2003 - 2011
Redacted (Brian de Palma, 2007)
Démineurs (Kathryn Bigelow , 2008)

La guerre d'Irak, invasion de ce pays par les États-Unis et leurs alliés en 2003 jusqu'à la fin de l'occupation en 2011, succède à la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988 et à la guerre du Golfe, invasion du Koweït par l'Irak en 1990 avec sa libération par une coalition en 1991

Le prototype du film de combat pour cette guerre interminable et invisible possède déjà ses figures propres : le convoi, l'embuscade, la caméra vidéo, le barrage routier, le labyrinthe.

Homeland (Irak année zéro) Abbas Fahdel Irak 2015
American sniper Clint Eastwood U.S.A. 2014
Green zone Paul Greengrass U.S.A. 2010
Route Irish Ken Loach G.-B. 2010
The messenger Oren Moverman U.S.A. 2009
La trêve Lancelot von Naso Allemagne 2009
Démineurs Kathryn Bigelow U.S.A. 2008
Standard Operating procedure Errol Morris U.S.A. 2008
Soldier's tale Penny Allen U.S.A. 2007
Redacted Brian de Palma U.S.A. 2007
Battle for Haditha Nick Broomfield U.S.A. 2007
Grace is gone James C. Strouse U.S.A. 2007
       

Les raisons invoquées pour ce conflit armé est la lutte contre le terrorisme, l'Irak étant présenté comme un Etat soutenant Al-Qaïda, responsable entres autres de l'attentat contre le navire militaire USS Cole, des attentats contre plusieurs ambassades des États-Unis en Afrique et des attentats du 11 septembre 2001. Ces accusations ont depuis été démontrées comme non fondées, y compris par le sénat américain, Saddam Hussein considérant l'extrémisme islamiste comme une menace pour son régime.

Autre raison invoquée, l'élimination des armes de destruction massive qu'était censé détenir l'Irak. Le Irak survey group chargé par le gouvernement américain de trouver ces armes déclara en septembre 2004 qu'il n'y avait plus aucune arme chimique depuis 1991, ni aucun programme en cours en vue d'en obtenir de nouvelles et que seules ont été collectées dans tout le pays 500 munitions abandonnées ou oubliées et dans un état dégradé, datant de la guerre Iran-Irak. L'arrestation de Saddam Hussein, l'instauration d'une démocratie et la pacification de la région par un effet d'exemple.

Les éléments avancés par les États-Unis pour étayer leurs affirmations sur la présence en Irak d'armes de destruction massive, la poursuite de recherches visant à fabriquer de telles armes ou encore l'existence de liens entre l'Irak et le terrorisme ne provoquent guère plus de controverses, surtout après la publication du memorandum de Downing Street. De plus, certains éléments provoquent des interrogations sur les motivations réelles de l'intervention. Certains observateurs ont suggéré d'autres raisons, officieuses :


Étant donné le fait que la France, la Russie et la Chine menaçaient d'utiliser leur droit de veto pour empêcher une approbation à l'ONU de la guerre contre l'Irak, et la forte probabilité qu'une majorité du Conseil de sécurité refuse de suivre les États-Unis et le Royaume-Uni, ces derniers ont décidé d'attaquer l'Irak sans l'aval de l'ONU. Comme après la guerre du Kosovo, elle aussi illégale à ses débuts, en 1999, la guerre en Irak a été légalisée a posteriori et de facto par les résolutions suivant la guerre et organisant l'occupation du pays. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies et l'ancien secrétaire général Boutros Boutros-Ghali ainsi que plusieurs gouvernements ont qualifié la guerre d'illégale.

Pays ayant un rôle actif et significatif dans le soutien logistique, politique et armé

L'Australie, la Bulgarie, la Corée du Sud, le Danemark, l'Espagne jusqu'en mars 2004 (retrait des troupes suite aux élections législatives gagnées par Jose Luis Zapatero), les États-Unis, la Hongrie, l'Italie, le Japon, la Lituanie, les Pays-Bas, les Philippines, Pologne jusqu'en juillet 2004 (désengagement suite à l'exécution d'un otage philippin), la Pologne, le Portugal, la Roumanie, le Royaume-Uni, la République tchèque, la Slovaquie, la Turquie, l'Ukraine.

En mars 2003, les 49 pays de la coalition cités par la Maison Blanche sont : l'Afghanistan, l'Albanie, l'Angola, l'Australie, l'Azerbaïdjan, la Bulgarie, Colombie, la Corée du Sud, le Costa Rica, le Danemark, la République dominicaine, le Salvador, l'Érythrée, Espagne, l'Estonie, les États-Unis, l'Éthiopie, la Géorgie, le Honduras, la Hongrie, l'Italie, l'Islande, le Japon, le Koweït, Lituanie, la République de Macédoine, les Îles Marshall, la Micronésie, la Mongolie, le Nicaragua, l'Ouganda, l'Ouzbékistan, les Palaos, Panama, les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, le Rwanda, Singapour, la Slovaquie, la République tchèque, le Royaume-Uni, les Tonga, la Turquie, l'Ukraine.

 

2003 : La guerre conventionnelle

Le 19 mars 2003 à 21h37 soit quelques heures après la fin de l'ultimatum de 48h du président américain George W. Bush qui demandait au président irakien Saddam Hussein ainsi qu'à ses fils Oudaï et Qusay de quitter l'Irak, les États-Unis ont lancé des missiles sur Bagdad.

La stratégie de la coalition a consisté, d'abord, en des bombardements ciblés et répétés de la capitale irakienne et autres villes importantes, visant à la fois à terroriser les Irakiens, l'espoir de la coalition étant de voir des désertions massives dans l'armée irakienne ou un soulèvement de la population irakienne, et à détruire les systèmes de défenses du pays. Les bâtiments les plus bombardés furent les Palais Présidentiels (très photogéniques pour les médias occidentaux) et les édifices du parti Baas, ainsi que les casernements que les forces armées irakiennes avaient évacuées plusieurs semaines auparavant, et les systèmes fixes de communications irakiens utilisées en temps de paix. Les forces armées irakiennes étant bien mieux camouflées qu'en 1991 , et les forces de la Coalitions n'ayant réussi à identifier pratiquement aucun objectif militaire utile à détruire, les forces de la Coalition passèrent à l'offensive terrestre en même temps que débutaient les bombardements aériens.

Après seulement 19 jours de déplacement et au prix de quelques combats (depuis le départ du Koweït), l'armée américaine a bousculé facilement au sud et à l'est de Bagdad des unités de la Garde Républicaine, entièrement composée de militaires professionnels, en majorité, ou presque exclusivement, des Sunnites. L'armée américaine a pris le contrôle de la capitale avec une série de raids blindés qui ont facilement réduit une faible résistance, mal organisée, de la Garde Républicaine Spéciale chargée de la protection des "Palais Présidentiels", et de divers groupes paramilitaires. Le régime de Saddam Hussein est tombé dans les jours suivants. Les dernières poches de résistance armée n'ont alors pas tardé à tomber.

Le président George W. Bush a officiellement déclaré l’achèvement des combats le 1er mai 2003, sous la bannière « Mission accomplie ». Toutefois, la violence contre les forces de la coalition a rapidement conduit à une guerre asymétrique impliquant plusieurs groupes d’insurgés, des milices, des membres d’Al-Qaida, l’armée américaine et les forces du nouveau gouvernement irakien.

Les troupes de la coalition cherchent les hauts responsables du gouvernement irakien (réunis symboliquement dans un jeu de cartes). Si certains ont pu être arrêtés rapidement, une partie importante des dignitaires irakiens est plusieurs mois introuvable, en particulier les deux fils de Saddam Hussein, Udaï et Qusaï (tués tous deux le 22 juillet 2003). En février 2005, sur les 55 plus hauts dignitaires de l'ancien régime, seuls 11 étaient encore en fuite.

Saddam Hussein a quant à lui été arrêté dans une cave par l'armée américaine à Tikrit dans la nuit du 13 au 14 décembre 2003, avec l'aide des Kurdes. Il fut pendu le 30 décembre 2006 au matin après avoir été jugé par le Tribunal spécial irakien

La guérilla irakienne est menée côté sunnite, principalement par l’Armée islamique en Irak, par les baasistes de l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya et par les djihadistes d’Al-Qaïda en Irak qui forment, en 2006, l’État islamique d’Irak. Plusieurs milices chiites sont également constituées, la principale étant l’Armée du Mahdi.

Le 26 février 2006, un attentat contre la Mosquée d’Or à Samarra provoque le début d’une guerre confessionnelle entre Sunnites et Chiites qui fait des centaines de milliers de morts. Elle s’achève en 2008 par la victoire des milices chiites qui prennent le contrôle de Bagdad et chassent la majeure partie de la population sunnite de la capitale, tandis que Nouri al-Maliki forme un gouvernement à la tête du parti chiite Dawa.

À partir de 2009, les États-Unis se désengagent progressivement en finançant notamment les milices sunnites Sahwa, afin d’affronter l’État islamique d’Irak. Alors que les milices chiites rallient progressivement le pouvoir, les Sahwa contribuent à marginaliser les djihadistes et instaurer une relative accalmie en Irak.

Le 18 décembre 2011, les forces américaines achèvent leur retrait du pays. La Coalition militaire en Irak aura duré 3 207 jours, soit huit ans et neuf mois. Mais les violences continuent. Dès le lendemain du retrait total des forces américaines, Tareq al-Hachemi, chef du Parti islamique irakien, fait l’objet d’un mandat d’arrêt qui relance la crise confessionnelle. La politique sectaire du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki jette ainsi de nombreux sunnites dans l’opposition, les attaques de l’État islamique d’Irak continuent de faire des milliers de morts, et les ambitions indépendantistes des Kurdes, qui ont formé un Gouvernement régional du Kurdistan autonome en 2005, se heurtent de plus en plus au gouvernement central irakien

En 2013, l’influence du Printemps arabe se fait ressentir, des manifestations réclament le départ d’Al-Maliki, mais la répression fait des centaines de morts. En décembre 2013, la situation dégénère et des tribus sunnites se soulèvent dans la province Al-Anbar. Cette insurrection est considérée comme le début de la seconde guerre civile irakienne.

Puis en juin 2014, l’État islamique en Irak et au Levant, renforcé par son engagement dans la guerre civile syrienne, lance une grande offensive dans l’ouest de l’Irak. Le gouvernement irakien perd le contrôle d’un tiers de son territoire

Face à la progression des djihadistes, les États-Unis interviennent de nouveau en août 2014 et forment en septembre, avec plusieurs pays européens et arabes, une deuxième coalition qui engage des opérations aériennes pour soutenir l’armée irakienne et les peshmergas kurdes.