1916.
Des combats désespérés opposent les troupes autrichiennes
et italiennes pour le contrôle stratégique du Montefiore. Issu
de la bourgeoisie, le lieutenant Sassù, jeune idéaliste, s'est
convaincu à l'université du bien-fondé de l'entrée
en guerre de l'Italie. Lorsque le conflit éclate, il est volontaire,
persuadé de servir une juste cause.
Au front, la réalité est autre; tout à tour, Autrichiens et Italiens s'emparent du Montefiore, le perdent, puis le reprennent. Les hommes du bataillon de Sassù, exténués, se plient aux ordres du général Leone et livrent une attaque de nuit. La manoeuvre inutile avorte, car les Autrichiens ont creusé des tranchées. Toute la division italienne doit en faire autant. C'est une interminable guerre de positions qui commence.
Une profonde amitié naît entre Sassù et Ottolenghi, officier d'artillerie, son aîné. Socialiste anarchiste, Ottolenghi a perdu l'enthousiasme et l'idéalisme de sa jeunesse. Même s'il obéit aux ordres, il rejette la guerre et critique âprement les décisions du Haut Commandement. Sassù qui ne partage pas ses idées, admire sa détermination et sa lucidité. Ottolenghi tente de raisonner un régiment qui se révolte. En vain. La répression est terrible : le commandement suprême ordonne la décimation. Les offensives se succèdent, à travers l'enchevêtrement des barbelés, pour reprendre la position. Les hommes doivent se frayer un passage sous le feu ennemi. Les tentatives échouent, c'est un massacre.
Écoeuré, Ottolenghi s'insurge; il veut entraîner ses soldats à se retourner contre leurs propres généraux. Il est abattu. Pour l'état-major, il n'y a plus qu'une solution pour l'emporter : l'artillerie. Leone fait ouvrir le feu, mais le tir des canons trop court, atteint les positions italiennes. On ajuste le tir; pendant ce temps, la compagnie de Sassù se repose un instant. Cette attitude est interprétée comme une mutinerie. Condamnés à mort, les hommes doivent être exécutés, Sassù commandant le peloton d'exécution. Il refuse, les hommes chargés d'exécuter la sentence également. Tenu pour responsable par l'impitoyable Leone, Sassù est fusillé.
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(Uomini Contro)
