Movies five cents,
John Sloan, 1907
Nighthawks,
Edward Hopper, 1942
A bigger splash,
David Hockney, 1967

Le réalisme est un mouvement historiquement circonscrit à tous ceux qui, groupés autour de Gustave Courbet ont, à partir de 1820, réagi par rapport au classicisme et au romantisme par un retour à l'étude de la nature et aux sujets quotidiens.

Le réalisme fait néanmoins un retour en force dans l'art américain du début du 20e siècle. La littérature, la musique et la peinture donnent alors une vision contemporaine des mutations à l'œuvre qui reflètent la vie en ville pour une population qui, en entrant dans le nouveau siècle, devient de moins en moins rurale.

En Europe, les primitifs modernes s'inscrivent dans ce courant fort de l’art depuis la fin du XIXe siècle, qui remise les dogmes de l’art savant au profit de cultures "autres", exotiques ou populaires. Sa défense d'un "génie du coeur et de l'intuition", éloigné "du talent de la raison et de l'intelligence".

Aux Etats unis, dans les années 60, l'hyperréalisme s'inscrit dans la continuité du pop-art. Les peintres hyperréalistes montrent des scènes de la vie courante, des portraits ou encore des voitures rutilantes. Souvent en phase avec les icônes de la société de consommation,

En France, les peintres du Nouveau réalisme qui, à travers l'exposition, de l'objet et l'exaltation de l'acte matériel veulent en 1962 poser le problème du matérialisme peuvent en un sens relever du Réalisme social de Courbet par leur conception de l'art comme manifeste et prise de parti.

1/ Le réalisme américain

L'Ashcan school (L'école des poubelles) est le mouvement réaliste le plus connu aux États-Unis au début du XXe siècle, surtout connu pour des œuvres représentant des scènes de la vie quotidienne dans les quartiers pauvres de New York. Le mouvement est né d'un groupe appelé The Eight, dont une unique exposition d'ensemble à la galerie Macbeth de New York en 1908 avait fait sensation. Parmi ses membres, cinq peintres seront rattachés à l'École Ashcan: William Glackens (1870-1938), Robert Henri (1865-1929), George Luks (1867-1933), Everett Shinn (1876-1953) et John French Sloan (1871 - 1951). Ils avaient étudiés ensemble sous la direction de Thomas Pollock Anshutz à la Pennsylvania Academy of Fine Arts. Les trois autres membres de The Eight qui divergèrent par leur style de L'Ashcan school, étaient Arthur B. Davies (1862-1928), Ernest Lawson (1873-1939) et Maurice Prendergast (1859-1924).

L'Ashcan school, n'était pas un groupe organisé. Leur unité se composait d'un désir de vérité sur la représentation de la ville. Robert Henri "voulait que l'art s'apparente au journalisme. Il voulait une peinture aussi réelle que la boue en automne, ou, en hiver les mottes de merde de cheval prises dans la neige de Broadway. C'est Art Young qui utilise le premier le terme Ashcan school en 1916. Le terme est ensuite appliqué à un groupe d'artistes qui dépeint la ville principalement New York et principalement les quartiers ouvriers. Il s'agit notamment, outre les cinq du groupe des huit de George Bellows, Arnold Franz Brasz, Mabel Dwight, et du photographe Jacob Riis. Edward Hopper (1882-1967), comme George Bellows et Brasz, était étudiant de Henri mais il refusa toujours son inclusion dans le groupe : ses représentations de rues de la ville étaient toujours exempts des détails habituels chers à l'école et jamais une seule poubelle n'y figura.

Les artistes de l'École Ashcan se rebellaient contre l'impressionnisme américain, qui représentait alors l'avant-garde de l'art américain. Contrairement aux lumières chatoyantes de l'impressionnisme, leurs œuvres étaient généralement sombres et représentaient des instants de vie plus sévères avec des prostituées, des ivrognes, des porcs à l'étale des bouchers, des immeubles avec du linge accroché sur des fils, des matchs de boxe et de lutteurs. C'était leur habitude fréquente, bien que non exclusive à mettre l'accent sur la pauvreté et les réalités quotidiennes de la vie urbaine qui ont incité les critiques américains à les considérer en marge de l'art moderne.

2/ Les Primitifs modernes

Ce mouvement s’inscrit dans l’un des courants forts de l’art depuis la fin du XIXe siècle, qui remise les dogmes de l’art savant au profit de cultures "autres", exotiques ou populaires. Sa défense d'un "génie du coeur et de l'intuition", éloigné "du talent de la raison et de l'intelligence",

La terme de "Primitifs modernes" est de Wilhelm Uhde (1874-1947) qui refuse le qualificatif impropre de "naïf". A la pointe de l’avant-garde, ce collectionneur, critique d’art et marchand, allemand d’origine et français d’adoption, s’intéresse d’abord à Picasso, Braque et au Douanier Rousseau à qui il consacre sa première exposition en 1908. La première guerre mondiale l’oblige à quitter la France. Sa collection est confisquée, puis vendue en 1921. Après son retour en 1924, il promeut les peintres autodidactes Bauchant, Bombois, Vivin et Séraphine de Senlis.

Il leur consacre une exposition "Peintres du Cœur Sacré" en 1928, parle d’eux la même année dans Picasso et la tradition française, et leur consacre un ouvrage, Cinq maîtres primitifs (1947), articulé autour du Douanier Rousseau. Sa défense d'un "génie du coeur et de l'intuition", éloigné "du talent de la raison et de l'intelligence", se trouve reconnue en 1948 à travers la création d’une salle qui porte son nom au musée national d’Art Moderne (palais de Tokyo).

Le retour du primitivisme prend un nouveau souffle, toujours en France avec l'aprés guerre et les années 50 marquées par les résistances face à l'abstraction. jour. C'est l'Art Informel de Jean Fautrier avec la série des otages en 1944. C'est Jean Dubuffet avec ses hautes pates et la revendication de l'Art Brut ainsi qu'Antonio Tapiès (23) et Wols qui tous representent une alternative pour échapper à la pénétration des peintres américains.

3/ L'hyperréalisme

L'artiste utilise une ou des photographies reproduites à l'identique ou agrandies, tellement réalistes que le spectateur se demander s'il est face à une réalitée captée mécaniquement ou à une oeuvre d'art.

Pour reproduire la ou les photographies, les peintres, soit projetent à l'aide d'un rétro-projecteur l'image sur leur toile et ensuite peignent en fonction de ce qu'il voient, soit impriment sur grand format une photo et peignent directement sur la photo, soit utilisent la technique de "mise au carreau ".

Les peintres hyperréalistes jouent avec l'apparente neutralité de leur oeuvre. Ils n'ont pas pour but de dénoncer quoi que ce soit, ils montrent de manière objective le monde capitaliste comme un constat. La réduction du monde contemporain à ses plus simples éléments, avec des lignes souvent épurées, manifeste pourtant une forme d'angoisse face à la deshumanisation qui guette. Par là, ils rejoignent une certaine forme de surréalisme.

Ce mouvement est sureprésenté chez les américains avec Chuck Close, Jerry Ott, Richard Estes, Don Eddy, Audrey Flack, Malcolm Morley, Vija Celmins, Ralph Goings, Robert Bechtle, Robert Contthingham, David Parrish, John Salt et Norman Rockwell. David Hockney, Gerhard Richter et Jean Olivier Hucleux peuvent également être rattachés à ce mouvement.

4/ Le Nouveau Réalisme français : un recyclage poétique du réel

Les artistes et leurs oeuvres :
• Arman, Chopin’s Waterloo, 1962
• César, Ricard, 1962
• Raymond Hains, Panneau d’affichage, 1960
• Yves Klein, Monochrome bleu (IKB 3), 1960
• Daniel Spoerri, Repas hongrois, tableau-piège, 1963
• Martial Raysse, Soudain l'été dernier, 1963
• Niki de Saint-Phalle, Crucifixion, 1963
• Jean Tinguely, Baluba, 1961-1962

Le Nouveau Réalisme a été fondé en octobre 1960 par une déclaration commune dont les signataires sont Yves Klein, Arman, François Dufrêne, Raymond Hains, Martial Raysse, Pierre Restany, Daniel Spoerri, Jean Tinguely, Jacques de la Villeglé ; auxquels s’ajoutent immédiatement César, Mimmo Rotella, puis Niki de Saint-Phalle et Gérard Deschamps en 1961, enfin Christo en 1963.

Ces artistes affirment s’être réunis sur la base de la prise de conscience de leur "singularité collective". En effet, dans la diversité de leur langage plastique, ils perçoivent un lieu commun à leur travail, à savoir une méthode d’appropriation directe du réel, laquelle équivaut, pour reprendre les termes de Pierre Restany, en un "recyclage poétique du réel urbain, industriel, publicitaire" (60/90. Trente ans de Nouveau Réalisme, édition La Différence, 1990, p. 76).

Leur travail collectif, des expositions élaborées ensemble, s’étend de 1960 à 1963, mais l’histoire du Nouveau Réalisme se poursuit au moins jusqu’en 1970, année du dixième anniversaire du groupe marquée par l’organisation de grandes manifestations.

Pour autant, si cette prise de conscience d’une "singularité collective" en signature est déterminante, leur regroupement se voit motivé par l’intervention et l’apport théorique du critique d’art Pierre Restany, lequel, d’abord intéressé par l’art abstrait, se tourne vers l’élaboration d’une esthétique sociologique après sa rencontre avec Klein en 1958, et assume en grande partie la justification théorique du groupe.

Le terme de Nouveau Réalisme a été forgé par Pierre Restany à l’occasion d’une première exposition collective en mai 1960. En reprenant l’appellation de "réalisme", il se réfère au mouvement artistique et littéraire né au 19e siècle qui entendait décrire, sans la magnifier, une réalité banale et quotidienne. Cependant, ce réalisme est "nouveau", de même qu’il y a un Nouveau Roman ou une Nouvelle Vague cinématographique : d’une part, il s’attache à une réalité nouvelle puisqu’il s’agit d’une société urbaine de consommation, d’autre part, le mode descriptif est lui-même nouveau car il ne s’identifie plus à une représentation par la création d’une image adéquate, mais il consiste en la présentation de l’objet que l’artiste a choisi.

C’est aussi à Pierre Restany que l’on doit d’avoir défendu le Nouveau Réalisme sur la scène internationale face à l’émergence d’un art américain, le Pop Art, soutenu économiquement par un réseau de galeristes et de collectionneurs.

le réalisme est aussi revendiqué par par de nombreux artistes comme Antonio López García, né en 1936 en Espagne qui développa son style sous le franqusime hors de toute influence européenne et américaine.

 

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