1931 Bon courage, larbin
   
   
1933 Apres notre séparation
   
   
1933 Reve de chaque nuit
   
   
1934 La rue sans fin
   
   
1935 Trois soeurs au coeur pur
  Premier film parlant de Naruse
   
1935 La fille dont on parle
   
   
1935 Ma femme, sois comme une rose
   
   
1936 Le chemin parcouru ensemble
   
   
1937 Les larmes d'une femme
   
   
1937 Avalanche
   
   
1938 Tsuruhachi et Tsurujiro
   
   
1939 Toute la famille travaille
   
   
1939 Le coeur sincere
   
   
1940 Acteurs ambulants
   
   
1941 Hideko, receveuse d'autobus
   
   
1943 La chanson de la lanterne
   
   
1944 Cette belle vie
   
   
1944 Le chemin du drame
   
   
1951 Les produits de beaute de Ginza
   
   
1951 Le repas
 

(Meshi). Avec: Setsuko Hara (Michiyo), Ken Uehara (Hotsunosuke), Yukiko Shimazaki, Yoko Sugi, Hariko Sugimura .1h23.

Michiyo et Hatsunosuke sont mariés depuis 5 ans, ils forment un couple désabusé, fragilisé par la monotonie de leur vie dans un quartier ordinaire d’Osaka. La visite à l’improviste de Satoko, une nièce de 20 ans, insouciante et égoïste, va agir comme un détonateur dans leur vie. Chance ou danger, la jeune fille bouscule leur quotidien ennuyeux et suscite bien des remises en question…

   
1952 La mère
   
   
1952 Okuni et Gohei
   
   
1953 L' éclair
(Inazuma). Avec : Hideko Takamine, Mitsuko Miura, Kiyôko Kagawa, Chieko Murata, Jun Negami, Kenjiro Uemura. 1h27.
   
1953 Frère ainé et soeur cadette

(Ani imouto). Avec : Machiko Kyô (Môn), Eiji Funakoshi (Obata), Masayuki Mori (Inokichi), Yoshiko Kuga (San), Yuji Hori. 1h23.

Môn revient de la ville -Tokyô– enceinte, abandonnée par son séducteur et classée "mauvaise fille" en raison de cela mais aussi de l'activité peu avouable qu'elle exerce dans la capitale. Malgré le soutien de ses parents et de sa jeune sœur San, son frère Inokichi qui éprouve pour elle et depuis toujours des sentiments extrêmement forts (et peut-être pas sans ambiguïté) la chasse puis, plus tard, la bat violemment après avoir corrigé le père de son enfant, Obata, un jeune étudiant venu s'excuser auprès de la famille. San, elle, refuse de fuir avec le jeune homme qu'elle aime et qui est promis par sa famille à une autre qu'il finira d'ailleurs par épouser.

   
1953 Un couple
  (Fûfu). Avec : Ken Uehara (Isaku Nakahara), Yôko Sugi (Kikuko, sa femme), Rentaro Mikuni (Ryota Takemura), Keiju Kobayashi (Shigekichi Hayakawa). 1h27.
   
1953 Une épouse
  (Tsuma). Avec : Mieko Takamine (Mihoko Nakagawa), Ken Uehara (son mari), Rentaro Mikuni (Tadashi Tanimura), Michiyo Aratama (Yoshimi Niemura), Sanae Takasugi (Setsuko Sakurai), Chieko Nakakita (Eiko Matsuyama).1h29.
   
1954 Les derniers chrysanthemes
  (Bangiku). Avec : Haruko Sugimura (Kin), Sadako Sawamura (Nobu), Chikako Hosokawa (Tamae), Yûko Mochizuki (Tomi), Ken Uehara (Tabe), Hiroshi Koizumi (Kiyoshi), Ineko Arima (Sachiko). 1h41.
   
1954 Le grondement de la montagne
 

(Yama no Oto). Avec : Setsuko Hara (Ogata Kikuko), Sô Yamamura (Ogata Shingo), Ken Uehara (Otto Shuuichi), Yôko Sugi (Tanizaki Hideko), Teruko Nagaoka (Tsuma Yasuko). 1h34.

Un vieux couple, installé près de Kamakura, voit se déchirer les relations sentimentales au sein de la famille. Bien qu'il existe une réelle affection entre le père et sa belle-fille, le couple parental décide de se retirer dans la maison ancestrale et de laisser agir le temps pour régler les problèmes. D'après le roman de Yasunari Kawabata.

   
1955 Nuages flottants
 

(Ukigumo). Avec : Hideko Takamine (Yukiko Koda), Masayuki Mori (Kengo Tomioka), Mariko Okada (Sei Mukai). 2h03

Hiver 1946 : la jeune Yukiko est rapatriée de l'Indochine française, un an après la défaite du Japon. A Tôkyô, elle retrouve Tomioka avec qui elle a eu une liaison torride pendant la guerre. Mais son amant rompt sa promesse : les temps ont changé, il ne peut plus quitter sa femme. Devenue seule au monde, Yukiko survit courageusement au chaos de l'après-guerre sans renoncer à son amour pour Tomioka.

   
1956 Au gré du courant
   
   
1956 Pluie soudaine
  (Shu-u)
   
1958 Anzukko
  Dans un quartier pauvre de Tokyo, Masako Fukuhara est une mère japonaise " typique ", travailleuse et simple, que le destin frappe durement : son mari, blanchisseur, et son fils aîné meurent. Elle reste avec, pour l'aider à vivre, sa fille Toshiko, et ses voisins, en particulier le boulanger et le teinturier, M. Kimura, avec qui elle hésite à se remarier. L'histoire de cette mère est racontée par Toshiko, et se résume dans une suite d'épisodes quotidiens plus ou moins significatifs: la visite de l'oncle médecin, surnommé " le prisonnier " par les enfants, parce qu'il était prisonnier de guerre en Russie, le défilé des musiciens dans les rues; les fêtes du quartier; la visite de la tante, qui vient de passer un examen; un client dont le chapeau est complètement ramolli; une promenade en famille au parc d'attractions. Finalement Mme Fukuhara restera seule avec Toshiko, après le départ de M. Kimura remplacé par un jeune apprenti. Toshiko lui demande;: "Maman, es-tu vraiment heureuse?... Je te souhaite une longue vie!".

   
1958 Nuages d'été
  (Iwashigumo). D'après le roman de Wada Den. Avec : Chikage Awashima (Yae), Michiyo Aratama (Wasuké). 2h08.

Okawa, journaliste, enquête sur les tragiques répercussions dans les campagnes de la réforme agraire initiée quelques années auparavant par l'occupant américain. Il rencontre Yaé, veuve de guerre, dans la grande banlieue rurale de Tokyo. Elle lui raconte l'histoire de sa famille dépossédée par la réforme, et de son frère Wasuké qui tente désespérément de retenir ses fils sur ses derniers lopins de terre.
   
1960 Quand une femme monte l'escalier
   
   
1961 Comme épouse et comme femme
   
   
1962 Chronique de mon vagabondage
   
   
1966 Délit de fuite
 

Avec: Hideko Takamine, Yoko Tsukasa, Kumeko Urabe .1h35.

A la suite de la mort de son fils, écrase par une voiture, une mere cherche à faire éclater la vérite sur les circonstances de l'accident que certains cherchent à cacher.

   
1967 Nuages épars
 

(Midaregumo). Avec : Yuzo Kayama (Shiro Mishima), Yôko Tsukasa (Yumiko), Mitsuko Kusabue (Ayako, sa soeur), Mitsuko Mori (Katsuko), Mie Hama (Teruko), Daisuke Katô (Hayashida), Yoshio Tsuchiya (mari de Yumiko), Yu Fujiki (Ishikawa, mari de Ayako), Tadao Nakamaru (Fujiwara). 1h48.

Rongé par le remords, un homme décide de verser une pension à la veuve de l'homme qu'il a tue accidentellement, et tombe amoureux d'elle.

   

Mikio Naruse est né à Tokyo le 20 août 1905. Issu d'une famille modeste, il découvre dès son plus jeune âge la littérature japonaise. Orphelin très jeune, il quitte l’école à 15 ans et intègre la Shochiku comme accessoiriste, par nécessité plus que par ambition. Il s'ouvre peu à peu au cinéma étranger, notamment européen, mais son inspiration demeure résolument japonaise.

En 1926, devenu assistant réalisateur, il travaille aux côtés de Heinosuke Gosho (qui réalise en 1931 Madame et ma voisine, premier film parlant au Japon). Ce dernier participe en 1930 au montage du premier long-métrage de Naruse, L'Amour c'est la force. Toutefois le jeune réalisateur doit attendre 1932 et la sortie de Réussis, puis de Printemps gâché pour obtenir la reconnaissance de ses pairs.

Prolifique, il alterne comédies et mélodrames (22 films muets de 1930 à 1934) et intègre la Toho (alors Photo Chemical Laboratory) en 1935. Il réalise ainsi son premier film parlant, Trois soeurs au coeur pur, puis l'acclamé Ma femme, sois comme une rose.

Le jeune Akira Kurosawa travaille comme assistant sur Avalanche en 1937. La même année, Mikio épouse la comédienne Sachiko Chiba.

Les premiers films de Naruse révèlent un metteur en scène à l'aise avec la comédie qui, parfois, tend même vers le burlesque ; ils témoignent aussi d'une forte aspiration au bonheur, comme le suggère par exemple la manifeste bienveillance du réalisateur vis-à-vis du progrès.

Mais bien vite le contexte politique et le militarisme envahissant freinent sa carrière, et la guerre y met un terme provisoire. Ces années difficiles vont s'avérer déterminantes dans le regard porté par le cinéaste sur l'humanité. De plus son union malheureuse avec Sachiko, dont naît pourtant un fils, plonge Naruse dans une dépression profonde. La mélancolie s'affirme dès lors au centre de son œuvre.

A partir des années 50, le cinéaste affine sa démarche et se spécialise dans le shomin geki, genre qui vise à dépeindre le quotidien du petit peuple.

Contrairement à la plupart des metteurs en scène de l'époque, il ne se montre guère intéressé par le cinéma de guerre; dans Okuni et Gohei, tourné en 1952, il dresse le portrait d'un samouraï craintif, presque poète, joueur de flûte occasionnel ; son insoumission au code d'honneur des vrais guerriers, son romantisme en font un héros inhabituel, lunaire et poétique.

Tel est le message de ses films : la vie naît des sentiments seuls, qu'il ne faut pas laisser étouffer par des règles et des principes inutiles.

De fait Naruse est un réalisateur engagé. Ses films, sans s’appuyer sur des évènements historiques concrets, constituent une véritable étude des symptômes d’après-guerre.

La famille devient dès lors son thème de prédilection. Dès Le Repas (1951, tiré d'une oeuvre de Hayashi Fumiko), le cinéaste s'attache à dépeindre les crises les plus violentes comme les plus sourdes avec finesse, voire douceur, et une économie d'effets d'une étonnante efficacité. Les mots sont rares, et l’essentiel provient du regard et des gestes, caractéristique probablement héritée de ses débuts dans le cinéma muet.

La parenté avec l'oeuvre intimiste d'Yasujiro Ozu est évidente. A travers l’allégorie de la famille, ses déchirures, ses sacrifices et ses réconciliations, apparaît en filigrane toute une réflexion, parfois violente, sur la société japonaise. Sont ainsi implicitement évoquées la reconstruction ou l’économie instable du pays, à travers la dégradation ou la platitude des relations humaines.

Naruse reste également fidèle à un thème qu’il traitait déjà à ses débuts : la condition féminine. Quel que soit leur âge, les femmes sont les véritables héroïnes du cinéaste, comme en attestent les titres de ses films : Mari et femme, La mère, Frère et sœur mettent en scène des femmes fortes, idéalisées, dotées de la conscience et de la lucidité les plus aiguës. Les hommes, quant à eux, sont régulièrement décrits comme des lâches, des rustres ou tout simplement des êtres inadaptés, en quête de repères.


La Mère résume à lui seul les obsessions et la subtilité de Naruse, proposant une superbe galerie de personnages féminins confrontés à la disparition du fils aîné, puis du père. Avec une économie de moyen et un art de la suggestion peu communs, le cinéaste impose à travers le point de vue d’une adolescente une réflexion cruelle sur les étapes de la vie. On retrouve dans ce film la célèbre actrice Kinuyo Tanaka, mais aussi la fidèle Hideko Takamine.

Le couple est aussi au centre des préoccupations de Naruse, (Un couple, Au gré du courant), souvent décrit à travers le regard des enfants.

Au cours des années 60, le réalisateur reste fidèle à ses obsessions, toujours attaché à dépeindre un univers sobre et poétique où la femme occupe une place essentielle (Quant une femme monte l’escalier en 1960 ou Une vie de femme en 1963). En 1967 sort son dernier portrait de femme, Nuages épars. Naruse meurt le 2 juillet 1969.

Réception publique


Contradictoirement, l'œuvre du cinéaste, teintée d'une sensibilité que l'on serait tenté de qualifier d'européenne, s'est très rarement inspirée de l'Occident. Là où Akira Kurosawa, par exemple, se réapproprie Shakespeare, Gorki ou Dostoëvski pour mettre en scène des contes typiquement japonais, Naruse s'intéresse exclusivement à la littérature de son pays : Saisee Murro, Kawabata Yasunari, et bien sûr la romancière Hayashi Fumiko qu'il adapta à six reprises au cinéma pour Le Repas (1951), L'Éclair (1952), L'épouse (1953), Chrysanthèmes tardifs (1954) et Nuages flottants (1955) est peut-être à l'origine de sa reconnaisance tardive en occident.

Akira Kurosawa et Kenji Mizoguchi sont reconnu dès les années 50, et Yasujiro Ozu en 1978 avec la sortie de Voyage à Tokyo. Naruse devra lui attendre 1993 pour une véritable reconnaissance publique. Certes, Nuages flottants et quelques films sortent dans les années 1983-1985. Mais, l'évènement fondateur est la rétrospective de six films en 1993 : Le Repas (1951), L'Éclair (1952),Frère aîné et sœur cadette (1953), Le grondement de la montagne (1954), Nuages flottants (1955) et Nuages d'été (1958).

La mise en scène de Naruse est parfois comparée à celles de Antonioni et Rossellini car moderne dans sa dédramatisation, ses fins ouvertes et ses personnages saisis dans l'essence du temps quotidien

Si l'univers sociologique et architectural a disparu les rapports homme-femme tels que les analyse Naruse influencent toujours Edward Yang, Hou Hsio-hsien ou Pedro Costa. Chez Naruse le quotidien est différent pour chacun et il analyse ce qui reste et ce qui change pour chacun. Importance aussi de la composition musicale et des scènes où les personnages marchent. Souvent souffrants ces hommes et ces femmes connaissent aussi des moments de joie qui illuminent le cinéma de Naruse.

Bibliographie :

Jean Narboni : Mikio Naruse, les temps incertains, cahiers du cinéma 2006

Ressources internet : Nihon-fr.net , Ecran noir pour nuit blanche

Filmographie partielle :

 

(1905-1969)
89 films
   
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histoire du cinéma : abstraction lyrique
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