Comme un paysan pratiquant l'assolement sur ses terres, Bertrand Tavernier aime alterner trois types de films, correspondant aux trois facettes de sa personnalité de cinéaste : les films de genre, souvent historiques, à la mise en scène efficace et souvent grandiose, lui permettent de laisser libre cours à sa cinéphilie ; les films plus réalistes, ou même documentaires, lui permettent de témoigner de son époque, en citoyen engagé ; enfin certains films plus sombres, aux sujets difficiles, sont traités de manière franchement naturaliste, et c'est peut-être là que Bertrand Tavernier est le meilleur, un auteur en tout cas : Coup de torchon, La passion Béatrice ou L'appat sont bien de facture naturaliste au sens de Losey, Powell ou même Melville, pour ne prendre que trois idoles du cinéaste : les mondes refoulés, amoraux et incontrôlables qui remontent à la surface, bouleversent le monde apparent et bien réglé, et précipitent les personnages vers leur fin.

Biographie

Né le 25 avril 1941 à Lyon, Bertrand Tavernier est le fils de l'écrivain René Tavernier, fondateur de la revue " Confluences " qui, sous l'Occupation, publia Aragon, Eluard et Michaux.

Monté à Paris après-guerre, Tavernier termine ses études secondaires au Lycée Henri IV, il y a pour camarade de lycée Volker Schlöndorff, qui lui fait connaître la Cinémathèque de la rue d'ULM. Dans la capitale, il peut enfin satisfaire pleinement sa soif de cinéphile, et passe souvent plusieurs heures par jour dans les salles. Une fois inscrit à la Faculté de Droit, il crée - avec Yves Martin et Bernard Martinand - le ciné-club " Nickelodéon " dont les présidents d'honneur sont les metteurs en scène américains King Vidor et Delmer Daves. Parallèlement, Tavernier collabore à des hebdomadaires et revues de cinéma, tels que "Les Lettres françaises", "Télérama", "Cinéma 60", "Positif" et "Les Cahiers du Cinéma" (on le remarque notamment pour ses articles sur Budd Boetticher, Jean-Pierre Melville et Robert Parrish). Puis, en 1961, il parvient à se faire engager comme assistant de Melville sur Léon Morin Prêtre. Après quoi, toujours par amour du cinéma et pour éviter de rester éloigné trop longtemps du milieu du septième art, il accepte des "Jobs " d'attaché de presse pour le producteur Georges de Beauregard et défend - jusqu'en 1972 - des films de Claude Sautet, Pierre Granier-Deferre, Jacques Rouffio, Joseph Losey, Sam Peckinpah, Robert Altman, entre autres.

Le cinéma ne lui inspirant jamais aucune lassitude, Tavernier trouve encore du temps et de l'énergie pour écrire des scénarios (COPIAN OUVRE LE FEU A MEXICO) pour Riccardo Freda , un cinéaste qu'il remplacera, 25 ans plus tard, sur le tournage de La Fille de d'Artagnan, et CAPITAINE SINGRID, pour Jean Leduc et participer à des ouvrages tels que " Trente ans de cinéma américain " (avec JeanPierre Coursodon) et " Le Western " (dans la collection 10/18).

C'est en 1963 et 1964 que Tavernier fait enfin ses premiers essais de mise en scène. avec deux sketches : Le baiser de Judas, pour le film Les baisers, et Une chance explosive, pour La chance et l'amour. Dix ans plus tard en 1974 - va sortir son premier long métrage, L'horloger de saint Paul, qu'il a entièrement tourné dans sa ville natale. Ce polar aux accents sociaux, récompensé par le Prix Louis-Delluc et l'Ours d'argent à Berlin, marque aussi sa rencontre avec Philippe Noiret, qui deviendra son acteur-fétiche. Tous les films qui vont suivre ont été bien reçus à la fois par la critique et le public, Tavernier se situant d'emblée dans la tradition "américaine", narration classique, avec une histoire solide et des personnages forts, la plupart du temps ancrés dans une réalité sociale que le réalisateur ne néglige jamais.

Dans ses ses sept longs métrages suivants, Tavernier aborde les genres les plus divers : le film historique à grand spectacle avec Que la fete commence ou encore la science-fiction avec La mort en direct, à ce sujet, le réalisateur a déclaré que:

"le cinéma et la littérature de genre permettent des audaces qu'on ne repère, quelquefois, que bien longtemps après, tant elles sont coulées à l'intérieur du genre lui-même. "

Et, dans le cadre très précis de tel ou tel genre, ce qui importe avant tout pour Tavernier, c'est l'émotion :

"Tout ce qui déforme et dramatise l'émotion et la réalité m'intéresse, a-t-il déclaré à l'époque de la sortie du film. Ça se rapproche peut-être aussi de la façon dont j'aime mettre en scène : une mise en scène basée sur l'émotion qui, je l'espère, n'est jamais artificiellement traduite. "

Au début des années quatre-vingt, après le succès de Coup de torchon, Bertrand Tavernier se tourne vers l'essai et le documentaire. C'est d'abord, pour la télévision, Philippe Soupault et le surréalisme (1982), série d'émissions d'une durée totale de trois heures. Puis il part pour le sud des États-Unis, où vécurent Jim Thompson - auteur du roman 1275 âmes à l'origine de Coup de torchon et William Faulkner, autre écrivain de chevet du cinéaste. Réalisé en étroite collaboration avec Robert Parrish, Mississippi blues, longtemps titré "Pays d'octobre", révèle une autre passion de Tavernier, le jazz, dont l'apprentissage, dit-il, fut depuis son adolescence parallèle à celui du cinéma. Peu après l'achèvement de cette chronique qui réserve une large place au blues et au gospel, musiques traditionnelles des Noirs américains, Tavernier, au cours d'un dîner avec Martin Scorsese et Irwin Winkler, développe le projet d'un film dont les héros seraient des jazzmen d'outre-Atlantique vivant à Paris. Autour de minuit, qui naîtra de cette rencontre, vaudra un César au compositeur de la musique du film, Herbie Hancock.

Entre ces deux oeuvres essentiellement musicales, le cinéaste est revenu avec Un dimanche à la campagne à la veine intimiste et délicate déjà illustrée par Des enfants gâtés (1977) et Une semaine de vacances (1980).

La passion Béatrice, sombre fresque moyenâgeuse, rencontre un accueil mitigé de la part du public, que semble dérouter le style délibérément chaotique du film. La vie et rien d'autre, par l'ampleur de son sujet et son message pacifiste, réconcilie le cinéaste avec la critique et les spectateurs. Avec ses deux films suivants - Lyon, le regard intérieur (réalisé pour la télévision en 1990), évocation de sa ville natale et de la figure de son père René, écrivain et poète, et Daddy nostalgie, une de ces histoires de famille qu'il aime tant raconter - Tavernier renoue avec la veine impressionniste d'Un dimanche à la campagne.

Puis, c'est le retour au document avec La guerre sans nom, oeuvre capitale pour la connaissance et la compréhension de la guerre d'Algérie. L. 627, enquête nerveuse, à l'américaine, sur les méthodes et les moyens de la police parisienne et L'appât (Ours d'or Berlin, 1995) portrait de jeunes criminels et miroir d'une société sans âme ni repères moraux ou idéologiques, participent du souci constant de leur auteur de témoigner de son temps.

Ce même souci le fait collaborer, en 1991, au film collectif Ecrire contre l'oubli, commandité par Amnesty International, anthologie de courts métrages destinés à rappeler que des hommes et des femmes, partout dans le monde, sont emprisonnés pour leurs idées. Tavernier y dirige Anouk Grinberg pour évoquer l'otage de la junte militaire birmane, la charismatique Aung San Sun Kyi. Œuvre de circonstance - il a dû remplacer au pied levé son ami Riccardo Freda - La fille de d'Artagnan confirme l'éclectisme de Tavernier et son aisance sur tous les registres, ici épique et humoristique. Mais, à l'évidence, la fresque historique est le terrain d'élection de ce cinéaste épris de grands espaces et de mouvements de foules : Capitaine Conan, le confirme qui lui vaut le César du meilleur réalisateur.

Très au fait des dossiers qui agitent sa profession, de la défense de l'exception culturelle au combat contre la censure, le cinéaste s'engage sur bien d'autres fronts, comme vient encore en témoigner le documentaire sur la double peine qu'il signe avec son fils Nils . C'est en revanche avec sa fille Tiffany qu'il co-écrit Holy Lola (2004), exploration de l'univers de l'adoption dans un pays meurtri, le Cambodge, mais aussi portrait d'un couple d'aujourd'hui.

FILMOGRAPHIE :

1974 L'horloger de saint Paul

Avec : Philippe Noiret (Michel Descombes), Jean Rochefort (L'inspecteur Guilboud), Jacques Denis (Antoine). 1h45.

Après une réunion entre amis, où chacun parle des derniers événements, Michel Descombes artisan horloger rentre chez lui. Il mène une vie paisible, exerce un métier qu'il aime, fréquente de bons amis; tout va être bouleversé par une perquisition de la police. Sa femme l'ayant abandonné, il a élevé son fils seul. Descombes apprend que son garçon s'est enfuit en compagnie d'une jeune fille, après avoir tué un garde privé de l'usine...

   
1975 Que la fête commence

Avec : Philippe Noiret (Philippe d'Orléans, le Régent), Jean Rochefort (L'abbé Dubois), Jean-Pierre Marielle (Le marquis de Pontcallec). 1h54.

1719 en Bretagne. La révolte éclate, contre la pression du pouvoir et la famine qui sévit, sous la direction d'un nobliau impatient, le marquis de Pontcallec. Avant de passer à l'action armée, le marquis décide de se rendre à Paris et d'avoir un entretien avec le Régent, Philippe d'Orléans...

   
1976 Le juge et l'assassin

Avec : Philippe Noiret (Juge Rousseau), Michel Galabru (Sergent Joseph Bouvier), Isabelle Huppert (Rose), Jean-Claude Brialy (Villedieu, Attorney), Renée Faure (Mme. Rousseau). 1h50.

1893 Le sergent Joseph Bouvier apprenant qu'il est réformé à cause de ses brusques accès de violence tempérés par des crises de dévotion, part retrouver sa fiancée Louise Lesueur Mais celle-ci refuse de l'épouser. Aveuglé par la douleur, il lui tire trois balles de revolver et tente de se suicider C'est un double échec Louise n'en meurt pas et Joseph est condamné à vivre Mais cette fois avec deux balles dans la tête. Le 1er avril de l'année suivante, Bouvier quitte l'asile de Dole où il était enfermé. La médecine l'a reconnu guéri et sain d'esprit, ce qui ne l'empêchera pas d'éventrer, d'étrangler, de violer plus de douze personnes en quelques mois. Il court les routes, hanté par le souvenir de Louise, tuant telle une bête fauve dans de subits accès de rage et implorant le pardon de Dieu qui lui a confié, croit-il, la mission de réveiller la France endormie, écrasée par l'injustice : il est l'anarchiste de Dieu ! Personne ne soupçonne Bouvier, les crimes étant trop éloignés les uns des autres, personne sauf le Juge Rousseau qui vit à Privas, avec sa mère. À force de déduction, il a réussi à recomposer un signalement de l'assassin. Et, fait nouveau pour l'époque, il l'envoie aux deux cent cinquante Parquets de France. Cette initiative décriée même par son meilleur ami, le procureur Villedieu, qui a longtemps vécu aux colonies, permet au juge de se retrouver enfin face à face avec Bouvier. Petit à petit, il va gagner la confiance du meurtrier Séduit par le juge, Bouvier va peu à peu tout lui avouer, lui donnant des détails qui constituent des preuves irréfutables. Il se sait malade et veut qu'on le soigne Mais, au fond de lui-même, le juge croit que Bouvier simule la folie Et le juge, aidé par les experts, va envoyer Bouvier à la guillotine.

   
1977 Des enfants gâtés

avec : Michel Piccoli (Bernard Rougerie), Christine Pascal (Anne Torrini), Michel Aumont (Pierre), Gérard Jugnot (Marcel Bonfils), Arlette Bonnard (Catherine Rougerie). 1h53.

Un cinéaste, Bernard Rougerie, dont l'épouse, psychothérapeute, soigne des enfants handicapés, s'isole pour écrire le scénario de son prochain film dans un appartement neuf du XVe arrondissement, au loyer prohibitif. Une jeune femme, Anne Torrini, sonne à sa porte et lui propose de participer à une réunion des locataires pour décider de mesures à prendre contre le gérant, qui inflige aux habitants de l'immeuble des charges abusives. Le metteur en scène, qui n'a que faire du militantisme immobilier, éconduit sa visiteuse. Puis, se ravisant, ou peut-être séduit par la beauté de la jeune femme, il se rend à la réunion. Face à cette assemblée de gens de profession et d'âge divers, ce fabricant d'aimables fictions va être brusquement confronté aux problèmes quotidiens d'hommes et de femmes pour qui se loger et payer un loyer sont de nos jours un souci majeur. La décision est prise de procéder à une campagne d'affichage, d'occuper les locaux et d'organiser une conférence de presse. En même temps, Bernard et Anne tentent de mieux se comprendre, à travers élans et révoltes. Ils deviennent amants. Anne est au chômage, Bernard est un privilégié de la société de consommation. L'un et l'autre, faisant taire leur égoïsme de classe, parviendront-ils à sortir de leur huis-clos social ? A l'horizon d'un certain mal de vivre, un faible espoir luit... Entre un couscous improvisé et un meeting de protestation, Rougerie découvre une vérité qu'il ignorait. Il sait désormais que "les autres" existent.

   
1979 La mort en direct

Avec : Romy Schneider (Katherine Mortenhoe), Harvey Keitel (Roddy), Harry Dean Stanton (Vincent Ferriman), Thérèse Liotard (Tracey), Max von Sydow (Gerald Mortenhoe). 2h08.

Par expérience et par jeu, Roddy, de la chaîne de télévision NTV, se laisse greffer dans le cerveau une caméra. Il peut donc filmer tout ce que ses yeux regardent, le seul inconvénient, Roddy ne peut supporter le noir plus de quelques minutes. Son patron et ami, Vincent Ferriman par souci d'authenticité et pour obtenir un maximum d'indice d'écoute cherche à filmer une mort en direct. La personne choisie est Katherine Mortenhoe, jeune écrivain. Face à son médecin, elle apprend un terrible verdict, le mal incurable dont elle est atteinte ne lui laisse environ que deux mois à vivre. Le docteur Mason lui donne des pilules pour calmer les douleurs qui risquent de la faire souffrir atrocement. Vincent Ferriman propose à Katherine un contrat pour faire de sa mort un spectacle. Elle refuse puis revient sur sa décision pensant échapper à la surveillance des caméras. Lorsque la NTV retrouve sa trace, elle place Roddy sur son chemin. C'est dans une église où logent les pauvres qu'il va essayer de lui venir en aide et devenir ainsi son compagnon de route. Ils se retrouvent dans une cabane abandonnée non loin de la maison de Gerald Mortenhoe, son premier mari. Afin de lui être présentable, elle demande à Roddy d'aller lui chercher des produits de beauté et une nouvelle robe. Au village, Roddy s'arrête pour regarder une émission de télévision où il voit ce qu'il a filmé. Dégoûté de lui-même, et écoeuré parle rôle qu'on lui fait jouer, de retour à la cabane, par dépit, il jette la lampe de poche qui lui servait de source de lumière pour la nuit. De ce fait, il perd l'usage de la vue et avoue à Katherine qui il est. La jeune femme l'emmène chez Gerald Mortenhoe où un coup de téléphone de la NTV lui apprend qu'elle n'était pas malade et qu'elle doit cesser de prendre les pilules qui sont en réalité une drogue. Par vengeance envers Vincent Ferriman, elle se suicide.

   
1980 Une semaine de vacances

Avec : Nathalie Baye (Laurence Cuers), Gérard Lanvin (Pierre), Flore Fitzgerald (Anne), Michel Galabru (Mancheron), Jean Dasté (Le père de Laurence). 1h39.

Un jour Laurence, professeur de français âgée de trente et un ans, ne trouve plus la force d'affronter ses élèves. Bien qu'elle ait de bons rapports avec eux, elle se trouve inutile et inefficace. Le docteur Sabouret lui prescrit un congé de maladie d'une semaine. Désespérée, Laurence part rendre visite à sa famille qu'elle n'a pas vue depuis quelques mois. Pierre, l'homme qui partagé sa vie, est le premier à ressentir le malaise de la jeune femme. Elle avait tout pour être épanouie, et aujourd'hui, elle ne comprend pas ce qui lui arrive et elle part à la recherche d'un peu de compréhension. Laurence retourne chez Mancheron, l'ami qu'elle a toujours chéri, un veuf un peu perdu dans son rôle de père. Elle retrouve aussi Anne pour faire le point. Elle rencontre Michel Descombes qui va entrer dans sa vie. Cette semaine de vacances se termine. Laurence et son amie Anne chuchotent leurs doutes. Rien n'aura été résolu. Laurence aura tout juste fait un petit pas en avant.

   
1981 Coup de torchon

Avec : Philippe Noiret (Lucien Cordier), Isabelle Huppert (Rose), Jean-Pierre Marielle (Le Peron et son frère). 2h08.

1938 - En Afrique Occidentale Française. Lucien Cordier est l'unique représentant de l'ordre du petit village de Bourkassa Ourbangui. On lui reproche son inefficacité qui semble être l'effet de sa lâcheté. Une nuit, à la suite d'une visite à Chavasson militaire raciste, qui lui donne une leçon, Cordier tue Le Péron et son compère, les patrons du bordel. Avec une intelligence calculée et un cynisme insoupçonné, Cordier parvient à rejeter la responsabilité de son acte sur Chavasson....

   
1984 Un dimanche à la campagne
 

avec : Louis Ducreux (Monsieur Ladmiral), Michel Aumont (Gonzague-Edouard), Sabine Azéma (Irène), Genevieve Mnich (Marie-Thérèse), Monique Chaumette (Mercedes). 1h30.


Un dimanche, vers la fin de l'été 1912. M. Ladmiral est seul dans sa grande maison de campagne. Seul avec sa fidèle domestique Mercédès. Seul avec le souvenir de sa femme disparue il y a déjà quelques années. Seul avec ses tableaux, qui ont fait de lui un peintre connu sinon célèbre parce que, un peu trop académique, M. Ladmiral est passé à côté du grand mouvement de l'époque : l'impressionnisme... Mais au seuil de cette belle journée de fin de saison, M. Ladmiral s'apprête avec l'aide précieuse de Mercédès - à partir pour la gare où il va accueillir comme d'habitude son fils qu'il appelle Gonzague (mais que sa belle-fille préfère appeler Édouard) et ses trois petits-enfants : Émile, Lucien et Mireille. Somme toute, un dimanche comme tant d'autres, où M. Ladmiral est heureux de retrouver les siens mais aussi un peu chagriné de voir que son fils n'a pas eu beaucoup d'ambition et mène une petite vie timorée... Mais ne voilà-t-il pas que, dans ce calme dominical et routinier, survient à l'improviste la fille de M. Ladmiral : Irène, une jeune femme moderne qui conduit déjà les voitures les plus rapides de l'époque et mène une vie indépendante dans la capitale. Bref, une vraie nature, toute en gaieté et en dynamisme, qui, en quelques minutes, va bousculer tout ce petit monde-là ! M. Ladmiral est encore plus heureux car il ne voit pas sa fille très souvent. D'ailleurs, Irène va repartit plus tôt que prévu car elle vient de joindre un ami au téléphone et l'amour tout court va peser plus lourd que l'amour paternel et familial... Aussi, le soir, lorsque tout le monde est reparti, M. Ladmiral se sent-il encore un peu plus seul et un peu plus vieux qu'à l'accoutumée. Il retourne à ses tableaux et à ce qui sera peut-être sa dernière composition...

   
1984 Mississippi blues
 

Coréalisé par Robert Parrish

C'est près du cimetière d'Oxford, où est enterré William Faulkner, dans le Comté de La Fayette, que Bertrand Tavernier et Robert Parrish sont partis à la découverte du Sud des États-Unis et du Mississippi. La ville d'Oxford, avec ses dernières grandes bâtisses, sorties d'un décor d'AUTANT EN EMPORTE LE VENT. Ces lieux et ces personnages mythiques, tels ce marché aux bestiaux où le commissaire arbitre des enchères incompréhensibles, ou, le pasteur noir "Gate Mouth Moore", ancien chanteur de blues devenu révérend, voilà qui relève de la véritable expédition aux moments cocasses : long chemin sur les traces d'une culture et de ses traditions qui a bien du mal à résister à la civilisation du Coca-Cola et du MacDonald. Les dernières églises noires où Martin Luther King et Malcom X apprirent, dans les années 50, à devenir les leaders politiques qu'ils sont devenus par la suite, et peu à peu remplacées par la messe télévisée; la route 61 reliant la Nouvelle-Orléans à Chicago, jadis empruntée par des milliers de noirs à la recherche d'un travail, et aujourd'hui, en sens inverse, par Bertrand Tavernier et Robert Parrish; les fermes misérables et leurs ouvriers agricoles au chômage, dont la misère fut souvent à l'origine du blues, l'un des nombreux Paris, Texas... un coiffeur "bluesman" et sa boutique... Valeurs immuables d'une culture dont "les forces d'argent du Nord ont malgré tout, et peu à peu, détruit racines et traditions". Mais le Mississippi, ce Sud légendaire, est-il si mal en point... William Faulkner n'écrivait-il pas : "Le passé n'est pas mort, il n'est même pas encore passé."

   
1986 Autour de minuit

(Round Midnight). Avec : Dexter Gordon (Dale Turner), François Cluzet (Francis Borler), Gabrielle Haker (Berangere). 2h13.

New York, 1959. Dans une chambre sordide, Dale Turner, l'un des plus grands saxo-ténors de sa génération, miné par la pauvreté et l'alcool, se souvient de la gloire qui fut la sienne à Paris, quinze ans plus tôt. En compagnie de Buttercup, une amie qui lui sert d'imprésario, il s'installe à l'Hôtel de La Louisiane, dans le quartier de Saint-Germain ! Dans une cave, le " Blue Note ", il rêve à un nouveau départ. Dehors, par le soupirail, Francis, à qui la découverte de Dale Turner a donné à l'âge de 13 ans une raison de vivre, écoute la musique de son idole...

   
1987 La passion Béatrice

Avec : Bernard-Pierre Donnadieu (François), Julie Delpy (Béatrice), Nils Tavernier (Arnaud). 2h10.

Au Moyen-Age, en Occitanie, une malédiction pèse sur la famille des Cortemart. François a dix ans lors du départ de son père pour les Croisades. Le jour même, il découvre sa mère dans les bras d'un autre homme. L'enfant poignarde l'amant et, jour après jour, guette l'horizon. Mais le père ne revient pas. Plus tard, François se marie, puis devient veuf. Laissant son château à la garde de sa fille Béatrice, il part pour la guerre avec son fils Arnaud....

   
1989 La vie et rien d'autre

Avec : Philippe Noiret (Dellaplane), Sabine Azéma (Irène de Courtil), Pascale Vignal (Alice), Maurice Barrier (Mercadot). 2h15.

1920, dans le nord de la France. En voiture particulière avec chauffeur, Irène parcourt ce qui fut le théâtre des opérations, maintenant celui du désastre et des ruines. Elle cherche son mari, porté disparu. Son chemin croise celui du commandant Dellaplane, qui dirige un bureau de recherche des morts et disparus, grande gueule obsédée par sa tâche...

   
1990 Daddy nostalgie

avec : Dirk Bogarde (Daddy), Jane Birkin (Caroline), Odette Laure (Miche), Emmanuelle Bataille (Juliette), Charlotte Kady (Barbara). 1h45.

A Paris, Caroline, écrivain, divorcée, mère d'un garçonnet, apprend que son père a subi une grave opération. Elle se rend dans le midi de la France où vivent Daddy et Miche. ses parents, lui anglais, elle française. Beaucoup d'arrièrespensées président à ces retrouvailles dans la maison encore ensoleillée, par une belle arrièresaison. Miche est émue mais ne donne pas toujours l'impression de bien comprendre et se perd parfois en un bavardage futile. Le père, dans sa convalescence, est présent-absent, souffre ou supporte. Caroline tente difficilement de maintenir un équilibre, alors qu'elle serait prête à se laisser aller, à bousculer sa mère engourdie dans ses mondanités et ses idées toutes faites, à passer les caprices de son père puisqu'elle sent bien que le temps lui est compté, à revenir à son enfance. fillette perdue dans une ambiance cosmopolite au hasard des déplacements de ses parents. La vie, en apparence, suit son cours; même si les petites disputes font mal davantage. même si les instants heureux sont encore plus vivement vécus, il s'agit d'abord de briser la solitude, la pudeur, la peur de se parler. Daddy et Caroline font quelques escapades, voyagent sur la Côte au gré des lieux où le père retrouve des souvenirs. Une jeune infirmière ne cache rien à Caroline : le terme est proche pour Daddy. Caroline est obligée de rentrer à Paris. Un message l'attend sur son répondeur : c'est son père, heureux malgré tout. Quelques jours plus tard, Miche lui annonce la mort de Daddy. Caroline sort, marche dans la rue, Les yeux largement ouverts. Il s'agit maintenant de faire semblant de vivre en attendant que l'envie lui en revienne.

   
1992 La guerre sans nom

(documentaire, en collaboration avec Patrick Rotman)

«Entre 1954 et 1962, près de 3 millions de jeunes Français, appelés ou rappelés, ont fait une guerre qui ne voulait pas dire son nom. Trente ans après, ceux qui n'ont jamais parlé racontent.» (Bertrand Tavernier, Patrick Rotman). L'enquête part de Grenoble, théâtre en mai 1956 de manifestations contre l'envoi de soldats en Algérie. Des témoins racontent, et ceux qui se sont retrouvés malgré tout sur le terrain des combats parlent de leur expérience, de leurs traumatismes, en suivant le fil chronologique des événements et en reflétant les principales attitudes morales ou politiques face au problème algérien, au F.L.N., à De Gaulle et à sa politique, aux accords d'Evian, à l'exode des Pieds Noirs et des Harkis. Sont abordées aussi des questions plus générales: l'insoumission, la peur, la vie quotidienne du soldat, les tortures, les blessures, la mort, l'ennui, la nourriture, les distractions, le conditionnement psychologique, le retour à la vie civile, la fêlure, l'impossibilité d'oublier et, toujours, la difficulté de dire. Le film présente aussi une association de défense et d'entraide des anciens soldats d'Algérie, la F.N.A.C.A., et nous suivons une de ses initiatives: encadrer, aujourd'hui, lors d'un repas et d'une promenade, un groupe de blessés d'Algérie portant, dans leurs corps et dans leurs esprits, des séquelles irrémédiables.

   
1992 L.627.

avec : Didier Bezace (Lucien 'Lulu' Marguet), Jean-Paul Comart (Dodo), Charlotte Kady (Marie), Jean-Roger Milo (Manuel), Nils Tavernier (Vincent). 2h25.

Bien que n'ayant aucune perspective de promotion, Lucien Marguet, enquêteur de deuxième classe de la police judiciaire, croit en son travail. Ce qui l'irrite le plus est l'inertie d'un système routinier et le manque de moyens pour mener à terme des opérations pourtant simples. Pour avoir exprimé haut et fort son mécontentement, il est muté dans un autre service. Installé dans des bureaux en préfabriqué (Algeco) au fond d'un terrain vague, un groupe de policiers dévoués lutte au quotidien contre le trafic de drogue. Cinéaste rentré, ancien candidat malchanceux au concours d'entrée à l'IDHEC, Lucien arrondit ses fins de mois en louant ses services et son matériel vidéo pour filmer des mariages. La vidéo, il l'utilise aussi, de sa propre initiative, pour filmer les dealers et faciliter leur identification par les indiques. Les résultats sont vite probants et permettent de pister un gros coup. Mais alors qu'il y avait possibilité d'appréhender un grossiste et d'effectuer une grosse prise, le chef de la brigade, Dodo, se contente, en intervenant trop tôt, d'arrêter des compares. Pour lui, cinq grammes ou un kilo c'est pareil, ça rentre dans les statistiques, c'est tout ce qu'on lui demande. Et il ne comprend pas le zèle de Lucien, qui a une conception toute différente de son métier, révulsé qu'il est par le spectacle régulier de victimes d'overdoses ou de toxicomanes au dernier degré ne pouvant espérer mieux qu'un examen médical expéditif. Lié d'une profonde affection à Cécile, devenue prostituée pour pouvoir acheter la drogue qui la ronge, Lucien enrage de se voir ainsi désarmé. Indiques et victimes de représailles, bévues de Dodo qui rate des dealers et s'en prend à leurs femmes, shootées au crack, au risque d'envoyer le bébé à la DDASS, Lucien se comme il le dit à son épouse Kathy, trop négligée. Les mois passent. Il retrouve Cécile, qui avait disparu. Elle a un enfant, et se dit décidée plus que jamais à mener une nouvelle vie. Mais il oublie de lui demander son adresse.

   
1994 La fille de d'Artagnan

Avec : Sophie Marceau (Eloïse), Philippe Noiret (D'Artagnan), Sami Frey (Aramis), Jean-Luc Bideau (Athos), Raoul Billerey (Porthos), Luigi Proietti (Mazarin), Claude Rich (Duc de Crassac). 2h09

Pensionnaire d'un couvent en Périgord où elle fut jadis placée par son père, le fameux d'Artagnan, Éloïse assiste impuissante au meurtre de la mère supérieure, qui protégeait l'évasion d'un des esclaves noirs dont l'odieux duc de Crassac assure le trafic via l'Amérique. Décidée à venger ce crime, à travers lequel elle décèle la trace d'un complot contre le futur roi Louis XIV, elle se rend à Paris pour en alerter son père. Mais celui-ci, vieilli et en disgrâce, n'en a cure. Elle se rend alors directement à la Cour, où Mazarin l'écoute puis la fait poursuivre afin de récupérer le message secret qu'elle disait avoir intercepté. Le document va s'avérer désespérément indéchiffrable... il ne s'agit en effet que d'un poème rédigé pour Éloïse par Quentin «la misère», pamphlétaire amoureux d'elle. Mazarin n'est toutefois pas dupe des intentions de Crassac, auprès de qui il délègue un émissaire, «le borgne». Éloïse retourne au couvent et y surprend l'âme damnée de Crassac, la «femme en rouge», alias Églantine de Rochefort. Les religieuses ont été enlevées et embarquées sur un galion en partance pour le Nouveau Monde. C'est ce que vont découvrir d'Artagnan, finalement résolu à l'action, et ses anciens compagnons Porthos et Aramis, suivis de Quentin, après s'être introduits au château de Crassac, d'où est en train de s'évader «le borgne». En celui-ci ils ont la surprise de reconnaître Athos, qu'ils croyaient mort depuis longtemps. Les mousquetaires prennent le galion d'assaut et apprennent que Crassac et ses conjurés s'apprêtent à empoisonner le jeune Louis XIV, à la veille de son sacre. Éloïse, captive de Crassac, qui veut l'épouser, convainc Églantine de la libérer et de laisser à ses folles chimères le duc, qu'elle affronte elle-même en duel, avant l'arrivée des mousquetaires. La disgrâce prend fin pour d'Artagnan, qui peut accorder la main de sa fille à Quentin.

   
1995 L'appât

Avec : Marie Gillain (Nathalie), Olivier Sitruk (Eric), Bruno Putzulu (Bruno), Richard Berry (Alain), Philippe Duclos (Antoine). 1h55.

Une jeune fille d'aujourd'hui, Nathalie, «vendeuse-mannequin» chez un commerçant du Sentier, comme elle dit, vit avec Éric, parasite et beau parleur. Ils hébergent un copain un peu fruste, Bruno, et rêvent tous trois à une réussite facile, comme dans les revues et les films dont ils se gavent. Avoir de l'argent, dix millions, partir aux “States” et, avec les relations qu'Éric prétend avoir, monter une affaire de mode pour jeunes...

   
1996 Capitaine Conan

Avec : Philippe Torreton (Capitaine Conan), Samuel Le Bihan (Norbert), Bernard Le Coq (Lieutenant De Scève). 2h09.

Les Balkans, septembre 1918. L'armée française d'Orient livre sur le front bulgare ses derniers assauts victorieux, au cours desquels se distinguent les hommes de Conan, des “guerriers” recrutés dans les prisons militaires, adeptes de la fronde, du couteau ou du corps-à-corps pour “nettoyer” les tranchées ennemies. Conan assume la barbarie efficace de ses hommes et méprise l'armée régulière et ses chefs fantoches, comme le général Pitard de Lauzier..

   
1999 ça commence aujourd'hui

Avec : Philippe Torreton (Daniel Lefebvre), Maria Pitarresi (Valeria), Nadia Kaci (Samia Damouni), Véronique Ataly (Mme Lienard), Nathalie Bécue (Cathy).1h57.

Directeur d'école maternelle dans une ville du Nord, sa région d'origine et celle de ses parents, Daniel Lefebvre vit avec Valeria, qui fait de la sculpture sur métaux. Son travail, qu'il prolonge par l'écriture, le passionne et le comblerait encore plus sans les ravages du chômage, de la précarité et de la détresse, leurs répercussions sur la tâche des enseignants, sur l'équilibre et la santé des enfants. Daniel et son équipe ne supportent pas l'indifférence ou la résignation, surtout de la part des institutions. Quelques incidents donnent l'alarme : la maman de Laetitia, par exemple, vient en retard chercher sa fille; de plus, elle est ivre, et fuit en abandonnant l'enfant, que Daniel raccompagne. Il découvre alors la misère de cette famille, tente d'intervenir par tous les moyens, même les plus discutables, et voudrait aussi pousser les élus, les services sociaux, etc., à réagir devant ce cas et d'autres, tout aussi préoccupants. Malgré ses coups de gueule, et l'aide de Samia, une assistante sociale qui en veut aussi, Daniel doit affronter sa hiérarchie. L'école est l'objet d'actes de vandalisme, dans lesquels est impliqué Rémi, le fils de sa compagne. Plus tragique : la mère de Laetitia s'enfonce dans le désespoir et se suicide avec ses deux enfants, drame qui déstabilise Daniel et lui fait presque perdre courage. Mais beaucoup autour de lui le pousse à rester un passionné et à continuer. Par ailleurs, Valeria, les parents, les enfants et les instituteurs organisent une fête de fin d'année particulièrement brillante, colorée et joyeuse, où tous retrouvent des raisons d'espérer.

   
2001 Laissez-passer

Avec : Jacques Gamblin (Jean Devaivre), Denis Podalydès (Jean Aurenche), Marie Gillain (Olga), Charlotte Kady (Suzanne Raymond), Marie Desgranges (Simone Devaivre). 2h50.

En 1942, dans Paris occupée, malgré rafles, restrictions et bombes alliées, le cinéma continue. La Continental, qui produit la majorité des films français avec des capitaux allemands, est dirigée par Alfred Greven, un connaisseur en culture française nommé par Berlin ; il est secondé par des cadres nazis contrôlant budgets et tournages. Parmi ceux qui, alors, aiment le cinéma et en vivent, Jean Aurenche et Jean Devaivre se côtoient sans se connaître mais se posent les mêmes questions : comment rester digne et résister? Bohème et éternel amoureux, le scénariste Aurenche est toujours entre plusieurs films et plusieurs maîtresses, l'actrice Suzanne et son habilleuse Reine ou la douce prostituée Olga. Il accepte à contre-coeur de travailler pour la Continental, en parvenant à glisser des éclairs de subversion et de fierté dans ses dialogues. Devaivre mène une double vie : mari, père et assistant de Maurice Tourneur pour LA MAIN DU DIABLE, mais aussi résistant et saboteur, ce qui l'entraînera dans un rocambolesque voyage-éclair à Londres pour y livrer des documents volés aux SS. Aurenche et Devaivre ont cerné le paradoxal Greven, qui veut les meilleurs professionnels autour de lui, Le Chanois par exemple, fermant les yeux sur le fait qu'il soit juif, communiste et résistant. Le cinéma français de l'époque, grâce à ses artistes et ses artisans, a su éviter les plus graves compromissions.

   
2001 Histoires de vies brisées : les "doubles peines" de Lyon
(documentaire, en collaboration avec Nils Tavernier). Toute personne ayant commis un délit est passible d'une condamnation. Si elle est étrangère, une seconde mesure peut être prise : l'expulsion. C'est la double peine. En 1997, un groupe de sans-papiers lyonnais fait la grève de la faim pour la dénoncer. Bertrand Tavernier les soutient. Un accord est trouvé, mais faute de réelle solution, la grève reprend trois mois plus tard et durera 51 jours. En plein tournage de ÇA COMMENCE AUJOURD'HUI, le cinéaste décide alors de prendre sa caméra pour donner la parole à ces hommes et ces femmes qui se battent pour un des principes du droit : nul ne peut être puni deux fois pour la même faute. Le film raconte ces rencontres durant près de trois ans. Des témoignages qui, d'après Bertrand Tavernier, "mettent en lumière un tissu d'injustices et de préjugés."

   
2004 Holy Lola

Avec : Jacques Gamblin (Pierre), Isabelle Carré (Géraldine), Bruno Putzulu (Marco), Lara Guirao (Annie), Frédéric Pierrot (Xavier). 2h08.

Pierre et Géraldine ne peuvent pas avoir d'enfant. Ils décident donc de quitter l'Auvergne où ils résident pour partir adopter au Cambodge. Sur place, ils s'installent dans un hôtel occupé uniquement d'adoptants français comme eux. Ils sympathisent avec quelques-uns. Si tous ces Français sont venus adopter un orphelin, tous ne sont pas de la même origine. Des affinités se créent entre Pierre et Géraldine et certains de leurs voisins de chambre comme Marco et Annie, ouvriers venus du Nord de la France. Rapidement, le couple commence ses démarches. D'orphelinat en orphelinat, de paperasses administratives en entretien avec des fonctionnaires dépassés ou corrompus, leur motivation s'en ressent et le couple vit des moments difficiles.

   
   

 

né en 1941
22 films
   
   
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