Mademoiselle Fifi
1944

Avec : Simone Simon (Elisabeth Rousset), Kurt Kreuger (Lt. von Eyrick dit 'Fifi'), Alan Napier (le Comte de Breville), Helen Freeman (la Comtesse de Breville), Jason Robards Sr. (un grossiste en vin). 1h19.

1870. Comme en 1944, La France est partagée entre une zone occupée et une zone libre. En France occupée, à Cleresville en Normandie, le père Moran, refuse de sonner la cloche comme lui en donne l'ordre le lieutenant prussien von Eyrick. C'est le seul acte de résistance qu'il puisse faire. Comme un nouveau prêtre doit venir de Rouen, von Eyrick n'insiste pas davantage.

A Rouen, l'abbé Chantavoine voyage en effet dans la diligence vers Dieppe via Cleresville avec le comte et la comtesse de Bréville, Carré-Lamadon, fabricant de coton, propriétaire de trois filatures, opposant aux réformes favorisant le peuple, Loiseau, grossiste en vin qui se rend au Havre pour que l'Etat français finance le vin qu'il vendra aux Allemands, Cornudet, un révolutionnaire qui ne s'est pas montré très courageux face aux prussiens et Elisabeth Rousset. Mesdames Loiseau et Carré Lamadon complètent ce groupe de neuf voyageurs.

Après un premier arrêt dans la neige où Elisabeth est ostracisée, la route reprend avec beaucoup de retard. Elisabeth sort un panier de nourriture bien garni et, l'hypocrisie mielleuse de Loiseau faisant merveille, elle partage ses provisions avec tous. La conversation révèle qu'Elisabeth est une vraie patriote. Blanchisseuse, elle refuse toute relation avec les prussiens, allant jusqu'à jeter des objets sur eux de sa fenêtre. Par ailleurs, elle trouve normal que les riches, ses compagnons de voyage, aient du mal à être aussi patriotes qu'elle car ils doivent négocier avec l'ennemi.

A Tôtes, l'aubergiste M. Follenvie, est ravi d'accueillir les passagers. Les attends aussi von Eyrick dit 'Fifi' car il dit toujours "fi, fi donc". Il demande à voir Elisabeth qui redescend bientôt. Le lendemain à huit heures les chevaux ne sont pas attelés : Fifi retient la diligence en otage jusqu'à ce que la jeune femme accepte d'aller dîner avec lui. Cornudet explique que, puisque tous ici ont déjà mangé avec les prussiens, il s'agit pour l'officier de rabaisser celle qui n'a jamais voulu diner avec l'ennemi. Elisabeth obtient ainsi l'assentiment de ses compagnons de voyage qui ne veulent pas voir l'honneur d'une femme française rabaissé.

Elisabeth explique au nouveau prêtre qu'elle est originaire de Cleresville et qu'elle admire le père Moran de ne pas avoir sonné la cloche depuis que la France est occupée. La nuit elle repousse les avances de Cornudet ce dont s'amuse Loiseau.

Mais, le lendemain matin, les voyageurs s'impatientent si bien que le soir, ils présentent comme argument les intérêts vitaux de la France dont ils sont porteurs pour qu'elle cède. Elisabeth accepte donc de diner avec Fifi qui la force à chanter "En passant par la Loraine", lui souffle sa fumée au visage et l'humilie en lui disant qu'elle était prête à se sacrifier pour ses compagnons de voyage mais que de la voir accepter ses ordres lui suffit. Pendant ce temps ses compagnons de voyage ont débouché le champagne, payé par Loiseau, et rient grassement du sacrifice qu'Elisabeth doit consentir.

Le lendemain dans la diligence, ils lui font sentir leur mépris et ne partagent pas leurs provisions avec elle. Seul Cornudet, se montre gentil avec elle. A Cleresville, 'Elisabeth va travailler chez sa tante. Cornudet descend aussi de la diligence, dégouté par l'ignominie de ses compagnons de voyage. Il leur lance au visage qu'ils ont bafoué le patriotisme d'Elisabeth pour leurs intérêts personnels. Il va demander pardon à Elisabeth mais celle-ci le repousse, le trouvant simple beau parleur. Cornudet s'en va voir le prêtre et lui promet de se battre pour que la cloche ne sonne pas.

L'état-major prussien s'ennuie et décident de donner un souper galant au chateau. Charge au capitaine Le Devoir de transformer cinq paysannes en dames du monde pour un soir. Il va les chercher dans la blanchisserie de Mme Rousset. Elisabeth est forcée d'y participer sans quoi, l'armée ne fera plsu laver son linge chez sa tante qui sera ainsi obligée de renvoyer ses employées.

Pendant ce temps Cornude à tiré sur la patrouille qui venait obliger le prêtre à sonner la cloche et fuit dans Cleresville à la recherche d''Elisabeth. Au chateau, tFifi se montre toujours aussi grossier avec Elisabeth et insulte la France et les françaises. Elisabeth, de rage, poignarde Fifi et réussit à fuir. Cornudet et elle échappent aux patrouilles grâce au prêtre. Celui-ci accepte de sonner le glas car la libération de la France a été commencée par une française. Ayant fait preuve de souplesse, il pense aussi pouvoir cacher les fuyards dans le clocher. Mais Cornudet décide de repartir à Tôtes où les combattants se sont regroupés pour repousser les prussiens hors de la France.

Adaptation d'après Boule de Suif et Mademoiselle Fifi de Maupassant. Lawton n'obtient qu'une rallonge de 50 000 dollars par rapport aux 150 000 dollars habituellement dévolus à ses films à petits budgets. Les décors de Quasimodo (Dieterle, 1939) sont, tant bien que mal, remis en l'état. Lawton s'inspire aussi d'une gravure de Daumier. La légende prétend aussi qu'il s'inspira de Toulouse-Lautrec et Delacroix jusque dans le choix du physique des personnages.

 

Test du DVD

Editeur : Editions Montparnasse. Nouveau master restauré, version originale, sous-titres français.

 

 

 

 

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Thème : Maupassant au cinéma
dvd chez Carlotta Films