Histoires du cinéma
Bianca
(Nanni Moretti, 1983)
Les merveilles
(Alice Rohrwacher, 2014)

La fin des années 70 avec la crise du cinéma met un terme au courant dominant de la comédie italienne . Ginger et Fred (1985) de Fellini et I love you (1986) de Marco Ferreri sont sans doute les dernières grandes comédies italiennes, capables de délivrer un message social et politique à travers l'humour et d'analyser la situation quotidienne d'une Italie pour mieux la caricaturer.

Nanni Moretti, conscience de l'Italie

Le renouveau du cinéma italien est porté par Nani Moretti qui entretient avec la comédie un rapport très différent. La sensibilité aux événements microscopiques, la représentation exacerbée de problèmes personnels y prennent une place fondatrice qui est ensuite confrontée aux problèmes sociaux, aux dérapages de la collectivité. De Je suis un autarcique (1976) et Ecce Bombo (1978) au Caïman (2006) en passant par Bianca (1984), La messe est finie (1985), l'insurpassable Palombella Rossa (1989), Caro diaro (1994) et Aprile (1998), Moretti dresse un inventaire de son angoisse existentielle, face à la profonde crise morale qui secoue l'Italie contemporaine.

Moretti resiste ainsi à la grave crise que traverse le cinéma italien dans les années 80, lié avant tout à la diffusion de la télévision dans les foyers italiens. Pendant cette période, le cinéma d'auteur disparaît pratiquement. On remarque cependant les derniers films de Federico Fellini (La Cité des femmes , Et vogue le navire... , Ginger et Fred, Intervista, La Voce della luna), ceux d'Ettore Scola (La Terrasse, La Nuit de Varennes, Le Bal, La Famille), les grandes fresques de Bernardo Bertolucci (Le Dernier empereur) et de Sergio Leone (Il était une fois en Amérique)

La renaissance du cinéma italien est encouragé par les récompenses internationales : Cinéma Paradiso de Giuseppe Tornatore remporte l'Oscar du meilleur film étranger en 1990 comme Mediterraneo de Gabriele Salvatores deux ans plus tard. Mais film nostalgique sur le cinéma comme histoire ironique et amère sur un groupe de soldats italiens perdus sur une île grecque durant la Seconde Guerre mondiale ne laisseront pas de trace durable.

La jeune génération de cinéastes italiens n'arrive pas à se trouver un style en tous cas pas Michele Soavi (Arrivederci Amore Ciao, 2006) ni même Emanuele Crialese (Respiro, 2002) ou Kim Rossi Stuart (Libero, 2006).

Des quelques cinéstes programmés en France : Roberto Faenza, Daniele Luchetti, Mario Martone, Francesca Archibugi, Marco Risi, Ricky Tognazzi, Carlo Mazzacurati, Pasquale Pozzessere, Sergio Rubini, Michele Placido, Mimmo Calopresti, les deux filles de Luigi Comencini : Francesca Comencini et Cristina Comencini, c'est sans doute de Matteo Garrone (Gomorra, 2008) que l'on attend le plus.

 

Economie du cinéma italien

 

Les données chiffrées communiquées par l’ANICA et Cinetel indiquent un bilan des plus positifs pour le secteur du cinéma en Italie en 2007. Tous les indicateurs sont à la hausse. Le niveau de la fréquentation, l'un des plus bas d'Europe, est un des meilleurs depuis vingt ans. Le secteur de la production confirme sa vitalité retrouvée. Le film national poursuit la reconquête de son public et sa part de marché, en pleine progression, atteint son meilleur niveau depuis plus de dix ans.

Le secteur de la production poursuit sa progression amorcée l’année précédente, aussi bien en termes de films produits qu’en termes d’investissements. 121 films sont produits en 2007, contre 116 en 2006. Tandis que le nombre de films 100 % italiens est stable à 90 en 2007, le nombre des coproductions augmente, passant de 26 à 31. Si le nombre de coproductions majoritaires progresse nettement (17, contre 11 en 2006), les coproductions minoritaires fléchissent légèrement (14 contre 15). Les investissements suivent la même tendance. Les investissements totaux progressent de 21,4 % en 2007 (312,4 M€) et le budget moyen d’un film 100 % italien progresse de 17,9 % (2,46 M€).

La contribution de l’État dans les investissements de la production est en nette hausse depuis deux ans (+45,5 % en 2007). Les investissements privés augmentent de 16,5 % et contribuent à hauteur de 79,8 % au financement de la production italienne. Au total, la contribution de l’État concerne 46 films en 2007, pour un budget total de 63,0 M€ (en 2006, l’État finançait 24 films pour un budget total de 43,3 M€). La contribution de l’État représente 20,2 % de l’ensemble des capitaux investis (16,8 % en 2006). Selon l’échantillon Cinetel, 268 films italiens sont programmés en salles en 2007 dont 110 nouveaux films (coproductions comprises). 317 films américains sont programmés dont 154 nouveaux films. Globalement, 887 films sont à l’affiche en 2007, dont 370 nouveaux films.

Selon les premières estimations de l’ANICA, basées sur l’échantillon Cinetel (90 % du parc de salles), les entrées progressent de 12,3 % en 2007. À l’origine de ce bon résultat, la qualité des films aussi bien nationaux qu’internationaux, la sortie, pour la première fois, de films porteurs en période estivale (juillet, en particulier) et le succès des films nationaux. Les entrées s’établissent donc autour de 115 millions en 2007 et les recettes correspondantes, présentant une progression similaire, avoisinent 657 M€.

En 2007, le cinéma national confirme son succès auprès du public. Il capte plus de 33 millions d’entrées 23,1 millions en 2006), soit 32 % des entrées totales. C’est le meilleur résultat depuis plus de dix ans. En termes de recettes, avec 195,5 M€, sa part de marché progresse à 31,7 %. Cette embellie se fait au détriment des films américains dont les entrées augmentent d’à peine 0,5 % en 2007 et qui perdent 6,5 points de part de marché à 55,4 %. La part de marché des films européens est stable. Elle représente (hors film national) 11,0 % des recettes totales en 2007 (10,9 % en 2006). Les films britanniques arrivent en tête avec 8,7 % de part de marché.

Un distributeur italien, Medusa Film, prend la tête du classement des distributeurs en 2007, notamment grâce à la performance de À la recherche du bonheur et Una moglie bellissima. Le distributeur réalise une recette de 106,9 M€, soit une part de marché de 17,3 %. Il place un film dans les dix premiers de l’année et cinq parmi les vingt premiers. Shrek le troisième domine le box-office, avec 3,5 millions d’entrées et une recette de plus de 20 M€. Le premier film national, Manuale d’amore 2, occupe la 3e place du classement, avec 3,1 millions d’entrées et une recette de 19,0 M€. Trois films italiens se placent parmi les dix premiers et huit parmi les vingt premiers. 25 films dépassent un million d’entrées dont 10 films italiens.

Sources :

Les principaux films italiens des années 80 à 2020

Sole Carlo Sironi   2020
Martin Eden Pietro Marcello   2019
Santiago, Italia Nanni Moretti   2019
Le traître Marco Bellocchio   2019
Heureux comme Lazzaro Alice Rohrwacher   2018
Dogman Matteo Garrone   2018
Fuocoammare Gianfranco Rosi   2016
Bella e perduta Pietro Marcello   2016
Mia madre Nanni Moretti   2015
Les merveilles Alice Rohrwacher   2014
La grande Bellezza Paolo Sorrentino   2013
Tahrir, place de la libération Stefano Savona   2011
Habemus papam Nanni Moretti   2011
Le quattro volte Michelangelo Frammartino   2010
Draquila - L'Italie qui tremble Sabina Guzzanti   2010
Piazza Fontana Marco Tullio Giordana   2010
Gomorra Matteo Garrone   2008
Caos calmo Antonio Luigi Grimaldi   2008
La terre des hommes rouges Marco Bechis   2008
Le Caïman Nanni Moretti   2006
Ces rencontres avec eux Jean-Marie Straub   2005
La chambre du fils Nanni Moretti   2001
Sicilia ! Jean-Marie Straub   1998
Aprile Nanni Moretti   1998
Cher journal Nanni Moretti   1994
La voix de la lune Federico Fellini   1990
Palombella Rossa Nanni Moretti   1989
Intervista Federico Fellini   1987
I love you Marco Ferreri   1986
La messe est finie Nanni Moretti   1985
Ginger et Fred Federico Fellini   1985
Il était une fois en Amérique Sergio Leone   1984
Bianca Nanni Moretti   1983
De la nuée à la résistance Jean-Marie Straub   1978