Le ciné-club de Caen s'associe au festival des Territoires en crise, coordonné par l'équipe de L'écume des films pour des projections au Cinemoviking de Saint-Lô.

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Festival, du mardi 12 au samedi 16 mars
 
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Tous les genres et toutes les formes déclinent les crises et les sorties de crises. Ainsi la comédie peut permettre au public de rire des aventures d'une familles d'une marge de Rome dans Affreux sales et méchants. Le bidonville filmé par le réalisateur italien lui permet de mettre en scène des situations cocasses provoquées par les contraintes de l'habitat précaire. Des exemples : la garderie pour ces gosses pauvres, l'exiguïté des lieux et ses effets en terme de promiscuité maximale. Ces situations graves, injustes, restent propices à des moments qui déclenchent notre amusement, finalement.

La crise filmée par des cinéastes demeurent d'origine économique dans la filmographie rapipe qu'il est possible d'établir. Les représentations filmiques soulignent des engagements, des rebellions, et des ruptures chez les protagonistes à l'écran. C'est le cas des personnages que construit Stéphane Brisé. Forme fictionnelle documentée l'acteur récurrent, Vincent Lindon, incarne l'homme ordinaire touché, frappé par les conséquences sociales et territoriales des mutations économiques contemporaines. La loi du marche, En guerre, en témoignent. Mais en y regardant de plus prêt il est possible de dire que la crise de 1929 aux Etats-Unis et en Europe, a stimulé la créativité des cinéastes. Pensons aux films d'avant-guerre de Capra, des hommes ordinaires déjà luttent ou survivent face aux injustices, mais aussi à King Vidor qui décrit dans Notre pain quotidien un territoire singulier, une coopérative, lieu d'une possible alternative aux conséquences d'une société trop âpre. Il y a aussi l'inoubliable adaptation des raisins de la colère de Steinbeck par Ford en 1940.

Les territoires d'hier et d'aujourd'hui ont régulièrement été frappés par des aléas: tempêtes, cyclones, tremblements de terre, éruptions volcaniques, voire météorites, détruisent les espaces occupés et aménagés... Déjà la disparition de Pompéi en 79 après J.C a inspiré les premiers auteurs des des péplums du début XXe siècle. Ainsi, en 1913, Mario Caserini et Eleuterio Rodolfi filmaient la disparition de la cité. Les aléas ont depuis inspiré les auteurs des « films catastrophe » La liste est impressionnante : Meteor, Le pic de Dante, Le jour d'après, Deep impact, San Andrea... Même Clint Eastwood s'est frotté au genre en 2010 avec l'ouverture d'Au-delà ; une ouverture ravageuse puisqu'il reconstitue le tsunami du 26 décembre 2004 qui a frappé une partie de l'Asie du Sud-est.

Enfin il s'agira de voir comment les formes documentaires témoignent des crises, les géographes qui filment leurs recherches pourraient nous aider à découvrir cette autre dimension de la question. Bref, la crise, les crises territoriales, sont cinématographiques. Elles participent, parfois, de moments forts de l'histoire et de l'esthétique cinéma

Dominique Briand, président de l'association de l'Ecume des films.

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