de la possible confusion entre les deux enfants, ils ont pris soin de clairement identifier Jean-Baptiste avec sa croix et l'enfant Jésus avec son auréole sainte.

Par ailleurs Leonard, incapable de répétition, donne une orchestration différente à la composition.

Version du Louvre
Version de la National gallery

Quand intervient l'arbitrage de 1506, Leonard donne à la confrérie à l'état d'ébauche avancée et pour 50 ducats ce qui deviendra cette version de Londres. Cette version est "à terminer ou à faire terminer". Ce que ne manquera pas de faire Ambrogio de Pradis entre 1506 et 1508.

Les clients milanais de Léonard doivent avoir été contrariés de la possible confusion entre les deux enfants. Dans cette version tardive, ils ont pris soin de clairement identifier Jean-Baptiste avec sa croix et l'enfant Jésus avec son auréole sainte. Il est possible qu'ils aient demandé l'escamotage de la main qui désigne le mauvais personnage, saint Jean-Baptiste et non Jésus, et interrompt la relation divine entre la main suspendue de la vierge et la tête de son fils.

Jean-Luc Lacuve le 09/04/2012.

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