Sa carrière de cinéaste peut se diviser en quatre périodes : après 10 ans de vie théâtrale bien remplie, qui font de lui un des metteurs en sène itinérants les plus prisés d'outre-Rhin (il a monté Shakespeare, Molière, Sciller, ibsen, etc) il aborde le cinéma à l'aube du parlant et s'y affirme d'emblée comme un maitre avec La fiancée vendue (une trépidante adaptation de l'opéra comique de Smetana) et Libelei (d'après la pièce d'Arthur Schnitzler), deux films caractéristiques de sa manière ; frais romantisme, chassé-croisés amoureux, nostalgie poignante et sens du destin.

Ensuite contraint, en tant qu'Israélite, de quitter l'Allemagne, Ophuls émigre en France. Puis, à partir de 1940, deuxième exil vers les Eats-Unis. Lorsque Ophuls reprend enfin en 1950 le chemin des studios français son talent s'épanouit avec La ronde, un film à sketches, suivi du Plaisir adaptation raffinée de trois contes de Maupassant dont La maison Tellier puis Madame de..., son chef d'oeuvre et enfin Lola Montes flmaboyante reflexion sur l'art sur spectacle en Cinemascope qui sera plebiscité par la jeune critique.

En exergue à l'oeuvre de Ophuls, on place souvent ce mot de Lola la courtisane : "La vie pour moi, c'est le mouvement."

Filmographie :

1931

Die verliebe firma
 
Avec : Gustav Fröhlich (Werner Loring jr.), Anny Ahlers (Peggy Barling), Lien Deyers (Gretl Krummbichler), Ernö Verebes (Heinrich Pulver), José Wedorn (Leo Lamberti), Leonard Steckel (Harry Bing). 1h13
   
1932 La fiancée vendue
 

(Die verkaufte Baraut). Avec : Willy Domgraf-Fassbaender (Hans), Jarmila Novotna (Marie), Otto Wernicke (Keza), Hermann Kner (Micha), Maria Janowska ( sa femme, Agnès), Paul Kemp (Wenzel), Karl Valentin (Rudolph Brummer), Liesl Karlstadt (Katinka Brummer). 1h17.

1860. Un petit village de Bohème va être mis en émoi par une cascade d’événements à l’occasion de la grande fête patronale annuelle. Le marieur du village, l’entreprenant Kezal, s’est mis en tête de faire épouser la fille du bourgmestre, la belle Marie, par un garçon un peu nigaud du nom de Wenzel, fils unique du riche fermier Micha.
Or, Marie vient de tomber amoureuse de Hans, le fringant postillon, qu’elle a rencontré à la foire : elle refuse sèchement le prétendant qu’on lui propose et menace de s’enfuir à Prague. Son père, mis au courant de sa liaison, l’enferme dans sa chambre, alors que le village est en fête. Hans vient lui jouer la sérénade sous ses fenêtres, ce qui lui met un peu de baume au cœur…
Wenzel, de son côté, n’a d’yeux que pour Esmeralda, la mignonne danseuse de corde du cirque Brummer, qui vient d’arriver sur les lieux en grand équipage et s’apprête à installer son chapiteau sur la place publique. Mais le directeur doit acquitter pour cela une taxe de 300 florins. Où trouver cette somme ? Wenzel est tout disposé à jouer les mécènes. Il confie le magot au postillon, lequel a l’idée d’un audacieux subterfuge : il fait courir le bruit que cet argent lui a été versé contre la promesse de renoncer à Marie.
Aussitôt, tout le village se déchaîne : il a vendu sa fiancée ! Il ne s’agit, en fait, que d’éliminer du circuit les orgueilleux Micha et de compromettre leur benêt de fils, tout disposé d’ailleurs à jouer le jeu au point de parader avec sa bien-aimée sous une peau d’ours.
Dans le même temps, Hans sauve Marie des griffes d’un ours, un vrai, qui s’était échappé de sa cage. Et les couples désunis peuvent enfin se raccorder, dans l’euphorie générale.

   
1933 On a volé un homme
Avec : Henri Garat (Jean de Lafaye), Lily Damita (Annette), Charles Fallot (Victor), Fernand Fabre (Robert), Nina Myral (La vieille dame), Pierre Labry (Le balafré), Robert Goupil (Legros), Pierre Piérade (Rémi), Raoul Marco (L'inspecteur). 1h00.
   
1933 Lachende Erben

Avec : Lien Deyers (Gina), Heinz Rühmann (Peter Frank), Ida Wüst (Britta Bockelmann), Max Adalbert (Justus Bockelmann), Lizzi Waldmüller (Liane Heller). 1h16.
   
1933 Libelei, une histoire d'amour

Avec : Magda Schneider (Christine), Wolfgang Liebeneiner (Fritz Lobheimer), Olga Tschekowa (Baronne d'Eggersdorff), Abel Tarride (Weiring), Georges Rigaud (Théodore Berg), Georges Mauloy (Le colonel), Pierre Stéphen (Binder). 1h30.

Christine, fille d'un humble violoniste du théâtre de Vienne, tombe amoureuse de Fritz Lobheimer, un jeune et bel officier de la garde impériale, que lui a fait connaître son amie Mizzie, modiste délurée qui flirte elle-même avec Theo, un autre galant militaire.
Fritz est sur le point de rompre avec la baronne Eggerdorff, mais le mari de cette dernière, fort jaloux, ayant été avisé de cette liaison, le provoque en duel. L'honneur commande.
L'amourette s'achève tragiquement. Fritz est tué, et Christine, de désespoir, se jette par la fenêtre.

   
1934 La signora di tutti
 

Avec : Isa Miranda (Gaby Doriot), Memo Benassi (Leonardo Nanni), Tatyana Pavlova (Alma Nanni), Friedrich Benfer (Roberto Nanni), Franco Coop (L'impresario Veraldi). 1h37.

Une célèbre vedette de cinéma, Gaby Doriot, vient d'être retrouvée inconsciente dans sa salle de bains, à la suite d'une tentative de suicide. Transportée d'urgence à l'hôpital, elle revit, sous le casque du chloroforme, son existence tourmentée.
Jolie fille d'origine modeste, élevée par un père irascible, elle est déjà, au lycée, l'objet des avances d'un de ses professeurs, qui mettra fin à ses jours par amour pour elle. Puis elle est courtisée par un riche voisin, Roberto Nanni, dont la mère infirme devient sa confidente. Mais elle séduit aussi le maître de maison, Leonardo, provoquant involontairement la chute mortelle de l'épouse, en chaise roulante, dans l'escalier de leur villa. Le père et le fils vont s'affronter durement, sous le portrait de la défunte. Ne pouvant supporter cette atmosphère de crise, génératrice de scènes d'hystérie, Gaby part en voyage autour du monde avec Leonardo. Mais là encore, cela va mal finir : négligeant ses affaires, celui-ci se trouve inculpé dans une affaire de détournement de fonds. Au sortir de prison, il mourra écrasé par une voiture. Apparemment insouciante des drames qu'elle suscite, Gaby s'est lancée dans le spectacle. On lui invente une légende dorée, sous prétexte que le public est friand de ce genre de biographie artificielle. Elle retrouve Roberto, toujours amoureux d'elle bien qu'il ait épousé une autre femme. Elle se confie à lui : "Dans mes films, je trouve ce que les gens appellent le bonheur. Mais dans la réalité, je me sens si seule ! Je me suis libérée de la passion pour ton père, et quand j'ai désiré retourner vers toi, il était trop tard, et je...".
Cette lettre restera inachevée. Le cœur s'est arrêté. À l'hôpital, le docteur annonce : "Elle nous a quittés ! "

   
1935 Divine
  Avec : Simone Berriau (Divine, Ludivine Jarisse), Gina Manès (Dora), Catherine Fonteney (Mme Jarisse), Thérèse Dorny (La Poison), Jeanne Veniat (Mme Martelli), Nane Germon (Zaza), Yvette Lebon (Roberte), Sylvette Fillacier (Gitanette) .1h22.

Ludivine Jarisse, une gentille paysanne, orpheline de père, vit pauvrement avec sa mère à la campagne. Un jour, elle reçoit la visite d’une «payse», Roberte, partie tenter sa chance à Paris et qui fait carrière comme girl dans un music-hall, l’«Empyrée». Celle-ci décide son amie à l’accompagner dans la capitale, d’autant qu’elle doit bientôt partir en tournée au Caire et a besoin d’une remplaçante.
Ludivine, rebaptisée Divine, se plonge, non sans inquiétude, dans le tourbillon effréné du spectacle. Machinistes, électriciens, régisseur surexcité, filles en tenue légère, ténor bedonnant, toute la troupe lui fait bon accueil… mais qu’y a-t-il derrière ces paillettes et ce faux luxe ? Elle va bientôt l’apprendre à ses dépens : on la force à se produire dans un tableau de nu, s’exhibant aux pied de l’inquiétant Lutuf-Allah, un acteur déguisé en fakir hindou. Ce dernier l’attire dans sa loge, avec la complicité d’une des girls, la perverse Dora, et tente de l’initier aux délices des paradis artificiels. Furieux de ne pouvoir l’entraîner dans son vice, il la compromet dans un trafic de drogue.
Heureusement, Divine est restée pure. Elle est tombée amoureuse d’Antonin, le livreur qui vient chaque matin lui apporter sa bouteille de lait à domicile. L’honnête garçon lui offre de l’épouser. Elle accepte et abandonne sans regret le monde frelaté du music-hall

   
1936 La tendre ennemie
  Avec : Simone Berriau (Annette Dupont, l'ennemie), Jacqueline Daix (sa fille), Catherine Fonteney (la mère), Georges Vitray (L'ex-mari), Marc Valbel ( Rodrigo), Lucien Nat (l'ex-amant), Pierre Finaly (Oncle Emile), Maurice Devienne (Le fiancé). 1h09.

Annette est une femme désenchantée, qui a raté aussi bien son mariage que ses aventures amoureuses. Aujourd'hui, elle célèbre les fiançailles de sa fille. Celle-ci doit renoncer au jeune aviateur qu'elle aime pour épouser un homme riche et sans fantaisie. Mais tandis que la fête se déroule, deux fantômes se mêlent aux invités : l'ex-mari et l'ex-amant d'Annette. Invisibles de tous, ils commentent l'événement. Tous deux considèrent Annette comme leur ennemie et la jugent responsable de leur mort. Aussitôt après son mariage, le ménage d'Annette a battu de l'aile. " Au bout de quatre ans, c'était l'enfer ", explique le mari. Trop occupé par ses affaires, il délaissait son épouse, qui s'ennuyait ferme. Sur les conseils de l'oncle Emile, le couple décida de passer une nouvelle lune de miel à Paris. Au début, tout se passa pour le mieux. Mais Annette s'enticha d'un séduisant dompteur qu'elle suivit en tournée. Abandonné, le mari mena une vie de débauche qui ne tarda pas à le faire passer de vie à trépas ! De son côté, l'amant commençait à être excédé par les exigences et la passion envahissante d'Annette. Malgré les conseils de son médecin, il n'eut pas la cruauté de rompre. De plus en plus épuisé, il finit par se faire dévorer par un de ses lions. Pendant que les deux fantômes échangent leurs amers souvenirs, un troisième fantôme survient. Non, leur dit-il, Annette n'est pas une dévoreuse d'hommes, mais une victime. Quand il était jeune marin, ils s'étaient promis l'un à l'autre. Annette fut contrainte de rompre, pour épouser un homme aisé. Alors, de désespoir, le marin s'était suicidé. Et même si lui aussi lui doit la mort, il sait qu'elle n'est pas responsable de ce malheur, ni de ceux qu'elle a pu causer par la suite. Éclairés par cette confidence, le mari et l'amant comprennent que la fille d'Annette est sur le point de gâcher sa vie comme sa mère avant elle. Et les trois fantômes, avec le concours d'Annette, permettront à la jeune fille de rejoindre en Angleterre son bel aviateur.

   
1936 Komedie om geld
  Avec : Herman Bouber (Karel Brand), Matthieu van Eysden (Ferdinand), Rini Otte (Willy, la fille de Brand), Cor Ruys (Moorman). 1h29.
   
1937 Yoshiwara
  Avec : Pierre Richard-Willm (Serge Polenoff), Michiko Tanaka (Kohana), Sessue Hayakawa (Isamo), Roland Toutain (Pawlik), Lucienne Lemarchand (Namo), Camille Bert (Le commandant), André Gabriello (Pô). 1h42.

Yoshiwara, le célèbre quartier réservé de Tokyo, vers 1890, à la veille de la guerre sino-japonaise. Une jeune fille de noble famille, Kohana, dont le père s’est suicidé à la suite d’une faillite, décide de s’y prostituer, en vue de renflouer le patrimoine familial. Son fidèle coolie, Ysamo, qui l’aime en secret, est désolé de cette résolution, mais la décision de la jeune fille est prise : elle fera partie désormais de l’accueillante maison de thé de M. Pô, et se pliera à la vie galante des geishas, sous l’affectueuse protection de la sous-maîtresse, Mme Namo.
Au même moment, une frégate russe, la «Tchaïka», s’ancre dans le port. Belle occasion pour les sous-officiers et les hommes d’équipage d’aller tirer une bordée dans les quartiers chauds de la ville… Seul, le lieutenant Serge Polenoff ne participe pas à l’allégresse générale, malgré l’insistance de son ami l’aspirant Pawlik. Son attention a été attirée par un magnifique portrait de femme dessiné par Ysamo : c’est celui de Kohana. Il rencontre le modèle et en tombe amoureux, au point de négocier son rachat à prix d’or auprès de M. Pô, alors même qu’Ysamo était parvenu, de son côté, à réunir une somme équivalente, en commettant un vol spectaculaire qui lui vaut d’être incarcéré sur-le-champ.
Une mission secrète et providentielle oblige Serge à rester à terre. Il coule des jours heureux avec Kohana, projetant de l’épouser et de l’emmener avec lui à Saint-Petersbourg. Mais la trahison d’Ysamo, manipulé par le service de contre-espionnage, va le perdre. Il est traqué par la police, et Kohana, arrêtée comme complice, condamnée à être fusillée. Fou de douleur, Serge tente en vain de la sauver. Blessé à mort, il rendra l’âme au pied de l’autel de la chapelle orthodoxe où les deux amants avaient lié solennellement leur destin.

   
1938 Le roman de Werther
Avec : Pierre Richard-Willm (Werther) Annie Vernay (Charlotte) Jean Galland (Albert von Hochtatten) Paulette Pax (Tante Emma) Georges Vitray (Le bailli). 1h15

Wetzlar (Allemagne rhénane), à la fin du XVIIIe siècle. Werther, un jeune homme plein d’ardeurs romantiques, poète et musicien, est nommé conseiller référendaire au Palais de justice de la ville. Il fait la connaissance de la fille du bailli, Charlotte, promise à son collègue et ami Albert Hochstätter. Devant partir en voyage, Albert confie sa fiancée à Werther, qui tombe passionnément amoureux d’elle, au cours de promenades bucoliques dans la campagne en fleurs. Mais les deux jeunes gens savent que cette idylle doit rester sans lendemain.
Après le mariage de Charlotte, Werther se laisse aller au désespoir, court les cabarets, se livre à des extravagances qui suscitent la réprobation de ses supérieurs. Il écrit à Charlotte une lettre pathétique, qui reste sans réponse. La jeune femme ne trouve de refuge que dans la confession. Albert, réalisant le drame que vit son ami, lui demande sa démission, à l’occasion d’un conflit d’ordre professionnel. Werther s’enfuit dans la campagne et se suicide, devant l’arbre même où est né son amour, laissant Charlotte abîmée de tristesse.

   
1939 Sans lendemain
  Avec : Edwige Feuillère (Evelyne), Georges Rigaud (Georges), Pauline Carton (La bonne), Daniel Lecourtois (Armand), Paul Azaïs (Henri). 1h19.

Evelyne Morin a connu bien des malheurs : alors qu'elle semblait promise à une vie honorable, un mariage avec un aventurier sans scrupules l'a contrainte, devenue veuve, au métier avilissant d'entraîneuse dans une boîte de nuit de Montmartre, pour subvenir à ses besoins et à l'entretien de son jeune fils. Mais elle a gardé un cœur pur dans cette vie de débauche. Un soir, elle retrouve par hasard Georges, un ami canadien, avec lequel elle avait espéré autrefois refaire sa vie. Il est devenu le riche et estimé docteur Brandon. Pour lui dissimuler sa déchéance, elle joue la comédie de la femme respectable, grâce à l'entremise d'un odieux personnage, Paul Mazuraud, qui lui fournit les fonds nécessaires à ce double jeu. Mais une imprudence de son fils la trahit. Décidée à se racheter coûte que coûte, elle confie la garde de l'enfant au généreux ami qui repart pour le Canada, en leur promettant de les rejoindre bientôt. Puis elle disparaît dans le brouillard...

   
1940 L'école des femmes
  Avec Louis Jouvet et Madeleine Ozeray, inachevé suite au départ du premier.
   
1940 De Mayerling à Sarajevo
  Avec : Edwige Feuillère (Sophie Chotek), John Lodge (François-Ferdinand), Gabrielle Dorziat (Marie-Thérèse), Aimé Clariond (Prince de Montenuovo), Jacqueline Marsan (Une archiduchesse), Jean Worms (François-Joseph), Jean Debucourt (Janatschek), Henri Bosc (Ambassadeur de Serbie), Gaston Dubosc (Comte Chotek), Marcel André (Archiduc Frédéric). 1h31.

Le 30 janvier 1889, dans le pavillon de chasse de Mayerling, Marie Vetsera et l'archiduc Rodolphe sont découverts morts. C'est désormais l'archiduc François-Ferdinand, neveu de l'empereur François-Joseph, qui est l'héritier de la couronne d'Autriche. Beau et bouillant jeune homme, l'archiduc dérange, avec ses idées libérales et ses attitudes désinvoltes à l'égard de l'étiquette impériale. Son principal adversaire à ta cour est le prince de Montenuovo qui persuade l'empereur d'éloigner son encombrant neveu en lui confiant une tournée d'inspection.
Dans une petite ville tchèque, on inaugure un buste de l'empereur en présence de FrançoisFerdinand. Une ravissante jeune femme prononce le discours de bienvenue et, lisant l'ennui dans le regard de l'archiduc, s'interrompt et plante là le royal invité ! Celui-ci, séduit par l'audace de l'effrontée, demande à la rencontrer. Il s'agit de la comtesse Sophie Chotek, dont l'archiduc s'éprend.
Contre tous les usages, François-Ferdinand et Sophie vont se revoir et s'aimer, indifférents à l'hostilité générale. L'empereur finit par consentir à leur mariage sous réserve que cette union soit morganatique : Sophie ne sera jamais impératrice et les trois enfants qu'elle a donnés à François-Ferdinand n'hériteront pas de leur père. Le 28 juin 1914, à Sarajevo, l'archiduc et Sophie sont en tournée d'inspection dans une Serbie en proie à l'agitation politique. Le protocole leur interdit la protection de l'armée. Ils sont abattus de plusieurs balles de revolver tirées par un étudiant serbe, Prinzip. Ce double assassinat sera à l'origine de la Première Guerre mondiale.

   
1947 L'éxilé

Avec : Douglas Fairbanks Jr. (Charles II Stuart), Maria Montez (Comtesse de Courteuil), Paule Croset (Katie), Henry Daniell (Colonel Ingram), Nigel Bruce (Sir Hyde), Robert Coote (Pinner), Otto Waldis (Jan). 1h37.

1660. Le jeune roi d’Angleterre, Charles II Stuart, a dû quitter son pays, chassé par Cromwell et ses fidèles, les “Têtes Rondes”. Il a trouvé refuge en Hollande, dans un manoir abandonné qui ressemble plus à un grenier qu’à une demeure seigneuriale. Quelques partisans restés fidèles protègent sa retraite, alors que ses ennemis le pourchassent.
Mais pour l’heure, le roi a d’autres soucis. Il flirte avec une jeune et jolie fermière, Katie, à la grande fureur de son cousin Jan, peu porté sur le badinage. Alerté par un de ses serviteurs des dangers qui le menacent, il regagne son havre d’exil. Ses partisans lui conseillent de se trouver une meilleure cachette : il choisit la ferme de Katie. Déguisé en paysan, il s’y fait engager comme valet et y prend pension, malgré l’opposition de l’ombrageux cousin.
Divers épisodes, cocasses et galants, vont troubler sa retraite : les rodomontades d’un histrion qui se fait passer pour le roi en exil, l’arrivée en grand équipage d’une ancienne maîtresse du roi, la comtesse de Courteuil, qui déploie des trésors de séduction… Mais le danger est ailleurs. Le fourbe colonel Ingram, dépêché par Cromwell, a démasqué le fugitif. Un duel à mort oppose les deux hommes. Grâce à Katie, Charles parvient à échapper à ses poursuivants, au moment même où on vient lui annoncer qu’un nouveau parlement, librement élu, a voté la disgrâce de Cromwell et demande son retour à Londres. Celui-ci s’effectuera triomphalement… tandis que la pauvre Katie, restée seule, devra s’incliner devant la raison d’État.

   
1948 Lettre d'une inconnue
Avec : Joan Fontaine (Liza Berndle), Louis Jourdan (Stefan Brand), Mady Christians (Mme. Berndle). 1h30.

Un pianiste célèbre et vieillissant, Stefan Brand, reçoit un soir une lettre adressée par une inconnue, Lisa Berndle. Celle-ci lui révèle qu'elle lui voua, dès son adolescence, un amour exclusif, sans qu'il s'en aperçût jamais....

   
1949 Pris au piège
(Caught). Avec : James Mason (Larry Quinada), Barbara Bel Geddes (Leonora Eames), Robert Ryan (Smith Ohlrig), Ruth Brady (Maxime), Curt Bois (Franzi), Frank Ferguson (Dr. Hoffman), Nathalie Schaefer (Dorothy Dale). 1h24.

Leonora, jeune et jolie mannequin de Denver, a des rêves de luxe et de conquête sociale. Ceux-ci vont se concrétiser à l'occasion d'une organisée sur le paquebot du riche importateur Smith Ohlrig. Elle rencontre ce dernier à l'embarcadère et devient sa maîtresse. Sur un coup de tête, il l'épouse. Mais le ménage bat vite de l'aile : Ohlrig ne songe qu'à ses affaires et traite sa femme avec mépris devant ses amis. Bien qu'enceinte, elle quitte le foyer conjugal et, pour survivre dignement, se fait engager comme assistante d'un pédiatre, le docteur Quinada, qui tombe amoureux d'elle. Feignant de s'amender, Ohlrig parvient à la récupérer, mais son agressivité naturelle reprend vite le dessus. Une scène violente de jalousie tourne au drame : il est terrassé par un infarctus, et sa femme le laisse agoniser sans réagir. Le remords lui vaudra la perte de son enfant... et un nouveau départ avec le médecin attentionné qui n'a cessé de l'aimer.

   
1949 Les désemparés
 

(The reckless moment). Avec : Joan Bennett (Lucia Harper), James Mason (Martin Donnelly), Geraldine Brooks (Beatrice Harper), Henry O'Neill (Mr. Harper), Shepperd Strudwick (Ted Darby), Roy Roberts (Nagle), Ann Shoemaker (Mrs. Feller), Louis Mason (Mike). 1h20.

Lucia Harper, vigilante mère de famille, vit heureuse avec ses deux enfants et son beau-père dans leur coquette villa de Malibu, en Floride. Son mari, architecte, étant souvent absent, elle doit veiller seule à la bonne marche de la maison. Un jour, elle apprend que sa fille, Beatrice, a une liaison avec un gangster, Ted Darby : elle lui enjoint d’y mettre fin sur-le-champ.
Mais l’entrevue entre les deux jeunes gens tourne mal : Darby est tué, et la jeune fille s’enfuit, affolée. Lucia retourne sur les lieux, trouve le corps et le noie. Mais une correspondance compromettante a été échangée entre Beatrice et la victime : un complice surgit, exhibant le paquet de lettres, et fait chanter la mère, désemparée. Il réclame 5 000 dollars pour prix de son silence.
Par chance, ce maître-chanteur, Martin Donnelly, s’avère moins exigeant qu’il n’y paraît : au cours de leurs rencontres successives, alors que Julia cherche à tergiverser, il la prend en pitié et tombe finalement amoureux d’elle. Prenant son parti, il se débarrasse du chef de la bande et endosse la responsabilité de la mort de Darby, avant de se tuer au volant de sa voiture. Sa fille disculpée, elle-même délivrée de tout souci, Lucia Harper peut retrouver les siens, qui n’ont rien su de son drame. À son mari qui l’appelle au téléphone, elle ne donnera que de bonnes nouvelles…

   
1950 La ronde
Avec : Anton Walbrook, Simone Signoret, Serge Reggiani, Danielle Darrieux, Gérard Philipe, Simone Simon. 1h37.

Vienne 1900. Un décor de rêve... Apparaît un meneur de jeu, en frac et haut-de-forme, qui va faire tourner sous nos yeux le carrousel de la ronde des amours. Femmes honnêtes, grisettes tendres, aristocrates ou simples soldats, tous la danseront d'un même pas.

   
1952 Le plaisir

Avec : Claude Dauphin, Madeleine Renaud, Danielle Darrieux, Jean Gabin, Simone Simon, Daniel Gélin. 1h35.

I) Le Masque - Ancien séducteur, un vieillard court les Palais de la Danse, II) La Maison Tellier - Des pensionnaires d'une maison close, sous la conduite de leur patronne, la digne Madame Tellier, sont invitées à une première communion à la campagne. III) Le Modèle - Un couple de jeunes artistes s'aime à la folie... jusqu'au jour où la lassitude s'installe.

   
1953 Madame de...

Avec : Danielle Darrieux (Madame de...), Charles Boyer (Le général), Vittorio De Sica (Le baron Donati), Mireille Pewley, Jean Debucourt. 1h40.

Paris, 1900. Pressée par une dette de jeu, Madame de.... coquette et frivole femme d'un général attaché au ministère de la Guerre, vend en secret des boucles d'oreilles offertes par son mari....

   
1955 Lola Montes

Avec : Martine Carol, Peter Ustinov, Anton Walbrook, Ivan Desny, Lise Delamare, Paulette Dubost. 1h50.

Un cirque gigantesque à la Nouvelle-Orléans, vers 1880. On y représente la vie extraordinaire de Lola Montès, l'une des courtisanes les plus fêtées de son époque et qui fut anoblie par le roi de Bavière avant d'être chassée de ce pays par des émeutiers. Aujourd'hui, elle est réduite à jouer, sous la conduite d'un écuyer complaisant et lui aussi amoureux d'elle, sa "scandaleuse carrière de femme fatale".

   
   
   
Ciné-club de Caen
(1902 1957)
22 films
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histoire du cinéma : L'image cristal