Le festival du film asiatique de Deauville n'aura pas lieu en 2015. Un communiqué de presse, dont s'est fait écho le Figaro dans son édition du 18 novembre, sonne le glas de ce festival malgré les propos apaisants de son directeur, Bruno Barde.

Interrogé par le Figaro, Bruno Barde explique : "Cela fait des années que nous produisons à perte, malgré la qualité de talents présents chaque année. Nous cherchons d'autres partenaires, mais dans la culture, il s'agit surtout de sponsors privés... La réalité économique nous rattrape. Nous n'avons malheureusement pas eu le choix. La décision a été unanime entre les différents partenaires : la ville de Deauville, le Centre International de Deauville et nous [Public Système Cinéma, dont il est le directeur général]. Nous ressentons tous une grande tristesse aujourd'hui... La culture a besoin de soutiens, qu'ils soient publics ou privés. Un festival comme celui-là coûte cher [500 à 600.000 euros], quand d'autres nécessitent plus de financement comme Rome ou Cannes... L'annulation, qui n'est pour l'instant qu'une pause, est évidemment due à un problème économique. Il ne faut pas oublier la responsabilité collective, qu'elle soit économique, politique et médiatique. Plus personne ne soutient ce qui est exigeant de nos jours. Tout le monde confond notoriété et talent. Le premier est constamment honoré. Si le talent se voyait soutenu, nous aurions plus de publicité et donc plus de sponsors. Malheureusement, le talent passe à la trappe".

Il est hélas assez prévisible que les financements publics diminuent encore à l'avenir et que, faute d'une 17e édition, la notoriété du festival du film asiatique décline. Les organisateurs seront alors tentés d'orienter les crédits vers le festival américain, lui aussi probablement déficitaire, mais plus glamour et sacrifier le "petit" festival de Deauville.

L'enterrement est bien discret : pas d'appel au crowdfunding pour une 17e édition a minima, pas d'info sur le site officiel et pas encore de réaction sur la page facebook. Nous tous, qui aimons ce festival de printemps bien conçu, curieux et stimulant, protestons donc contre cet abandon. Espérons que A capella de Lee Su-jin (Lotus du jury), sorti le 19 novembre et Naguima (Lotus du meilleur film) de Zhanna Issabayeva, qui sort le 26 novembre, ne soient pas les dernières contributions du festival à la distribution de ces films en France.

Le Festival du film asiatique de Deauville existait depuis 1999. La seconde semaine de mars de chaque année, il permettait de découvrir la richesse et la diversité du cinéma asiatique. Longtemps dominé par les imposantes filmographies du Japon de la Chine et de la Corée du Sud, le festival s'ouvrit aussi de plus en plus largement aux films venus d'Inde, des Philippines, d'Indonésie, de Thaïlande et du Cambodge mais aussi d'Iran et du Kazakhstan.

 
16e festival du film asiatique de Deauville
15e festival du film asiatique de Deauville
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2006
2005
2004
2003
2002
2001
2000
1999

En 1999, aucun prix n'est institué. De 2000 à 2003, sont attribués, Le lotus d'or du meilleur film, un prix du public, et les prix du meilleur réalisateur, meilleure actrice et meilleur acteur. En 2004, ne subsistent plus que le Lotus d'or et le prix du public auquel s'ajoute le prix Action-Asia. En 2005 et 2006, s'ajoutent un prix du scénario et un prix de la critique internationale alors que disparait le prix du public. A partir de 2007, quatre prix sont officiellement attribués, ceux du Lotus du meilleur film, Lotus du jury, Lotus action-Asia et Prix de la critique internationale. Le Ciné-club de Caen étant invité depuis cette date, nous avons rajouté un prix spécifique, et entièrement honorifique, établi sur la base d'un questionnaire en ligne auquel peuvent répondre les internautes.

En 2013, la section Action Asia est intégrée aux films hors compétition et ne donne donc plus lieu à un prix. En revanche, apparait le prix de la ville de Deauville, prix du public... qui rend obsolète notre prix du Ciné-club de Caen.

A l'origine, les films étaient projetés dans trois salles : le Centre international de Deauville, Le casino et le Morny. Depuis 2012, seules les deux premières salles projettent les films du festival, à deux pas des célèbres planches de Deauville.

 

Palmarès 2014 de la 16e édition :
Lotus du meilleur film : Naguima de Zhanna Issabayeva
Lotus du jury : A capella de Lee Su-jin et Ugly de Anurag Kashyap
Lotus Air France (prix de la critique internationale) : A capella de Lee Su-jin
Prix de la ville de Deauville : A capella de Lee Su-jin

Lotus du meilleur film
Lotus du Jury
Lotus de la critique
Prix de la ville de Deauville

hommages à Hideo Nakata (Japon), Tsai Ming-liang (Taiwan),
à la comédienne sri-lankaise Malani Fonseka.

Excellent palmarès pour une sélection en compétition de haute tenue. Naguima de Zhanna Issabayeva était incontestablement le film le plus intensément mis en scène. Le récit se déroule selon une économie rigoureuse : présentation du dur travail de Naguima ; la souffrance d'Anya, ventre en forme de bulbe qui menace d'écraser son corps de brindille ; son propriétaire qui la harcèle pour payer le loyer, alors que son employeur ne montre aucun scrupule à retarder son salaire; sa façon de plaider avec le propriétaire du magasin pour acheter de la nourriture. La réalisatrice ne divulgue jamais plus que ce que l'on doit savoir sur Naguima et le passé d'Anya. C'est seulement à mi-chemin, quand Naguima effectue un voyage décisif, que l'on apprend son âge, la nature de sa relation avec Anya et comment Anya est tombée enceinte en premier lieu. La cruauté de confrontation avec la mère est accentuée par le paysage aride et perdu dans laquelle elle se déroule.

A capella de Lee Su-jin remporte trois prix avec un thème présent dans les deux autres films coréens présentés à Deauville cette année. Le viol d'une adolescente est en effet présent dans Steel cold winter de Choi Jin-seong présenté en compétition alors que le harcèlement imprégnait Suneung de Shin Su-won, hors compétition. Là encore, c'est l'économie de moyen dans le récit qui garantit un réel travail de mise en scène. Suneung (l'examen d'entrée pour l'université) possède un scénario beaucoup trop rusé avec des pistes dans tous les sens et ne traite finalement aucun sujet. Steel cold winter de Choi Jin-seong voit s'affronter la pureté adolescente aux pulsions corruptrices de l'âge adulte et l'opposition symbolique entre le patinage sur glaces et les cochons que l'on enterre vivants sur des soupçons de fièvre aphteuse est recyclée avec justesse (et ce n'est pas facile !) sur divers thèmes. Han Gong-ju de Lee Su-jin fait remonter lentement la scène traumatisante alors que le personnage éponyme lutte avec son caractère (apprivoiser sa logeuse, ses nouvelles amies) et ses forces créatrices (la musique) et physique (elle apprend à nager) pour survivre aux dangers d'une société coréenne obsédée par la réussite de ses enfants à n'importe quel prix.

A capella doit partager son prix du jury avec Ugly, neuvième film de Anurag Kashyap, le metteur en scène indien du long film de gangster Gangs of Wasseypur, dont on se demande ce qu'il faisait en compétition.

La sélection hors compétition présentait le meilleur, Les chiens errants de Tsai Ming-Liang, Our Sunhi de Hong Sang-soo, Réal de Kiyoshi Kurosawa mais aussi le décevant Monsterz de Hideo Nakata. Present for you de Yoshihiko Dai et Suneung de Shin Su-won ne m'ont guère convaincus alors que Ruin de Michael Cody & Amiel Courtin-Wilson et Toilet blues de Dirmawan Hatta semblent des oeuvres plus prometteuses. Trapped de Parviz Shahbazi donne des nouvelles plutôt rassurantes d'un assouplissement de la censure en Iran mais reste formellement trop pauvre.

 

Palmarès 2013 de la 15e édition :
Lotus du meilleur film : I.D. de Kamal K.M.
Lotus du jury : Four stations de Boonsong Nakphoo et Mai Ratima de Yoo Ji-tae
Lotus Air France (prix de la critique internationale) : Taboor de Vahid Vakilifar
Prix de la ville de Deauville : Apparition de Vincent Sandoval

I.D. de de Kamal K.M.
Four stations
Taboor

Hommages à Sono Sion (Japon) et Wong Kar-wai (Chine).

Le jury a récompensé I.D. de Kamal K.M. au propos assez transparent sur l'état d'abandon dans lequel l'Inde laisse ses travailleurs pauvres ou clandestins. La jeune Charu et son bel i-phone servent de fil conducteur à ce film qui vaut surtout par son aspect documentaire sur les bidonvilles de la banlieue de Bombay. Le jury a aussi récompensé Four stations de Boonsong Nakphoo et Mai Ratima de Yoo Ji-tae, deux récits plus amples. En récompensant Taboor de Vahid Vakilifar, la critique internationale a sans doute voulu émettre un cri d'alerte contre l'affadissement esthétique des films sélectionnés. Il faut quand même beaucoup de bienveillance pour suivre durant 90 minutes, et pas beaucoup plus de plans très longs donc, les tribulations d'un homme victime d'ondes électromagnétiques qui essaie de purger la ville et ses habitants de maladies physiques et mentales et finit par s'offrir en sacrifice au petit matin sur un lit face au soleil levant sur Téhéran. Le prix de la ville de Deauville est revenu à Apparition de Vincent Sandoval, sorte d'étude dans le milieu clos d'un monastère des ravages provoqués par les difficultés à naitre de la démocratie lorsque Marcos prend le pouvoir aux Philippines.

 

Palmarès 2012 de la 14e édition :
Lotus du meilleur film : Mourning de Morteza Farshbaf
Lotus du jury : Baby factory de Eduardo Roy jr
Lotus Air France (prix de la critique internationale) : Himizu de Sono Sion
avec Mention spéciale à Mourning de Morteza Farshbaf.
Lotus Action Asia : Wu Xia de Peter Chan
Prix du ciné-club de Caen : Saya zamouraï de Hitoshi Matsumoto

Mourning
Baby factory
Himizou
Wu Xia
Saya Zamouraï
Lotus du meilleur film
Lotus du Jury
Prix de la critique
Prix Action Asia
Prix du Ciné-Club de Caen

Hommages à Kiyoshi Kurosawa (Japon) et Pen-Ek Ratanaruang (Thaïlande)

Le jury a récompensé deux jeunes cinéastes pour leur premier film qui s'inscrivent l'un et l'autre dans les pas du plus grand cinéaste de leur pays. Morteza Farshbaf, déjà récompensé au festival de Busan, reçoit le Lotus du meilleur film à 27 ans (il est né en 1985) pour Mourning après avoir collaboré avec Abbas Kiarostami sur plusieurs films. Eduardo Roy jr, né en 1980, reçoit le Lotus du jury pour Baby factory après avoir été le scénariste de Brillante Ma. Mendoza.

Le prix de la critique internationale (dont le jury pertinent reste mystérieux) est attribué à Himizu de Sono Sion. Celui-ci adaptait le manga éponyme de Minoru Furuya publié entre 2001 et 2002 dans Young Magazine quand le Tsunami du 11 mars 2011 a bouleversé son scénario. La terrible pulsion de mort dont son jeune héros est victime s'est ainsi retrouvée située au cœur des paysages dévastés par le tsunami, saisis par des travellings accompagnés du Requiem de Mozart. Le combat d'une jeunesse japonaise sacrifiée par les adultes irresponsables du manga devient plus universel. Le combat se doit alors d'être excessif (l'eau, la boue, les couleurs badigeonnées sur le visage, la guillotine peinte en rouge, l'assassinat au parpaing) et les deux adolescents désabusés du manga deviennent les fleurs fragiles d'un espoir poussé sur les décombres laissés par leurs aînés.

 

Palmarès 2011 de la 13e édition :
Lotus du meilleur film : Eternity de de Sivaroj Kongsakul
Lotus du jury : Sketches of Kaitan City & The Journals of Musan
Prix de la critique internationale: Cold Fish de Sono Sion
Lotus Action Asia : True Legend de Woo-ping Yuen
Prix du Ciné-club de Caen : Buddha montain de Li Yu

Cold fish
Lotus du meilleur film
Lotus du Jury
Prix de la critique
Prix Action Asia
Prix du C.-Club de Caen

Hommages à Hong Sang-soo (Corée du Sud) et Kim Jee-woon (Corée du Sud)

 

Palmarès 2010 de la 12e édition :
Lotus du meilleur film : Judge de Liu Jie

Lotus du jury ex-aequo : Paju de Park Chan-ok et Au revoir Tapei de Arvin Chen

Lotus Air France : My daughter de Charlotte Lim Lay Kuen
Lotus Action Asia : The sword with no name de Kim Yong-kyun.
Prix du Ciné-club de Caen : Au revoir Taipei de Arvin Chen

Lotus du meilleur film
Lotus du Jury
Prix de la critique
Prix Action Asia
Prix du Ciné-Club de Caen

Hommages à Brillante Mendoza (Philippines) Lou Ye (Chine) Lu Chuan

 

Palmarès 2009 de la 11e édition :
Lotus du meilleur film : Breathless de Yang Ik-june
Lotus du jury ex-aequo : All around us de Hashiguchi Ryosuke et The shaft de Zhang Chi
Lotus Air France : Breathless de Yang Ik-june
Lotus Action Asia : The Chaser de Na Hong-jin
Prix du Ciné-club de Caen : Claustrophobia de Ivy Ho.

Lotus du meilleur film
Prix Action Asia
Prix du Ciné-Club de Caen

 

Palmarès 2008 de la 10e édition :
Lotus du meilleur film : With a girl of black Soil de Jeon Soo-il
Lotus du jury ex-aequo : Wonderful town de Aditya Assarat
Flower in the pocket de Liew Seng-tat
Lotus Air France : With a girl of black Soil de Jeon Soo-il
Lotus Action Asia : Héros de guerre de Feng Xiaogang
Prix du Ciné-club de Caen : Funuke show some love, you losers ! De Daihachi Yoshida

 
 
Lotus du Jury
Prix du Ciné-Club de Caen

 

Palmarès 2007 de la 9e édition :
Lotus du meilleur film : Syndromes and a century de Apichatpong Weerasethakul
Lotus du jury : King and the clown de Lee Jun-ik
Lotus air France, prix de la critique : Ad lib night de Lee Yoon-ki
Lotus Action Asia : Dog bite dog de Soi Cheang.

 
 
Lotus du meilleur film
Prix de la critique

 

Palmarès 2006 de la 8e édition :
Lotus du meilleur film : Dam Street, de Li Yu
Lotus du Jury : The Peter Pan Formula de Cho Chang-Ho
Lotus de la Critique Internationale : Citizen Dog
Lotus du meilleur Scénario : Midnight my love

Palmarès 2005 de la7e édition :
Lotus du meilleur film : Holiday Dreaming, de Fun-chun Hsu
Lotus du Jury : This Charming Girl, de Lee Yoon-ki
Lotus du meilleur scénario : The world, de Jia Zhangke
Lotus action asia : Arahan, de Ryu Seung-wan
Prix de la critique internationale : Holiday Dreaming, de Fun-chun Hsu
Lotus du magazine Première : Electric Shadows, de Xiao Jiang

Palmarès 2004 de la 6e édition :
Lotus du meilleur film : Une femme coréenne, de Im Sang-soo
Lotus du Public : Voyageurs et Magiciens, de Khyentse Norbu
Lotus action asia : Ong-bak, de Prachya Pinkaew

Palmarès 2003 de la 5e édition :
Lotus d'Or : Blind shaft, de Li Yang
Lotus du Public : Blind shaft, de Li Yang
Lotus de la meilleure actrice : Rachel Sayidina et Jajang C. Noer pour Eliana, Eliana
Lotus du meilleur acteur : Wang Baoqiang pour Blind shaft
Lotus du meilleur réalisateur : Li Yang pour Blind shaft
Lotus Air France, décerné par la presse : Blind shaft

Palmarès 2002 de la 4e édition :
Lotus d'Or : Failan, de Song Hae-sung
Lotus du Public : Failan, de Song Hae-sung
Lotus de la meilleure photographie : Peony Pavilion de Yonfan
Lotus de la meilleure actrice : Dian Sastrowardoyo pour Whispering sands
Lotus du meilleur acteur : Choi Min-sik pour Failan
Lotus du meilleur réalisateur : Song Hae-sung pour Failan
Lotus du meilleur scénario : The Rules of the game de Ping Ho

Palmarès 2001 de la 3e édition :
Lotus d'Or : Joint Security Area, de Park Chan-wook
Lotus du Public : Joint Security Area, de Park Chan-wook
Lotus de la meilleure photographie : Takashiro Tsutai, pour Hotoke, de Jinsei Tsuji Lotus de la meilleure actrice : Yu Nan, pour Yue shi, de Quanan Wang
Lotus du meilleur acteur : Song Kang-ho, pour Joint Security Area
Lotus du meilleur réalisateur : Tanit Jitnukul pour Bang Rajan
Lotus du meilleur réalisateur : Yiwen Chen et Huakun Zhang, pour Yun zhuai shou zhi lian

Palmarès 2000 de la 2e édition :
Lotus d'Or : Sur la trace du serpent, de Lee Myung-se
Lotus du Public : The Mistress, de Crystal Kwok
Lotus de la meilleure photographie : Jeong Kwang-seok et Song Haeng-ki, pour Sur la trace du serpent
Lotus de la meilleure actrice : Hong Tao, pour The Black Eyes of Chen Xuoxing Lotus du meilleur acteur : Park Jung-hun, pour Sur la trace du serpent
Lotus du meilleur réalisateur : Lee Myung-se, pour Sur la trace du serpent

 

 

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