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En
1913, au Mexique, un pauvre "péon", Juan Miranda, vient d'attaquer
une diligence avec ses enfants lorsque surgit un motocycliste bardé
d'explosifs : c'est l'Irlandais Sean Mallory, expert en dynamite, recherché
par le gouvernement britannique pour ses activités révolutionnaires.
Juan tente de le convaincre de s'associer avec lui pour dévaliser la
banque de Mesa Verde ; mais comme Sean préfère attaquer une mine
d'or, Juan ira jusqu'à la dynamiter afin de forcer son compagnon à le suivre.
Dans le train qui le conduit à Mesa Verde, Juan, démasqué
par la police, est secouru par le docteur Villega, un partisan de Pancho Villa.
Tandis que les hommes de Villega détournent l'attention des troupes
fédérales, Sean et Juan attaquent la banque qui se révèle
plus riche en prisonniers politiques qu'en lingots d'or. Juan devient, bien
malgré lui, un héros de la Révolution. Entraîné
par l'Irlandais, il continue la lutte. Au cours d'une action de guerilla,
les six enfants du péon trouvent la mort.
Villega, arrêté par le colonel Guttierrez, dénonce ses compagnons. Sean, qui a surpris ses aveux, sauve Juan du massacre qui s'ensuit. Sean se souvient de l'Irlande, de la femme qu'il aimait et de l'ami qui l'a dénoncé. En désespoir de cause, les deux acolytes décident de gagner le territoire américain. Le gouverneur Don Jaime voyage dans le même train. Juan l'abat et s'empare de sa fortune. Au cours de la nuit, le convoi est attaqué par les forces de libération. Le train déraille, les wagons bourrés d'explosifs sautent. C'est dans ce décor d'apocalypse que Sean trouve la mort, laissant son ami désespéré.
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En faisant de son film un cri de révolte contre l’idéal intellectuel de révolution, Leone se placer en porte-à-faux des concepts à la mode au début des années 70.
Jamais le réalisateur ne se sera identifié à un personnage comme il le fait ici avec Juan – qui lui ressemble même physiquement et en caractère (bon vivant, entier, colérique). Leone montre par ce biais qu’il choisit explicitement le camp des « petits », manipulés et sacrifiés pour des raisons qui les dépassent et dont ils n’ont au final que faire.
Dans Il était une fois la révolution, les séquences les plus impressionnantes sont la découverte d’un charnier de résistants dans une grotte et un long plan-séquence décrivant le nettoyage d’une ville par l’armée. Autant de scènes qui arrivent toujours juste après des morceaux de bravoure typiquement leoniens (évasion de dernière minute, destruction d’un pont stratégique) et qui réduisent à néant l’euphorie provoquée par ces derniers afin de rappeler la cruauté de la situation.
Le dernier plan, avec la surimpression du titre original du film sur le visage désemparé et perdu de Juan, résume toute la hargne et le pessimisme de Leone. « Duck you sucker » peut en effet se traduire en français par « Baisse la tête connard », ou au sens figuré par « T’occupe pas de ça et mêle-toi de tes affaires » - soit l’attitude prônée par Leone vis-à-vis du combat révolutionnaire et politique.
Source : Erwan Desbois pour Ecran large