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1967. Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117, passe des vacances dans la station de ski huppée de Gstaad en Suisse. Lors d'une fête, tous les danseurs sont attaqués par des hommes armés chinois communistes travaillant pour un certain M. Lee. Après la mitraille, il se révèle que seuls Hubert et une comtesse chinoise sont vivants. Alors que gisent par terre tous les invités, Hubert propose à la comtesse chinoise de finir la soirée dans sa chambre où ils copulent comme les deux oiseaux qui les observent.
De retour au quartier général du SDECE, Hubert est chargé de remettre 50 000 nouveaux francs au professeur Von Zimmel, un nazi réfugié en Amérique du Sud et détenteur d'une liste sur microfilm de sympathisants nazis français. Il a exigé que ce soit le meilleur agent du SDECE qui fasse l'échange. Hubert apprécie peu son nom de couverture, Noël Flantier.
Arrivé à Rio, Hubert est agressé par le frère d'un homme de main de M. Lee qui veut le venger. Il est sauvé par l'arrivée de Bill Tremendous, son pote de la CIA au rire excessif. A son hôtel, Hubert cherche à impressionner toutes les jeunes et jolies femmes de la piscine en sautant du plongeoir mais le souvenir d'un tragique accident de trapèze qui coûta la vie à son partenaire l'empêche de sauter. Toutes les femmes retournent à leurs occupations, déçues, sauf la belle Carlotta. Mais alors qu'il l'a entraînée dans sa chambre, elle disparaît mystérieusement. Il est alors appelé au téléphone par le professeur Von Zimmel pour procéder à l'échange au belvédère. Là il est mitraillé par les Luchadores, combattants de catch masqués, de Von Zimmel. Ce sont cette fois les agents du Mossad, Staman et Kutner qui le sauvent. Il a du mal a accepter de travailler d'égal à égal avec la belle lieutenant colonel Dolorès Koulechov. Les Israéliens ne sont pas intéressés par le micro-film mais par faire venir Von Zimmel en Israël, pour y être jugé à la manière d'Adolf Eichmann.
Le lendemain, Hubert rentre à son hôtel mais est menacé à la fois par les Chinois de M. Lee et des Allemands. En insultant les Chinois tout en rendant les Allemands responsables du massacre de Gstaad, il les fait s'entretuer. Prenant conscience que les Allemands lui en veulent, il se rend à l'ambassade d'Allemagne pour avoir la liste des anciens nazis établis au Brésil, une sorte d'amicale des anciens nazis. A 13h00, il retrouve Dolorès qui lui explique que la CIA serait en contact avec Von Zimmel et qu'il faudrait contacter Bill Tremendous. Hubert, qui a fait chou blanc, exulte : il a la carte de visite de Bill. Celui-ci leur indique que le fils de Von Zimmel est à Rio, devenu hippie, il vit dans les favelas.
Dolorès et Hubert se rendent dans les favelas où Hubert défonce inutilement la porte du taudis où vivent des enfants qui expliquent à Dolorès que les hippies ont quitté les favelas pour une plage de Copacabana. Là, ils trouvent Heinrich qui veut bien les aider. Il prétend détester son père et pouvoir les mener vers son ancien associé.
Hubert reste à "surveiller " Heinrich pour la nuit et tente de ramener à ses idées les hippies qui lui font prendre du LSD. Il est bientôt pris dans une soirée où les corps se mélangent et il n'est pas insensible aux attouchements d'un garçon.
Le lendemain, dans l'avion qui les mène à Brasilia, ils sont attaqués par le pilote, le fils d'un homme de main de M. Lee qui saute en parachute et les laisse dans l'avion. Celui-ci s'écrase et ils en sortent miraculeusement indemnes. "D'aucuns ont des aventures, je suis une aventure" dit Hubert, infatué, à Dolorès qu'il tente en vain de séduire. Ils campent au bord d'une rivière et Hubert sauve la vie d'Heinrich en tuant un crocodile. Hubert refuse de manger des fruits et tente vainement de faire cuire le crocodile.
Ils arrivent à Brasilia et Heinrich affirme que l'associé de son père donne un bal costumé. Hubert se déguise en Robin des bois, Dolorès en soubrette et Heinrich en nazi, arguant qu'il ne restait que cela chez le loueur. Le bal costumé est une réunion de nazis où apparaît Von Zimmel et où Heinrich se révèle Friedrich, un nazi convaincu.
Von Zimmel voudrait un monde plus injuste, un monde plus intolérant, un monde inamical, un monde où il y aurait tout le temps la guerre, la maladie. ce monde, mon monde, le 5e Reich. Hubert monte sur la table et tente d'imposer le 5e Reich de l'amour. On lui rit au nez. Il est emprisonné dans le bureau avec Dolorès et Von Zimmel ouvre son laboratoire secret. Il est rejoint par Carlotta. Von Zimmel veut ouvrir le bras d'Hubert où il a caché deux microfilms en 1944, l'un contenant la liste des collabos, l'autre celle de comptes en Suisse. C'est pour cela qu'il voulait un échange avec Hubert. Celui-ci ne se souvient pas de l'opération à cause de l'élixir effaceur de mémoire immédiate. Dolorès prend Friedrich en otage mais Hubert le tue accidentellement. Après un combat de catch, ils poursuivent Von Zimmel et Carlotta.
En voiture durant la nuit, Hubert tente de se rapprocher de Dolorès en lui disant qu'elle conduit comme un homme et qu'elle est son alter ego féminin; elle réplique : "vous êtes vieux, prétentieux, votre vision des femme est archaïque, vous vous habillez mal, vous êtes infantile vous n’êtes pas drôle". Ils arrivent près de Belo Horizonte aux chutes d'Iguazú. Hubert poursuit Von Zimmel mais celui-ci profite du vertige d'Hubert pour s'accrocher à lui et tous deux tombent dans les chutes.
A l'hôpital, Von Zimmel est, en déambulateur, plus rapide que Hubert et s'échappe. Hubert bénéficie néanmoins de l'attention de l'infirmière Maria João qui lui procure les vêtements et la voiture du "vieux jardinier". Elle l'informe aussi que Von Zimmel sera à Rio à 20 heures au cours Corcovado. Il appelle Dolorès et lui donne rendez-vous chez Bill. Mais Bill a fait alliance avec Von Zimmel, mais il est tué par un homme de main de M. Lee et Carlotta l'est aussi après que Hubert lui ai promis un pays à eux, aux nazis, comme aux Juifs.
Dolorès et Hubert poursuivent Von Zimmel. Celui-ci fait son oaraison funèbre : "Derrière le nazi il y a aussi un homme. Le nazi n'a-t-il pas des yeux ? le nazi n'a-t-il pas des mains, des sens, de l’affection, de la passion ? Et si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ? Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Et si vous nous empoisonnez, ne mourons-nous pas ? (Le Juif du Marchand de Venise…). Hubert parvient à vaincre son vertige et monte l'escalier et retient du bout du bras Von Zimmel qui allait se tuer. Dolorès le remercie sincèrement et l'embrasse : "Pourquoi ne pas rêver un jour d'une réconciliation entre Juifs et nazis" prétend Hubert.
Retour au SDECE. Hubert s'inquiète que son patron figure parmi les collaborateurs inscrits sur le microfilm: "A quelle période, quelle période, quelle période, c'est le passé, il faut que la France oublie. Il faut repartir de l'avant" dit-il en forme d'excuse et annonce à Hubert qu'il va être décoré de la légion d'honneur. Il doit repartir en Chine négocier avec M. Lee qui a pris 50 français en otage et ne veut négocier qu'avec lui. Hubert demande à choisir son nom de couverture. "Pour rencontrer M. Lee, il vaut mieux une bonne couverture" remarque son patron, entraînant ainsi une série de mauvaises blagues.
Durant le générique, défilent les photographies du faux reportage de Noël Flantier.


Situé en 1967, le film rend particulièrement hommage au cinéma de ces années-là. Laurent Brett signe les génériques à la Saul Bass et les très ingénieux et magnifiques split-screen. Les
cinq scènes de split-screen concurrencent allègrement celles
de L'affaire Thomas Crown
(Norman Jewison, 1968) auquel il rend ainsi hommage. On remarque ainsi, après
le générique, l'arrivée à Rio, la séquence
de la piscine qui pastiche à la fois Le
magnifique (Philippe de Broca, 1973) avec Jean-Paul Belmondo, L'idole d'Acapulco (Richard Thorpe, 1963) et Sous le plus grand chapiteau du monde
(Cecil B. de Mille, 1956), la présentation fragmentée de Dolores, et
la virtuose séquence des téléphones avec l'écran
fragmenté en douze zones. A noter aussi les effets désuets deschangements de plan par volet latéral et certaines fermetures à l'iris
Le film parodie la série originale OSS 117 d'André Hunebelle notamment, Furia à Bahia pour OSS 117 (1965) ainsi que d'autres films d'espionnage classiques, comme Ramdam à Rio (Henry Levin et Dino Maiuri, 1966) avec sa séquence au sommet du Christ Rédempteur, et surtout les premiers James Bond, tous avec Sean Connery : James Bond 007 contre Dr. No (1962, Terence Young); Bons baisers de Russie (1963, Terence Young) Goldfinger (1964, Guy Hamilton) Opération Tonnerre (1965, Terence Young), On ne vit que deux fois (1967, Lewis Gilbert). Bill Tremendous est un pastiche de Felix Leiter, l'ami de Bond à la CIA. Mais sont retrouvées aussi la photographie, la direction artistique et les costumes des années 1960-1970. Par exemple, les scènes de conduite sont toutes filmées avec une transparence en arrière-plan, et les mouvements de caméra sont simples, évitant les mouvements de Steadicam et de grue en 3D pourtant courants aujourd'hui.
Le film parodie également ouvertement Vertigo (Alfred Hitchcock) avec le vertige d'Hubert et la montée des escaliers avec un travelling vertical compensé au zoom et La Mort aux trousses (Alfred Hitchcock) avec le Christ rédempteur du mont Corcovado remplaçant les statues du mont Rushmore et la main qui soulève Von Zimmel raccordant avec Dolores; les vêtements de de La Bath sont inspirés de ceux de Paul Newman dans Harper (Jack Smight, 1966) et le mobilier du décor évoque les films de Matt Helm avec Dean Martin dont deux chansons ouvre et termine le film.
L'humour burlesque est permanent. Les Juifs en étant un réservoir inépuisable. L'humour du film ne discute jamais de la réalité monstrueuse des faits mais joue des clichés contemporains antisémites que l'infatué Hubert Bonisseur fait siens. Enoncées par cet anti-héros, ces énormes contre-vérités produisent un burlesque salutaire. Hubert s'étonne ainsi qu'il doive rechercher un nazi avec des Juifs; parce qu'il va les reconnaître : le nez, les doigts, les yeux. Il veut savoir pourquoi Von Zimmel doit être extradé : "-Pour y être jugé pour ses crimes -Qui sont ? - Mais sa participation au génocide; -Ah ça ! Quelle histoire, ça aussi". Puis, à propos de la valise des 50 000 francs : "Je ne peux pas laisser l'argent à n'importe qui. Ne croyez pas que je dis ça pour ce qu'on dit... sur les rapport des Juifs à l'argent. Dolores se veut conciliante : "- Notre peuple a toujours nourri beaucoup de fantasmes. -Ah C'est bien de le reconnaître. Comme je le dis toujours, vous avez forcément une petite part de responsabilité". Il en rajoute : "C'est une religion qui interdit les saucisses; pas de saucisse, pas d'alcool, les femmes voilées. Ca fait un peu "Jacques a dit"; Jacques a dit pas de charcuterie"; ça agace les gens : je suis Juif, alors j'ai raison sur tout. Hubert en conclura : "l'humour juif, c'est quand c'est pas rigolo et que ça ne parle pas de saucisse."
Les Allemands ne sont pas mieux traités. l'Allemagne aurait à sa disposition des listes d'anciens nazis qu'elle protégerait sur les territoires d'Amérique du Sud; Quand le fonctionnaire lui dit "Tous les Allemands ne sont pas des nazis monsieur", il réplique "oui, je connais cette théorie".
Le racisme d'Hubert n'épargne pas les Chinoiscopuisement comraé à moultes fruits jaunes dans l'ascenceur : tonches de prunes, faces de citrons, coeurs d'ananas... puis "C'étaient lesquels les Chinois qui étaient liés au nazis; les Japonais ?
Hubert est aussi machiste; "-Je suis ravi de rencontrer une secrétaire aussi jolie, -Je ne suis pas votre secrétaire, -mais vous êtes la secrétaire de qui alors ?" Puis, avant d'admettre que ce soit sa partenaire avec qui il doit travailler d'égal à égal, il marmone : "hum, on en reparlera quand il faudra porter quelque chose de lourd". Il partage ce machisme décomplexé avec Bil " raccourcissez-moi ces jupes, ça me donne chaud. Hubert pense que Dolores est faite pour avoir des enfants, c'est un compliment que je fais rarement mais vous avez l'étoffe d'une mère de famille. Stéréotype de la répartition des tâches : "Moi je vais chasser, Dolores soyez gentille préparez nous une petite table".
Rétrograde : Bill et lui rigolent de vouloir changer lemonde alors qu'il est très bien comme ça ; gifle Hienrich qui dit avoir honte de son père et qu'importe qu'il soit nazi ; le vrai monde, il va chez le coiffeur.
Jeux de mot : il vivait dans un groupe hippies, ce que Hubert entend par vivait dans un gros pipi, cadeaux de Noel, boules de Noel
Gaulliste décomplexé :
- Savez-vous ce qu'est une dictature ? C'est quand les gens sont communistes, quand ils ont froid, portent des bonnets gris et des bottes à fermeture éclair. C'est une dictature !
- Alors, comment appelle-t-on un pays où un militaire contrôle tout, où règne une police secrète, où une seule chaîne de télévision et où toutes les informations sont contrôlées par l'État ?
- J'appelle ça la France, mademoiselle, et pas n'importe laquelle, La France du général de Gaulle.
Jean-Luc Lacuve, le 12 mars 2026.