Voir : Films et cinéastes italiens
De l'immeuble qui s'écroule dans un quartier populaire Main basse sur la ville (Rosi, 1961) à l'ensemble immobillier de la Scampia, Gomorra (Garrone, 2008).

1 - Des premières années aux productions de Cinecitta sous Mussolini

L’industrie du cinéma italien est née entre 1903 et 1908 avec la création de trois compagnies : la Cines romaine, l’Ambrosio de Turin et l’Italia Film. D’autres compagnies ont rapidement suivi à Milan et à Naples. En très peu de temps, ces premières compagnies ont atteint une production de qualité et leurs films furent bientôt vendus hors d’Italie. La période est marqué par le succès de Cabiria (Giovanni Pastrone).

Après la Première Guerre mondiale, en raison de la crise économique, le cinéma italien produit des films moins intéressants en dépit de l’introduction du son.

Cinecittà ouvre ses portes, le 28 avril 1937, mettant à la disposition des réalisateurs et, dans leur sillage, des techniciens et des acteurs. le courant des téléphones blancs domine avec ses romances à l'eau de rose avec des intrigues qui se nouent et se dénouent au... téléphone.


2 - Le néoréalisme (1945-1958)

A peine la seconde guerre mondiale terminée, le cinéma italien connaît une situation exceptionnelle. Dans aucun des autres pays engagés dans le conflit, la guerre n'a pas produit de rupture dans les cinémas nationaux. Il n'est plus possible de tourner à Cinecitta, transformé en camp de réfugiés mais surtout les cinéastes néoréalistes souhaitent aller dans les rues pour filmer l'Italie telle qu'elle est.

Le néoréalisme c'est la primauté donnée à la représentation de la réalité sur les structures dramatiques. La réalité n'est pas corrigée en fonction de la psychologie et des exigences du drame, elle est toujours proposée comme une découverte singulière, une révélation quasi documentaire conservant son poids de pittoresque et de détails.

 

3 - La comédie à l'Italienne (1958-1976)

En opposition au spiritualisme du néo-réalisme et au paternalisme bienveillant, à l'idéologie progressiste du néo-réalisme rose, la comédie italienne fait part de ses doutes sur le miracle économique des années 60 et la possibilité d'un changement politique.

Politiquement incorrecte, elle renonce à présenter de pauvres gens opprimés, patients, prêts à souffrir en silence et laisse la part belle à la satire sociale, l'ironie féroce et la farce grotesque. Son cynisme et sa douce bouffonnerie la font davantage ressembler au western spaghetti qu'à la contre-culture américaine. En ne se souciant jamais des bornes du bon goût, elle se révèle sans doute plus profondément iconoclaste et libératrice.

 

4 - le western spaghetti (1964-1971)

La remise en cause du mythe western est l'occasion pour Leone de réaliser quatre westerns successifs : Pour une poignée de dollars (1964), Et pour quelques dollars de plus (1965), le Bon la brute et le truand (1966), Il était une fois dans l'Ouest (1968). Le terrain parait connu : par le décor (des bourgades du Texas) et par le sujet (un étranger arrive dans une ville où s'affrontent deux camps, la guerre de Sécession, la construction du chemin de fer). Mais les apparences sont trompeuses : les protagonistes préfèrent tirer avant de parler ; ils sont sals, mal rasés, cyniques voir sadiques et seuls le pouvoir et l'argent semblent les motiver.

El Chuncho (Damiano Damiani, 1966) lance le western Zapata, le western politique italien. Il obtient un excellent succès commercial sur le thème de la révolution mexicaine, de l'exploitation des péons par les grands propriétaires. C'est aussi une réflexion sur l'utilisation de la violence par les masses. Pour les pauvres l'émancipation passe par la violence comme le laisse entendre la dernière phrase : "N'achète pas du pain avec cet argent mais de la dynamite".

 

5 - le cinéma italien depuis 1976

Le renouveau du cinéma italien est porté par Nani Moretti qui signe son premier film en 1976. Il entretient avec la comédie un rapport très différent de celui de la comédie italienne. La sensibilité aux événements microscopiques, la représentation exacerbée de problèmes personnels y prennent une place fondatrice qui est ensuite confrontée aux problèmes sociaux, aux dérapages de la collectivité. De Ecce Bombo (1978) à Aprile (1998) en passant par Bianca (1984), La messe est finie (1985), l'insurpassable Palombella Rossa (1989) et Caro diaro (1994), Moretti dresse un inventaire de son angoisse existentielle, face à la profonde crise morale qui secoue l'Italie contemporaine.


Moretti resiste ainsi à la grave crise que traverse le cinéma italien dans les années 80, lié avant tout à la diffusion de la télévision dans les foyers italiens. Pendant cette période, le cinéma d'auteur disparaît pratiquement.

Depuis quelques années, le cinéma italien connait toutefois un léger mieux.

Sources :