Dans la plupart des prises de vue, le rectangle de la caméra est "de niveau" avec celui du sol. Si l'on oriente le grand axe de la caméra vers le bas ou vers le haut, on obtient respectivement un plan en plongée ou en contre-plongée (Si l'on oriente le petit axe de la caméra de travers, on obtient des plans débullés, où la "bulle" d'un niveau à eau n'indique plus l'horizontalité).

A- La plongée : naturelle, oblique ou totale

La plongée est naturelle lorsqu'elle succède au regard d'un personnage placé en hauteur (sommet d'un bulding, avion...). L'axe de la caméra, dirigée vers le bas correspond alors à celui de son regard.

La plongée peut être oblique. Le metteur en scène peut ainsi renforcer l'impression d'immensité. La plongée peut être totale. Elle est souvent d'indice d'un évènement important de l'intriguel : préparation d'un plan, complot, menace, mort.....

Plongée naturelle : la plongée est motivée par le regard de observateur
 
Plongée oblique : Citizen Kane de Orson Welles
 
plongées totales : L'étau (Hitchcock, 1963) et Il était une fois en Amérique (Leone, 1983)
Plongée avec mouvement avant hélicoïdal dans Europa (Lars von Trier)


B - La contre-plongée : naturelle, oblique ou totale

La contre-plongée est naturelle lorsqu'elle succède au regard d'un personnage contemplant un panorama proche de grande hauteur (immeuble, monument...). L'axe de la caméra, dirigée vers le haut correspond alors à celui de son regard.

Marie-Octobre (Julien Duvivier, 1958)

La contre-plongée peut être oblique. Le metteur en scène peut ainsi renforcer, selon le contexte, l'impression de malaise, de déséquilibre ou de puissance.

Citizen Kane (Orson Welles)

La contre-plongée peut-être totale. Fort peu utilisée, elle est presque toujours motivée par la situation du personnage regardant. Ainsi dans Il était une fois en Amérique :

 
Les deux contre-plongées totales motivées de Il était une fois en Amérique (Sergio Leone, 1983)