2001 - 2010
SaïaFlorent Marcie,2001

La seconde guerre d'Afghanistan de l'histoire contemporaine oppose d'abord, en octobre et novembre 2001, les États-Unis, avec la contribution militaire de l'Alliance du Nord et d'autres nations occidentales (Royaume-Uni, France, Canada…), au régime Taliban en Afghanistan. Cette guerre s'inscrit dans la "guerre contre le terrorisme" déclarée par les États-Unis suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington.

L'attaque initiale chasse les talibans du pouvoir mais leurs forces sont redevenus un danger au cours des années pour la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) qui regroupe les forces de l'OTAN. Depuis 2006, la stabilité de l'Afghanistan est menacé par l'insurrection talibane, une augmentation du trafic de l'opium et de l'héroïne et un gouvernement fragile avec un contrôle limité en dehors de Kaboul.

Événements antérieurs

Après la première guerre d'Afghanistan qui a conduit au retrait de l'Armée rouge en 1989 puis à la chute du régime communiste en 1992, la guerre civile entre les divers factions continua. Les talibans se formèrent fin 1994 et conquirent en quelques années la plus grande partie du pays.

Les moudjahiddin non taliban ainsi que d'autres groupes résistants avaient créé une coalition connue sous le nom d'Alliance du Nord, laquelle ne contrôlait plus en 2001 que la partie nord du pays. Le 9 septembre 2001, soit deux jours avant les attentats perpétrés aux États-Unis, le chef de l'Alliance, Ahmad Shah Massoud, est assassiné (vraisemblablement par des agents d'Al-Qaïda).

Deux jours après les attentats, le 13 septembre 2001, le président des États-Unis George W. Bush demande au régime des talibans l'extradition hors d'Afghanistan du chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden, désigné comme principal responsable des attaques sur New York et Washington. Ces derniers refusent et narguent les États-Unis.

Le président américain George W. Bush et le premier ministre britannique Tony Blair tiennent des discours télévisés pour informer leurs nations respectives du déroulement des opérations. Le premier ministre britannique Tony Blair livre en octobre et novembre une offensive diplomatique durant laquelle il converse avec plus de soixante chefs d’État du monde entier. Dans ses discours, George W. Bush complimente Tony Blair pour la participation britannique aux attaques. Hormis le Royaume-Uni, le Canada, la France, l'Australie et l’Allemagne déclarent également leur soutien. Le chef d’État pakistanais - le général Pervez Musharraf - exprime lui aussi son accord, malgré le manque d’enthousiasme des États arabes quant à l’élimination du réseau pakistanais d’Al-Qaida. Le Pakistan ouvre ainsi ses frontières aux vagues de réfugiés venant d’Afghanistan

 

Composition de la coalition

Le camp Marmal est une caserne de la Force internationale d'assistance et de sécurité construit en 2006 pour assurer une présence militaire internationale dans pays.La première vague fut menée par les forces américaines et britanniques. Néanmoins très vite une seconde vague vint soutenir la première grâce à la contribution de nombreux pays.

Les États-Unis ont déployé plus d’un millier d’hommes en Ouzbékistan, pays qui a autorisé le stationnement de troupes américaines sur son sol.

Dans l'océan Indien, les porte-avions USS Carl Vinson et USS Enterprise, les autres navires de guerre et les sous-marins nucléaires d’attaque se préparent à l’offensive.


Mais l’un des principaux soutiens de l’opération se situe en Afghanistan. En effet, le régime des talibans, dirigé par le mollah Omar, ne contrôle pas la totalité du territoire afghan. Certaines régions, notamment à l’est et au nord du pays, sont tenues par entre 15 000 et 20 000 résistants anti-talibans dont l’Alliance du Nord.

Le United States Central Command qui est en charge de la campagne compte enfin sur l’inégalité du rapport des forces en présence. Les talibans ne peuvent aligner que 15 000 soldats permanents et 70 000 mobilisables. Leur matériel de guerre, quelque peu vétuste, date pour l’essentiel de la guerre contre l’URSS, notamment des missiles américains (FIM-92 Stinger) et russes (SA-16, SA-18 et Scud).À cela s’ajoutent des chars soviétiques T-54 et T-55, des lance-roquettes multiples, des 4×4 équipés de mitrailleuses.


Opération Liberté immuable (Enduring Freedom Operation)
« Nous avons ouvert un nouveau front dans notre guerre contre le terrorisme ». Par ces mots, le porte-parole de la Maison-Blanche annonce le dimanche 7 octobre 2001, le début de l’opération « Liberté immuable ».

Des frégates et des sous-marins de l’US Navy et de la Royal Navy lancent une quarantaine de missiles de croisière Tomahawk sur Kandahar, Kaboul et Jalalabad. Pendant 12 jours, 25 avions de combat et 15 bombardiers B-1B, B-2 et B-52 pilonnent Kaboul (notamment la centrale électrique et les bâtiments officiels), l’aéroport et le centre militaire de Kandahar, Jalalabad ainsi que les camps d’entraînement d’Oussama Ben Laden.


Le « Front uni » anti-taliban
L’intervention américaine s’accompagne d’une série d'opérations militaires menées en divers points du territoire par les différentes composantes du « Front Uni Islamique et National pour le Salut de l'Afghanistan » bien plus connu sous le nom d'Alliance du Nord.

Cette vaste nébuleuse regroupe les quatre principales formations militaires afghanes d’opposition aux talibans.

Le Jamaar-islami dirigé par le général Fahim, depuis la mort de Massoud compte 9 000 soldats appartenant pour la plupart à l’ethnie tadjike vivant au Nord-Est du pays. Ces forces opèrent sur deux fronts : le nord de Kaboul et le Takhar.

C’est dans cette dernière région qu’ils tentent d’établir la jonction avec les troupes du général Dostom, composées d’Ouzbeks et basées autour de Mazar-i-Sharif.

À ces deux formations s’ajoutent les 2 500 rebelles hazaras, des chiites mongols et persanophones vivant dans la région de Baghran, ainsi que les 4 000 « Tadjiks de l'Ouest », commandés par Ismail Khan et stationnés autour de Chagcharan. Le « Front uni » tente de former un vaste croissant anti-taliban depuis le corridor de Wakhan, à l’est, jusqu’à la frontière iranienne.


L’offensive commune
Avant le 7 octobre, des conseillers et plusieurs centaines de membres des forces spéciales occidentales (très majoritairement américaines) sont dépêchés afin de préparer des actions communes auprès des divers représentants du « Front uni ». Mais il s’agit surtout de rallier par différents moyens, surtout financiers, les chefs de clans encore hésitants. Les Américains proposent de leur racheter leurs matériels militaires, notamment les missiles sol-air FIM-92 Stinger qui leur avaient été distribués pendant la guerre contre les Soviétiques. 300 millions de dollars sont même destinés à fomenter des soulèvements contre les talibans.

Le 20 octobre 2001, les plans d’intervention se précisent. Les forces spéciales américaines et britanniques sont déployées dans la région de Kandahar. Au nord du pays, un millier de soldats des unités d’élite américaines est stationné dans la base de Termez, à la frontière entre l’Ouzbékistan et l’Afghanistan pour aider et encadrer les forces du « Front uni ». Le premier objectif est de permettre aux combattants de Dostom de conquérir la province de Balkh, afin d’établir un accès direct avec les forces américaines basées en Ouzbékistan. Puis il s’agit de favoriser l’avancée des « Tadjiks de l’Est ».

Pour préparer cette double offensive dans l’Est du pays, l’aviation américaine organise le bombardement intensif de Mazar-e Charif et de Kaboul. Grâce à ces pilonnages, les troupes de Dostom parviennent le 10 novembre 2001, à prendre le contrôle de Mazar-e Charif, provoquant la fuite de l’armée talibane. Deux jours plus tard, les « Tadjiks de l’Est » s’emparent de Hérat.


La prise de Kaboul
La chute de Mazar e-Charif apparaît comme un véritable tournant dans la guerre. Elle galvanise les « Tadjiks de l’Est », dont l’avancée vers Kaboul est encore accélérée par le changement de stratégie des Talibans.

En effet, début novembre, le mollah Omar ordonne à ses troupes de se retirer de la capitale afin de concentrer la guérilla sur les régions de Nangharar, de Laghman et de Kunar qui bordent le Pakistan

Mais pour le gouvernement américain, la prise de Kaboul risque d’être trop rapide. Les autorités américaines et l’ancien roi Zaher Shah tentent de convaincre les « Tadjiks de l’Est » de ralentir leur progression, le temps de négocier la démilitarisation de la capitale et la répartition des pouvoirs entre les différentes ethnies, notamment les Pachtounes, majoritaires dans le pays. Mais les combattants tadjiks ne s’arrêtent pas : le 13 novembre 2001, ils prennent possession de Kaboul sans réels combats.

Cinq semaines après le début des opérations militaires, le régime des Talibans est renversé. Plusieurs milliers de Talibans ont été tués ou faits prisonniers tandis que 3 700 civils ont péri dans les combats.

Début novembre 2001, différents pays — parmi lesquels les Pays-Bas, l’Allemagne et le Japon — annoncent, à la demande des États-Unis et du Royaume-Uni, qu’ils vont eux aussi apporter une aide militaire.



Crimes de guerre commis par les protagonistes
L'Alliance du Nord, alliée des États-Unis, a été accusée de crimes de guerre, commis en novembre 2001, à l'encontre de prisonniers talibans et de membres d'Al-Qaïda. Le gouvernement des États-Unis est accusé de vouloir clore l'affaire pour ne pas déranger ses alliés afghans et pour préserver certains de ses membres soupçonnés d'avoir été les témoins directs des évènements.

Cette affaire a été révélée par le journal Newsweek, après la publication d'un mémorandum confidentiel de l'ONU. Selon le mémorandum, les éléments trouvés « suffisent à justifier une enquête criminelle officielle ». Toujours selon le mémorandum, ce serait le chef de guerre ouzbek Abdul Rachid Dostom qui en serait le responsable (ses milices ont affronté les forces du nouveau gouvernement qui voulaient les désarmer en avril 2004).

Cela n'est malheureusement pas le seul cas de ce type rencontré pendant cette guerre en cours depuis 1978. En 1997 et 1998, de telles scènes avaient déjà eu lieu, commises par les talibans et leurs adversaires. Les villes de Meymana, Faryab, Hérat entre autres furent aussi le théâtre d'exécutions massives commises par les Talibans durant cette période, tandis qu'en 1998, la ville de Shebarghan vit leurs adversaires utiliser la même méthode.


Aide humanitaire de l’armée
L'aide humanitaire fournie par les forces armées étrangères en Afghanistan est aussi un sujet de critique. L'armée américaine, en distribuant une aide humanitaire, tient à se faire bien voir de la population, de manière à montrer qu'elle n'est pas qu'une armée d'invasion et d'occupation. Le problème est qu'en fournissant une aide humanitaire, l'armée fausse les cartes et une partie de la population locale croit que toutes les aides humanitaires proviennent des États-Unis. Les associations et les différentes ONG se retrouvent donc sous les feux des critiques et certaines sont attaquées par des groupes terroristes talibans, sous prétexte qu'elles sont au service des États-Unis.

C'est ainsi que certaines ONG, comme Médecins sans frontières (MSF), quittent le pays pour des raisons de sécurité, alors qu'elles étaient présentes dans le pays depuis longtemps, même sous le régime des Talibans.


Suites

Fin 2001 les Talibans ne contrôlaient plus que quelques territoires au sud-est et au nord-est du pays.De nombreux pourparlers sont entamés après les hostilités dont les accords de Bonn de décembre 2001 qui décidé entre autres la formation d'une Loya Jirga au sujet de la formation d’un nouveau gouvernement sous la direction de Hamid Karzaï et l'OTAN s'engage fortement avec l'envoi de forces placées sous le commandement de l'ISAF.

Ce gouvernement reçoit un contrôle limité sur la majorité du territoire afghan. Mais en 2008, la situation est toujours délicate.

La nouvelle administration, les troupes d’occupation et les équipes d’aide sont souvent attaquées par les combattants talibans qui exercent toujours une guérilla et se lance dans des attentats suicide, les chefs de guerre s'étant partagés une partie du territoire et les forces spéciales de pays occidentaux (États-Unis, Royaume-Uni, France, Canada et Pays-Bas[3]) poursuivent toujours leurs opérations afin de capturer Ben Laden. Ainsi, les 17 et 18 mai 2006, 90 rebelles talibans et 13 policiers ont été tués dans des opérations militaires au sud du pays[4]. Le 18 août 2008, 10 soldats français sont tués dans l'embuscade de Surobi qui est la plus grosse perte infligé à l'armée française en une bataille depuis l'attentat du Drakkar au Liban en 1983 et à l'ISAF depuis deux ans

Selon Human Rights Watch, les victimes civiles d'erreur de frappe ont triplées entre 2006 et 2007 (321 personnes tuées dans des bombardements en 2007 contre 116 en 2006 - 929 victimes civiles ayant été comptées, au total, en 2006, et 1 633 en 2007 ). Le nombre de tonnes de bombes larguées par les avions de la coalition a quant à lui doublé de 2006 à 2007 . Le bombardement d'Azizabad du 22 août 2008 a notamment conduit le président Hamid Karzaï à demander une renégociation des termes de la présence des troupes étrangères , ce qui a pour conséquence de tendre les relations entre son gouvernement et les forces occidentales


Pertes militaires de la coalition
Voici les pertes annuelles des forces armées de la coalition internationale engagée dans le pays au 27 septembre 2008, 980 militaires ou civils travaillant pour les forces armées avaient perdu la vie dont 605 américains.

2001 : 12 tués
2002 : 69 tués
2003 : 57 tués
2004 : 58 tués
2005 : 130 tués
2006 : 191 tués
2007 : 232 tués
2008 : 231 tués au 27 septembre 2008