Chronique d'un été
1960

Avec : Jean Rouch et Edgar Morin

La première séquence du film nous fait assister à l'entretien des co-auteurs, Jean Rouch et Edgar Morin, avec une des actrices. Nous connaissons ainsi l'idée première du film qui est de savoir comment on vit à Paris en 1960.

Sur cette trame assez lâche, nous suivons l'enquête à travers des individus de milieux différents, qui ont leurs réactions propres, parfois imprévues, devant la caméra.

Marcelline est émouvante et vraie. La peur de la solitude et l'angoisse qu'on lit sur son visage, font d'elle un témoin particulièrement significatif. Repliée sur elle-même, elle s'exclut du monde en n'y trouvant pas sa place.

Angelo tranche par sa condition d'ouvrier. Il a ses problèmes propres et une façon spécifique de les exprimer. Ce qui le caractérise, c'est la révolte; aussi, la caméra joue à plein son rôle de révélateur de ces sentiments empressés.

Marie-Lou est la plus controversée. Certains la trouvent insupportable, d'autres bouleversante par ses confidences.

Jean-Pierre accepte paradoxalement d'être antipathique. Et pourtant, on ne doute, ni de la sincérité de cet étudiant, ni de sa difficulté qu'il éprouve à vivre.

Jacques et Simone sont un couple de petits employés. Elle, est " sans histoires "; lui, vit mal son passé de militant.

Landry parle aisément de sa vie d'étudiant noir en France. Sophie, la cover-girl de Saint-Tropez, est peut-être le seul personnage absolument instinctif du film. Et bien sûr, il ne faut pas oublier les meneurs de jeu, Jean Rouch et Edgar Morin dont l'apparence veut que leurs interventions soient réduites au strict nécessaire. Mais que se passet-il derrière cette apparence ?