Le fusil photographique

1882

Ayant vu le dispositif de Muybridge, emcombrant, compliqué et nécessitant beaucoup de main d'oeuvre, Etienne-Jules Marey invente un appareil avec les mêmes fonctions mais de taille réduite.

C'st en réalité un fusil de chasse, dans lequel la chambre a été remplacée par un obturateur et le viseur, par un rouleau de pellicule flexible enroulée autour d'un cylindre, et qui permet de prendre plusieurs photos à la fois. Il utilise des plaques humides au collodion qui sont remplacées par les plaques sèches au bromure d'argent puis par la première bande de papier sensible. Cet appareil permet de prendre 12 vues par seconde

Intéressé à ses travaux, Marey recevra bientôt la visite d'Edison, qui s'en inspirera pour son kinetoscope.

Marey a quasiment inventé la caméra mais la question de projection ne l'a jamais interessé. Il fabrique néanmoins un projecteur chronophotographique rudimentaire. Mais c'est son disciple et assistant, Georges Demenÿ, qui met au point le phonoscope, dénomé ainsi car il sert à "reproduire l'illusion du mouvement de la parole et de la physionomie d'une personne qui parle".

Demenÿ, excédé de la réticence de Marey, se brouille avec lui. Mais, il peine à trouver des associés et ne parvient pas à empecher les recherches solitaires de Louis Lumière. Ecarté des processus industriels, son apport à l'histoire de la technique cinématographique ne sera pas reconnu.

Source : Laurent Mannoni, Le grand art de la lumière et de l'ombre. Editeur Nathan Université, 1999.

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