A l'occasion de l'avant-première du documentaire que Frederick Wiseman consacre à la National Gallery de Londres, le Musée des Beaux arts de Caen et le Café des images vous invitent à prendre part à la reflexion actuelle sur les enjeux des musées aujourd'hui.

 

Un cycle de quatre visites dans le musée pour appréhender les questions de l'accrochage, de la médiation, du montage d'une exposition et de la restauration des oeuvres

Trois projections de National Gallery (Frederick Wiseman, 2014) pour découvrir ce formidable documentaire qui expose, de manière explicite, les problématiques des musées du XXIe siècle.

Une journée de débat pour les professionnels, ouverte au grand public, sur la question de la place du public dans les musées

Vendredi 19 septembre, 18h :  Le choix de l'accrochage. Rien n'est laissé au hasard (hauteur, éclairage, couleur des cimaises, cadre, dialogue avec les autres œuvres, sens de lecture et perspective du visiteur, sens de circulation…). Christophe Marcheteau présente l'accrochage de l'exposition consacrée aux miniatures de Marie-Gabrielle Capet.

L'exposition consacrée aux miniatures de Marie-Gabrielle Capet

L'exposition consacrée aux miniatures de Marie-Gabrielle Capet n'est qu'en apparence une exposition unitaire consacrée à une artiste. Les œuvres sont en effet de natures différentes : dessins, tableaux, pastels, sculptures ou miniatures. Le travail du commissaire, Christophe Marcheteau, est plus varié, plus complexe que pour une exposition "clé en main" comme celles qu'accueille parfois le musée : Splendeurs de Venise avec le musée de Bordeaux ou Les artistes français à Rome, organisée par Ottawa avec une seconde étape à Caen. Pour ces expositions, il n'y a pas d'échange d'argent, simplement échanges de bons procédés ; un prêt en entrainant un autre, néanmoins frais de transport et d'assurance à la charge de l’accueillant.

Faire évènement.

Pour faire évènement autour d'une première exposition mondiale consacrée à cette artiste encore peu connue, le commissaire a choisi d'organiser l'exposition autour d'une miniature isolée, exposée dans vitrine monumentale à la verticale, et non pas à plat.  Cette miniature avait été volée en 1925, dans l'ancien musée des Beaux-arts, Place de la république, qui a brulé en 1944. L'œuvre a été retrouvée en janvier 2012 et identifiée de manière certaine grâce à une photographie, exposée aussi, montrant deux fentes positionnées au même endroit de la miniature. Selon la loi française les œuvres d'art possédées par les musées nationaux sont inaliénables et le délai y afférant imprescriptible : exposée en vue d'une vente, l'oeuvre est repérée et revient au musée de Caen. Pour cette exposition, elle est donc accrochée à la verticale comme elle l'était jadis, suspendue à son clou avant d'être volée... mais bien protégée sous sa vitrine de verre.

Un patient travail de détective

Cette miniature est la seule œuvre de Marie-Gabrielle Capet que posséde le musée. Christophe Marcheteau a consacré six mois pour retrouver les œuvres. Il y a eu des prêts du musée du Louvre et de la fondation Tancé, des informations recueillies auprès des marchands qui connaissent les collectionneurs, des refus de musées. Christophe Marcheteau a aussi rejeté une quarantaine d'œuvres dont l'attribution n'était pas certaine.

La miniature volée en 1925, retrouvée en 2012
le buste prêté par le Musée du Louvre

Lorsque les œuvres ne sont pas prêtées ce peut être pour plusieurs raisons : si le site demandeur est jugé pas assez sécurisé (ce n’est pas le cas du MBA de Caen, bien sûr) mais surtout si l’œuvre est trop fragile pour voyager . Le transport des pastels, est particulièrement délicat : une secousse un peu trop forte et c'est de la poudre, la matière du pastel, qui s'en va. Certains collectionneurs ou musées exigent ainsi jusqu'à quatre caisses gigognes pour protéger l'œuvre durant le transport. Dans tous les cas de figures, les convoyeurs font un constat d'état à l'arrivée et parfois assiste à la mise en place de l'œuvre dans l'exposition. Dans l'équation de l'économie de l'exposition où il faut à repartir le budget entre transport, assurance, catalogue et publicité, la charge devient ainsi souvent trop lourde pour certaines œuvres.

Pourtant les collectionneurs se montrent souvent heureux de partager leur passion. Capet n'est pas Caillebotte et les propriétaires ne sont pas trop sollicités. C'est une vraie passion qui anime ces collectionneurs et pas tant l'idée de valoriser leur œuvre au travers d'une exposition officielle car ils sont plus souvent en position d'acheteurs que de vendeurs.

Un accrochage rigoureux et ludique

Ils sont néanmoins tous sensibles aux conditions d'accrochages. L'éthique des musées publics impose de ne pas exposer les œuvres graphiques plus de trois mois. Durant ceux-ci, l'exposition à la lumière ne doit pas dépasser 50 lux contre 300 à 400 lux pour les tableaux. Ces conditions drastiques d'éclairage imposent d'obstruer les verrières car la lumière naturelle expose les œuvres à déjà 200 lux. Le choix d'une couleur sombre, ici le vert foncé, s'impose pour absorber la lumière et ne pas renvoyer, comme le jaune, de la lumière dans la salle. L'éclairage des spots est ainsi concentré sur les seules œuvres. Au centre le velum, faux plafond, permet aussi un éclairage plus intime.

La mise en place des tableaux se fait avec les moyens humains du musée ce qui permet plus de temps disponible pour régler tous les détails. Les petits mobiliers, vitrines horizontales et verticale seront réutilisés dans d'autres expositions alors que les cimaises intérieures, trop volumineuses, seront détuites faute d'entrepôts assez grands.

L'exposition consacrée à Joan Mitchell valorisée par la lumière naturelle
L'exposition de Marie-Gabrielle Capet valorisée par un éclairage plus intime, focalisé sur les oeuvres

Le parcours extérieur est chronologique, les œuvres exposées allant de 1781 à 1815. Il permet de saisir l'évolution du style et de la clientèle  et même de la mode au travers des portraits d'hommes et de femmes. Les tableaux sont accrochés de manière à ce que leur centre soit à hauteur d'œil, en variant celle-ci de 1,30 et 1,35, pour ne pas avoir le bas de tableaux verticaux trop nettement en-dessous de ceux au format plus allongé.

Une exception dans ce parcours chronologique pour permettre un jeu de réponse entre une miniature de la révolution face à un portrait de la même date remplaçant ainsi un portrait du directoire qui se trouve lui même exposé avant pour pouvoir ensuite dialoguer avec une miniature de son époque. Jeu de cache-cache aussi avec les ouvertures dans les cimaises et les détails des visages et des décors des posters découpés sont vus plus ou moins complètement selon l'endroit où l'on se trouve.

Christophe Marcheteau aurait voulu des ouvertures plus grandes au sein des cimaises centrales pourexposer les miniatures à plat mais l'architecte-muséographe a dû les réduire pour assurer la solidité de l'ensemble. Cela a néanmoins permis d'offrir une surface d'exposition supplémentaire pour faire dialoguer deux tableaux représentant Jean-Antoine Houdon sculptant, accrochés face à face.

Les miniatures sont exposées à plat sous des vitrines pour ne pas créer des faiblesses de la couche picturale posée sur le support en ivoire. Celui-ci est par ailleurs composé de plusieurs fragments collés pour réduire les tensions, génératrices de fentes. Ces miniatures sont soit des portraits simples soit des portraits enchâssés dans des objets intimes, boites de maquillage. Des plateaux de hauteurs différentes créent du rythme dans les séries exposées et permettent de rapprocher les portraits sans boites à la même distance de l'œil du spectateur.

Des vitrines avec certains plateaux surelevés pour égaliser les miniatures serties ou non dans des boites
appareillage critique et pédagogique

 

Samedi 27 septembre, 9h  (accueil petit-déjeuner au Café des images) et Dimanche 28, 13h30 : Projections de National Gallery de Frederick Wiseman (2014) au Café des Images. A 84 ans, l'un des plus grands documentaristes de l'histoire du cinéma, nous livre une monumentale immersion dans le musée londonien.

National Gallery de Frederick Wiseman

 

Lundi 29 septembre, 18h : Rendre un tableau vivant.  La grande qualité du documentaire National Gallery est de faire découvrir le travail passionnant des conférenciers qui décrivent les tableaux de manière incroyablement vivante sans asséner un savoir qu'ils possèdent évidemment sur le bout des doigts. Une expérience à vivre avec Claude Lebigre, conférencière au musée.

Le médiateur, la médiatrice, lors d'une visite d'exposition, de l'accueil des enfants et même pour bébé au musée  ou parents/enfants ont d'abord pour mission de rendre un tableau vivant. Il faut pour cela aimer ce que l'on fait, connaitre son sujet, s'intéresser au groupe. Le travail de médiation est proche du métier d'enseignant (avec la formation continue que sont les cours de l'histoire de l'art dispensés par l'école du Louvre) : ce n'est plus le savoir monocorde déversé devant des écoliers bien sages qui prennent des notes. Il s'agit de conduire le groupe le plus loin possible avec le plus de légèreté possible, être attentif aux réactions physiques, à la  fatigue. Mais convaincre aussi l'auditoire que le tableau lui appartient : la collection du musée est publique. Cependant pour être arriver là le tableau est maintenant désincarné par rapport à sa fonction première. Son accrochage est pris dans un parcourt fléché, souvent chronologique qu'il peut s'avérer producteur de sens de prendre à l'envers

Claude Lebigre explique que Le dénombrement de Bethléem (Pieter Brueghel, vers 1610) est une image familière et pourtant très différente de la peinture italienne de la même époque qui est exposée non loin de lui. Elle aime dire qu'il s'agit d'un tableau de résistance, résistance flamande à Alberti, sans point de fuite et pas construit pour guider le regard. Celui-ci rebondit comme dans un flipper en zigzaguant attiré au milieu d'une palette restreinte par des taches de rouge. On distingue au milieu du village Marie enceinte sur l'âne, le bœuf, Joseph avec son petit matériel de charpentier sous le bras. Il s'agit donc d'une Bethleem du nord de l'Europe. En actualisant l'histoire religieuse, Brueghel restitue de la proximité à cet événement. Les personnages nus pieds avec des chapeaux en papier bouilli et des carnations plus marquée, ce sont des bohémiens que l'on confondait alors avec les Egyptiens. La Hollande est sous domination espagnole comme l'indique l'affiche rouge avec l'aigle à deux têtes des Habsbourg, famille régnante à Madrid.

Selon les publics, Claude Lebigre peut orienter la présentation sur le support, l'arrivée du tableau dans le musée... ou choux de Bruxelles d'un des jardins si elle est devant des enfants ou encore que les peintres, cinéastes de leur temps, devaient tout dire en une seule image.

Vénus et Adonis (Cornelisz van Haarlem) Tableau mythologique maniériste avec ses corps en torsion dont il n'est pas toujours facile de faire reconnaitre les personnages aux visiteurs. La Vénus est assez musculeuse néanmoins, elle est assez facile à reconnaitre, puisqu'elle seule, avec Le christ et Adam et Eve avant la faute, le sont dans la peinture occidentale. Adonis ne se reconnait qu'avec le chien de chasse. On a la suite de son histoire avec le tableau de Nicolas Poussin. Les rouges se sont assombris  et on ne voit plus que le bleu. Il faut venir le voir en milieu de matinée, éclairé par le soleil qui descend de la verrière. Les anémones poussées dans le sang de la blessure reviennent au printemps au temps de Pâques. Ces fleurs blanches et bleues assurent dont un lien avec la résurrection du christ. Aux enfants, on fera remarquer les colombes, attributs de Vénus que l'on retrouve sur les faire-part de mariage

La présence de Dieu dans L'Annonciation le Philippe de Champaigne peut s'apprécier par sa force à écarter les nuages. La médiatrice espère que les pistes données fonctionneront et constate que les séances sont plus denses à chaque fois que les enseignants ont préparé la visite en amont par un travail documentaire ou d'écriture.

Les conférenciers, conférencières ont d'abord été des bénévoles. La loi de 2004 a rendu le service des publics obligatoire. Plus vivant qu'un audio-guide. La connaissance ne nuit pas à l'appréciation. On aime revenir sur une œuvre ; on aime que ce que l'on reconnait après tout étant enfant on réclamait toujours la même histoire à papa maman.

L'apprentissage autour de l'art contemporain fonctionne tout aussi bien qu'avec des tableaux anciens : c'est toujours de la peinture et plus l'obstacle de la connaissance du sujet. Difficile car, souvent, le musée n'a qu'une seule œuvre de l'artiste.

 

Mercredi 1er octobre, 18h : Monter une exposition. Comment vient le sujet d'une exposition ? Quels sont les critères de choix des œuvres qui y sont réunies ? Caroline Joubert répondra à ces questions en présentant des expositions du musée.

Evidence de l’exposition quand on la voit alors qu’acte de création. Le commissaire est un chef d'orchestre qui doit non seuelment rassembler les oeuvres mais veiller aux, subventions à la publicité et équilibrer le budget. On ne tire pas le sujet d’une exposition d‘un chapeau. On ne doit pas reprendre un sujet déjà traité quelques années auparavant par un autre musée, faire un point sur la recherche mais pas le même travail qu'un universitaire.
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Pas d’exposition d’archéologie, d’histoire ou de science mais peinture, estampe photo ou tout medium d’art contemporain tout ce qui concerne les beaux-arts et ce du moyen âge jusqu’à nos jours. Mais pas artistes émergeants artothèque et FRAC, pas empiéter les territoires d’autres institutions. Règles tacites qui ne sont pas appliquées  à Versailles ou au Louvre. Prime aux sujets ou peintres en lien avec la collection permanente. Tournières lié à un dépôt privé.

Entre trois et sept expositions par an dont une grande. Tenir compte de la fréquentation saisonnière, début mai avec les ponts, nuit des musées le 15 mai juin sorties scolaires, juillet-aout touristes mi septembre la journée du patrimoine.

L'exposition peut être monographie ou thématique comme Visions jésuites, ou voyages pittoresques avec Le Havre, Rouen ou iconographique avec La Charité ou Les vanités, ou encore faire venir la collection de L’académie de  Cararre lorsqu'elle se trouve disponible.

Souvent le sujet s’impose en lien avec un événement. Ainsi des partenariats avec Les Boréales, qui finance l’exposition de photographies ou avec l’ARDIE ou l’IMEC (exposition Roland Barthes, présentée au MNAM puis sur un espace plus restreint à Caen). L'exposition peut relever de la contrainte économico-politico-touristique. Ainsi de la volonté de Laurent Fabius de créer l’événement en haute et basse Normandie autour de l’impressionisme sans que l'exposition fasse avancer la recherche. Offre de coproduction : Les passions de l’âme avec Meaux et Toulouse qui permet l'édition d'un catalogue commun, Splendeurs de Venise avec le musée de Bordeaux ou Les artistes français à Rome, organisée par Ottawa. Il est prévu avec la pinacothèque de Brera de Milan un échange entre le mariage de la vierge qui sera confronté au Raphael et un Caravage qui sera exposé à Caen

Les coûts externes vont de zéro euro à plusieurs centaines de milliers d’euros sans que la barre du million n’ait jamais été franchie.Estampes impressionnistes huit mois avant grâce au concours de la BNF 172 000 euros. Equipe technique de trois personnes. 85% du temps du conservateur est consacré aux expositions on peut faire payer le travail scientifique d’une collection clé en main.

Réussite des commandes publiques auprès d’artistes contemporains petits objets de Mogara grands clichés de la Normandie narration alors que Stella reproduit ce qu'il faisait déjà sur les grands port et que cela fonctionne moins bien

Jeudi 2 octobre, Journée professionnelle ouverte au public. En partenariat avec Le CRéCET, qui anime le Réseau des musées en Basse-Normandie

9h30 : Projection National Gallery dans l'auditorium du musée 

14h Débat : Mettre le public au cœur des décisions.  National Gallery est le point de départ de la réflexion ; lors d'un conseil d'administration on assiste à la confrontation de l'idée de la communicante qu'il faut sans cesse amener la peinture vers le public moins cultivé d'aujourd'hui, tandis que le conservateur défend sa volonté d'expositions pointues, risquées, quitte à ce que les entrées stagnent.

Emmanuel Burdeau, critique cinéma à Mediapart, remarque que Wiseman filme peu les œuvres qui servent surtout de respiration. Fidèle à sa méthode, il est plus intéressé par les discours autorisés portés sur le musée. Une intervenante fait toutefois remarquer que Wiseman met bien en valeur les trois fonctions  du musée : conserver, étudier, valoriser. Le musée prend soin de son public par la qualité des intervenants, tous très bons, des médiateurs aux restaurateurs en passant par le restaurateur de cadre.

Brigitte Richard, médiatrice à Granville, Carl Laurent du musée de Trouville et de  Véronique Robert  du Musée d'Orbec conviennent que si on a ici la description de la vie idéale d'un grand musée avec des spécialistes plus intéressants els uns que els autres, la parole experte est toujours celle du musée. Même quand un visiteur explique un tableau à ses proches il le fait en tant que connaisseur. Il serait illusoire de penser que l'on pourrait donner la parole à qui ne sait encore rien sur les tableaux. Il est ensuite difficile d'évaluer ce que le visiteur a aimé ou appris dans l'exposition. Les chiffres de fréquentation et même le  livre d'or sont insuffisants. Souvent il est intéressant d'écouter  les spectateurs qui sortent de l'exposition et expriment ce qu'ils ont compris, aimés ou non. Le  ressenti immédiat différent sera toutefois différent d'un questionnaire envoyé par la suite.

Ils soulignent l'intérêt d'une préparation en amont du visiteur. Un travail d'écriture des élèves avant la visite est un atout d 'attention et de méditation sur le tableau lors de la visite du musée, bien loin alors d'être un simple site touristique.
Le sens est-il dans l'œuvre ou faut-il une médiation ? Pour les tenants de la première thèse il ne faut pas polluer l'œuvre alors que les seconds pensent qu'il est nécessaire d'avoir des codes pour comprendre. En revanche tous s'accordent pour dire que les dispositifs modernes ne font pas venir plus de publics dans le musée mais qu'ils ont un intérêt pour préparer la visite ou la prolonger.

Vendredi 3 octobre 18h, La restauration. La merveilleuse séquence sur la restauration d'un Rembrandt de la National Gallery a donné envie à Magali Bourbon de vous raconter la restauration surprenante d'un tableau du musée.

On a toujours restauré mais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, on est passé de l'artisanat à l'industrie avec études préalables (documentation sur le lieu, son atelier, autres œuvres du peintre, indications techniques du document de commande, photographies en lumière rasante pour les aspérités et aux rayons X).

Il faudrait sans doute enlever les repeints de Tête de Pompée présentée à César (Gian Antonio Pellegrini, 1708) où selon Plutarque s'exprime la douleur de César. La restauration du center du tableau où la tête de Pompée est devenue quasi invisible, est sans doute nécessaire car gêne la compréhension du tableau.

En revanche, il n'est peut-être pas utile de restaurer la partie manquante de La sainte Catherine d'Alexandrie bien reconnaissable avec sa roue, son livre et sa palme du martyre. Pour Cesare Brandi, il est possible de laisser des vides pour les Primitifs. Plus gênant la femme sans traits de visage et l'arbre qui flotte dans La Vierge à l’enfant entre saint Georges et saint Jacques (Cima da Conegliano, 1511).

La retouche illusionniste a été la règle pour Abraham et Melchissédech (Peter Paul Rubens, 1618). Transposé debu bois sur toile au XIXe puis dans les années 60  car planche de bois très abimée sur la partie médiane. Nettoyage en 1945 et en 1990 lors de l'aménagement dans le nouveau musée restauration par le C2RMF (Centre de Recherche  et de Restauration des Musée de France) de Versailles et du Louvre entre 2006 et 2008 pour un prêt à Cassel. Pour l'esclave dessin, le pain préfigure l'eucharistie et point de fuite central.

Le saint Jérôme du Pérugin le verre a usé le glacis dans le caisson climatique

Fond régional d'aide à la restauration, abondé par la région et l'État. L'équipe constituée d'un conservateur et d'un restaurateur  explique son projet devant une commission. 50% de ce que propose la mairie. Centre de restauration de France, gratuit.

Portrait de Marie Cadell, nettoyé et repeints enlevés les fleurs reconstituées à partir d'une gravure. Le plissé sur la manche n'avait plus de sens. Le conservateur a indiqué au restaurateur de peindre  le bijou disparu.