En 1953, Mizoguchi (voir : biographie) s'était rendu à Berlin et recevait le Lion d'Argent. En profitant pour regarder la production occidentale, il déclara : "décidément, c'est moi le meilleur". Nulle vanité pourtant chez ce cinéaste qui, en 1956, à la veille de sa mort, ne disait que commencer seulement à comprendre qu'il était cinéaste. Comme il l'exprime dans Les contes de la lune vague , l'artiste doit être utile et travailler, travailler, mais ne travailler qu'à son art.
Celui-ci se traduit souvent par de grands plans-séquences emplis d'indices qui révèlent une situation. Mizoguchi soumet ses plans à un étirement où chaque action est reliée à la suivante pour former une grande ligne d'univers dans laquelle le personnage ou un événement sera porté au sommet de son autonomie et de sa présence intensive.
L'être des personnages ne peut exister que dans l'intensité et la tragédie.
La prédilection de Mizoguchi pour les personnages féminins, la réflexion sur le rôle de l'artiste, l'analyse pénétrante des rapports sociaux à travers les méandres du désir, la sourde révolte contre le féodalisme et le machisme de la société japonaise sont autant de themes au service d'un discours qui met en scène l'opposition entre les aspirations profondes des individus (amour, paix et travail) et la réalité sociale dominée par l'argent qui les soumet à des tentations stériles (guerre, gloire, esthétisation, sexualité brutale) car ils oublient alors la grande ligne d'univers qui lie l'homme à la nature.
Cette thématique est marxiste dans le sens où elle met en scène à la fois le broyage des individus par le social et la représentation qu'ils sont amenés à se construire pour se protéger (souvent une aspiration trop immédiate à la beauté, l'esthétisation, constitue le plus dangereux des pièges).
Mais cette thématique dépasse la critique politique pour atteindre à la tragédie : les personnages tirent leur dignité du caractère immémorial de leur malheur. L'être des personnages ne peut exister que dans l'intensité et la tragédie.
Le mélodrame et le drame social
Des quatre-vingt neuf films de Mizoguchi, seuls quarante-deux sont encore conservés. Quarante-cinq des quarante-sept films muets de la Nikkatsu où il travaille de 1922 jusqu'en 1931 sont en effet perdus. Sont aussi perdus La femme d'Osaka et La vie d'un acteur, datant tous les deux de 1941.
| La cigogne en papier | Mélo | XX | Prostituée | Isuzu Yamada | folle |
| Oyuki, la vierge | D Soc | XIX | Prostituée | Isuzu Yamada | abandonnée |
| Les coquelicots | DSoc | XX | Jeune femme | abandonnée | |
| L'élégie de Naniwa | DSoc | XX | Jeune femme | Isuzu Yamada | abandonnée |
| Les soeurs de Gion | DSoc | XX | Prostituée | Isuzu Yamada | abandonnée |
| Contes des chrys. tardifs | Mélo | XX | Théâtre | morte | |
| Les 47 ronins | D Psy | VII | Guerrier | ||
| L' épée Bijomaru | D psy | Guerrier | Isuzu Yamada | ||
| Cinq femmes autour d'Utamaro | D psy | XVIII | peintre | Kinuyo Tanaka | morte |
| L'amour de l'actrice Sumako | Mélo | Théâtre | Kinuyo Tanaka | morte | |
| Femmes de la nuit | Mélo | Prostituée | Kinuyo Tanaka | ||
| Flamme de mon amour | D psy | XIX | Politique | Kinuyo Tanaka | |
| Mademoiselle Oyu | Mélo | XIX | jeune femme | ||
| La dame de Musashino | D Psy | XX | bourgeoise | Kinuyo Tanaka | morte |
| La vie d'Oharu | Mélo | XVII | Prostituée | Kinuyo Tanaka | |
| Les contes de la lune vague | D Psy | XVI | artisant | Kinuyo Tanaka | morte |
| Les musiciens de Gion | DSoc | Prostituée | |||
| L'intendant Sansho | Mélo | XI | Kinuyo Tanaka | ||
| Une femme dont on parle | D Psy | XX | Prostituée | Kinuyo Tanaka | |
| Les amants crucifiés | Mélo | XVII | Kinuyo Tanaka | ||
| L'impératrice Yang-Kwei-fei | VII | Machiko Kyô | |||
| Le héros sacrilège | XI | Guerrier | |||
| La rue de la honte | DSoc | XX | Prostituée | Machiko Kyô |
De l'indice d'une situation à la grande ligne d'univers
Souvent chez Mizoguchi tout part du "fond", c'est à dire du morceau d'espace réservé aux femmes, "le plus au fond de la maison", avec sa mince charpente et ses voiles. Dans Les amants crucifiés, c'est tout un jeu dans les chambres de femmes qui inaugure l'action, c'est à dire la fuite de l'épouse. Et certes, déjà dans la maison, tout un système de connexions s'exerce grâce aux cloisons coulissantes, amovibles. Mais c'est en rapport avec la rue que s'établit d'abord le problème du raccordement d'un morceau d'espace à un autre, et, plus généralement, entre deux morceaux d'espace, beaucoup de vides médians interviennent, un personnage ayant déserté le cadre, ou la caméra abandonnée le personnage.
Un plan définit une aire restreinte, comme la portion visible du lac envahi par le brouillard dans Les contes de la lune vague ; ou bien une colline barre l'horizon, et le paysage d'un plan à un autre exclut le fondu, affirme une contiguïté qui s'oppose à la continuité. On ne parlera pourtant pas d'un espace morcelé, bien qu'il s'agisse d'une séparation constante. Mais chaque scène, chaque plan doivent porter un personnage ou un événement au sommet de son autonomie, de sa présence intensive.
Mizoguchi filme presque toujours en légère plongée et d'assez loin pour que toute la scène se déroule dans un espace où les mouvements des personnages seront l'expression de leur sentiment. Ce sont les personnages qui sont à l'origine des mouvements d'appareils. Le gros plan et le travelling-avant sont interdits, ils seraient une immixtion insupportable dans le jeu des personnages.
Le champ-contrechamp est jugé artificiel. Il n'existe pas de hors champ car la démonstration des représentations intérieures est implacable : il n'y a pas d'hypothétique extérieur qui viendrait, un peu au hasard contrarier les héros, mais des projections brutales de leur intellect. Si un personnage exprime un désir, il est immédiatement mis en échec par une force contraire ou alors il se réalise et se matérialise dans le milieu de l'image. Dans Les contes de la lune vague, la barque, qui matérialise les angoisses des fuyards, surgit d'un nuage de brume et disparaît de même. L'effet visuel est superbe.
De même, lorsque le potier contemple le kimono qu'il veut offrir à sa femme, on le voit imaginer la joie de celle ci à son retour. Mais se rendant compte que sa femme est trop vulgaire pour ce costume, il souhaite mieux. Il se retourne et apparaît alors une princesse. Elle se révélera être un fantôme et, encore une fois, la pure projection de son désir. Le jeu sur l'illusion (il imagine la joie de sa femme) et la réalité (il désire le remplacement de sa femme par une princesse) atteint une complexité à la fois dramatique et plastique puisque la réalité du désir conduit à fuir cette réalité dans l'artifice (fantôme). Enfin, si un personnage apparait dans le champ, c'est qu'il est concerné par l'action qui s'y passe. Le champ est un champ de forces qui construit ou déconstruit les rapports entre les personnages.
Au-delà du raccordement de proche en proche, le problème est celui d'une connexion généralisée des morceaux d'espace. Quatre procédés concourent à cet effet, qui définissent autant une métaphysique qu'une technique :
Et c'est ce qui est essentiel dans ce que l'on a appelé les mouvements extravagants de caméra chez Mizoguchi : le plan-séquence assure une sorte de parallélisme des vecteurs orientés différemment, et constitue ainsi une connexion des morceaux d'espace hétérogènes, conférant une homogénéité très spéciale à l'espace ainsi constitué. Son immensité vient de la connexion des morceaux qui le composent, de la mise en parallèle de vecteurs différents (et qui maintiennent leurs différences), de l'homogénéité qui en se forme qu'au fur et à mesure. D'où l'intérêt que Mizoguchi, à la fin de sa vie, éprouvait pour le cinémascope, son pressentiment qu'il pourrait en tirer des nouvelles ressources en fonction de sa conception de l'espace.
J.L.L. (mise à jour le 19/09/2006 ; merci à Borges et au forum des Cahiers)
Bibliographie :
| 1922 | Le jour où revit l’amour |
| (Ai ni yomigaeru hi) | |
| 1923 | Pays natal |
| (Kokyo) | |
| 1923 | Rêves de jeunesse |
| (Seishun no yumeji) | |
| 1923 | La ville de flamme et de passion |
| (Joen no chimata) | |
| 1923 | Triste est la chanson des vaincus |
| (Haizan no uta wa kanashi) | |
| 1923 | Une aventure d’Arsène Lupin |
| (813) | |
| 1923 | Le port des brumes |
| (Kiri no minato) | |
| 1923 | Dans les ruines |
| (Haikyo no naka) | |
| 1923 | La nuit |
| (Yoru) | |
| 1923 | Le sang et l’âme |
| (Chi to rei) | |
| 1923 | Le chant du col |
| (Toge no uta) | |
| 1924 | Le triste idiot |
| (Kanashiki hakuchi) | |
| 1924 | La mort à l’aube |
| (Akatsuki no shi) | |
| 1924 | La reine des temps modernes |
| (Gendai no jo-o) | |
| 1924 | Les femmes sont fortes |
| (Josei wa tsuyoshi) | |
| 1924 | Le monde ici-bas |
| (Jin kyo) | |
| 1924 | A la recherché d’une dinde |
| (Shichimencho no yukue) | |
| 1924 | Contes de la pluie fine |
| (Samidare zoshi) | |
| 1924 | La femme de joie |
| (Kanraku no onna) | |
| 1924 | La reine du cirque |
| (Kyokubadan no jo-o) | |
| 1925 | La mort du policier Ito |
| (A, a tokumukan kanto) | |
| 1925 | Pas d’argent, pas de combat |
| (Uchen-Puchan) | |
| 1925 | Après les années d’études |
| (Gakuso o idete) | |
| 1925 | Le sourire de notre terre |
| (Daichi wa hohoemu) | |
| 1925 | La plante du lys blanc |
| (Shirayuri wa nageku) | |
| 1925 | Au rayon rouge du soleil couchant |
| (Akai yuhi ni terasarete) | |
| 1925 | Croquis de rue |
| (Gaijo no suketchi) | |
| 1925 | L’homme |
| (Ningen) | |
| 1925 | La chanson du pays natal |
| (Furusato no uta). Premier des deux films conservés de Kenji Mizoguchi sur les 47 pour la Nikkatsu où il travaille de 1922 jusqu'en 1931 avec une vingtaine de minutes de La marche de Tokyo (1929). |
|
| 1926 | L’histoire du general Nogi et de M. Kuma |
| (Nogi taisho to Kumasan) | |
| 1926 | Le roi de la monnaie de cuivre |
| (Doka o) | |
| 1926 | Le murmure printanier d’une poupée de papier |
| (Kaminingyo haru no sasayaki) | |
| 1926 | Ma faute, nouvelle version |
| (Shin onoga tsumi) | |
| 1926 | L’amour fou d’une maîtresse de chant |
| (Kyôren no onna shishô) | |
| 1926 | Les enfants du pays maritime |
| (Kaikoku danji) | |
| 1926 | L’argent |
| (Kane) | |
| 1927 | La faveur impériale |
| (Ko-on) | |
| 1927 | Coeur aimable |
| (Jihi shincho) | |
| 1928 | La vie d’un homme |
| (Hito no issho) | |
| 1928 | Quelle charmante fille |
| (Musume kawaiya) | |
| 1929 | Le pont Nihon |
| (Nihon bashi) | |
| 1929 | Le soleil levant brille |
| (Asahi wa kagayaku) | |
| 1929 | La marche de Tokyo |
| (Tokyo koshin-kyoku) | |
| 1929 | La symphonie de la grande ville |
| (Tokai kokyogaku) | |
| 1930 | Le pays natal |
| (Fujiwara Yoshie no furusato) | |
| 1931 | O’Kichi, l’étrangère |
| (Tojin okichi) | |
| 1931 | EIles avancent malgré tout |
|
(Shikamo karera wa yuku). Film perdu. Mizoguchi montrait une femme qui en arrive à se prostituer pour assurer sa survie et, selon le scénariste, loin d'en éprouver de la honte en est fière parce que c'est un combat que la femme doit mener pour survivre dans cette société de classe. |
|
| 1932 | Les dieux de notre temps |
| (Toki no ujigami) | |
| 1932 | A l’aube de la fondation de la Manchourie |
| (Manmo kenkoku no reimei) | |
| 1933 | Le fil blanc de la cascade |
| (Taki no shiraito) | |
| 1933 | La fête de Gion |
| (Gion matsuri) | |
| 1934 | Vents sacrés |
| (Jinpu-ren) | |
| 1934 | Le col de l’amour et de la haine |
| (Aizo toge) Avec : Isuzu Yamada (Outa), Hiroshi Murata (Fukada), Daijirô Natsukawa (Morita), Denmei Suzuki (L'inspecteur Ogata). | |
| 1935 | La cigogne en
papier |
|
(Orizuru Osen). Avec : Isuzu Yamada (Osen), Daijirô Natsukawa (Sokichi Hata), Mitsusaburô Ramon (Ukiki). 1h27. Sokichi quitte son village pour faire des études de médecine. Obligé de devenir serviteur pour ne pas mourir de faim, il rencontre une belle prostituée, Osen, qui le prend en pitié. Celle-ci, contrainte de participer aux activités douteuses d’une bande de voyous dirigée par Matsuda, un maquereau, qui escroque la plupart de ses clients... |
|
| 1935 | Oyuki, la vierge
|
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(Maria no Oyuki). Avec : Isuzu Yamada (Oyuki), Komako Hara (Okin), Yoshisuke Koizumi (Gisuke), Eiji Nakano (Kensuke Sadowara). Fuyant l'armée gouvernementale, un groupe de bourgeois se voit contraint de voyager avec deux prostituées. Ils sont fait prisonniés par un commandant qui les méprise. Il les oblige à lui sacrifier leur fille puis renonce aux avences de l'une des prostituées avant de tomber amoureux de la seconde... |
|
| 1935 | Les coquelicots |
|
(Gubijinsô). Avec : Yukichi Iwata (Tomotaka Inoue), Kuniko Miyake (Fujio Kono), Daijirô Natsukawa (Hajime Munechika). Un jeune et brillant répétiteur hésite entre le devoir : épouser la fille du professeur qui lui a tout donné, et l'amour réciproque qu'il éprouve envers une jeune héritière : ils se sacrifieront tout les deux. |
|
| 1936 | L'élégie
de Naniwa |
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ou Elegie d'Osaka. (Naniwa erejî). Avec : Isuzu Yamada (Ayako Murai), Yôko Umemura (Sumiko Asai).1h11. Sonosuke Asai, le directeur d'une puissante société pharmaceutique veut faire de Ayako, une jeune standardiste, sa maîtresse pour défier sa femme qui le méprise. Refusant tout d'abord ses avances, Ayako consent finalement à devenir sa maîtresse, afin de pouvoir éponger les dettes de son père.. |
| 1936 | Les soeurs de Gion
|
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(Gion no shimai). Avec : Isuzu Yamada (Omocha, la geisha), Yôko Umemura (Umekichi, sa sœur aînée), Benkei Soganoya (Shinbê Furusawa), Kazuko Kuno (Oemi, son épouse), Eitarô Shindô (Sangarô Kudô). 1h09. Deux surs, geishas l'une et l'autre, ont des conceptions opposées de leurs rapports avec les hommes. L'aînée, traditionnelle, est amoureuse de l'un de ses clients, Furusawa. Celui-ci a fait faillite. Abandonnant sa famille, il vit aux crochets de sa maîtresse. La cadette, Omocha, convaincue de n'être qu'un jouet entre les mains des hommes, entend leur rendre la pareille... |
| 1937 | L'impasse de l'amour et de la haine |
| (Aien kyo) | |
| 1938 | Le chant de la caserne |
| (Roei no uta) | |
| 1938 | Ah ! le pays natal |
| (Aa kokyo) | |
| 1939 | Contes
des chrysanthèmes tardifs |
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(Zangiku monogatari). Avec Shôtarô Hanayagi (Kikunosuke Onoue), Kakuko Mori (Otoku), Kôkichi Takada (Fukusuke Nakamura). 2h22. Kikunosuke Onoue, sixième du nom, est un jeune acteur de kabuki, héritier d'une longue tradition. Il remporte beaucoup de succès auprès des jeunes filles, mais ne se rend pas compte que ce succès est dû surtout à son nom. C'est Otoku, la bonne de la famille, qui le lui fait comprendre, et l'incite à cultiver son art afin d'être digne de ce nom. Une amitié proche de l'amour va bientôt lier Kikunosuke et Otoku, mais la famille, scandalisée de cette relation, renvoie Otoku. |
| 1941 | La femme d'Osaka |
| (Naniwa onna) - Film perdu | |
| 1941 | La vie d'un acteur |
| (Geido ichidai otoko) - Film perdu | |
| 1942 | Les 47 ronins |
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(Genroku chushingura); Avec : Yoshizaburo Arashi (Takuminokami Asano), Utaemon Ichikawa (Tsunatoyo Tokugawa). 2h21. Sous le règne de l'empereur Tokugawa en 1701, le shogun Tsunayoshi contrôle la province d'Edo. Afin de recevoir dignement son empereur, il désigne deux seigneurs Asano et Date comme ses représentants et l'officiel Kira pour superviser le tout. Ce dernier connu vil et avide provqque la colère d'Asano... |
| 1944 | Trois génération de Danjuro |
| (Danjuro sandai) | |
| 1945 | Chanson de la victoire |
| (Hisshoka). Avec : Hiroyuki Nagato (Yuichi), Mieko Takamine (Nobue), Reikichi Kawamura (Le père de Yuichi), Isamu Kosugi (Okawa), Koji Mitsui (Kawanishi), Tatsuo Saito (Nakamura), Takeshi Sakamoto (Le père de Nobue). | |
| 1945 | Histoire du samouraï Musashi Miyamoto |
| (Miyamoto Musashi) | |
| 1945 | L' excellente épée
Bijomaru |
|
(Meito bijomaru). Avec : Shôtarô Hanayagi (Kiyone Sakurai), Kan Ishii (Kiyotsugu), Eijirô Yanagi (Kiyohide Yamatomori), Ichijirô Oya (Kozaemon Onoda), Isuzu Yamada (Sasae Onoda). 1h06. Kiyone Sakurai a confectionné un sabre pour son protecteur qui l'élève avec son frère cadet depuis qu'il est orphelin. Ravi de la rapidité de son protégé, Kozaemon Onoda s'empare du sabre pour escorter le shogoun. Mais quand celle-ci est attaquée par des rebelles, le sabre de Onoda se désolidarise du manche et il ne peut assister qu'impuissant à l'attaque. Même si l'on juge qu'il n'a pas démérité, il est banni de l'entourage du seigneur... |
|
| 1946 | La victoire d'une femme |
| (Josei no shôri) Avec : Kinuyo Tanaka (Hiroko Hosokawa), Michiko Kuwano (Michiko), Mitsuko Miura (Moto Asakura), Shin Tokudaiji (Keita Yamaoka) .1h24. | |
| 1946 | Cinq
femmes autour d'Utamaro |
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(Utamaro o meguru gonin no onna). Avec: Minosuke Bandô (Utamaro), Kinuyo Tanaka (Okita), Kôtarô Bandô . 1h46. Au XVIIIe siècle, Kitagawa Utamaro, peintre reconnu, entretient avec ses différents modèles féminins des rapports ambigus, dans un tourbillon passionnel qui va bientôt le dépasser. |
| 1947 | L'amour
de l'actrice Sumako |
|
(Joyû Sumako no koi) . Avec : Kinuyo Tanaka (Sumako Matsui), Sô Yamamura (Hôgetsu Shimamura). 1h36. Le jeune écrivain Shimamura est à la recherche d'une comédienne pour jouer le rôle principal de la pièce d'Ibsen "La maison de poupée". Il rencontre alors Sumako, belle apprentie comédienne et épouse insatisfaite. Tous deux tombent amoureux et Sumako triomphe à chaque représentation, mais leurs rapports troublent la société des professeurs de lettres... |
|
| 1948 | Femmes de la nuit
|
|
(Yoru no onnatachi) Avec : Kinuyo Tanaka (Fusako Owada), Sanae Takasugi (Natsuko Kimijima). Osaka, 1948. Fusako Owada, apprend que son mari est mort à la guerre alors que son fils est mourant, victime de la tuberculose. Elle devient la maîtresse d’un riche patron, mais celui-ci lui préfère bientôt sa sœur. Elle sombre alors dans la prostitution... |
|
| 1949 | Flamme
de mon amour |
|
(Waga koi wa moenu). Avec Kinuyo Tanaka (Eiko Hirayama), Mitsuko Mito (Chiyo), Kuniko Miyake (Toshiko Kishida), Ichirô Sugai (Kentaro Omoi). 1h36. Une militante du parti libéral quitte sa famille pour aller vivre à Tokyo et se lancer dans la politique. « Les années 40 ne marquent pas seulement une étape charnière dans l’œuvre de Mizoguchi mais contiennent de véritables diamants bruts qui en disent long sur la cohérence de sa filmographie et la maîtrise qu’avait déjà atteinte sa mise en scène. Dans une veine militante, "Flamme de mon amour" dresse un portrait de femme combative, à la pointe du féminisme, face à laquelle les hommes dits révolutionnaires ne se révèlent pas à la hauteur de leurs convictions. » (Les Inrockuptibles) |
|
| 1950 | Le destin
de madame Yuki |
|
(Yuki fujin ezu). Avec : Michiyo Kogure (Yuki Shinano), Ken Uehara (Masaya Kikunaka), Eijirô Yanagi ( Naoyuki Shinano), Yoshiko Kuga ( Hamako Abe). 1h28. Fille unique d'une vieille famille de la noblesse, Shinano Yuki est une femme délicate et intelligente. Cependant, celle-ci est très malheureuse car son mari, Naoyuki, brutal et autoritaire, la trompe ouvertement, allant jusqu'à amener une de ses maîtresses, Ayako, chez lui. .. |
|
| 1951 | Mademoiselle
Oyu |
|
(Oyû-sama). Avec : Kinuyo Tanaka (Oyû Kayukawa), Nobuko Otowa (Shizu), Yuji Hori (Shinnosuke Seribashi), Kiyoko Hirai (Osumi). 1h34. A Kyoto, pendant l'ère Meiji. Oyu s'est mariée à un membre de la famille Kayukawa. Mais son mari meurt soudain, la laissant avec un jeune fils, Hajime. Sa soeur cadette, Oshizu, qu'elle aime beaucoup, a été promise en mariage à un certain Shinnosuke Seribashi et elle l'accompagne pour sa première rencontre avec lui. Mais, lorsqu'il les voit toutes les deux, Shinnosuke éprouve une attirance plutôt pour Oyu que pour Oshizu... |
|
| 1952 | La dame de Musashino
|
|
(Musashino fujin). Avec : Kinuyo Tanaka (Michiko Akiyama), Masayuki Mori (Tadao Akiyama), Sô Yamamura (Eiji Ono), Yukiko Todoroki (Tomiko Ono). Après la fin de la guerre, deux couples vivent à l'aise dans la plaine de Musashino, près de Tokyo : l'écrivain Tadao Akiyama et sa femme Michiko, ainsi qu'Eiji Ono, le cousin de cette dernière, et sa femme Tomiko. Michiko s'ennuie dans cette petite ville, au milieu de la société d'après-guerre, et s'acharne à conserver la propriété laissée par son père. Le retour de Tsutomu, un jeune cousin de Michiko, dont elle s'éprend, provoque des rapports d'affection et de jalousie entre ces personnages très liés... |
|
| 1952 | La vie
d'Oharu femme galante |
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(Saikaku ichidai onna). Avec : Kinuyo Tanaka (Oharu), Tsukie Matsuura (la mère d'Oharu), Ichirô Sugai (le père d'Oharu). Au XVIIeme siècle, dans un temple rempli de statues du Bhoudha dont l'une lui rapelle les traits de son premier amant, Oharu, vieille prostituée encore en activité, se remémore sa vie. Jeune fille de petite noblesse, elle devait épouser un jeune seigneur du voisinage. Mais elle avait cédé aux avances d'un homme au service de ce seigneur, et de plus basse extraction qu'elle... |
| 1953 | Les contes
de la lune vague après la pluie |
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(Ugetsu monogatari). Avec : Masayuki Mori (Genjurô), Machiko Kyô (Lady Wakasa), Kinuyo Tanaka (Miyagi), Eitarô Ozawa (Tôbei), Ikio Sawamura (Genichi), Mitsuko Mito (Ohama), Kikue Môri (Ukon). A la fin du XVIe siècle, le Japon est ravagé par les guerres intérieures. Dans un petit village près du lac Biwa, vivent pauvrement le potier Genjuro et le paysan Tobei, avec leurs épouses respectives, Miyagi et Ohama. Chacun des deux hommes poursuit son rêve d'enrichissement ou de gloire... |
| 1953 | Les musiciens
de Gion |
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(Gion bayashi). Avec : Michiyo Kogure (Miyoharu), Ayako Wakao (Eiko), Seizaburô Kawazu (Kusuda). 1h25 A Kyoto, quelques années après la guerre, Eiko Sawamoto veut devenir "Maiko" (geisha de haut niveau), son père ne pouvant l'aider à faire ses études. Elle demande à Miyoharu, geisha amie de son père, de l'aider, et celle-ci accepte, non sans réticences... |
| 1954 | L'intendant Sansho
|
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(Sansho dayu). Avec : Kinuyo Tanaka (Tamaki), Yoshiaki Hanayagi (Zushiô), Kyôko Kagawa (Anju), Eitarô Shindô (Sanshô dayû), Akitake Kôno (Taro) Masao Shimizu (Masauji Taira). Le Japon du XIème siècle. Une femme, Tamaki, traverse la forêt avec son fils de treize ans, Zushio, sa fille de huit ans, Anju et une servante. Six ans auparavant, son mari, gouverneur de la province de Putsu, a été exilé pour avoir pris le parti de paysans dont on exigeait un trop lourd tribut. |
| 1954 | Une femme
dont on parle |
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(Uwasa na onna). Avec : Kinuyo Tanaka (Hatsuko Mabuchi), Tomoemon Otani (Kenji Matoba), Yoshiko Kuga . 1h23. La rivalité entre Yukiko, étudiante en musique, et sa mère Hatsuko, tenancière d'une maison de prostitution. Elles aiment toutes les deux le même homme, Kenyô, mais c'est la jeunesse de Yukiko qui l'emportera. L'héroïne devient par la force des choses ce qu'elle a haï par dessus-tout, ce qui condamne ses espoirs de bonheur. |
| 1954 | Les amants crucifiés
|
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(Chikamatsu monogatari). Avec : Kazuo Hasegawa (Mohei), Kyôko Kagawa (Osan), Eitarô Shindô (Ishun) . 1h42. Le Japon en 1684. Ishun, le grand fabricant de calendriers de Kyoto, est un quinquagénaire vaniteux et arrogant. Il a épousé en secondes noces une jeune et jolie femme, Osan, fille d'un marchand drapier qui a eu des revers de fortune. Sa famille faisant appel à elle pour l'aider financièrement, Osan se trouve dans une situation difficile car elle sait qu'elle n'obtiendra rien de son mari. Elle s'adresse à Mohei, un jeune calligraphiste de la fabrique, en qui elle a toute confiance... |
| 1955 | L'impératrice
Yang-Kwei-fei |
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(Yokihi). Avec : Machiko Kyô (Yang Kwei-fei), Masayuki Mori (L'Empereur Xuan Zong), Sô Yamamura (An Lushan), Eitarô Shindô (Kao Li-hsi). 1h38. Dans la Chine du VII siècle, l'empereur Hsuan Tsung ne parvient pas à se consoler de la perte de son épouse Wu Hui, qu'il aimait profondément. Il se consacre à la pratique de la musique, délaissant les charges de l'Etat. Son entourage tente de le distraire en lui présentant, en vain, les plus belles jeunes filles du pays. C'est alors que le général An Lu-Shan, amateur de femmes et assoiffé de pouvoir, remarque la grande beauté de l'une des cousines de Chao, dont il se sert comme simple servante... |
| 1956 | Le héros
sacrilège |
![]() |
(Shinheike monogatari). Avec : Narutoshi Hayashi (Taira Torodai), Raizô Ichikawa (Taira Kiyomori). 1h48. Dans le Japon du XIe siècle, le pouvoir est divisé, et l'ordre impérial s'appuie sur les samouraïs dirigés par le clan Taïra. Tadamori, le chef du clan se fraie un chemin difficile dans les milieux de la cour, qui répugne à reconnaître les mérites des hommes de guerre. Pourtant, il parvient à gagner l'estime qu'il mérite en prenant part au règlement des conflits qui opposent la cour à plusieurs grands temples de Kyoto. ... |
| 1957 | La rue de la honte
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(Akasen chitai). Avec : Machiko Kyô (Mickey), Aiko Mimasu (Yumeko), Ayako Wakao (Yasumi), Michiyo Kogure (Hanae), Kumeko Urabe (Otane), Yasuko Kawakami (Shizuko), Hiroko Machida (Yorie). 1h27. Tandis que l'on débat au Parlement de l'interdiction ou non de la prostitution au Japon, plusieurs prostituées mènent une vie agitée dans une "maison" de Yoshiwara, le quartier des plaisirs traditionnels de Tokyo. La plus spectaculaire est sans doute "Mickey", une fille ostensiblement américanisée qui est là pour fuir ses parents et oublier sa liaison avec un G.I. américain. Mais ses compagnes ont souvent une raison plus précise pour vendre leur corps aux clients réguliers ou de passage... |
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(1898 - 1956)
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| histoire du cinéma : L'image-situation | ||