Autoportrait- Détail de la résurrection de Théophile
(1401-1428)
Première Renaissance

Peintre appartenant à la première génération du Quattrocento dont les innovations s'inscrivent dans la lignée des recherches initiées, au siècle précédent, par Giotto sur la représentation spatiale et le réalisme de la figuration.

Adam et Eve chassés du Paradis 1424 Florence, Chapelle Brancacci
Le tribut de saint Pierre 1425 Florence, Chapelle Brancacci
Le baptême des néophytes 1425 Florence, Chapelle Brancacci
La distribution de l'aumone et la mort d'Ananias 1425 Florence, Chapelle Brancacci
La crucifixion 1426 Naples, Musée du Capodimonte
Saint Pierre guérissant un malade avec son ombre 1427 Florence, Chapelle Brancacci
Résurection du fils de Theophile et St Pierre sur le trône 1427 Florence, Chapelle Brancacci
la Sainte Trinité 1427 Florence, Santa Maria Novella
     

Tommaso di Giovanni Cassai (ou Tommaso di Ser Giovanni di Mone Cassai), dit Masaccio, né à San Giovanni Altura (actuellement San Giovanni Valdarno, près de Arezzo), le 21 décembre 1401. Son père, Giovanni di Mone Cassai, est un artisan devenu notaire. Il meurt alors que Tommaso a 5 ans, en 1406, l'année où naît son jeune frère, Giovanni (qui deviendra peintre lui aussi..). Sa mère, Monna Jacopa di Martinozzo, se remarie à Tedesco del Maestro Feo, un marchand d'épices, veuf et bien plus âgé, qui garantit à la famille un niveau de vie confortable. Avec sa mère et son frère (qui vivront avec lui jusqu'à sa mort), il s'installe à Florence en 1417. Il entre dans l'atelier de Bicci di Lorenzo, où il se familiarise avec les œuvres de Donatello et Brunelleschi. Il doit son surnom, qui signifie « idiot », à sa distraction et à sa fantaisie.

En 1419, il est déjà reconnu comme dipintore, c'est-à-dire peintre, à Florence. Le 7 janvier 1422, il est inscrit à l'Arte dei Medici e Speziali. En 1422, Masaccio quitte l'atelier de Bicci di Lorenzo. Il assiste à la cérémonie de consécration de l'église Santa Maria del Carmine. Il est chargé de réaliser une fresque représentant la consécration, fresque qui sera détruite à la fin du XVIe siècle, lors de travaux de restructuration du couvent de Santa Maria del Carmine. Il n'en reste que des dessins préparatoires. Vasari affirme dans Les Vies que c'est avec la fresque de la Consécration que naît l'art du portrait chez Masaccio ; de même l'usage de la perspective pour l'Annonciation de San Niccolo oltr'Arno, perdue, que Vasari lui attribue en 1568

En 1424 commence sa collaboration artistique avec Masolino da Panicale, de vingt ans son aîné. Leur première œuvre commune est Sainte Anne, la Vierge à l'Enfant et cinq anges, conservé à la Galerie des Offices, à Florence. La Vierge, l'Enfant et deux anges sont attribués à Masaccio, Sainte-Anne et les autres anges à Masolino.

Mais c'est avec les fresques de la magnifique la chapelle Brancacci, de l'église Santa Maria del Carmine, à Florence, que s'intensifie leur collaboration. Ils peignent ensemble, en se partageant les scènes de la chapelle, à partir de 1424, et jusqu'en 1427 ou 1428. Ils laissent alors le travail inachevé. Filippino Lippi termine le cycle, de 1481 à 1483.

Au cours de l'année 1426, pendant les périodes d'interruption de son travail dans la chapelle Brancacci, Masaccio réalise Le polyptyque de Pise. C'est la commande d'un notaire, contre un salaire de 80 florins. Aujourd'hui, le polyptyque est incomplet, et dispersé en onze morceaux, dans cinq musées sur deux continents . Il présente toutes les caractéristiques de la grande maturité de l'artiste. La physionomie des personnages profondément recueillis, le trône de la Madone en perspective, les lignes de fuite de la Crucifixion, placée au-dessus du panneau central, dépassent les conventions gothiques et créent un espace réel.

Autre œuvre majeure, la fresque de La Trinité , dans l'église Santa Maria Novella. Derrière le Christ en croix, un spectaculaire plafond voûté à caissons. Vasari, dans la seconde édition des Vies, en 1568, détaille cet extraordinaire trompe-l'œil. "C'est une voûte en berceau, tracée en perspective, et divisée en caissons ornés de rosaces qui vont en diminuant, de sorte qu'on dirait que la voûte s'enfonce dans le mur." Cette Trinité, considérée comme une étape dans l'histoire de l'art, représente la traduction en peinture des lois de la perspective découvertes par Brunelleschi. Certains critiques estiment même que Brunelleschi lui-même a tiré les traits de perspective. D'autres soutiennent que Masaccio a interprété les innovations de Brunelleschi. Il est ainsi considéré comme le plus grand peintre de la Première Renaissance, le premier peintre moderne ayant introduit dans l'art occidental la notion de vérité optique, de perspective et de volume.

Masaccio meurt à l'âge de 27 ans dans des conditions mystérieuses lors d'un voyage à Rome.