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"Mauvais souvenirs, soyez pourtant les bienvenus...Vous êtes ma jeunesse lointaine". Juin 1942, Paris est occupée. Les soldats allemands defilent place de l'étoile etdescendent les champs-Elisées.
Générique.
20 octobre 1942. Philippe Gerbier "41 ans, ingénieur distingué des Ponts et Chaussées, esprit vif, caractère indépendants, attitude distante et irronique, à matter, semble avoir des relations, à ménager, soupçonné de pensées gaullistes", est arrêté par la police de Vichy et placé dans un camp de prisonniers qui n'avait pas servi depuis la première guerre où sont rassemblés Russes, Polonais, Juifs, Gitans, Yougoslaves, Roumains, Tchèques, Allemands et italiens anti nazi. Alors qu'il est sur le point de s'évader avec la complicité de Legrain, un jeune communiste, les autorités françaises remettent Gerbier à la Gestapo qui le transfère à Paris pour un interrogatoire à l'hôtel Majestic. Gerbier réussit à s'échapper avec l'aide d'un résistant anonyme et d'un coiffeur qui lui laisse son manteau pour échapper aux poursuites, puis retourne à Marseille où est basé le réseau qu'il dirige.
Le bras droit de Gerbier, Félix Lepercq, a identifié le jeune Paul Dounat comme le traître qui a dénoncé son chef. Avec l'aide de Guillaume Vermersch, dit « Le Bison », un colosse d'une loyauté absolue et ancien de la Légion, Félix et Gerbier conduisent Paul dans une maison inhabitée de Marseille pour l'y exécuter. Ils y retrouvent Claude Ullmann, dit "Le Masque" », un jeune résistant désireux de faire ses preuves dans une mission difficile. Cependant, l'exécution de Paul, prévue au pistolet, s'avère impossible car une famille a emménagé la veille dans la maison voisine et ne manquerait pas d'entendre les coups de feu. Ayant cherché en vain une autre méthode, Gerbier ordonne à ses hommes de l'aider à étrangler leur captif. Le Masque recule devant la manière de l'exécution, laquelle est pour lui une première, mais Gerbier le rabroue durement et lui confie avec une pointe d'émotion que c'est la première fois pour lui aussi. Le Masque se reprend et les trois hommes mènent à bien leur sinistre besogne.
Marqué par l'exécution, Félix arrive dans un bar et tombe sur un ancien camarade d'escadrille, Jean-François Jardie, un homme séduisant et athlétique, amoureux du risque, mais discret et fiable. Ce dernier accepte l'offre de Félix de s'engager dans la Résistance, à la fois par ennui et par goût de l'aventure. Il mène ensuite avec succès plusieurs opérations d'importance croissante. Lors de sa première mission à Paris, Jean-François fait la connaissance de Mathilde qui, sous l'apparence d'une ménagère anonyme, est en fait une pièce maîtresse du réseau de Gerbier à l'insu de son mari et de sa fille. Sa mission accomplie, Jean-François rend une visite-surprise à son frère aîné Luc, qu'il surnomme « Saint-Luc », philosophe de renom qui mène une vie érudite et contemplative dans son hôtel particulier du 16e arrondissement. N'ayant pas vu son frère depuis longtemps, et ne se sentant plus assez proche de lui, Jean-François résiste à la tentation de lui faire connaître son engagement.
Gerbier, qui s'est installé à Lyon, prépare avec Félix son voyage au quartier général de la France libre à Londres. Il doit embarquer de nuit dans un sous-marin britannique dans la calanque marseillaise d'En-Vau avec un groupe d'aviateurs abattus. Jean-François et Le Bison assureront la sécurité de l'opération. Au dernier moment, Gerbier informe Félix que le Grand Patron, le chef de leur groupe, dont l'identité est un secret jalousement gardé, sera lui aussi du voyage. Après que tous les autres ont embarqué, Jean-François conduit le Grand Patron jusqu'au sous-marin dans l'obscurité totale, puis retourne à terre sans jamais avoir vu son passager. Ce n'est que lorsque celui-ci est à bord que la lumière se fait sur le Grand Patron, qui n'est autre que son frère, Luc Jardie.
À Londres, Gerbier reçoit un appui logistique renforcé pour son réseau et Luc Jardie est fait Compagnon de la Libération en privé par Charles de Gaulle lui-même. Gerbier écourte cependant son séjour lorsqu'il apprend l'arrestation de Félix par la Gestapo. Parachuté en France, il est abrité près d'Annecy en toute connaissance de cause par le baron de Ferté-Talloire, royaliste convaincu qui déteste l'occupant encore plus que la République. En l'absence de Gerbier, Mathilde a pris le commandement et se révèle un chef exceptionnel. Elle a appris que Félix est détenu sous garde renforcée par la Gestapo à Lyon et met au point un audacieux plan d'évasion : à bord d'une fausse ambulance, elle affirmera avoir été envoyée pour ramener Félix à Paris. Il faut auparavant prévenir Félix pour garantir le succès du plan ; mais Mathilde, malgré toute son ingéniosité, n'en trouve pas le moyen. Secrètement, Jean-François, qui a assisté en silence à toutes les discussions, rédige une lettre de démission à Gerbier et se dénonce à la Gestapo par une lettre anonyme, avec l'espoir d'être enfermé avec son ancien camarade de régiment. Après interrogatoire et passage à tabac, Jean-François est effectivement mis dans la même cellule que Félix qui est dans un état critique à la suite des tortures dont il a fait l'objet.
Mathilde, ignorant tout du geste de Jean-François, convainc tout de même Gerbier de mettre le plan à exécution à condition que celui-ci ne participe pas à l'opération. Déguisée en infirmière militaire allemande et accompagnée du Bison et du Masque, eux aussi en uniforme allemand, Mathilde se présente en ambulance à la prison lyonnaise de Félix, porteuse d'un ordre contrefait pour le transfert de Félix à Paris. Déjouant le contrôle d'entrée du camp grâce à un allemand parfait, l'ambulance de Mathilde pénètre dans la cour centrale de la prison, au vu de Jean-François. Le médecin militaire de la prison examine Félix dans sa cellule et le déclare intransportable, confiant à Jean-François puis à Mathilde qu'il ne survivra pas à ses blessures. Mathilde n'a alors d'autre choix que de prendre la nouvelle avec flegme et de repartir bredouille. Voyant que l'opération échoue, Jean-François propose à Félix son unique pilule de cyanure pour lui donner la possibilité d'abréger ses souffrances en se suicidant, tout en lui faisant croire qu'il en a plusieurs.
Serré de plus en plus près par la Gestapo qui a arrêté et exécuté Ferté-Talloire et son personnel sans jugement, Gerbier retrouve Mathilde dans un restaurant de Lyon. Celle-ci l'implore de fuir à Londres, mais Gerbier refuse devant le besoin d'organiser le commandement des nombreux maquis qui se sont formés dans la région. Alors que Mathilde quitte le restaurant, Gerbier est pris dans une descente de police fortuite contre la fraude aux tickets de rationnement. Reconnu et remis aux Allemands, Gerbier est conduit avec d'autres prisonniers dans le long couloir d'un champ de tir, où un officier SS leur explique la règle du « jeu ». Une mitrailleuse est en batterie juste derrière les prisonniers. Au signal de l'officier, les prisonniers doivent courir aussi vite que possible vers le fond du champ de tir. L'officier donnera un peu d'avance aux prisonniers avant de commander le feu ; l'exécution des condamnés qui atteignent le mur vivants sera ajournée jusqu'à celle du lot suivant de prisonniers. Au signal, Gerbier refuse de courir mais l'officier le force en tirant à ses pieds. C'est à ce moment que l'équipe de Mathilde, en position sur le toit, lance des fumigènes pour obstruer le champ de tir et parvient à extraire Gerbier de justesse au moyen d'une corde. Le Bison conduit ensuite Gerbier dans une ferme abandonnée où il doit se cacher et attendre, seul, de nouveaux ordres.
Trois semaines passent, puis Gerbier reçoit la visite inattendue de Luc Jardie, qui est venu chercher conseil auprès de lui après l'arrestation de Mathilde : malgré la mise en garde de Gerbier, celle-ci avait conservé sur elle une photo de sa fille. La Gestapo lui donne le choix : ou Mathilde dit tout sur le réseau, ou bien sa fille sera envoyée en Pologne dans un bordel pour soldats revenus du front russe. À peine le Grand Patron a-t-il expliqué la situation à Gerbier que Le Bison et Le Masque s'annoncent. N'estimant pas nécessaire que sa présence soit connue, Jardie se retire dans une pièce attenante pendant que les deux hommes apportent un courrier codé à Gerbier. Celui-ci apprend que Mathilde a été remise en liberté la veille et que deux membres du réseau ont été arrêtés peu après. Il ordonne l'exécution immédiate de Mathilde mais Le Bison refuse d'obéir, promettant d'empêcher Gerbier par la force si nécessaire. Gerbier et Le Masque s’avancent pour le neutraliser, quand Jardie entre dans la pièce.
Conscient du danger que représente désormais Mathilde pour le réseau, Jardie estime comme Gerbier que sa liquidation est nécessaire ; mais l'admiration et la tendresse aveugle du Bison pour Mathilde empêchent ce dernier d'accepter la nécessité de la tuer. Jardie lui explique que le comportement de Mathilde, qui n'a livré que deux hommes malgré sa mémoire photographique et s'est fait remettre en liberté sous le prétexte de conduire la Gestapo au reste du réseau, n'a pour but que de donner à la Résistance l'occasion de l'abattre pour protéger le réseau tout en sauvant sa fille. Le Bison se rend à l'implacable logique de Jardie et accepte la tâche, à laquelle Jardie annonce sa participation afin de faire à Mathilde un adieu digne d'elle. Mais, peu après, Jardie avoue à Gerbier ne pas être convaincu de ce qu'il a avancé.
Quelques jours après, le 23 février 1943, Mathilde marche dans la contre-allée de l'avenue Hoche à Paris, lorsque Jardie et ses hommes s'approchent au ralenti dans une voiture allemande, à la hauteur du numéro 4 de l'avenue, en face du parc Monceau. En les voyant, Mathilde se fige et lance à Jardie un long regard pendant que Le Bison sort lentement un pistolet et l'abat de deux coups de feu. La voiture prend rapidement la fuite.
Le film s'achève sur une série de plans annonçant la fin tragique des quatre hommes : "Claude Ullmann, dit « Le Masque », eut le temps d'avaler sa pilule de cyanure, le 8 novembre 1943. Guillaume Vermersch, dit "Le Bison", fut décapité à la hache dans une prison allemande le 16 décembre 1943. Luc Jardie mourut sous la torture le 22 janvier 1944 après avoir livré un nom : le sien… Et le 13 février 1944, Philippe Gerbier décida, cette fois-là, de ne pas courir".


Jean-Pierre Melville, né Grumbach, s’est engagé dans la Résistance sur le sol français. Il parvient à rejoindre Londres en 1943 où il adopte définitivement le pseudonyme de Melville en hommage à l’auteur de Moby Dick. La même année, le romancier et journaliste Joseph Kessel, résistant lui-même, publie à Alger L’armée des ombres, une plongée dans le quotidien de ces hommes et femmes en lutte contre l’occupant nazi.
Dès la fin de la guerre, heureux d’avoir échappé à la mort, notamment lors de la bataille de Monte Cassino en 1944, Jean-Pierre Melville se promet de réaliser son rêve : devenir réalisateur. Mais L’Armée des ombres est un "trop gros morceau". Il lui faudra près d'un quart de siècle pour s'en donner les moyens. Au-delà des quelques ajouts de séquences opérés par rapport au roman, le film appartient pleinement à son réalisateur par la sobriété de sa mise en scène, le mutisme de ses personnages et leur grandeur face à la mort. Ce sera le dernier film français unanimiste sur la résistance.
Genèse
Melville a porté ce film en lui vingt-cinq ans durant et n'a pu le réaliser qu'à la fin de sa carrière. Il se lance d'abord avec très peu de moyens, dans l’adaptation du Silence de la mer de Vercors, une nouvelle publiée clandestinement sur la présence d’un occupant allemand dans une maison. Melville l’a sûrement lue à Londres. Il traitera de nouveau de l’Occupation dans Léon Morin, prêtre dans lequel une jeune veuve développe une complicité troublante avec le curé du village. Mais son projet d’évoquer la Résistance, qu’il a connue, est toujours en suspens. Ce n’est qu’après avoir signé une série de polars mythologiques Le doulos, L’aîné des Ferchaux, Le Deuxième souffle, Le samouraï qu’il verra enfin l’opportunité de le concrétiser. Et cela grâce au producteur Robert Dorfmann.
Le dramatique incendie de ses studios, rue Jenner, dans le 13ème arrondissement de Paris, oblige en effet Jean-Pierre Melville à envisager sa carrière autrement. En froid avec les frères Hakim, producteurs du Samouraï, il cherche un autre producteur. Ce sera Robert Dorfmann, l’homme de Jeux Interdits et de La grande Vadrouille. Le roi du box-office envoie son fils, Jacques, qu’il souhaite prendre comme producteur associé, au rendez-vous avec Melville. Le producteur lui confie un budget très confortable.
Quelques changements mineurs par rapport au récit de Kessel
Un film bénéficie d'une forte base documentaire car l'adaptation d'un récit de Joseph Kessel provenant d'une demande de De Gaulle pour documenter l'action de la résistance. Les problèmes de ravitaillement, de planque, le nécessaire secret, tout est vrai. Kessel a seulement changé les lieux et les noms afin de ne « griller » aucun réseau.
Gerbier est inspiré de Jean Pierre-Bloch et de Paul Rivière, assistant du Général de Gaulle. Le personnage de Luc Jardie fait directement référence à Jean Cavaillès exécuté le 4 avril 1944 à Arras, philosophe et épistémologue français, Compagnon de la Libération, il fut un des principaux chefs militaires de la Résistance intérieure. On voit les titres de ses livres, Transfini et continu et Méthode axiomatique et formalisme puis Philippe Gerbier, après son évasion, lit Méthode axiomatique et formalisme, un Essai sur le problème du fondement des mathématiques. Dans le film, ces livres auraient été écrits par Luc Jardie "avant la guerre" ; ce qui, dans la réalité, n'était pas le cas de Transfini et continu et encore moins de Sur la Logique et la théorie de la science, dont même le titre est posthume.
L’exergue du film emprunté à Georges Courteline marque néanmoins la volonté de Melville de s'approprier le film : « Mauvais souvenirs ! Soyez les bienvenus vous êtes ma jeunesse lointaine. » La scène du défilé des soldats allemands sur les Champs-Élysées doit clore le film. Toutefois, in extremis, Melville décide que le plan fera l'ouverture plutôt que la fermeture. La séquence londonienne du film n’est pas dans le roman et s’inspire directement des souvenirs de Melville. Les dernières phrases annonçant le destin tragique des derniers personnages en vie n'étaient pas présentes dans le scénario original. Melville raconte que, lorsqu'il put projeter le film à Kessel, celui-ci sanglota quand il vit s'afficher ces sentences.
Un film de Jean-Pierre MelvilleDès le premier plan du film, Melville manifeste sa volonté d'épure. Le plan célèbre pour avoir coûté à lui seul 25 millions de francs a nécessité aussi une autorisation exceptionnelle, car à l’époque il était inenvisageable de mettre des Allemands en uniforme sur les Champs, même pour un tournage. Vincente Minnelli n'avait ainsi pu mener à bien une scène similaire pour Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse huit ans plus tôt. Les conditions de tournage étaient particulièrement laborieuses : répétition à 3 heures du matin sur l'avenue d'Iéna, puis tournage à 6 heures, sonorisé par le bruit réel de bottes allemandes. Melville pensait qu'il serait impossible de trouver des figurants capables d'exécuter correctement les pas de marche et engagea donc des danseurs. L'entrée des soldats allemands dans Paris est beaucoup plus "spectaculaire" chez Minnelli. Elle est montée sous différents angles et contre-champ sur la foule et les personnages principaux. Melville fait le choix d'un unique plan long, sobre et symbolique, se terminant par l'image figée d'un soldat en gros plan envahissant l'écran.
Tranchant avec les récits romanesques sur la guerre, Jean-Pierre Melville envisage un traitement particulier de la couleur dans le film. Ce n’est que le deuxième film qu’il tourne en couleur. Il fait appel au directeur de la photographie Pierre Lhomme qui a collaboré avec Jean-Paul Rappeneau et Philippe de Broca. C’est la première fois que les deux hommes travaillent ensemble. Pierre Lhomme racontait que le tournage avait été "un apprentissage et une mise à l’épreuve quotidienne". Mais l’exigence du cinéaste a donné au film ce dégradé constant de gris qui enferme les protagonistes dans une longue épreuve.
C'est un regard démystifiant et grave à la fois qu'il porte sur la Résistance et ses hommes de l'ombre. Il montre un quotidien soumis à une tension permanente, où chacun doit se cacher, attendre, guetter, fuir, et cela sans mot dire ou presque. L'instituteur catholique meurt en silence dans le camp de prisonniers, sans jamais prononcer un mot et Paul Dounat pleure mais sans prononcer un mot non plus lors de son exécution. Il en sera de même de tous ceux qui mourront, Mathilde notamment. Cette forme extrême d'engagement tend au cauchemar. Elle exige de se salir les mains (l'exécution des traîtres) et surtout de se battre constamment avec soi-même, avec ses doutes, sa lâcheté, sa peur.
Melville adapte les codes de ses films de gangsters à la thématique de la Résistance. On retrouve ce mutisme de personnages engagés dans un destin qui est magnifié au moment de la mort. Le film s'avère ainsi très différent de l'étude psychologique de Rome ville ouverte ou de l'exaltation de l'action et de l'efficacité dans La bataille du rail.
Réception
Filmant ces combattants clandestins comme des fantômes, des morts en sursis, Melville loue leur courage et leur abnégation sans céder au spectaculaire, à l'imagerie héroïque. Si héroïsme il y a, il avance masqué, hanté par la mort. L'Armée des ombres est une épure funèbre et hypnotique dans laquelle les hommes et les femmes, bien qu'unis par des convictions très fortes, sont immanquablement seuls. Au bout du compte, c'est par le biais de cette solitude mélancolique que ces silhouettes souveraines rejoignent le mythe.
Le film sort dans le contexte politique de l'après-Mai 68. Rendant hommage à la Résistance à une période où le rôle de celle-ci et de Vichy était fortement questionné en France, considéré comme un produit « gaulliste » alors que le général de Gaulle avait quitté brusquement ses fonctions quelques mois avant la sortie du film. C'est le dernier film français unanimiste sur la Résistance (ici communiste, intellectuels mais aussi paysans et coiffeur) alors que cette même année 1969 commence le tournage du Chagrin et la pitié, interdit de télévision jusqu'en 1981 mais avec une sortie au cinéma en 1971. Ce courant de pensée sera fortement nourri par le livre de Robert Paxton, La France de Vichy publié aux États-Unis en 1972 et traduit en français en 1973.
Le film reçoit une critique négative de la part des Cahiers du cinéma, qui avaient défendu ses premiers films en rupture avec la qualité française mais qui entamaient alors un virage vers un discours plus politique. Lors de sa sortie en salles en septembre 1969, L'Armée des ombres connaît un début modeste avec 29 200 entrées dans trois salles à Paris mais parvient à se maintenir dans les dix meilleures entrées durant plusieurs semaines. Resté quinze semaines à l'affiche à Paris, le film est régulièrement diffusé à la télévision française. La plus ancienne trace remonte sur Antenne 2, qui l'a diffusé en deux parties le 23 et 24 juin 1975, la deuxième soirée étant diffusée dans le cadre de l'émission Les Dossiers de l'écran sur le sujet de la Résistance. La musique du film, deviendra celle de l'emblématique émission de débat à la télévision.
Jean-Luc Lacuve, le 4 décembre 2025.
Ressources internet : Cinq choses à savoir sur « L’Armée des ombres »