Bel Ami, Albert Lewin, 1947
Le petit fût, Claude Chabrol, 2008

Guy de Maupassant est un écrivain français, auteur de six romans et d'environs 300 nouvelles et contes. Il est né le 5 août 1850 au château de Miromesnil à Tourville-sur-Arques (Seine-Maritime) et décédé le 6 juillet 1893 à Paris.

Top 10 des adaptations par odre chronologique

Une vie Stéphane Brizé France 2016
Bel ami D. Donnellan, N. Ormerod U.S.A. 2012
Le petit fût Claude Chabrol France 2008
Une vie Alexandre Astruc France 1958
Bel Ami Louis Daquin France 1954
Le plaisir Max Ophuls France 1952
Une femme sans amour Luis Bunuel Mexique 1952
Bel ami Albert Lewin U.S.A. 1947
Boule de suif Christian-Jaque France 1945
Mademoiselle Fifi Robert Wise U.S.A. 1944
Partie de campagne Jean Renoir France 1936
Oyuki, la vierge Kenji Mizoguchi Japon 1935
Boule de suif Mikhail Romm Russie 1934

Comme l'analyse Daniel Serceau dans Symptome du jeune cinéma français, les personnages des nouvelles de Maupassant sont peu développés. Ils ne sont caractérisés que par des traits réduits correspondants à leur détermination telle que l'exige la chute. Les dialogues sont volontairement elliptiques et banals. Les personnages ne servent pas le principe d'individuation propre au réalisme cinématographique (en faire des sujets ressemblants). La chute où le récit s'achève sur le double mode de l'imprévu et de la pertinence (La parure et Aux champs offrants les plus beaux exemples de dénouement paradoxal). Faisant retour sur le texte en son entier, le lecteur doit réviser son jugement initial, comprendre qu'il s'était fourvoyé, reconnaître la supériorité de l'auteur sur le sien.

Manquant de substance, il est ainsi nécessaire de compléter. Claude Santelli avait trouvé une méthode. Il fallait pensait-il, "lire entre les lignes, compléter", en allant chercher dans le reste de l'œuvre de Maupassant "ce qui n'est pas dit" (entretien avec Catherine Humblot).

Les composantes ajoutées par les auteurs de la série de France2 (surjeu des acteurs, travail sur les costumes décors, les personnages secondaires) peuvent être appréciés selon son humeur ou son goût. On notera la négociation en un seul plan de plus en plus rapproché dans Le petit fût ou la structure en flash-back de Aux champs qui se paye même le luxe de ne pas utiliser tous les dialogues (" j'dis que c'est point méprisable") explicite l'hystérie de la mère, la souffrance des Vallin, les reproches des enfants aux parents. Mais ces ajouts ne servent en rien le mode d'achèvement du récit.


Daniel Serceau affirme la toute puissance du projet symbolique contenu dans les contes et nouvelles de Maupassant :

"Pourquoi les personnages sont-ils conduit là ? Le dernier acte de la narration, sa chute, nous fait accéder à une situation de l'esprit où nous pressentons qu'il nous est donné de concevoir bien plus que nous étions en mesure de le faire. L'œuvre nous surprend et nous dépasse. Elle nous oblige à un effort que nous n'avons que trop tendance à esquiver.

Elle nous invite à un autre dépassement, nous obliger impérativement à disposer de son existence en vue d'un but plus haut. Nous donner la conviction d'être en présence d'une œuvre d'art : une œuvre qui nous conduit à une position de l'esprit dont nous lui sommes entièrement redevables. Nous lui sommes alors reconnaissant : elle nous fortifie. Et toute augmentation de puissance est un gain de plaisir."

Mademoiselle Fifi, de Robert Wise (1944) et Boule de suif, de Christian-Jacque (1945) adaptent chacun à leur façon deux textes courts de Maupassant : le conte "Mademoiselle Fifi" et la nouvelle "Boule de suif" qu’ils font le choix de traiter ensemble, en un seul et même film.

Sources :

 



Les oeuvres de Maupassant et leurs adaptations

 

1875-1880 : Contes divers. La main d'écorché, Le docteur Héraclius Gloss, Le donneur d'eau bénite, Le mariage du lieutenant Laré, "Coco, Coco, Coco frais !", Boule de Suif, Les dimanches d'un bourgeois de Paris, Jadis, Une page d'histoire inédite.

1881 : La maison Tellier. La Maison Tellier, Les tombales, Sur l'eau, Histoire d'une fille de ferme, En famille, Le papa de Simon, Une partie de campagne, Au printemps, La femme de Paul.

1881 : Contes divers. Opinion publique, Par un soir de printemps, Histoire d'un chien, Histoire corse, Épaves.

1882 : Mademoiselle Fifi. Mademoiselle Fifi , Madame Baptiste, La rouille, Marroca, La bûche, La relique, Le lit, Fou ?, Réveil, Une ruse, A cheval, Un réveillon, Mots d'amour, Une aventure parisienne, Deux amis, Le voleur, Nuit de Noël, Le remplaçant.

1882 : Contes divers. Pétition d'un viveur malgré lui, Le gâteau, Souvenir, Le saut du berger, Vieux objets, L'aveugle, Magnétisme, Conflits pour rire, En voyage, Un bandit corse, Rencontre, La veillée, Rêves, Autres temps, Confession d'une femme, Clair de lune, Un drame vrai, Voyage de noce, Une passion, Correspondance, Un vieux, Un million, Le baiser, Ma femme, Rouerie, Yveline Samoris.

1883 : Contes de la bécasse. La bécasse, Ce cochon de Morin , La folle, Pierrot, Menuet, La peur, Farce normande, Les sabots, La rempailleuse, En mer, Un normand, Le testament, Aux champs, Un coq chanta, Un fils, Saint-Antoine, L'aventure de Walter Schnaffs,

1883 : Clair de lune. Clair de lune, Un coup d'Etat, Le loup, L'enfant, Conte de Noël, La reine Hortense, Le pardon, La légende du Mont Saint-Michel, Une veuve, Mademoiselle Cocotte, Les bijoux, Apparition, La porte, Le père, Moiron,Moiron, Nos lettres, La nuit.

1883 : Contes divers. M. Jocaste. La toux, Auprès d'un mort, Le père Judas, Le condamné à mort, Une surprise, Le père Milon, L'ami Joseph, L'orphelin, La serre, Aux eaux, Un duel, Les caresses, L'orient, L'enfant, Une soirée, Humble drame, Le vengeur, L'attente, Première neige, La farce.

1883 : Une vie

1884 : Miss Harriet. Miss Harriet, L'héritage, Denis, L'âne, Idylle, La ficelle, Garçon, un Bock !, Le baptême, Regret, Mon oncle Jules, En voyage, La mère sauvage.

1884 : Les soeurs Rondoli. Les sœurs Rondoli, La patronne, Le petit fût, Lui, Mon oncle Sosthène, Le mal d'André, Le pain maudit, Le cas de Mme Luneau, Un sage, Le parapluie, Le verrou, Rencontre, Suicides, Décoré !, Châli.

1884 : Yvette. Yvette, Le retour, L'abandonné, Les idées du Colonel, Promenade, Mohammed-Fripouille, Le garde, Berthe.

1884 : Contes divers. Lettre trouvée sur un noyé, Misti (Souvenirs d'un garçon), Notes d'un voyageur, Vains conseils, Souvenirs, Chronique, Malades et médecins, L'horrible, Le tic, La peur, La tombe, Un fou ?, Le bûcher, Le legs.

1885 : Contes du jour et de la nuit. Le crime au père Boniface, Rose, Le père, L'aveu, La parure, Le bonheur, Le vieux, Un lâche, L'ivrogne, Une vendetta, Coco, La main, Le gueux, Un parricide, Le petit,La roche aux guillemots, Tombouctou, Histoire vraie, Adieu, Souvenir, La confession

1885 : Contes divers. Blanc et Bleu, Lettre d'un fou, Une lettre, Fini, Mes vingt-cinq jours.

1885 : Toine. Toine, L'ami Patience, L'homme-fille, La moustache, La dot, Le lit 29, Le protecteur, Bombard, La chevelure, Le père Mongilet, L'armoire, La chambre 11, Les prisonniers, Nos anglais, Le moyen de Roger, La confession, La mère aux monstres, La confession de Théodule Sabot.

1885 : Bel-Ami (texte ici)

1886 : Monsieur Parent. Monsieur Parent, La bête à Maît' Belhomme, A vendre, L'inconnue, La confidence, Le baptême, Imprudence, Un fou, Tribunaux rustiques, L'épingle, Les bécasses, En wagon, Ca ira, Découverte, Solitude, Au bord du lit, Petit soldat.

1886 : La petite Roque La petite Roque, L'épave, L'ermite, Mademoiselle Perle, Mademoiselle Pearl, Rosalie Prudent, Sur les chats, Sauvée, Madame Parisse, Julie Romain, Le père Amable.

1886 : Contes divers Voyage de santé, Misère humaine, Jour de fête, La question du latin, Le fermier, Le Horla (première version), Cri d'alarme.

1887 : Mont-Oriol

1887 : Le Horla. Le Horla, Amour, Le trou, Clochette, Le marquis de Fumerol, Le signe, Le diable, Les rois, Au bois, Une famille, Joseph, L'auberge, Le vagabond.

1887 : Contes divers. Étrennes, Madame Hermet, Le voyage du Horla, Comment on cause, L'homme de Mars

1888 : Pierre et Jean (texte ici)

1888 : Le rosier de Madame Husson. Le Rosier de Madame Husson , Un échec, Enragée, Le modèle, La baronne, Une vente, L'assassin, La Martine, Une soirée, La confession, Divorce, La revanche, L'odyssée d'une fille, La fenêtre.

1889 : Fort comme la mort (texte ici)

1889 : La main gauche. Allouma, Hautot père et fils, Boitelle, L'ordonnance, Le lapin, Un soir, Les épingles, Duchoux, Le rendez-vous, Le port, La morte.

1889 : Contes divers. Alexandre, L'endormeuse, Le colporteur, Après.

1890 : L'inutile beauté. L'inutile beauté, Le champ d'oliviers, Mouche, Le noyé, L'épreuve, Le Masque, Un portrait, L'infirme, Les vingt-cinq francs de la supérieure
Un cas de divorce, Qui sait ?

1890 : Notre Cœur (texte ici)

Posthumes et inachevés : L'Ame étrangère (1894, texte ici), L'Angélus (1895, texte ici)



Boule de suif
1880

une prostituée résistante du nom d’Elisabeth Rousset, surnommée "Boule de suif", quitte Rouen envahi par les Prussiens. À bord de la diligence fuient aussi le comte de Bréville, Monsieur Carré-Lamadon, Monsieur Loiseau, et leurs épouses, un démocrate du nom de Cornudet, et deux sœurs. Les trois couples tentent d’amadouer Élisabeth, qu’ils avaient d’abord regardée avec mépris, parce qu’elle est la seule à avoir pris des provisions. L’officier prussien qui habite l’auberge où ils s’arrêtent réclame à Boule de suif ses faveurs, sans quoi la voiture ne pourra pas repartir vers le Havre. Elle refuse sans rien dire aux autres voyageurs. Avant de savoir de quoi il s’agit, ceux-ci la soutiennent dans sa rébellion, mais ils veulent ensuite la convaincre d’accepter, même si Cornudet, attiré par elle, reste en retrait. Quand elle a cédé, tous cessent de lui parler et la voiture reprend sa route.

1934 : Mikhail Romm, Pyshka. Avec : Galina Sergeyeva (Elizabeth Rousset), Andrei Fajt (L'officier Prussien), Faina Ranevskaya (Mme Loiseau), Pyotr Repnin (Lamadon, meunier), Tatyana Okunevskaya (mme Lamadon), M. Mikhin (Le comte de Breville). 2h48.

1935 : Kenji Mizoguchi, Oyuki, la vierge. Avec : Isuzu Yamada (Oyuki), Komako Hara (Okin), Yoshisuke Koizumi (Gisuke), Eiji Nakano (Kensuke Sadowara).
Fuyant l'armée gouvernementale, un groupe de bourgeois se voit contraint de voyager avec deux prostituées. Ils sont fait prisonniés par un commandant qui les méprise. Il les oblige à lui sacrifier leur fille puis renonce aux avences de l'une des prostituées avant de tomber amoureux de la seconde.

1939 : John Ford, Stagecoach. Avec : John Wyane (Ringo Kid), Claire Trevor (Dallas), Thomas Mitchell (Doc Josiah Boone), John Carradine (Hatfield).
A travers un territoire menacé par les Apaches, la diligence se dirige vers Landsburg. Elle a à son bord : Doc Boone, un médecin alcoolique et philosophe, Peacock, représentant en whisky, bourgeois timoré et Dallas une prostituée que les dames patronnesses de Tonto ont chassée de la ville...

1944 : Robert Wise, Mademoiselle Fifi. Avec : Simone Simon (Elisabeth Rousset), Kurt Kreuger (Lt. von Eyrick dit 'Fifi'), Alan Napier (le Comte de Breville), Helen Freeman (la Comtesse de Breville), Jason Robards Sr. (un grossiste en vin). 1h19.

1945 : Christian-Jaque. Boule de suif . Avec : Avec : Micheline Presle (Elisabeth Rousset), Berthe Bovy (Madame Bonnet), Louis Salou (Lieutenant Fifi). 1h43.

Robert Wise et Christian-Jacque adaptent chacun à leur façon deux textes courts de Maupassant : le conte "Mademoiselle Fifi" et la nouvelle "Boule de suif" qu’ils font le choix de traiter ensemble, en un seul et même film.


La maison Tellier
1881

Des pensionnaires d'une maison close, sous la conduite de leur patronne, la digne Madame Tellier, sont invitées à une première communion à la campagne.

1952 : Max Ophüls, Le plaisir . Avec : Jean Galland, Claude Dauphin, Gaby Morlay.

Une partie de campagne
1881

En ce beau dimanche de l'été 1860, M. Dufour, quincaillier à Paris, part pour la campagne en compagnie de sa belle-mère, de sa femme, de sa fille Henriette et de son commis Anatole (son futur gendre et successeur) dans la voiture de son voisin le laitier. Ils choisissent l'auberge du père Poulain pour déjeuner sur l'herbe. Deux "canotiers", Henri et Rodolphe, entreprennent de faire la cour aux deux femmes. Après le repas, tandis que M. Dufour et son commis s'en vont pêcher avec les lignes prêtées fort obligeamment par les deux compères, ceux-ci emmènent les dames faire une promenade en barque. La mère se laisse entraîner dans un fourré par l'entreprenant Rodolphe, sa fille connaît une étreinte brève mais passionnée dans les bras du timide Henri. La pluie met fin à l'idylle. " Des années ont passé, avec des dimanches tristes comme des lundis. Anatole a épousé Henriette. " Le jeune ménage revient chez le père Poulain. Henriette rencontre son ancien amoureux sur le lieu même de leur étreinte. Ils ont à peine le temps d'échanger quelques mots que le mari s'éveille de sa sieste. La séparation sera définitive.

1936 : Jean Renoir, Partie de campagne. Avec : Sylvia Bataille (Henriette), Georges D'Arnoux (Henri), Jane Marken (Madame Dufour). 0h40.


La femme de Paul
1881

Paul Baron, que tout le monde surnomme Monsieur Paul, emmène Madeleine, sa maîtresse, faire de la yole sur la Seine. Ils vont vers La Grenouillère, un établissement de bains qui fait guinguette. Il y a là les habituels promeneurs du dimanche, des demi-mondaines qui cherchent un pigeon, des ivrognes, la crapulerie distinguée de Paris. Lorsqu'arrive un canot avec quatre femmes à bord, tous les hommes de la guinguette hurlent « lesbos ». Paul les siffle, ce qui énerve Madeleine, et la dispute dégénère entre les amoureux. D'ailleurs Madeleine, qui connait Pauline, une des filles, les rejoint, et il est convenu qu'elle les rejoigne le soir même. Paul lui fait une scène, elle lui dit que la porte est ouverte. Le soir, quand il découvre Madeleine criant son bonheur, allongée dans un fourré avec Pauline, il fuit, ne pouvant supporter la vérité, et se jette dans la rivière. On ramène son corps à la Grenouillère, mais Madeleine ne le pleurera pas longtemps, se faisant consoler par Pauline.

1966 : Jean-Luc Godard, Masculin féminin. Avec : Jean-Pierre Léaud (Paul), Chantal Goya (Madeleine), Marlène Jobert (Elisabeth), Michel Debord (Robert), Catherine-Isabelle Duport (Catherine-Isabelle). 1h50.

Jean-Luc Godard déclare s'être inspiré de la nouvelle de Maupassant. "C’est l’histoire d’un garçon qui est amoureux d’une fille et ça ne marche pas parce que cette fille est amoureuse d’une autre fille. Et finalement ça a dévié comme toujours quand je prends un « mur » sur lequel je me hisse. Ensuite je découvre autre chose et j’oublie le mur qui m’a servi", racontait alors le réalisateur. "Je l’avais lue et puis elle me servait à proposer quelque chose au producteur. Pour avoir une autorisation de tournage, il faut bien donner un résumé de quelque chose. Je me suis dit qu’avec ça je trouverais bien. Il me faut toujours un canevas, un tremplin. Ensuite on regarde où on arrive puis on oublie, on saute du tremplin"... Il ne rest en effet plus que les prénoms des deux personnages principaux



Mademoiselle Fifi
1882

Des officiers prussiens, las d’attendre le combat dans le château d’Uville, qu’ils ont réquisitionné, décident d’organiser un dîner avec des prostituées. Parmi eux, le sous-lieutenant Wilhem d’Eyrik est surnommé « Mademoiselle Fifi » pour « sa taille fine qu’on aurait dit tenue en un corset » et « l’habitude qu’il [a] prise, pour exprimer son souverain mépris des êtres et des choses, d’employer à tout moment la locution française – fi, fi donc ». Il choisit parmi les prostituées une jeune femme nommée Rachel, qu’il provoque par des blessures physiques et morales pour l’humilier dans son patriotisme. Au milieu du dîner, après un mot de trop, elle le tue d’un coup de couteau et s’enfuit. Elle se réfugie ensuite dans le clocher sous la protection de l’abbé Chantavoine, prêtre résistant qui refuse de sonner la cloche pour les Prussiens, et l’histoire mentionne qu’elle se marie avec un patriote qui l’a prise en estime pour sa belle action.

1944 : Robert Wise, Mademoiselle Fifi. Avec : Simone Simon (Elisabeth Rousset), Kurt Kreuger (Lt. von Eyrick dit 'Fifi'), Alan Napier (le Comte de Breville), Helen Freeman (la Comtesse de Breville), Jason Robards Sr. (un grossiste en vin). 1h19.

1945 : Christian-Jaque. Boule de suif . Avec : Avec : Micheline Presle (Elisabeth Rousset), Berthe Bovy (Madame Bonnet), Louis Salou (Lieutenant Fifi). 1h43.

Robert Wise et Christian-Jacque adaptent chacun à leur façon deux textes courts de Maupassant : le conte "Mademoiselle Fifi" et la nouvelle "Boule de suif" qu’ils font le choix de traiter ensemble, en un seul et même film.



Ce cochon de Morin
1882

Revenant de Paris en train, Morin, mercier à La Rochelle, se risque à embrasser brusquement une belle jeune fille, Henriette, dans le compartiment où ils voyagent seuls. Elle hurle de peur et Morin est arrêté. Pour aider Morin, le journaliste Labarbe se rend chez l'oncle de la jeune fille, afin de lui demander de retirer sa plainte. C'est alors qu'il séduit lui-même Henriette, puis repart, l'affaire ayant été réglée. Des années plus tard, après la mort de Morin, Labarbe rencontre Henriette en compagnie de son mari. Ce dernier lui rappelle alors, en toute bienveillance, l'affaire de ce cochon de Morin… (voir : texte complet)

1924 : Victor Tourjansky. Avec : Nicolas Rimsky, Denise Legeay, Louis Monfils.
1932 : Georges Lacombe. Avec : Jacques Baumer, Rosine Deréan, José Noguéro
2008 : Laurent Heynemann. Avec : Julien Boisselier (Labarbe), Hande Kodja (Henriette), Didier Bénureau (Morin), Michèle Garcia (Mme Morin), Sophie Artur (la tante Tonnelet) et Christophe Bourseiller (l'oncle Tonnelet).



Aux champs
1882

Les Tuvache et les Vallin, deux familles paysannes pauvres - huit enfants à elles deux -, vivent dans des maisons voisines. Une riche femme de la ville qui ne peut pas avoir d'enfant propose un jour aux Tuvache de leur acheter leur dernier fils. Ils refusent. Elle fait la même proposition aux Vallin, qui acceptent, moyennant une rente annuelle...


2008 : Olivier Schatzky. Avec : Marianne Basler (la mère Tuvache), Guillaume Gouix (Charlot Tuvache), Anne Benoît (la mère Vallin), Jean-Louis Coulloc'h (le père Tuvache), Bernard Blancan (le père Vallin) et Véronique Volta (Mathilde d'Hubières).0h52


L'ami Joseph
1883

M. et Mme de Méroul, monarchistes, reçoivent dans leur château de Tourbeville l'ancien camarade de monsieur, le républicain Joseph Mouradour. Ce dernier s'impose dans leur demeure et les empêche de recevoir le curé et des amis légitimistes. Au lieu de le mettre à la porte, ils prétextent un voyage, le laissant dans leur demeure.

2008 : Gérard Jourd'hui. Avec : Régis Laspalès (Joseph Mouradour), Evelyne Bouix (Madame de Méroul), Daniel Martin (Monsieur de Méroul), Julia Molkhou (Suzon) et Bernard Ballet (L'abbé Pottin). 0h30.



Une vie
1883

Le 2 mai 1819, Jeanne qui a maintenant 17 ans quitte le couvent de Rouen où elle est rentrée à l’âge de 12 ans. Elle est la fille unique  du baron Simon-Jacques Le Perthuis des Vauds et d’Adélaïde, et regagne en compagnie de son père et sa mère, le château des Peuples, sur la côte normande, près  d’Yport, l’ancienne propriété familiale où elle a passé son enfance. Le voyage a lieu sous la pluie. Arrivée aux Peuples. Jeanne goûte avec son père la joie de redécouvrir le château de son enfance. Elle passe sa première nuit, à la fenêtre de sa chambre, à rêver au clair de lune. Elle attend un prince charmant dont « elle savait seulement qu’elle l’adorerait de toute son âme et qu’il la chérirait de toutes ses forces »... (Résumé et texte complet ici)

1958 : Alexandre Astruc. Une vie. Avec : Maria Schell (Jeanne Dandieu), Christian Marquand (Julien de Lamare), Pascale Petit (Rosalie), Louis Arbessier (M. Dandieu), Marie-Hélène Dasté (Mme. Dandieu), Antonella Lualdi (Gilberte de Fourcheville). 1h26.

2016 : Stéphane Brizé. Une vie. Avec : Maria Schell (Jeanne Dandieu), Christian Marquand (Julien de Lamare), Pascale Petit (Rosalie), Louis Arbessier (M. Dandieu), Marie-Hélène Dasté (Mme. Dandieu), Antonella Lualdi (Gilberte de Fourcheville). 1h26.


Une soirée
1883

Maître Saval, notaire et amateur d'art lyrique, se rend à Paris pour y entendre un opéra. Dans un restaurant de Montmartre, il rencontre le peintre Romantin qui l'invite à une soirée qu'il donne, où seront présentes de nombreuses célébrités. Il s'y rend, très flatté. Cependant, Romantin, obligé de sortir avec sa maîtresse, laisse Saval attendre seul les invités. Ceux-ci le prennent pour un valet, le font boire et le tournent en dérision.

2008 : Philippe Monnier. Avec : Thierry Frémont (Prosper Saval), Clément Sibony (Romantin), François Caron (Maloisel), Isabelle Caubère (Marthe) et Marie Favasuli (Mathilde). 0h52.


Au bord du lit
1883

Le comte de Sallure, qui a rompu avec sa maîtresse, fait une scène de jalousie à sa femme. Celle-ci accepte ses avances moyennant une somme importante qui, précise-telle, restera au moins dans le ménage…

2008 : Jean-Daniel Vergaeghe. Avec : Françoise Gillard (la comtesse), Denis Podalydès (le comte), Nadine Marcovici (Zoé), Patrick Paroux (Félix) et Suentin Darmon (Justin).

 


Le petit fût
1884

Maître Chicot, l'aubergiste d'Épreville, convoite la ferme de la mère Magloire, qu'elle refuse de lui vendre. Comme il lui propose de lui verser chaque mois une assez forte somme jusqu'à sa mort, elle finit par accepter, attirée par l'appât de ce gain facile...

2008 : Claude Chabrol. Avec : Tsilla Chelton (la mère Magloire), François Berléand (Prosper Chicot), Stéphane Butet (Bastien), Michaël Abiteboul (Isidore) et Joachim Salinger (Martial).

 


La chambre 11
1884

Madame Amandon, femme charmante et apparemment irréprochable, prend cependant des amants dans l'armée. Elle les reçoit sous le nom de mademoiselle Clarisse dans une chambre de l'auberge du Cheval d'or. Une nuit, venant à son rendez-vous, elle trouve dans son lit le cadavre d'un homme. Elle s'affole, tant et si bien que sa double vie est découverte.

2008 : Jacques Santamaria. Avec : Clotilde Courau (Clarisse/Marguerite), Vincent Martinez (Varengelles), Laurent Gerra (le colonel Bouchalois), Jean-Luc Porraz (Charles Amandon), Yves Pignot (Trouveau), Marilyne Even (la mère Trouveau), Nicolas Guillot (Lebeau) et Samuel Jouy (D'Antraigues).

 


Bel Ami
1885

En 1880, Georges Duroy, d'origine modeste mais de belle allure, revenu de son service dans l'armée d'Afrique, occupe à Paris un emploi médiocre. Pauvre mais ambitieux, il retrouve un ami, le journaliste Forestier, qui le fait engager à «La Vie Française». Duroy comprend que l'épouse de Forestier, Madeleine, d'esprit très indépendant, écrit les articles de son mari, et qu'elle en fera de même avec lui...(texte ici)

1947 : Albert Lewin The Private Affairs of Bel Ami. Avec : George Sanders (Georges Duroy), Angela Lansbury (Clotilde), Ann Dvorak (Madeleine Forestier), John Carradine (Charles Forestier), Susan Douglas (Suzanne Walter). 1h52.

1954 : Louis Daquin. Avec : Anne Vernon (Clothilde de Marelle), Renée Faure (Madeleine Forestier), Jean Danet (Georges Duroy), René Lefèvre(Le banquier Walter), Christl Mardayn (Virginie Walter), Marianne Schönauer (Madeleine Forestier), Maria Emo (Suzanne Walter). 1h54

2012 : Declan Donnellan, Nick Ormerod. Avec : Robert Pattinson (Georges Duroy), Uma Thurman, (Madeleine Forestier), Kristin Scott Thomas (Virginie Rousset), Christina Ricci (Clotilde de Marelle). 1h43


Le signe
1887

Avec un luxe de détails, Mme de Grangerie raconte sa dernière mésaventure: la baronne de Grangerie observe une prostituée qui, de son balcon, invite des hommes dans sa maison par quelques regards complices, un sourire et un fameux signe de tête( d'où le titre de la nouvelle). La baronne essaye de reproduire le fameux mouvement devant son miroir comme pour se prouver qu'elle a gardée toute sa beauté juvénile. Elle est très heureuse de constater qu'elle le réussit mieux que ladite allumeuse et l,essaye sur un homme qui passe sous sa fenêtre. Celui-ci entre et la femme, désespérée tente de le faire partir avant que son mari ne rentre. L'homme refuse et elle pense que le meilleur moyen de le faire partir est de le laisser procéder.

1954 : Jean-Luc Godard. Une femme coquette. Avec : Maria Lysandre (Agnès, La coquette) Roland Tolmatchof (le séducteur), Carmen Mirando, Jean-Luc Godard. 9'.


Pierre et Jean
1888

Écrit d’un seul trait durant l’été 1887, Pierre et Jean est le quatrième roman de Maupassant. L’œuvre, très courte est composée du récit, mais également d’une célèbre préface intitulée Le roman dans laquelle Maupassant expose en quelques pages sa vision du roman naturaliste et critique le genre de l’étude psychologique. Pierre et Jean a pour cadre la ville du Havre où vivent les Roland.

M.Roland, ancien bijoutier parisien, déménage avec toute sa famille au Havre par amour partagé de la mer. Après leurs études à Paris, les deux fils de M. et Mme Roland, Pierre, l’aîné, médecin, et Jean, avocat, décident de s’installer dans la nouvelle résidence familiale. Une somme d’argent laissée en héritage au cadet par un ami de la famille, Léon Maréchal, renforce la rivalité des deux frères, opposés physiquement et moralement. Un soupçon naît chez Pierre : et si Jean était le fils de Maréchal ? Peu à peu, il découvrira la vérité et le secret familial en fouillant dans le passé de sa mère qui a entretenu une liaison avec Maréchal. A la fin du roman c’est l’aîné, le fils légitime, qui sera exclu du cercle familial et s’engagera comme médecin sur le transatlantique "Lorraine". (texte ici)

1943 : André Cayatte. Avec : Renée Saint-Cyr, Jacques Dumesnil, Noël Roquevert. Deux grands frères, Pierre et Jean. Le premier soupçonne le second de n'être que son demi-frère : son caractère s'assombrit.

1952 : Luis Bunuel : Une femme sans amour. Avec : Rosario Granados (Rosario), Tito Junco (Julio Mistral), Julio Villarreal (Don Carlos Montero). 1h30.

 


Le Rosier de madame Husson
1888

Madame Husson s'est mise en tête de faire couronner la "rosière" - c'est-à-dire la jeune fille la plus vertueuse - de Gisors. Après enquête, elle ne trouve guère que le fils de la fruitière, Isidore, jeune homme simple et candide. Il est donc couronné "rosier" en grande cérémonie. Le repas terminé, il disparaît avec la bourse qu'on lui a donnée. On le retrouve huit jours plus tard, ivre et dégoûtant.

1931 : Dominique Bernard-Deschamps. Avec : Françoise Rosay, Fernandel, Marcel Simon
1950 : Jean Boyer
2008 : Denis Malleval. Avec : Marie-Anne Chazel (Mme Husson), Julien Cottereau (Isidore), Marie Vincent (Françoise), Jean-Claude Frissung (le maire), Nicolas Marié (le docteur Barbessol) et François Rollin (l'abbé Malou).


Le masque
1900

1952 : Max Ophüls, Le plaisir . Avec : Jean Galland, Claude Dauphin, Gaby Morlay. un vieillard porte un masque pour retrouver au Palais de la Danse le souvenir de ses succès auprès des femmes.

Le dernier carton du générique du Plaisir indique "et la voix de Guy de Maupassant : Jean Servais". Donc une voix en recouvre une autre la représente et la masque comme le film recouvre et masque le conte de Maupassant… Dès le début, le mot "bal" est dit et vu (écrit) en même temps. Ensuite, il est deux fois vu, redoublé qu'il est dans le plan. Jacques Lourcelles commente : "Ni le pléonasme ni la redondance ne gâtent ce style mais au contraire l'enrichissent. Quelle plus mauvaise idée a priori que de faire décrire par le narrateur ce que l'on voit si bien représenté à l'écran ! " la redondance est un processus de recouvrement et une émulation affichée.. Des informations complémentaires proviennent de chacun des moyens d'expression. C'est Ophuls qui décide de montrer l'arrivée du masque (chez Maupassant il est déjà sur les lieux, en action au sein du "plus réputé des quadrilles)". Le masque arrive en courant et dans un seul mouvement rejoint la piste et se mêle au quadrille, il en prend la tête. La danse et la course précipitée qui la précède sont comme des métaphores de la vie