2012-2016

La guerre du Mali est un conflit armé qui a lieu dans le nord du Mali depuis 2012, à la suite d'une insurrection de groupes armés salafistes et indépendantistes. Le nom de guerre de l'Azawad est également parfois utilisé selon le point de vue des indépendantistes revendiquant l'autodétermination du territoire de l'Azawad. Elle prend place dans le contexte de la rébellion salafiste en Afrique de l'Ouest et des rébellions touarègue.

La guerre au Mali est une des conséquences de la guerre civile libyenne. Après le renversement du régime de Kadhafi, des arsenaux militaires sont pillés par des groupes armés, tandis que des mercenaires touaregs au service de la Jamahiriya arabe libyenne fuient vers le Sahara et rejoignent des mouvements rebelles avec armes et bagages.

L'histoire de la région de Kidal est marquée par trois rébellions, en 1963-1964, en 1990-1991 et en 2006. La région administrative est créée le 8 août 1991 par décret, à la suite des accords de Tamanrasset du 6 janvier 1991, signés après la rébellion de 1990, à l’origine de la « décentralisation ». Cependant, à la suite de la difficile mise en œuvre de cette décentralisation et aux difficultés à établir un dialogue, survient la rébellion d'avril 2006. Celle-ci trouve, grâce à la médiation algérienne, une issue pacifique relativement rapide (accords d'Alger de 2006). En octobre 2011, considérant qu'aucune application satisfaisante des accords d'Alger n'avait pu voir le jour, le Mouvement national de l'Azawad (MNA) décide de fusionner avec le Mouvement touareg du Nord-Mali (MTNM), donnant naissance au Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA). En janvier 2012, ne voyant pas d'avenir par une solution politique, le MNLA décide d'attaquer les postes militaires maliens dans la région, premières attaques préfigurant la guerre dans le Nord-Mali, menée par le MNLA pour l’autodétermination et l'indépendance de l'Azawad et le mouvement islamique Ansar Dine.

De janvier à avril 2012, la rébellion Touareg, constituée du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et de plusieurs mouvements salafistes dont Ançar Dine, MUJAO et AQMI attaquent les camps militaires maliens et les villes situés dans les régions de Gao, de Tombouctou et de Kidal remettant en cause l'unité territoriale du Mali dont l'armée est mise en difficulté alors que le pouvoir politique est soumis à un coup d'Etat. Le 1er avril 2012, les rebelles contrôlent les trois régions situées au nord du Mali. Le MNLA réclame l'indépendance de l'Azawad tandis qu'Ançar Dine souhaite imposer la charia. Les deux mouvements revendiquent le contrôle des principales villes.

La proclamation de l'indépendance de l’Azawad par les touaregs du MNLA est condamnée de façon catégorique par les différents partis maliens ainsi que par l’Union africaine et la communauté internationale ; ces partis affirment que l’intégrité territoriale du Mali n’est pas négociable et souhaitent que le MNLA revienne à la raison, de gré ou de force. Le 27 juin, le MUJAO chasse le MNLA de Gao lors du premier combat de Gao. En novembre, le MNLA lance une contre-offensive mais elle est repoussée près d'Ansongo par les forces d'AQMI et du MUJAO. Après un premier échec, au combat de Tagarangabotte, les islamistes prennent l'avantage lors de la bataille d'Idelimane. Le 19 novembre, Ménaka est conquise. Le MUJAO occupe la ville de Gao et y fait appliquer la charia.

Le 15 novembre 2012, François Hollande, président français reçoit le président nigérien à l'Élysée pour discuter d'une intervention française et de la protection des exploitations française des mines d'uranium, au Niger, à la frontière avec le Mali. Le 11 janvier 2013, devant la progression des groupes djihadistes au-delà de la ligne de cessez-le-feu et la prise de la localité de Konna, verrou stratégique dans la marche sur Bamako, l'état d'urgence est déclaré dans le pays. À la suite de la demande du président du Mali par intérim Dioncounda Traoré, le Tchad est venu aux secours du Mali avec un nombre important de militaires, ensuite la France sollicite l'accord de l'ONU pour déclencher une intervention militaire (Opération Serval) de libération du pays. Le 13 janvier 2013 marque le début du recul des djihadistes, l'Armée française poursuivant sa progression vers le nord. Des troupes de la CEDEAO viennent renforcer le dispositif et la France demande à l'ONU d'accélérer l'arrivée de troupes d'appui et d'une mission d'assistance de l'Union européenne pour février 2013.

Le 28 janvier 2013, le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), associé au Mouvement islamique de l'Azawad (MIA) — fraction d'Ansar Dine ayant annoncé sa scission vers le 15 janvier —, déclare avoir repris le contrôle de Kidal au moment où les forces françaises, dans le cadre de l'opération Serval, et maliennes libèrent Gao puis Tombouctou. Le MNLA déclare dès lors agir en totale coopération avec l'armée française6. Durant la nuit du 29 au 30 janvier, des troupes françaises aéroportées prennent le contrôle de l'aérodrome situé au sud-est de la ville et contrôlent ses accès. Dans les jours qui suivent, l'armée de l'air française réalise de nombreuses frappes aériennes au nord de la ville et dans la région où les groupes islamistes armés ont trouvé refuge8. Le 5 février, environ 1 800 militaires de l'armée tchadienne prennent position pour sécuriser Kidal, jouant de facto un rôle de force d'interposition entre le MNLA, qui craint des représailles et exactions contre les Touaregs, et l'armée malienne. Le 26 février, un attentat suicide à la voiture piégée, faisant au moins quatre à six morts, est perpétré contre une barrière militaire tenue par les troupes du MNLA et du MIA et est revendiqué par le MUJAO.

La plupart des combattants islamistes désertent, changent de camp ou fuient à l'étranger. Quelques-uns cependant, en particulier des vétérans d'AQMI et du MUJAO, tentent de poursuivre une guérilla et lancent quelques attentats-suicides. De fortes tensions et quelques heurts opposent également le gouvernement malien aux indépendantistes qui refusent la venue de l'armée malienne dans la région de Kidal. Finalement le 18 juin 2013, après deux semaines de négociations, le gouvernement de transition malien et les rebelles du MNLA, du HCUA et du MAA signent un accord de cessez-le-feu qui permet le retour des autorités maliennes à Kidal et la tenue de l'élection présidentielle le 28 juillet 2013 dans le nord du pays.

Timbuktu Adberrahmane Sissako France 2014