Édith, jeune salutiste, va mourir d'une pneumonie. Sur son lit de mort elle exprime un dernier souhait : revoir David Holm. On ne le trouve pas. Seule madame Holm, une femme vieillie avant l'âge, vient à son chevet.

David Holm est en train de boire, dans un cimetière pour fêter la nouvelle année avec deux autres pochards. L'un d'eux raconte qu'au douzième coup de l'horloge, en cette nuit de la Saint-Sylvestre, la charrette fantôme qui procède au ramassage des morts change de cocher. C'est, paraît-il, le dernier défunt de l'année, mort dans le péché, qui prend les rênes du lugubre véhicule.

David est frappé sauvagement par un de ses compagnons de beuverie alors que retentit le dernier coup de minuit. Recueilli par la charrette, David y revit, évoquées par le charretier, les étapes de sa déchéance. Jeune ouvrier heureux, bien marié, père de deux petites filles, il s'était mis à boire, toujours plus, en dépit des avertissements prodigués par son épouse. A son retour de prison, après un mauvais coup, il avait retrouvé sa maison vide, femme et enfants disparus. C'est alors qu'il fut pris en charge par l'Armée du Salut et, en particulier, par Sœur Édith. Celle-ci avait recousu son manteau et attrapé les germes de sa maladie future. Il ne l'avait remercié qu'en déchirant son manteau devant elle. Edith arrangea pourtant une réconciliation avec son épouse. David parut revenir à la raison avant de retomber dans son vice.

Le charretier de la mort décide de répondre au souhait d'Édith et transporte David à son chevet. Le jeune homme y apprend que c'est grâce à elle qu'il avait pu retrouver sa famille et une nouvelle chance de s'amender avant de rechuter encore. Édith supplie le charretier de laisser en vie son protégé. David se repent. Édith meurt heureuse.

Le cocher fait voir à David sa femme en train de préparer son suicide et celui de ses enfants. L'émotion du jeune homme, son repentir sincère vont le sauver : le charretier lui permet d'arrêter le geste de sa femme et de vivre.

Film presque exclusivement d'intérieur à part la seconde partie qui met en scène la charrette fantôme parcourant en transparence des villages, la campagne et la mer et même un fond sous-marin pour remplir sa triste tâche.

Sjostrom réemploie la transparence pour les déplacements du cocher et de David mort chez sœur Edith. Ni les trois flashes-back (mort du cocher, première chute de David, échec de la Rédemption par sœur Edith) ni le jeu très outré de Sjostrom n'aident à rendre cette histoire sulpicienne émouvante.

Il est déconseillé de voir ce film en version colorisée. Les changements de bain, jaunes, rouge, vert ou bleu ponctuent de façon artificielle longues séquences d'intérieur et brèves scènes d'extérieur. Surtout la couleur uniforme réduit les contrastes et, partant, la netteté de l'image et principalement la profondeur de champ. Baigné dans une couleur artificielle et arbitraire, le trucage perd de sa puissance fragile.

 

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La chârette fantôme
(Körkarlen). Avec : Victor Sjöström (David Holm), Hilda Borgström (Madame Holm), Tore Svennberg (Georges, le cocher), Astrid Holm (Edith), Concordia Selander (la mère d'Edith), Lisa Lundholm (soeur Maria), Tor Weijden (Frère Gustafsson).
1921
Genre : Mélodrame